Nécessité fait loi

Bernard owen, Maria Rodriguez-McKey

Toute attaque contre un être vivant entraîne obligatoirement une réaction. Pour un animal, c’est soit la fuite, soit des subtilités dans son comportement, inconnues de l’assaillant. Le principe général est de réagir. Il en va de même pour l’être humain vivant en démocratie.

L’attaque du 11 septembre 2001 a été une surprise pour les citoyens Américains. Il existe toujours les « conspiracy theories » qui peuvent avoir un rien de vérité, mais pour l’attaque elle-même, tout ce que l’on peut relever est le manque d’efficacité entre le terrain et les autorités centrales. En effet, l’un des agents Américains s’était étonné du fait que l’un des pilotes en formation avait refusé de prendre la section concernant les manoeuvres d’atterrissage. Il avait prévenu Washington, mais son message s’était perdu dans la bureaucratie…. Il y avait déjà eu un cas semblable auparavant, quand le patron du F.B.I. Edgard Hoover n’avait pas pris au sérieux un espion double, qui l’avait prévenu trois mois avant Pearl Harbour d’une attaque possible contre la flotte américaine tranquillement amarrée. C’est pour cela que Roosevelt créa l’O.S.S., et Truman la C.I.A. Quelque soient les moyens, l’incompétence est toujours prête à tout faire basculer.

Le drame qui vient de se produire à Paris et dans sa banlieue a été retransmis dans le monde entier. Le nombre de morts et de blessés est important. Alors, que faire ? Nos amis, qui prônent la démocratie réagissent …. Et la liberté ! On parle de mesures liberticides.

Après le 11 septembre, les Etats Unis se devaient de réagir fortement pour eux-mêmes, mais aussi pour lres autres Etats. N’oublions pas que Ben Laden, fils d’une riche famille saoudienne, s’était lancé contre le plus puissant Etat de l’Occident. C’était un acte symbolique, il voulait frapper fort.

En 2004, 2005 et 2006, les Etats Unis ont passé des accords avec les pays européens pour mettre à jour les banques de données sur les personnes, mais, devant les restrictions apportées aux voyageurs européens se rendant aux Etats Unis (70 jours avant son départ, fournir des données personnelles), les Européens ont fortement réagi, et les Américains ont supprimé ces réglementations.

Jean Claude Paye sous-entend que, du fait que le « Patriot Act » comprenant 128 pages, soit rédigé seulement quatre jours après l’attentat, avait été préparé longtemps avant. En cela, il ignore l’efficacité d’un travail administratif et juridique en cas d’urgence.

Il est toujours intéressant de comparer la façon dont les différents Etats traitent la question du terrorisme. Jean Paul Pelissier évoque le journal « The New York Times » qui s’est intéressé à l’affaire Mohamed Merah (le 22 mars 2012). Il semblerait que notre terroriste soit passé à côté des renseignements sur le terrorisme français. Celui-ci travaille essentiellement sur la recherche humaine en pénétrant les sources de recrutement de terroristes potentiels, soit dans certaines mosquées, soit dans des réseaux islamistes radicaux. Cela permet à la France d’être bien informée. Les Américains peuvent utiliser de façon systématique des moyens informatiques d’écoute à un niveau qui permet le recoupement des informations, et obtenir un regard général mais précis de l’ensemble des recherches. Cet auteur cite Gary Schmitt, qui présente le système français comme « très répressif » même avant le « Patriot Act » concernant les écoutes téléphoniques, la loi sur l’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste paraît efficace, mais le côté solitaire de Merah et un certain laxisme de son ancien interlocuteur policier révèle la faiblesse du système.

D’ailleurs, l’ensemble de l’affaire Merah n’apparaît pas atypique, car la police allemande a trouvé à Berlin un document d’Al Qaïda, qui recommandait à leurs membres en Europe de l’Ouest et aux Etats Unis de chercher des éventuels terroristes solitaires pouvant se fondre facilement dans la population, sans éveiller les soupçons, et préparer des attaques destinées à terroriser la population.

Le journal « Le Figaro » fournit les détails des contraintes des lignes aériennes devant communiquer les données personnelles appliquées, au départ, par certains pays, et en 2015, par tous. Cela peut paraître une demande nécessaire dans ces guerres non conventionnelles, mais pourrait aussi encourager la pénétration en Europe le flot de personnes non désirables parmi les immigrants empruntant lers voies non conventionnelles par mer. Les terroristes d’outre mer ne sont-ils pas capables de se transformer en agence de voyage pour faire traverser à un coût raisonnable ou non une quantité d’immigrants difficilement contrôlables.

Un instant de réflexion sur les personnes chargées d’explosifs sur le point de perdre la vie. Des seringues ont été trouvées dans l’appartement loué par des terroristes à Alfort Ville. Au départ, la presse a parlé de seringues appartenant à la police pour recherche d’ADN, puis sur RTL et ailleurs, l’on a donné des détails sur la drogue utilisée par Daesh : le captagon qui est utilisé pour éliminer tout sentiment de peur. Cela est très logique. Il s’agit d’un psychostimulant et se trouve sous trois noms différents : captagon, biocapton et fitton. Le captagon était utilisé par les étudiants, dans les années soixante, où il était en vente libre, jusqu’en 2011. Il était produit principalement en Libye et au Liban, alors que la Syrie est devenue le premier producteur à partir de 2011. L’Arabie Saoudite en saisit des tonnes tous les ans, ainsi que le Qatar et d’autres pays arabes. Selon Wikipedia, l’auteur de l’attentat de Sousse du 28 juin 2015, Seifessine Rezgui, revendiqué par Daesh, était sous l’empire du captagon.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *