Les gilets jaunes à Paris

Monique Cochinal

Certains de nos gilets jaunes sont montés à la capitale, bien décidés à rencontrer notre Président, et lui seul, devenu subitement muet et sourd, après tous ces bruyants bains de foule populaires. Dès le 17 novembre, les plus hardis s’étaient approchés un peu trop du Palais de l’Elysée, sans succès, bien sûr, étant bien vite repoussés par un service d’ordre imposant. Notre nouveau Ministre de l’Intérieur : Castaner pense que rien de bon ne peut sortir de cette masse de gens fort en colère, manipulée, c’est évident, par des extrémistes (de droite surtout). Ce nouveau mouvement, sans leaders, mal organisé sera facile à mettre au pas, mais il faut vite prendre des mesures, interdire, rappeler la loi, pour sécuriser et les manifestants et les parisiens. Il tient à rappeler qu’il sera intraitable à tout manquement de respect à la loi. Alors, on installe un large périmètre de sécurité autour de l’Elysée. On interdit la manifestation sur les Champs Elysées, et le Préfet de Paris donne son accord uniquement sur le Champ de Mars, grand espace très facile à cerner et à surveiller (au grand désespoir des habitants, Madame la Maire en premier, qui craint de graves détériorations de sa belle pelouse entièrement refaite dernièrement).

Les gilets jaunes ne sont plus des enfants, ils supportent très mal que le gouvernement leur donne des ordres, et fasse régner la peur dans leur mouvement. Ils décident, coûte que coûte, de rencontrer et de dialoguer avec le Président, ils vont aller jusqu’à lui, puisqu’il ne se montre plus et laisse passer la tourmente, toujours droit dans ses bottes. Ils braveront les interdictions et se rassembleront en partie au Champ de Mars, les plus hardis iront sur les Champs Elysées et essaieront, toute la journée de samedi, de remonter cette belle avenue, tentant d’arriver au plus près du palais du roi. On a, malheureusement, assisté à de violents affrontements, à certains endroits, barricades dressées, enflammées, quelques jets de pavés arrachés, vitrines brisées, en riposte, sévère charge des policiers, canons à eau, gaz lacrymogène (dès 10 heures du matin), pour faire reculer cette foule, sous les yeux horrifiés des touristes (provinciaux et étrangers), venus admirer les grandes illuminations de Noël tant vantées par Anne Hidalgo, maire de Paris, dans son tweet très convainquant : « Et si vous profitiez du week-end pour braver le froid et venir admirer les superbes illuminations des Champs Elysées, inaugurées jeudi soir ».

Ce fut une triste journée froide, certes, avec de belles illuminations intacts, mais des blessés, des dégâts matériels, des vitrines cassées, une ambiance de haine, mais aucun dialogue possible, aucun accord, aucune concession de la part du gouvernement, que des accusations dans le genre : « honte aux gilets jaunes qui ont osé s’en prendre aux policiers venus les protéger …. Nous serons intraitables pour ces « voyous » qui saccagent tout, tous ces « extrémistes de droite et de gauche (de droite, surtout le parti de Marine Le Pen) ….. ». Tous les Français sont bien d’accord : nous déplorons tout acte de violence, nous demandons que justice soit faite correctement avec ces voyous casseurs, qui s’introduisent dans toute manifestation, bien connus des policiers, pour semer le désordre, voler, piller détruire, blesser, et que déplorent beaucoup nos gilets jaunes, venus rencontrer leur Président, et lui dire leur souffrance et leur désespoir

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