L’Ukraine: Les soubresauts de la fin d’un vaste empire

Crimée

Crimée : le point de non-retour

BERNARD OWEN | LE 21/03/2014

La politique interne des pays dépend de ses institutions. L’être humain, quelle que soit son origine, agit de façon comparable. L’on ne doit en aucune façon oublier qu’en dehors de certaines règles de comportements, les institutions, qui donnent satisfaction dans telles circonstances, pourront se heurter à certains comportements exacerbés.

Le droit international existe, mais disparait devant la force. La guerre d’Irak a éclaté sur de faux prétextes. Elle entre dans la catégorie des guerres de choix, car l’attaquant n’était nullement menacé. Cela s’est effectué contre l’avis d’autres nations moins puissantes, mais qui pouvaient se pavaner au-devant de la scène internationale.

Quelle est la position de la Crimée ? Elle se situe, malgré elle, partout et nulle part. L’on peut se demander comment une telle situation a pu continuer de la sorte. Au départ, cela commence par un transfert de la Crimée à l’Ukraine par Khroutchev pour des raisons de logique géographique et économique, d’après sa petite-fille.

Sans entrer dans les détails que l’on peut trouver dans Wikipedia, notons cependant qu’après le referendum du 20 janvier 1991, la Crimée se proclame « République Autonome » avant la déclaration d’indépendance de l’Ukraine du 24 août 1991. En février 1992, le Parlement de Crimée fonde la République avec l’aval de l’Ukraine, qui reconnaît certains droits à l’auto gestion. En mai 1992, la Crimée proclame son indépendance, approuvée par référendum et introduit sa première constitution.

À partir de ce moment, l’Ukraine s’impliquera dans les affaires de la Crimée. Cette dernière ne pourra agir qu’après consultation avec les autorités ukrainiennes. En mai 1994, le Parlement de Crimée vote le retour à la Constitution de 1992. En septembre 1994, les autorités de Crimée décident d’écrire une nouvelle constitution. En mars 1995, le Parlement d’Ukraine abolit la constitution de 1992 et révoque le Président de Crimée. Pendant tout un temps, la Crimée est gouvernée par décrets présidentiels venant d’Ukraine. Après cela, une autre constitution est écrite par la Crimée et après bien des contestations, elle sera ratifiée par les deux parlements pour entrer en vigueur le 12 janvier 1999.

Qu’en est-il du référendum ?

Notons que la Crimée a déjà cherché l’approbation du peuple par deux référendums, le premier le 20 janvier 1991, le second en mai 1992. Notre ministre Laurent Fabius parle à la télévision d’absence de possibilités d’options sur le bulletin de vote, supposant que le bulletin de vote aurait dû présenter 2 cases, l’une avec « oui », l’autre avec « non » à l’intégration à la Fédération de Russie.

Or, il s’agit d’une appréciation quelque peu simpliste, car la première case correspond bien à l’intégration à la Fédération de Russie, mais la deuxième présente une proposition très différente : il s’agit de répondre à la question : « êtes-vous favorable au rétablissement de la Constitution de la Crimée de 1992, et au maintien de la Crimée comme partie intégrante de l’Ukraine ». Or, il nous semble intéressant de consulter cette constitution :

Au chapitre 3 : « relations avec la République d’Ukraine », citons l’article 9 : « La République de Crimée fait partie de l’Ukraine et l’État détermine leurs relations sur la base de contrats et accords.

Chapitre 4 : « relations de la République de Crimée avec d’autres États », article 10 : « La République de Crimée, seule, entre en relation avec d’autres États et organisations, qui portent avec eux sur la base des traités et des accords de coopération mutuellement bénéfiques dans l’économie, la culture, la santé, l’éducation, la science et d’autres domaines ; renforcer ses relations avec eux sur la base de l’égalité, le respect de la souveraineté, de l’intégralité territoriale et la non-ingérence dans les affaires intérieures, le règlement des différends par des moyens pacifiques, le respect de conscience des obligations mutuelles ».

