Macronleaks et Atlantico

Voici quelques extraits de l’information fourni par MEDIAPART à partir des Macronleaks. C’est un portrait sur la personnalité de Macron.

Bernard Owen, Maria Rodriguez-McKey

Progressivement, c’est une véritable entreprise industrielle de récupération de dons qui va être lancée, taillée sur mesure pour convaincre les grands noms de la finance et du patronat. Le 1er juin, un événement organisé chez un jeune patron, dans le XVIe arrondissement de Paris, prévoit « le passage d’Emmanuel ». La présentation est soignée au millimètre près pour les 35 membres de « cercles influents (hors PDG CAC 40) ». « Potentiel maximum de dons » : 225 000 €. « Probabilité de dons » : 60 %. Résultat, « un montant prévisionnel » de 135 000 euros.

Les rencontres (dîners, déjeuners, cocktails) s’enchaînent. Les enjeux sont clairement annoncés comme le montrent les communications de Deseglise, le banquier de chez HSBC : si Macron vient pour présenter « les grands thèmes de son programme présidentiel », il précise : « Le second objectif, soyons très clairs, est une levée de fonds ». « Un enjeu majeur pour les prochains mois » selon ses propres mots. Selon Libération, 1,7 % de gros donateurs auraient fourni à eux seuls, à l’échéance de mars 2017, près de 45 % de la collecte globale.

Cette levée de fonds va se faire à l’international. Du 4 au 6 décembre, Macron est à New York et il enchaîne les rencontres. Il s’affiche au côté de l’économiste en vogue Joseph Stiglitz. Dans une scène filmée par le documentariste Yann L’Hénoret et diffusée au lendemain de la victoire de Macron, l’ex-ministre de l’Economie prend la parole devant parterre d’invités, dont les visages sont floutés : « Je ne vais pas vous faire un très long speech. Sur l’argent, une campagne présidentielle, c’est plafonné. Vous n’avez pas le droit d’être aidé par des entreprises, vous pouvez être aidés par des particuliers. […] J’ai encore besoin de lever en « equity » (fonds propres) 5-6 millions d’euros ». Le message est clair.

Opacité et soupçons de conflits d’intérêts

C’est donc bien les milieux financiers internationaux qui ont lancé la carrière présidentielle d’Emmanuel Macron. Pourtant, à en croire l’intéressé et les médias, il n’y aurait rien à cacher. Mais le contenu des documents révélés par Libération suggère une vision très différente. Macron en campagne a tout fait pour rendre le plus opaque possible ses différents financements. Ainsi, dans les échanges mails, il est impossible de connaître le nom des donateurs. Car les consignes de contenu sont claires : aucun nom ne doit passer par mail, mais seulement à l’aide de la messagerie cryptée Telegram. Libération révèle également que l’équipe de Macron a délibérément annoncé publiquement un montant de dons reçus systématiquement inférieur à la réalité durant sa campagne. Rien à cacher, vous êtes surs ?

De plus, l’émission de chèques de la part de secteurs financiers alors que le futur candidat est encore ministre de l’Economie inquiète dans son équipe. On pourrait l’accuser de conflits d’intérêts, d’autant plus quand on sait que celui-ci aurait utilisé, selon deux journalistes, une partie de sa réserve budgétaire de ministre pour organiser des rendez-vous. Qu’à cela ne tienne, ceux-ci décident d’attendre sa sortie du gouvernement pour encaisser les chèques. Mais on ne voit pas bien la différence que cela fait.

Surtout, le conflit d’intérêts est bien réel quand on sait que ce futur président de la République prévoit une guerre antisociale au profit de ceux qui ont financé sa campagne. Les sources de financement de Macron en disent long sur le « renouveau politique » que celui-ci appelle de ses vœux : celui d’un ex-banquier, financé par les banquiers à l’échelle mondiale et qui s’apprête à faire une politique au service de la finance et du grand patronat.

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Voici quelques extraits d’Atlantico  (http://www.atlantico.fr) sur un des ministres du gouvernement Macron:

Le Modem aurait-il employé ses assistants parlementaires européens au siège parisien du parti ? C’est ce qu’affirmait Corinne Lepage dans un livre paru en 2015. Maintenant que l’écologiste se retrouve dans la même équipe que les membres du parti de François Bayrou, force est de constater que ces accusations passées sont beaucoup plus gênantes pour Emmanuel Macron et ses nouveaux soutiens…

La redécouverte de quelques lignes oubliées a provoqué une avalanche de réactions dans la matinée du 28 février. Sur Twitter, un court extrait du livre de Corinne Lepage, Les Mains Sales (2015) est partagé par des centaines de personnes.

Son contenu a de quoi faire bondir de nombreux soutiens de François Fillon et de Marine Le Pen, tous les deux mis en cause dans des affaires d’emplois fictifs, à l’Assemblée Nationale pour l’un et au Parlement européen pour l’autre. Évoquant son éloignement du Modem qu’elle avait fondé avec Bayrou en 2008, la présidente de LRC-Cap21 y dénonçait un étrange manège au sein du parti de François Bayrou. Une pétition en ligne est même lancée, comptant le 28 février au soir près de 1 000 signataires et demandant que le parquet se saisisse du dossier. L’affaire – qui ne date donc pas d’hier – est loin d’être anodine, surtout quand on sait que Corinne Lepage puis François Bayrou et la majorité de ses équipes du Modem se retrouvent depuis peu au sein d’En Marche ! , et sont donc à priori nouveaux alliés dans cette campagne.

« Lorsque j’ai été élue au Parlement européen en 2009, le Modem avait exigé de moi qu’un de mes assistants parlementaires travaille au siège parisien. J’ai refusé en indiquant que cela me paraissait d’une part contraire aux règles européennes et d’autre part illégal. Le Modem n’a pas osé insister mais mes collègues ont été contraints de satisfaire cette exigence. Ainsi, durant cinq ans, la secrétaire particulière de François Bayrou a été payée… par l’enveloppe d’assistance parlementaire de Marielle de Sarnez, sur fonds européen. »

Contactée pour connaître son avis, Corinne Lepage a indiqué ne pas vouloir faire de commentaire et s’est contentée de rappeler que le livre a reçu le Prix du Livre Politique du Barreau de Paris en 2015.

Le Modem aurait-il employé ses assistants parlementaires européens au siège parisien du parti ? C’est ce qu’affirmait Corinne Lepage dans un livre paru en 2015. Maintenant que l’écologiste se retrouve dans la même équipe que les membres du parti de François Bayrou, force est de constater que ces accusations passées sont beaucoup plus gênantes pour Emmanuel Macron et ses nouveaux soutiens…

 

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