Le New York Times et Madiapart: Leurs visions de la relation Macron – Trump

Le titre de l’article de Mediapart et direct: Macron aux Etats-Unis, une visite pour l’image. Celui du New York Times Macron Takes a Risk in Courting Trump, but Has Little to Show for It  est plus nuancé mais a défaut du pouvoir, on multiplie le tentatives.

Macron aux Etats-Unis, une visite pour l’image

22 AVRIL 2018 PAR MATHIEU MAGNAUDEIX

New York (États-Unis), de notre correspondant. En bras de chemise, attentif, le corps penché en arrière : il y a un air de famille avec certains clichés de Barack Obama à la Maison Blanche, modèle assumé de celui qui est devenu l’an dernier, à 39 ans, le plus jeune « dirigeant français depuis Napoléon », comme le rappellent volontiers les médias anglo-saxons.

Un an après son élection, Emmanuel Macron pose ces jours-ci dans le Vanity Fair américain : dans le salon vert de l’Élysée, à son bureau la main sur la tête de Nemo, labrador présidentiel, le tout sous l’objectif de la photographe star Annie Leibovitz. « Une artiste reconnue pour son regard photographique », a justifié l’Élysée, qui ferme le reste du temps le palais présidentiel à la presse.

« Emmanuel Macron se livre sur l’Iran et son nouveau copain (sic) à la Maison Blanche », titre l’article. Après des mois de silence « jupitérien », les interviews en grand dans des médias français (dont Mediapart) pour répondre aux colères qui montent en France, le président français contesté à domicile pour des réformes jugées trop dures, puisées dans le catéchisme néolibéral ou bien juste vieillottes, repart à la conquête de l’opinion internationale.

Devant les eurodéputés à Strasbourg il y a quelques jours, il a alerté contre la progression des « démocraties illibérales ». En visite d’État, ce lundi, et pour trois jours, aux États-Unis, Macron entend peaufiner l’image de lui qu’il préfère : le jeune président qui a dynamité le système politique de son pays, a freiné une vague populiste après le Brexit et la victoire de Trump, a lancé les réformes structurelles réclamées par les institutions internationales et se pose en rempart contre les dérives antidémocratiques en Europe et dans le monde.

Le voyage de Macron aux États-Unis, qui durera jusqu’à mercredi, est la première visite d’État de son mandat – un type de déplacement plus protocolaire que les voyages officiels. C’est aussi la première organisée par le président Trump depuis son entrée en fonction en janvier 2017.

Pour l’Élysée, cette invitation inédite est le signe de l’« histoire extraordinaire d’amitié et d’alliance depuis deux cent cinquante ans » entre les deux pays – la coopération militaire et antiterroriste est toujours qualifiée d’excellente de part et d’autre de l’Atlantique. Les honneurs faits à Macron sont aussi la preuve, souligne la présidence de la République, d’une « relation proche et de confiance entre les deux hommes ».

Dans Vanity Fair, Emmanuel Macron parle à l’envi de sa « relation très personnelle » avec l’actuel locataire de la Maison Blanche avec qui il n’a pourtant rien en commun. « Nous avons développé un bon niveau de confiance et de respect », dit Macron, qui parle « régulièrement » au téléphone à Trump et apprécie leurs « conversations directes ».

Avec le président américain, Macron a mis en scène dès le début une relation amicale « et en même temps » basée sur le rapport de force. Leur première poignée de main avait été très commentée. Lorsque Trump a annoncé sa sortie de l’accord de Paris, Macron a joué les trolls avec une vidéo en anglais où il proclamait « Make the planet great again », un détournement du slogan de campagne du président américain. Puis il l’a flatté en l’invitant à la parade militaire du 14-Juillet sur les Champs-Élysées. Il y a quelques jours, Macron s’est vanté d’avoir convaincu les Américains de « rester dans la durée en Syrie »Il exagérait et a nuancé ses propos, mais sa sortie prouve qu’il cherche toutes les occasions de pousser son avantage face à un Donald Trump hors de contrôle et son administration à vau-l’eau.

