Macron?

Bernard Owen, Maria Rodriguez-McKey

Nous avons pour l’instant un Président de la République qui interpelle.

Le Nouvel Obs (Gautier Pirotte) titre ainsi cette idée de tout recommencer. La société civile est une sorte de lessiveuse qui nettoie « plus blanc que blanc ».

Nous avons déjà évoqué la « société civile » et oui, nous lui avons même consacré un ouvrage. Notre nouveau Président parle de « dépolitisation » mais de la compétence de ses candidats (source Rémi Noyon, mai 2017). Notre nouveau Président n’est pas le premier a se lancer dans la bataille idéologique: Jean-Charles Simon, Denis Payre, qui veulent reprendre la Bastille en 2011.

Voici quelques extraits de différents articles sur la question.

L’obs: « La société civile est une sorte de lessiveuse, qui néttoie plus blanc que blanc »

Emmanuel Macron l’assure : ses députés (et ses ministres) seront largement issus de la « société civile ». Mais qu’est-ce que ça veut dire ? Explications du sociologue Gautier Pirotte.

Rémi NoyonPublié le 10 mai 2017 à 20h24

Promis, juré, la moitié des candidats de la République En Marche !, présentés au public jeudi 11 mai, seront « issus de la société civile ». C’est une promesse d’Emmanuel Macron, qui prévoit aussi de faire monter au gouvernement des « femmes et des hommes » qui ont « une légitimité dans le champ qui est le leur ». Pour éclairer cette expression magique, nous avons passé un coup de fil à Gautier Pirotte, sociologue, professeur à l’université de Liège et auteur de « La notion de société civile » (La Découverte, 20017).

Emmanuel Macron a promis d’investir aux législatives des candidats « issus de la société civile ». Qu’est-ce que cela veut dire ?

C’est une façon d’utiliser un concept flou afin de redonner sa virginité au discours politique. Il y a chez Emmanuel Macron la volonté de ressourcer le système politique dans ce maelstrom de gens « ordinaires » auxquels on prête toutes les qualités : liberté, spontanéité, créativité. C’est assez finement joué d’un point de vue de communication politique, puisque toute la campagne a démontré l’envie de renouvellement de la classe politique.

On pourrait presque déceler dans cet appel à la société civile une forme de populisme : il s’agit de régénérer le politique dans les vertus du peuple. Sauf que dans la version d’En Marche !, c’est un peuple de jeunes gens qui « en veulent » et qui, de par leur mérite, vont « ouvrir le champs des possibles ». Toute la difficulté du nouveau président, maintenant, sera d’être le « système » tout en conservant cette supposée fraîcheur.

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Est-ce qu’il n’y a pas une contradiction dans les termes à dire que l’on voudra des « députés de la société civile » ?

Oui et non. Le fondement de la valorisation de la société civile, c’est un jeu d’opposition : d’un côté, l’Etat corrompu et bureaucratique ; de l’autre, une société civile propre, harmonieuse, autonome, créative et innovante. Ce sont donc supposément des exacts opposés. Lorsque l’on passe de l’un à l’autre, on se charge des vertus ou des vices de la sphère dans laquelle on arrive. C’est exclusif. Sauf que la réalité est plus complexe : quelles que soient les lectures, marxistes ou libérales, la société civile n’est pas vue comme déconnectée de l’Etat. Quelqu’un qui a un rôle au sein de l’appareil d’Etat ne se déconnecte pas de son intérêt privé. Vous êtes multifacettes, vous avez plusieurs rôles. C’est là que réside le mythe : la société civile est une sorte de lessiveuse, qui nettoie plus blanc que blanc.

 « Les erreurs dans les investitures d’En marche ! montrent l’amateurisme du mouvement »

Jean-Ed : Comment expliquer les erreurs dans la première liste communiquée à la presse ?

Nicolas Chapuis : En marche ! a expliqué les erreurs en prétextant des « bugs informatiques ». Je doute que l’informatique ait quelque chose à voir là-dedans. Il s’agit manifestement d’erreurs humaines… Il semblerait que des noms qui ont été envisagés dans certaines circonscriptions (du type de Mourad Boudjellal dans la première circonscription du Var) aient été laissés par erreur dans la dernière version du document donnée aux journalistes.

