L’histoire des gilets jaunes face aux macronistes

Monique Cochinal

Il était une fois, dans notre royaume du nouveau monde, quelques gaulois récalcitrants, qui ont enfilé leur gilet de détresse et sont allés de villages en villages, de ronds points en ronds points pour crier leur souffrance, leur détresse de se sentir oubliés, ignorés par nos dirigeants, dans leur campagne profonde, loin de la capitale, loin de leur roi. Juste bons à travailler, juste bons à payer des impôts directs, indirects, taxes multiples, avec l’angoisse des fins de mois de plus en plus difficiles. Très vite, ils ont été rejoints par d’autres gaulois pour former, en l’espace de deux mois, un mouvement impressionnant : nos gilets jaunes. Ensemble, ils ont crié les revendications de cette classe de la société française, qui travaille (souvent beaucoup plus que les 35 heures par semaine), mais qui n’arrivent plus à vivre honorablement de leur travail. Ils ont osé exprimer haut et fort ce que bien d’autres citoyens pensaient tout bas, depuis un certain temps.

Devant le grand silence de leur président, qu’ils voulaient rencontrer (ne dit-on pas qu’il vaut mieux avoir à faire au bon Dieu qu’à ses saints !), leur colère a enflé, sournoisement, ils ont crié encore et encore plus sans résultat (le roi se taisait, leur roi se cachait). Ils ont organisé, souvent d’une façon maladroite, des manifestations un peu partout en France, jusque dans la capitale, le lieu de résidence de leur Président, ce beau palais de l’Elysée. Et ce fut …. Le premier samedi noir. Rappelez-vous. Ce triste samedi où casseurs et petits voyous de tous genres, munis, eux aussi, d’un gilet jaune, ont pillé, cassé, saccagé tout sur leur passage. Monsieur Castaner, fort dépité, nous affirma que ces gilets jaunes casseurs étaient tous des extrémistes de droite. Après quelques interpellations, nos « gilets jaunes casseurs » devenaient des extrémistes de gauche, c’était certain…. Puis, de samedi en samedi, nos « gilets jaunes » furent traités de « monstres révolutionnaires », car ces petits ingrats ne se taisaient pas, malgré les quelques milliards que le gouvernement venait de leur accorder, dans sa grande générosité. Au contraire, ils demandaient toujours plus. Ils parlaient même très mal de leur président. Ils évoquaient  son mépris, ses petites phrases assassines, son arrogance, ses pauses théâtrales, ses réformes sans succès, pour en arriver maintenant à leur principal slogan : « Macron, démission ! » …. « Tous à l’Elysée ! » …. « Macron, montre-toi ». Là, c’en était trop ! Il fallait une nouvelle posture de notre président. Et ce fut la présentation des vœux du nouvel an (le dernier discours écrit par son conseiller en communication : Olivier Fort, devenu « faible », et plus, même, « épuisé » qui part pour d’autres aventures). Nous voyons notre Président, debout, droit dans ses bottes, raide, redevenu le roi puissant, absolument satisfait de lui, annonçant un renforcement de l’ordre républicain et de sévères sanctions pour ces foules haineuses (comprenons qu’il s’agit des gilets jaunes, devenus « foules haineuses »). Des ordres de grande fermeté furent donnés aux CRS, policiers et gendarmes par le Ministre de l’Intérieur, pour rétablir l’ordre et permettre de conduire la politique menée par le gouvernement, la seule possible, suivre le cap annoncé, du reste, dans le beau programme macroniste de la campagne présidentielle de 2017, la pire des campagnes présidentielles de notre Vème République ……

Qui fut dit, fut fait. Trois jours après ce beau discours, Eric Drouet, un des précurseurs du mouvement des gilets jaunes, est interpellé, rue Royale à Paris, entouré d’un petit groupe de ses amis, des bougies à la main, qu’ils désiraient déposer dans ce quartier, en hommage à leurs camarades décédés. On assiste à une arrestation musclée de tout ce petit nombre (un car entier de CRS et policiers casqués, armés, pour cerner une petite trentaine d’individus, simples badauds, sans gilet jaune). Ce Drouet devient plus que gênant. Il faut faire un exemple, et montrer que l’ordre en France est revenu. A nouveau, je pense, ces mesures sont dignes d’un amateurisme, et sont dénoncées par tous les opposants de droite, du centre, d’extrême droite, d’extrême gauche. Notre président n’a jamais été aussi seul, car plusieurs de ses fidèles compagnons l’ont abandonné. Quand le bateau coule, les rats fuient ….. Tristes vœux du Président, qui tombent à l’eau.

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