Œcuménisme : pour le jubilé, le pape demande pardon aux autres chrétiens

Sébastien Maillard (à Rome), le 26/01/2016 à 11h33 6 La Croix

En conclusion de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens, le pape François a demandé « miséricorde et pardon pour les comportements non évangéliques de catholiques à l’égard des chrétiens d’autres Églises ».

Une année sainte offre l’occasion de pardons, comme le fit Jean-Paul II au cours du jubilé de l’an 2000. Le pape François s’est inscrit dans cette pratique lundi 25 janvier en voulant « invoquer miséricorde et pardon pour les comportements non évangéliques de catholiques à l’égard des chrétiens d’autres Églises ».

Le pape s’exprimait « comme évêque de Rome et pasteur de l’Église catholique » depuis la basilique romaine de Saint-Paul-hors-les-Murs, où, comme chaque année, un office œcuménique de vêpres conclue la semaine de prière pour l’unité des chrétiens.

« Les offenses d’autres chrétiens »

« En cette année jubilaire extraordinaire de la miséricorde, gardons bien à l’esprit qu’on ne peut exercer une authentique recherche de l’unité des chrétiens sans une pleine confiance dans la miséricorde du Père », a rappelé le pape, lisant debout son texte en italien sous le regard de l’archevêque-métropolite orthodoxe pour l’Europe méridionale et du représentant de l’Église anglicane à Rome, à ses côtés.

« Demandons avant tout pardon pour le péché de nos divisions », a-t-il déclaré, avant de poursuivre par un pardon spécifique comme chef de l’Église catholique sur les « comportements non évangéliques » de certains de ses membres vis-à-vis des autres chrétiens, sans autre précision.

Le pape a demandé aussi aux catholiques de « pardonner si, aujourd’hui ou dans le passé, ils ont subi les offenses d’autres chrétiens ». Dans des pays de l’ex-URSS, par exemple, les catholiques ont parfois été accusés de prosélytisme par les orthodoxes.

« Tant de mauvais moments entre nous »

« Nous ne pouvons pas annuler ce qui s’est produit mais nous ne voulons pas permettre que le poids de nos fautes puisse continuer à entraver nos rapports. La miséricorde de Dieu renouvellera nos relations », a-t-il affirmé, comme une synthèse des fruits attendus du jubilé.

Dans le même esprit, lors de sa visite aux luthériens de Rome, le 15 novembre dernier – avant le début du jubilé –, le pape François avait invité luthériens et catholiques à se demander pardon. « Il y a eu tant de mauvais moments entre nous », avait-il reconnu : « Des persécutions entre nous, avec le même baptême. Nous devons nous demander pardon pour cela ».

« Nous aussi, nous devons demander pardon », avait-il encore déclaré devant la presse dans le vol retour de son voyage en Afrique le 30 novembre : « Catherine de Médicis n’était pas une sainte ! Et cette Guerre de Trente ans, cette nuit de la Saint-Barthélemy (…) Combien de guerres, pas seulement de religion, avons-nous faites, nous chrétiens ? Le sac de Rome ce ne sont pas les musulmans qui l’ont fait ! »

À d’autres reprises auparavant, le pape a qualifié les violences actuelles en Ukraine de « guerre entre chrétiens ».

Voyage en Suède

Comme signe avant-coureur de relations œcuméniques renouvelées, avant les vêpres concluant la semaine de l’unité, ce 26 janvier, le Vatican et la fédération luthérienne mondiale ont annoncé plus tôt un voyage du pape François à Lund, en Suède, le 31 octobre prochain pour lancer la commémoration des 500 ans de la Réforme protestante.

Un voyage du pape en Arménie, pays à dominante orthodoxe, est aussi évoqué dans l’année.

 

 

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