Dimanche, sur la chaîne ultraconservatrice Fox News, Macron a souligné la « relation très spéciale » qui l’unit au président américain – « Nous sommes tous les deux non conformistes, nous ne sommes pas issus du système politique classique » – se gardant bien de commenter les multiples déboires judiciaires et politiques de Trump. De quoi flatter les oreilles du président milliardaire, un spectateur assidu de Fox News, « Trump TV » où il compte de nombreux amis et relais.

Lundi soir, un dîner des couples Macron et Trump est prévu à Mount Vernon, en Virginie, la résidence d’un des pères de l’indépendance américaine, le premier président George Washington (1732-1799). Mardi, une photo et plusieurs entretiens sont organisés à la Maison Blanche, avant un déjeuner au département d’État, une visite au cimetière militaire d’Arlington et le fastueux dîner d’État truffé de leaders du Parti républicain : pour son premier organisé à la Maison Blanche, Trump a rompu avec la tradition qui consiste à inviter des personnalités de l’opposition et des journalistes connus.

Mercredi, avant de deviser avec des étudiants à l’Université George-Washington, Emmanuel Macron prononcera un discours, en anglais, devant le Congrès. « Un événement extrêmement rare », se plaît à souligner l’Élysée. En réalité, hormis François Hollande, tous les présidents récents de la Cinquième République y ont eu droit. Seul Valéry Giscard d’Estaing s’est exprimé en anglais. « Une société libérale est en même temps la meilleure société de progrès », avait dit VGE le centriste devant les parlementaires américains le 18 mai 1976, à l’occasion du bicentenaire de l’indépendance américaine.

Selon l’Élysée, le discours d’une demi-heure sera l’occasion d’adresser un « message d’amitié, de respect, d’affection du peuple de France à la nation américaine »« On est confrontés à des défis qui sont d’une complexité inégalée. La question qui se posera lors de ce discours devant le Congrès, finalement, ça sera : est-ce que vous voulez qu’on continue à écrire l’histoire ensemble ? » ajoute l’Élysée, qui prévoit dans ce discours un passage sur « la démocratie et les valeurs ».

Emmanuel Macron devrait éviter toute critique frontale. La politique intérieure américaine ? Pas le but de la visite, dit l’Élysée. L’accord sur le nucléaire iranien, dont Donald Trump pourrait décider de sortir en mai ? La France, qui cherche à l’en dissuader, prévient que « ce n’est pas à cette occasion qu’on espère engranger un accord ». Le président français entend aussi « remettre l’action climatique au centre du dialogue ». Mais « on n’est plus dans une situation où on cherche à faire revenir les États-Unis dans l’accord de Paris », concède l’Élysée, même si Trump souffle parfois le chaud et

C’est surtout du côté de l’image que Macron compte engranger des points. Sa victoire en mai 2017 face à Marine Le Pen a soulagé tout ce que les États-Unis comptent d’opposants à Trump, néoconservateurs bushiens, républicains modérés, libéraux ou progressistes. Après le vote du Brexit (juin 2016) puis l’élection de Trump (novembre 2016), celle de Macron a été reçue de l’autre côté de l’Atlantique comme un coup d’arrêt, au moins temporaire, à la montée du nationalisme et des « populismes ».

Dans un pays où se définir de gauche ou socialiste reste un ticket pour une forme de marginalité politique – même si c’est en train de changer, notamment grâce à la campagne de Bernie Sanders en 2016 –, le mot « populiste » inclut souvent la gauche de la gauche. Jeune maître de conférences à Harvard et animateur du podcast The Good Fight où défilent les voix mainstream de l’antitrumpisme, l’universitaire Yascha Mounk vient ainsi de publier un livre sur le populisme où il décrit Podemos, Jean-Luc Mélenchon ou l’extrême droite européenne comme les deux faces d’une même monnaie (The People vs Democracy, Harvard University Press, non traduit en France). Il sait gré à Macron d’avoir été le « deus ex machina » qui a évité une victoire de Marine Le Pen, mais aussi une confrontation entre Le Pen et Mélenchon au second tour. « Cela aurait été un cauchemar », dit-il.

Dans la presse américaine, notamment économique, Macron, libéral dont le positionnement politique est, à gros traits, au diapason de l’establishment du parti démocrate, est très souvent vu comme le président qui va enfin mener des réformes structurelles jugées nécessaires. Le Financial Times estime que la réforme de la SNCF est son premier « grand test ». Alors que Donald Trump, élu sur un programme protectionniste, décrète des « guerres commerciales », le Wall Street Journal, quotidien conservateur des affaires, salue l’ouverture de Macron au libre-échange.

Dans le chaos international actuel – crises, démocraties occidentales malades, autocrates plus ou moins dangereux –, l’action Macron est donc plutôt bien cotée, en tout cas à la bourse des commentateurs. En un an, « Macron est devenu le leader central du monde occidental »s’enthousiasme William Drozdiak, ancien correspondant en Europe du Washington Post, qui constate le « crépuscule » d’Angela Merkel et l’absence relative de la Grande-Bretagne accaparée par le Brexit. « Nouveau leader du monde libre », s’enthousiasme Politico, un média très lu à Washington.

« Macron s’est engouffré dans le vide politique laissé par le retrait des États-Unis après soixante-dix ans de domination mondiale. Le sort de l’alliance occidentale est entre ses mains », écrit Drozdiak, qui le félicite d’avoir « coordonné les expulsions de diplomates russes des pays occidentaux » après l’empoisonnement d’un espion russe à Londres, de renouer le dialogue avec la Chine ou l’Inde, ou encore de « redynamiser l’Union européenne comme puissance globale ».

En réalité, pendant toute sa visite, Macron jouera sur du velours : à côté de Trump, il n’a pas grand-chose à faire pour apparaître comme le plus fréquentable. Chaque jour, Trump nomme des affairistes ou des ultra droitiers à divers échelons du pouvoir, conteste l’enquête tentaculaire du FBI sur sa campagne, purge les administrations rétives, menace de virer son ministre de la justice et son adjoint, attaque sur Twitter des Noirs, des femmes, des juges, estime que certains de ses opposants devraient être enfermés, ment éhontémentattaque la presse.

Il fait déporter les immigrés sans papiers à un rythme soutenu, dirige la première puissance mondiale en affairiste ploutocrate, défend des décisions transphobes, bataille contre l’avortement. Son avocat personnel, dépositaire de tous ses secrets, est dans le viseur de la justice et certains membres de son administration se permettent des dépenses somptuaires aux frais de l’État. Des juges fédéraux l’accusent de « tyrannie ».

James Comey, l’ancien patron du FBI qu’il a limogé, vient d’expliquer dans un livre que la présidence de Trump est un « feu de forêt qui menace chaque jour ce qui est bon dans notre pays ». Plusieurs best-sellers publiés récemment s’interrogent sur l’avenir de la démocratie américaine. L’historien Timothy Snyder (dans son livre On Tyranny) dépeint Trump en « nationaliste qui nous encourage au pire ».

« Les États-Unis ne sont plus un modèle démocratique. (…) Nos garde-fous constitutionnels sont-ils suffisants en eux-mêmes pour garantir la démocratie ? Nous pensons que la réponse est non », écrivent les politologues de Harvard Steven Levitsky et Daniel Ziblatt dans How Democracies Die, une étude comparative fouillée qui rappelle aux Américains que la démocratie est mortelle.

Can it Happen Here ?, un ouvrage collectif sur la poussée autoritaire aux États-Unis, commence lui par une dystopie où Trump, après un attentat massif à Chicago, impose la loi martiale et la dictature, étend la surveillance, crée un crime de « sédition », fiche les musulmans, impose sa loi au Congrès, censure les médias, déclenche une guerre sans fin. Dans son avant-dernière livraison, le magazine Harper’s s’est inquiété : et si, malgré le chaos de sa présidence, Trump était réélu en 2020 ? « Ça peut arriver parce que cela s’est déjà produit »prévient le mensuel.

Dans cette drôle d’atmosphère américaine, il suffira donc à Macron de sourire, de charmer et de se montrer un peu spirituel pour se faire valoir. Son rôle préféré, loin de la France et des contestations.

Macron Takes a Risk in Courting Trump, but Has Little to Show for It

By ALISSA J. RUBIN and ADAM NOSSITERAPRIL 22, 2018

PARIS — President Emmanuel Macron was put on the spot this year in front of a room full of journalists when one asked, provocatively: Which man is more dangerous, North Korea’s leader, Kim Jong-un; or Donald J. Trump?

“You know, I have always refrained from making sweeping judgments,” Mr. Macron answered slowly, weighing his words.

“The American people have chosen their president,” he said. “Our relationship with the United States is absolutely critical, in fact. Fundamental. We need it.”

With that careful answer, the leader of France sought to reassure a French public hostile to the American president that pure pragmatism governed his relations, while hinting that by giving Mr. Trump the benefit of the doubt, he could get something in return.

But has he? Mr. Macron departs on Monday for his first official visit to Washington at a particularly difficult moment in his young presidency. His popularity is challenged on many fronts. His ambitious domestic reform program has been barraged by strikes. His big plans to overhaul the European Union are in tatters.

And the verdict on the French president’s subtle calculus toward Mr. Trump is distinctly mixed. Almost alone among Europe’s leaders, Mr. Macron has struck an apparent rapport with the mercurial American president, who has taken pride in testing, even alienating, some of the United States’ oldest and truest allies.

Mr. Macron has made a gamble, given Mr. Trump’s unpopularity, that he can court him but not be tarnished by him — or even that he can burnish his own reputation as a leader who is so psychologically astute that he can gain the ear of an American president who is in many respects his polar opposite.

A year into a sustained charm offensive, Mr. Macron has won a trip to Washington, occasioned by an invitation from Mr. Trump for a formal state visit, the first the American leader has extended during his presidency.

But other than that, he has little to show for his courtship of Mr. Trump. Mr. Macron has gotten “nothing” was the unsparing judgment of Denis Lacorne, who teaches at Sciences-Po in Paris and is among the most seasoned observers of Franco-American relations.

Mr. Macron pitched hard to bring Mr. Trump around on climate change, the antinuclear proliferation deal with Iran and trade tariffs on steel and aluminum, Mr. Lacorne noted.

But the American president withdrew from the Paris climate accord; is on the verge of abandoning the Iran deal and potentially could force the Europeans to leave it, as well; and is moving ahead with tariffs on aluminum and steel that will hurt some European allies.

“You don’t see concrete results,” said Laurence Nardon, the director of the North America program at the French Institute of International Relations.

But Mr. Macron, in her view, may get something intangible. “What Macron gets is that he is seen as being close to the U.S. and even to Trump, and that gives his presidency and France bigger clout,” Ms. Nardon said.

Mr. Macron has built a career out of offering respectful, flattering attention to older power figures. Mr. Trump is only the latest in a succession of such men — François Hollande, the former French president; Jacques Attali, a former presidential counselor — Mr. Macron has cleverly used and then leapfrogged over.

The French leader had the insight that Mr. Trump would be thrilled by the military might, pomp and circumstance of France’s annual Bastille Day Parade, with its show of military hardware, and invited him to share a front-row seat last July.

Mr. Trump was so taken with it, he ordered up one of his own for this year, now tentatively scheduled for Nov. 11, Veterans Day, but with details still in flux.

The French president also took Mr. Trump and his wife to dinner in a formal restaurant in the Eiffel Tower, a canny recognition of Mr. Trump’s attract

ion to glitz.

No one should confuse Mr. Macron’s attention to Mr. Trump’s likes and dislikes with a genuine bromance, however, and Mr. Macron’s staff bristles at the suggestion that the two are friends.

Asked at a media luncheon about purported closeness between the two leaders, Benjamin Griveaux, the government’s spokesman, responded: “I don’t think they are buddies. The goal is not to have affectionate relations, but to establish some sort of personal connection.”

Mr. Macron himself makes selective criticisms of Mr. Trump as if to send a clear signal to the French that he is not naïve. He said publicly that Mr. Trump had made a mistake to deride Haiti and African nations as “shithole countries.”

His tone in talking about the Iran nuclear nonproliferation pact and the Paris climate accord brushes aside Mr. Trump’s positions. “There is no Plan B,” his aides say of the Iran deal, echoing Mr. Macron’s frequent comment about the climate pact, “There is no Planet B.”

