Macron voudrait faire juger Bachar el-Assad par la CPI

 

Maria Rodriguez McKey

Parfois les hommes et femmes politiques profitent de l’ignorance des citoyens, ou de leur peu d’intérêt pour certains sujets, pour annoncer n’importe quoi? Et le domaine des relations internationales est propice à cela.

Dans un article du journal « Libération », Estelle Pattée explique la difficulté, voire  l’impossibilité, de faire juger Bachar el-Assad par la Cour Pénale Internationale.

L’article mentionne le fait que l’ambassadeur britannique a appelé à la saisine de la Cour Pénale Internationale (CPI) « pour juger les crimes de guerre en Syrie. Libération continue «  Une demande qui a peu de chances d’aboutir. Lors de la dernière tentative du Conseil de sécurité, en 2014, la Russie et la Chine avaient une nouvelle fois déposé leur veto. »

Bien que cela relève, en principe, du droit international, cela ressemble plutôt à la bonne vieille politique, comme avant l’existence des Nations Unies.

Mais le Président Macron envisagerait-il de positionner la France dans la négociation qui aura lieu à la fin de la guerre en vue du partage ?

Dans tout conflit, il faut attendre la défaite de l’ennemi, Hitler (lors de la deuxième guerre mondiale) et DAESH dans celle-ci, pour entamer toute négociation,  et il est clair qu’à cette table il y aura la Russie, l’Iran, la Turquie, et les Etats-Unis,  d’où la diplomatie déjà actuelle et très active de la France.

Néanmoins, ce n’est pas avec cette idée de faire juger  Assad par la CPI que la France arrivera à être à la table des négociations, vue la position des autres pays intervenants.

Mais la CPI est le bébé de la diplomatie française toujours dans son idée d’une gouvernance internationale qui lui offre un rôle dans les affaires du monde, (comme le siège au Conseil de Sécurité, qu’elle a obtenu grâce à Winston Churchill, qui a participé aux négociations d’après guerre et qui ne voulait pas un affrontement direct URSS – Etats-Unis). Les deux pays qui participent le plus au budget de la CPI sont la France et l’Allemagne, les Etats-Unis n’ayant pas ratifié le traité la créant. Vu que les Etats Unis ont des militaires postés un peu partout dans le monde, ils préfèrent des accords bilatéraux.

La France a ratifié le traité de Rome instituant la CPI mais en s’autorisant un délai de 7 ans pour son application.  Voici ce que dit le site http://www.cfcpi.fr/spip.php?rubrique6:

« La France a signé le Statut de Rome dès le 18 juillet 1998 et déposé son instrument de ratification du Statut de Rome le 9 juin 2000, après une autorisation votée à l’unanimité du Parlement. La ratification par la France du Traité de Rome a nécessité la révision de la Constitution suite de l’avis rendu le 22 janvier 1999 par le Conseil constitutionnel.

Lors de la ratification du Statut de la CPI, la France a fait jouer la « déclaration de l’article 124 ». Cette déclaration a pour effet de suspendre la compétence de la CPI en France pour les crimes de guerre pendant une période de sept ans à partir de l’entrée en vigueur, c’est-à-dire jusqu’au 1er juillet 2009. La CFCPI ne peut que regretter l’utilisation de l’article 124 que rien ne justifie. Il serait normal et souhaitable que la France y renonce au plus vite.

A ce jour, seules la France et la Colombie ont utilisé l’article 124. »

La guerre de Libye a été une catastrophe pour le pays lui même mais aussi pour l’Afrique car Khadafi a joué le rôle de policier dans la région. L’Union Africaine a plaidé avec le Président Sarkozy pour négocier avec Khadafi. L’Union a reçu une fin de non recevoir.

Le Président Sarkozy et le Premier Ministre Cameron ont créé un vide de pouvoir dans cette région. Le Président Obama n’est pas allé plus loin que l’installation de la « no fly zone », ce quia empêché les avions de Khadafi de bombarder les populations. Il faut dire que, contrairement à l’Assemblée Nationale (droite et gauche confondues), le Congrès n’a pas donné un sous au président (aux Etats Unis ont dit que le Congrès a « the power of the purse » ou le pouvoir du portefeuille).

L’état de la Libye, et les conséquences sur la région, y inclus les centaines de réfugiés noyés dans la Méditerranée, sont directement imputables à cette guerre.

La guerre de Libye ressemblait à la  guerre du Président Bush Jr. en ce que le but de l’un comme de l’autre était de se débarrasser du gouvernement en place. Mais le Président Sarkozy a pensé que s’ il n’y avait pas une occupation de troupes étrangères, il n’y aurait pas de résistance, de toute façon, il aurait été politiquement impossible d’envoyer l’armée française. J’ai encore cette image de Cameron et Sarkozy se faisant féliciter par la foule après la défaite.  La seule chose positive pour la France c’est que la présence du Qatar sur le sol libyen, a permis à ce dernier d’acheter des Rafales!

Il y aurait dû y avoir un seul ennemi : DAESH.  Le gouvernement Hollande avec son ministre des Affaires Etrangères, Laurent Fabius, n’aurait pas dû attendre les attentats de Paris pour le réaliser. Il ne faut jamais se tromper d’ennemi.

Après le 11 septembre, il ne fallait surtout pas se débarrasser des gouvernements dans les pays du monde arabe et créer des vides de pouvoir où DAESH pouvait pénétrer. D’ailleurs, DAESH est présent en Libye et en Irak.

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