En marche ! avait fait beaucoup de communication autour de sa commission d’investiture et sur sa démarche innovante avec une sélection des candidats qui rappelle les procédures des entreprises. Ces quatorze erreurs relevées (plus les petits couacs locaux…) viennent démontrer qu’il y a quand même ici une part d’amateurisme et nous rappellent qu’En marche ! est un jeune parti, qui commet des erreurs… de jeunesse.

Glam : Au-delà des couacs, on a l’impression que cette liste ne résulte que de calculs politiciens. Est-on vraiment loin de l’ancienne politique sur ce plan ?

En marche ! voulait vraiment éviter cet effet-là, mais il y a évidemment des calculs politiques derrière cette liste. Comment ne pas faire autrement ? La composition d’une majorité demande de passer des accords, de faire des compromis… C’est l’essence même de la politique, et ce n’est d’ailleurs pas forcément une mauvaise chose. En voulant présenter une vision de la politique « pure » et dénuée de tout arrangement, En marche ! se retrouve aujourd’hui en butte à la réalité.

Marianne : Les adhérents d’En marche ! n’ont pas eu leur mot à dire sur l’investiture des candidats de leur mouvement ?

Depuis le début, En marche ! a assumé un processus avec une commission d’investiture qui sélectionne des dossiers, un comité politique qui arbitre, et Emmanuel Macron qui tranche.

Lire aussi :   Investitures aux législatives : pourquoi ça coince entre La République en marche ! et le MoDem

Raphaël : Que sait-on des accords qui ont été passés entre François Bayrou et Emmanuel Macron lors du ralliement du premier au second durant la campagne présidentielle ?

Les versions divergent. Mais une chose est sûre : contrairement à ce que MM. Macron et Bayrou ont affirmé, la main sur le cœur, pendant des mois, il s’agissait dès le début d’un accord d’appareil avec négociation de circonscriptions.

L’argument de M. Bayrou est simple : quand il a rejoint M. Macron, il lui a permis de passer dans les sondages de 18 % à 24 %. Il réclame donc l’équivalent, à savoir un quart des députés. Il pensait manifestement avoir obtenu gain de cause avec quelque cent vingt circonscriptions. Du côté d’En marche !, on fait valoir que le MoDem n’avait que deux députés, et qu’ils n’ont pas les « ressources humaines » pour fournir autant de candidats. Comprendre : les candidats proposés par le MoDem n’avaient pas le niveau. Depuis hier, le ton des échanges par médias interposés est assez violent.

PC : François Bayrou n’a-t-il pas gâché cette séquence qui aurait dû être un moment extrêmement fort au vu de la présence de nouveaux visages, de la parité et de toutes les autres « promesses » faites par Emmanuel Macron pour ces investitures ? D’autant plus qu’il remet sur le tapis la vieille « tambouille politicienne »…

L’opération de communication autour du renouvellement a été gâchée par le communiqué du MoDem. Mais elle avait déjà été bien écornée par les nombreuses erreurs relevées, et notamment par le démenti de Mourad Boudjellal, l’une des principales figures de la liste, qui a assuré qu’il ne serait pas candidat En marche !.

Une question : Est-il sûr que Manuel Valls n’aura pas de candidat LRM dans sa circonscription ? Si oui, cela veut dire que M. Valls est accepté dans la majorité présidentielle officieusement ?

Oui, il est certain qu’il n’aura pas de candidat face à lui, cela a été annoncé par Richard Ferrand jeudi lors de la conférence de presse. Il s’agit d’un entre-deux. M. Valls n’aura pas l’étiquette En marche !. Le mouvement a jugé que l’image de M. Valls lui serait néfaste. Mais il considère manifestement que M. Valls pourra s’inscrire dans une future majorité présidentielle. Ce qui est intéressant, c’est que tous les lieutenants de Manuel Valls ont, eux, des candidats En marche ! face à eux. M. Macron ne veut manifestement pas que M. Valls puisse se constituer un petit groupe de députés entre le PS et lui.

Macron Leaks : dans les coulisses

des investitures d’En Marche

https://www.franceculture.fr  – 10.05.2017

Derrière l’exercice de communication autour du processus de recrutement ouvert à tous, des mails piratés de certains membres de l’équipe de campagne lèvent le voile sur un exercice de cuisine électorale.

« La République en Marche » (LRM), nouveau nom du parti « En Marche ! », a dévoilé ce jeudi la liste de ses candidats pour les prochaines élections législatives des 11 et 18 juin. Le but est de donner une majorité au président fraîchement élu, Emmanuel Macron, avec la promesse d’avoir des candidats incarnant le renouvellement, la probité, la société civile et la parité. Officiellement, l’opération d’investiture est présentée comme un succès populaire avec 19.000 dossiers de candidatures déposés sur le site du mouvement depuis le 19 janvier, pour 577 circonscriptions. La première liste révélée à la mi journée ce jeudi est de 428 noms.

Mais dans les coulisses, la gestion a été bien plus compliquée. Avec notamment une Commission Nationale d’Investiture (CNI) qui a eu du mal à faire face. C’est en tout cas ce que nous apprennent les mails de certains membres du mouvement qui ont fuité suite à un piratage de données et à leur publication sur internet. Dans ces mails : pas de scandales, pas de révélations, mais une plongée dans les coulisses de la campagne.

Dès février, on peut lire l’inquiétude de certains candidats à l’investiture sur le calendrier. Une fois nommés, il leur faudra trouver un financement, un local et surtout le temps nécessaire pour faire campagne. À tel point que certains candidats auraient « jeté l’éponge » peut-on lire, en Amérique du nord, dans la circonscription des Français de l’étranger.

Présidentielle : la personnalité

d’Emmanuel Macron clive les Français

 07h14, le 19 mars 2017, modifié à 13h49, le 19 mars 2017

A un mois du premier tour de la présidentielle, la personnalité du candidat d’En Marche! ne parvient pas à susciter l’emballement d’une majorité de Français.

Emmanuel Macron veut dépasser les clivages… Mais sa personnalité divise. Tel est le principal enseignement du sondage* Ifop pour le JDD publié dimanche sur les traits d’image du leader d’En Marche!

Trop éloigné des préoccupations des Français. Au coude-à-coude avec Marine Le Pen dans les intentions de vote du premier tour, la candidature d‘Emmanuel Macron semble susciter la perplexité. Pour cause : les personnes interrogées se divisent en deux blocs quasi-égaux sur sa personnalité. De son aptitude à présider, à réformer ou à garantir la sécurité des Français, l’ex-Premier ministre de l’Economie ne parvient pas à dégager une majorité d’adhésion. Ils sont ainsi 51% à douter de sa capacité à réformer le pays (contre 49% favorables),  ou encore 59% à le considérer trop éloigné des préoccupations des Français.

Le régalien, talon d’Achille de Macron. Dans la même veine, un peu plus d’un Français sur deux (52%) juge que le patron d’En Marche! est « inquiétant ». Une courte majorité (54%) estime également qu’Emmanuel Macron n’est pas en mesure de de garantir la sécurité des Français. Un talon d’Achille que le candidat a tenté de rectifier cette semaine, en multipliant les déplacements sur les thèmes régaliens et les annonces, à l’image du retour du service national obligatoire.

« Pas de trait saillant. » Pour autant, ce manque d’affiliation sur sa personnalité laisse planer un doute sur sa capacité à l’emporter. « En 2007, deux tiers des Français voyaient en Nicolas Sarkozy l’homme du changement ; en 2012, François Hollande était perçu comme honnête et attentif aux problèmes des Français. Macron, lui, n’a pas de trait saillant », résume Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop.

*Sondage réalisé le 16 et 17 mars auprès d’un échantillon de 1.000 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode par quotas). 

 

Conclusion

Certes,  Emmauel Macron a battu Marine Le Pen mais n’importe  autre candidat en aurait fait de même. En 2002 la notion de « gauche plurielle » avait mené Le Pen au deuxième tour de la présidentielle qui accorda à Jacques Chirac une majorité confortable, trop confortable. Un certain équilibre  est préférable en démocratie.

Mon père était anglais (de Manchester)  mais travaillait avec la marine française et en 1940 il était à l’Arsenal de Nantes. Dès qu’il était évident que la France était vaincue  mon père acheta une bicyclette  et partit en Périgord où il fit interné dans deux camps puis dans un troisième à Vichy.

Heureusement les autorités  Suisses sont intervenues et il put rejoindre Gibraltar  et continuer la guerre. A la fin de la période Nazi il se trouva pendant 4 ans en tant que colonel dans le corps d’ingénieurs de l’armée Britannique pour démanteler les structures militaires allemandes.

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