The Janus-faced approach — at once warm and friendly to Mr. Trump but at the same time keeping his options open — in some ways reflects the French love-hate relationship with the United States.

France disdains America’s brashness and unilateralism but also admires its popular culture and the fluidity of a society where it is easier to rise to wealth and power than in France.

In foreign policy, France’s independent line, forged by the former president and general Charles de Gaulle, was clearest in France’s refusal to go along with the American invasion of Iraq.

More recently, however, France and the United States have found themselves on the same page when it comes to terrorism and working closely together on the problems in North Africa, as well as in the Middle East.

So as genuine allies on the defense front, Mr. Macron “has to try” to bring Mr. Trump along, Ms. Nardon said.

If he can move Mr. Trump a little on policy, so much the better, but as Mr. Macron has said himself, Mr. Trump is not easy to persuade.

“Sometimes I manage to convince him, sometimes I fail,” he told a BBC interviewer in January.

The accommodating dynamic between the two men, and perhaps the limits of the relationship, were evident during their joint appearance at the Élysée Palace in July before the Bastille Day celebration.

Mr. Macron took Mr. Trump and his wife to dinner in July at a formal restaurant in the Eiffel Tower, a canny recognition of Mr. Trump’s attraction to glitz. CreditStephen Crowley/The New York Times

As they stood side by side, there was a lot of shoulder-patting back and forth. But Mr. Trump’s breezy suggestions of acquiescence to the French point of view — on climate change, for instance — turned out to be no more substantive than the off-the-cuff way in which they were delivered.

“Something could happen with respect to the Paris accord,” Mr. Trump said. “We’ll see what happens.” Nothing ever did.

The risk, said Thomas Guénolé, a political scientist who follows geopolitics closely and teaches at the University of Paris-East at Créteil, is that Mr. Macron gives too much to Mr. Trump and gets little in return.

“Emmanuel Macron doesn’t risk being unpopular for trying to get things from Donald Trump and trying to negotiate with him,” said Mr. Guénolé.

“The problem would come if, like Tony Blair, he tried to get things by developing a strong relationship with the U.S. president, but afterward got too little,” said Mr. Guénolé, referring to the former British prime minister who allied himself with President George W. Bush’s decision to remove Saddam Hussein and found himself and his country mired in a yearslong war in Iraq.

Mr. Guénolé, Ms. Nardon and other analysts say that Mr. Macron is taking advantage of the vacuum left in Europe by Prime Minister Theresa May’s preoccupation with how to get Britain out of the European Union and Chancellor Angela Merkel’s focus on maintaining an unwieldy coalition in Germany.

In a way, that fits well with the Trump White House.

“France’s cooperation with the United States has always been pragmatic,” said Alexandra de Hoop Scheffer, a senior trans-Atlantic fellow and director of the Paris office of the German Marshall Fund.

“So in a certain way, the French pragmatic way mirrors Trump’s transactional approach,” she added. “It’s why they can succeed in getting along while they have very deep policy disagreements.”

If the rhetoric is stripped away, Mr. Macron in fact has set rather modest goals, although the show of friendship with Mr. Trump can be distracting, she said.

“It’s to keep the U.S. engaged in the international system, the multilateral system, and not give the U.S. the sense that the Europeans are trying to isolate Washington,” she said.

Mr. Macron will be in Washington for three days, with a State Dinner planned for Tuesday and a speech to a joint session of Congress on Wednesday. Still, a senior aide at the Élysée tried to lower expectations.

It would be a mistake to judge the success of the trip by what the French president could get from Mr. Trump, the aide said. Instead, the visit will allow time for the two leaders to luxuriate in the pomp and circumstance that they both enjoy and for them to talk in a more personal way with their wives present.

In a January television interview, Mr. Macron waxed about how the two men talked often and how he felt “attached” to Mr. Trump. But when the interviewer questioned how he could be friendly with the American president, Mr. Macron laid out his colder, strategic assessment.

“The United States is the premier power; it is our most important partner in multilateral endeavors; it’s our first partner in the fight against terrorism; it is important for collective security,” he said.

“We can be angry with the United States, we may disagree about the methods as we do on Iran, but at the end, we are in agreement,” he said.

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