Pour la lecture de la constitution de 1992, nous utilisons une traduction en français, qui paraît être une traduction mécanique. Quand on mentionne au chapitre 3, article 9 « l’État », cela veut dire la République de Crimée, ainsi que cela apparaît clairement dans d’autres articles, par exemple, dans l’article 11 : « La République de Crimée a son emblème d’État ».

Certes, la Constitution de 1992 est plus souple que celle de 1998, mais elle annonce clairement que la Crimée fait partie de l’Ukraine, alors que celle de 1998 est plus proche de ce que l’on penserait trouver dans une constitution autoritaire.

La place Maïden a fait de profonds dégâts en Ukraine. La Crimée tire profit des circonstances étant à l’abri de tracasseries institutionnelles. Il semblerait qu’avec le temps la Chancelière Merkel et John Kerry se soient informés quant à la nature de cette dernière révolution, sa désorganisation, ses excès, et que les discours prônant des sanctions soient moins portés sur la Crimée, mais sur une invasion du sud-est de l’Ukraine par les Russes. Ce serait naturellement un événement peu probable, étant donné que la Russie et la Crimée ont eu gain de cause sur tous les points. Nous pouvons faire confiance en la Chancelière Merkel, qui a eu le courage de s’opposer à la « no fly zone » en Libye.

En savoir plus sur http://archives.lesechos.fr/archives/cercle/2014/03/21/cercle_94018.htm#ZZ3gUjqu6JVQSYmP.99

Ukraine : la place maïden et l’engrenage

BERNARD OWEN | LE 12/03/2014

Les nouvelles autorités ukrainiennes paraissent détachées de la réalité. Les internationaux, en dehors de quelques diplomates avertis, n’ont-ils pas, eux aussi, mal perçu les conséquences de cette révolution mal menée ?

Il s’agit, en fait, d’une caricature de celle qui arborait la couleur orange, où les manifestants étaient préparés de longue date, alors que nous avons pu suivre une violence débridée hors du contrôle de ses chefs.

Citons quelques exemples de maladresse et de naïveté des nouvelles autorités de Kiev :

Le 2 mars 2014, « Le Monde » (site Reuter) nous apprend que  l’Amiral BEREZOSVKI, dès sa nomination par les nouvelles autorités révolutionnaires, comme chef de la marine, avait prêté allégeance aux autorités pro russes de Crimée en leur livrant le quartier général de Sébastopol.

Le 3 mars 2014, « Le nouvel Observateur » titre « la flotte russe de la Mer Noire dément avoir lancé un ultimatum aux forces ukrainiennes en Crimée ».

La Crimée et son parlement se sont de facto rattachés à la Fédération de Russie sans qu’un coup de feu soit tiré (78 votes pour sur un total de 100 votants). Le vice-président du parlement de Crimée annonce que le référendum sera suivi d’élections législatives. La Crimée adoptera le rouble et les retraites seront versées par la Fédération de Russie. (« Le Figaro » du 7/03/2014). Les troupes ukrainiennes sur le territoire de Crimée devront choisir leur allégeance.

A Moscou, la Commission des Lois de la Douma s’est aussitôt réunie pour une proposition de loi fournissant le cadre juridique à une telle absorption.

L’actualité veut que l’on s’intéresse à l’Ukraine, la Crimée et la Russie, mais, pour comprendre, il faut nous déplacer parmi les grands pays de ce monde et même faire des incursions dans la géopolitique. En particulier, il nous faut situer  les évènements d’Ukraine dans la nouvelle planification du déploiement militaire des Etats-Unis, qui a clairement pris forme le 11 septembre 2001.

Après les accords Russo-Chinois et les Etats proches de l’ex empire russe, l’idée du Pentagone est de déployer ses forces militaires le long d’un axe d’instabilité, longeant la Méditerranée, l’Afrique, le Moyen Orient, le Caucase, le centre et le sud de l’Asie. Alors, tout se déroule comme prévu, ou presque. Ce parcours est parsemé de révolutions de couleur, selon un même cheminement :

  • Serbie    OTPOR     « Résistance »
    • Ukraine   PORA     « C’est le moment »
    • Géorgie   KMARA   « C’est assez »
    • Kirghizistan   KELKEL   « Debout et allons »

Nous avons, par ailleurs, développé le fonctionnement bien calculé de ces révolutions tranquilles, pacifiques, sans morts …. Hélas, celle du Kirghizistan a, par la suite, fait des morts.

Citons Saakashvili qui évoquait le cas de la Géorgie : « Nous n’attendons pas les évènements pouvant se produire, mais faisons de notre mieux pour détruire l’empire de la CIS (The messenger – mars 13 – 2005). Rappelons que Schevenatze lui a cédé volontiers la place. Il avait été le ministre des Affaires Etrangères de Gorbatchev et il était respecté par tous.

Il m’est arrivé d’assister à une réunion à l’Ecole Militaire Française avant les évènements du Proche Orient où il était dit que les Etats-Unis ne considéraient pas la Méditerranée à la façon des Européens. Pour eux, il ne s’agissait que d’un bras de mer par rapport à l’étendue des océans. Les temps ont changé.

Les Etats-Unis jouent avec les présidents et les gouvernements au gré de leurs intérêts militaires. Le Kirghizistan en est, comme les autres, une illustration, mais moins connue. Le Président AKAYEV, au pouvoir depuis 1991, d’un Etat avec une économie peu florissante, s’est proposé de louer la base militaire de Manas aux Etats-Unis, pour renflouer ses finances, ce qui mécontenta la Russie et la Chine. Inquiets de la tournure que prenaient les évènements, les Etats-Unis décidèrent de se débarrasser d’AKAYEV. Pour cela, ils utilisèrent les moyens habituels : financements considérables attribués au « National Endowment for Democracy », à « Freedom House, US AID… tout en utilisant les moyens tactiques de GENE SHARP. La révolte dans la province de Xinjiang, le long des 530 miles de frontières avec la Chine a été encouragée par le « US financed World Vighur Congress » de la millionnaire Rebiya Kadeer, ainsi que par le NED, que certains qualifient de « regime change ». Il semblerait que l’intérêt de la location de la base de Manas dépasse de loin le point d’attache des troupes se rendant et quittant l’Afghanistan par sa proximité avec la Chine.

Après le départ d’AKAYTEV, ce fut le tour de son successeur BAKRIYEV, et plus tard, après 80 morts, celui d’OTUNBAYEVA (Eric Walberg – Global Research – mars 2014).

A l’origine, le rattachement de la Crimée à l’Ukraine n’avait pas d’importance, étant donné que les deux faisaient partie de l’Union Soviétique. De toute façon, notre enquête n’avance en rien à se perdre dans l’histoire des transferts et des statuts de la Crimée et de Sébastopol.

L’Occident et  la Russie ne voulaient surtout pas que les armes nucléaires soviétiques installées en Ukraine transforment ce pays en puissance nucléaire. Le monde avait cette préoccupation en tête et le reste importait peu.

A considérer que la seule position de la Crimée en tant que péninsule est un non sens, car elle héberge la flotte russe de la Mer Noire, ce qui se prolonge jusqu’à la Méditerranée, Suez etc… La Crimée comprend l’arsenal de la flotte. Le rattachement de la flotte russe à la Crimée pour dix ans n’a été accepté qu’en 1997. Le quartier général de la flotte russe est à Sébastopol (le nom de ville martyre lui est resté depuis la  guerre).

Qu’en est-il du meneur de cette révolution ? Il se nomme KLITSCHKO et a présenté son engagement en politique en ces termes : « Mon regard est tourné vers la politique ukrainienne, et je perçois que les gens, qui s’y trouvent, ont besoin de moi ». Cela faisait suite à une carrière de boxeur (champion du monde des poids lourds), et à des études en Allemagne qui avaient abouti à l’obtention d’un doctorat. Son frère et lui-même ont manifesté pendant la révolution orange. Il a débuté par la politique locale en changeant de parti, sans grand succès. En 2008, il sera nommé membre de la délégation au Conseil de l’Europe. En 2010, il prend la tête du parti UDAR, ce qui lui permet de pénétrer au parlement avec le soutien de 40 députés. Souhaitant se présenter aux élections présidentielles de 2015, il figure alors dans les sondages pour le premier tour :

Institut de sondage  « RAZUMKOV CENTER »

Décembre 2011  4,8 %
Février  2013   15,1 %
octobre  2013       19,3 %

A partir des mouvements révolutionnaires de décembre 2013, il semblerait que les Affaires Etrangères des Etats-Unis commencent à se méfier de lui, et l’engrenage paraît leur donner raison (Lettre de Victoria Nuland à l’Ambassadeur).

La remarque de Philippe de Suremain, ancien ambassadeur de France en Ukraine, sur BFMTV laisse rêveur. Il avoue sa surprise concernant la réaction de la Russie sur la Crimée. Il parle de consternation à Kiev : « on est obligé de faire le parallèle avec la Géorgie ». Notre ancien ambassadeur et les révolutionnaires de Kiev devraient se tenir au courant de la réalité du moment. La Fédération de Russie n’est plus celle de 1990, qui sortait de 70 années de communisme. Elle a pris ses marques. Il faut compter sur elle, tenir compte de ce qu’elle pense côté diplomatie. Les Etats-Unis et la Russie sont les empires de ce monde. L’Europe est désunie et son influence a peu d’effet. La Russie est de retour. Le Qatar, qui soutenait la rébellion syrienne contre la position de la Russie, a vu le départ de son roi remplacé par son fils, qui a des idées plus réalistes. L’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes ont rappelé leurs ambassadeurs du Qatar accusé de formater l’islamisme radical.

Le contexte géopolitique actuel demande un instant d’attention. Les Etats-Unis ont pris une importance stratégique inégalée, et la nouvelle avancée de la Russie n’est pas encore perçue par l’ensemble des nations. Cette remontée n’est pas sans intérêt, car cela laisse apparaître un certain équilibre de la diplomatie mondiale.

Passons quelques instants sur la nature des derniers accords Russie – Ukraine.

Notons que l’accord russo-ukrainien signé le 17 octobre 2013 porte non seulement sur une importante aide économique à l’Ukraine mais aussi sur des relations militaro-techniques. Un accord (Karkov en avril 2010) entre Medvedev et Yanokovitch avait essayé d’éclaircir l’accord brumeux de 1997. La Russie souhaite renouveler et réorganiser sa flotte. A défaut de textes, l’Ukraine voulait que le remplacement de navires se fasse « type pour type », alors que Moscou prétendait remplacer ses navires sans contraintes.

La question des droits de douane devait être réglée lors du premier trimestre 2014.

Pour l’Ukraine, l’accord demande que Moscou prévoit $ 15 milliards pour financer une partie de la dette ukrainienne, et $ 10 milliards de rabais sur le gaz. Un accord pour le renforcement de la flotte russe interviendra avant mai 2015, date des prochaines élections présidentielles. Les chantiers navals ukrainiens pourraient être utilisés par les Russes, alors qu’ils sont actuellement sous exploités. (sources : site du Kremlin, Renters, Flot.com).

La Russie dispose aussi de chantiers navals dans la Mer Balte, qui ont, par exemple, construit une frégate pour l’Inde. La Russie a passé un contrat avec la France en juin 2011 pour l’achat de deux porte avions de type Mistral pour 1 milliard deux d’Euros. Un autre bâtiment russe le « Vladivostock » a commencé à être construit à Saint Nazaire en février 2014 (source : Khan publié dans bp   pour la Russie- Communauté défense).

L’actuelle révolution ukrainienne ne peut en rien être comparée à la révolution orange. Les manifestants de Kiev ont donc agi de façon irresponsable, ignorant la situation très particulière de la Crimée tournée par son activité en direction de la Russie, de sa flotte, et que l’aspect juridique très complexe et irréaliste était en voie de résorption, alors que maintenant une séparation est envisageable

En savoir plus sur http://archives.lesechos.fr/archives/cercle/2014/03/12/cercle_93317.htm#7hGukFMWLoURY8X3.99

Ukraine : comprendre avant de se prononcer

BERNARD OWEN | LE 02/03/2014

Prenons l’Ukraine et la Crimée situées dans des environnements comparables à ceux que nous allons évoquer, et qui devraient modérer le discours des États étrangers et les faire agir avec réflexion et beaucoup de doigté.

Imaginons un vaste empire divisé en provinces, ou en « républiques autonomes ». La capitale de cet empire dirige l’ensemble, tout en laissant une certaine autonomie aux provinces qui le composent. En admettant que ce vaste empire s’écroule en tant que structure politique, et que les bouleversements retirent l’autorité à la puissante capitale, il y aura rapidement des répercussions au niveau des régions se retrouvant alors sans institutions. Elles vont se trouver d’autres chefs, qualifiés ou non, mais souvent improvisés. Elles vont alors découvrir des difficultés avec leurs propres minorités.

Dirigeons-nous vers le Caucase, et prenons un exemple : l’ancienne province de Géorgie devient un État avec trois zones distinctes, dont deux peuplées de non géorgiens : l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud. La troisième zone, peuplée de Géorgiens, va aussi déclarer son indépendance. Il s’agit de la République autonome d’Adjarie. Il se trouve que la personne à la tête de cet État avait une forte personnalité, se nommait Abashide et avait des liens d’amitié avec le maire de Moscou. Des troupes russes campaient sur son territoire.

Les événements entre l’Adjarie et la Géorgie se sont détériorés et les canons étaient en place… Or, l’armée russe n’est nullement intervenue, elle s’est retirée, emmenant avec elle le Président Abashide et sa haute administration à Moscou. Petite anecdote : le chien du Président Abashide (un lévrier du Caucase), après le départ de son maître, a cessé de s’alimenter, et les Russes sont venus le chercher par avion pour qu’il retrouve son maître.

L’importance stratégique de la Crimée en tant que port de la flotte russe de la Mer Noire provoque un certain trouble auprès de la Fédération de Russie, qui n’a reconnu le rattachement de la Crimée à l’Ukraine qu’en 1997. Le grand port de Sébastopol bénéficie d’une certaine autonomie administrative, mais toujours dans le cadre de l’Ukraine. Kerson est aussi un haut lien de la marine russe. Le débarquement d’équipement militaire américain en 2006 en préparation de l’opération « Sea Breeze » n’était pas du meilleur goût.

Il faut savoir que 98 % de la population de la Crimée parle russe. Un autre lien avec la Géorgie se situe dans les passeports russes distribués aux russophones de Crimée. La Géorgie agit de même avec les citoyens d’Abkhazie, bien qu’au début des années 90 elle ait perdu deux guerres contre l’Abkhazie. Un rattachement à la Russie ne peut que favoriser la Crimée en tant que débouché et approvisionnement, ne serait-ce même que pour le tourisme développé déjà du temps des Tzars.

Les mouvements d’une violence considérable à Kiev peuvent avoir des conséquences que les organisateurs, autant que l’Occident, étaient loin d’envisager. La télévision a transmis de brefs entretiens avec des manifestants parlant de corruption, et l’on fait sortir de prison Timochenko à l’origine d’une énorme fortune. Lors de notre séjour à Kiev avant les dernières élections, personne dans l’opposition n’a mentionné ou cité le nom de Timochenko.

Les dernières élections se sont fort bien déroulées. Cinq sociétés ukrainiennes et étrangères ont pratiqué des sondages à la sortie des urnes, et tous ont été positifs. Notons que cette procédure de contrôle paraît supérieure à celle de l’observation qui se doit d’être neutre, mais dont les conférences de presse et les rapports préliminaires sont cependant politiques, tant au niveau national, qu’international.

Alors, que penser des actions violentes sur la place principale de Kiev menées par un boxeur suivi par des personnes dont le nombre est de loin inférieur au corps électoral, qui a choisi un gouvernement en toute légitimité ? Insistons sur le danger de ces mouvements pouvant entraîner la séparation de la Crimée, qui annonce déjà un référendum pour plus d’autonomie.

En savoir plus sur http://archives.lesechos.fr/archives/cercle/2014/03/02/cercle_92430.htm#LVYDwxy

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