Macron et l’Europe – Macron and Europe

Bernard Owen, Maria Rodriguez McKey

Le Financial Times ( »  « Macron lays out proposals for a more united EU« , Victor Mallet in Paris and Mehreen Khan in Brussels) présente l’action de notre Président en tant qu’une synthèse qui vient de l’étranger et représente leur l’avis qui s’adresse au Président Macron.

Le Financial Times  le cite première page « et pourtant l’Europe n’a jamais été en si grand danger. » Le Président termine la page sur le terrain de l’écologie.

En tant que lecteur du Financial Times j’ai l’impression que ce long texte diffusé partout au nom de l’Europe devrait s’appliquer surtout à la France. L’on parle de partis à tendance d’extrême droite, dit « populistes » qui apparaissent ici ou là mais c’est en France que l’on a pu entendre récemment des écrits antisémites. Notons que dans l’histoire  cette tendance apparaît au moments de désarroi qui apparaissent dans une région ou un Etat. J’avoue que ces cris m’ont  mis en mémoire l’histoire de mes parents qui, après les camps de Vichy ont réussi à rejoindre Gibraltar et la France Libre.

Ces cris de haine entendus en Europe, mais surtout en France oùla justice est mal à l’aise dans le domaine de la politique et devrait céder la place à la Commission nationale de comptes de campagne et des financements politiques, qui fait un excellent travail et dont les compétences devraient être élargies jusqu’au pénal car nous sommes encore sous le coup de confusions qui ont eu lieu en 2017.

Voici des extraits du dernier sondage de ELABE ( 27 février 2019):

Dans l’hypothèse d’une liste « gilets jaunes », celle-ci est mesurée à 3%, soit 10 points de moins qu’il y a un mois.

Dans cette configuration, les scores des autres listes sont peu impactés, et l’ordre des listes inchangé.

*Les listes ont été présentées uniquement avec le nom du parti ou mouvement politique, et sans tête de liste potentielle ou leader de chaque parti.

Plus de 7 Français sur 10 ne sont pas satisfaits de l’organisation et du fonctionnement actuels de l’Union européenne. 

72% des Français déclarent  ne pas en être satisfait (dont 50% pas vraiment satisfait et 22% pas du tout satisfait). A l’inverse, 28% des Français disent être satisfaits (mais seulement 2% très satisfaits et 26% assez satisfaits).

Cette insatisfaction est partagée par une majorité au sein de l’ensemble des catégories de population, hormis les plus jeunes. Malgré un avis très partagé, les plus jeunes apparaissent les plus satisfaits, comparativement aux autres tranches d’âge : 57% d’entre eux déclarent en être satisfaits contre 43% pas satisfaits. L’insatisfaction dépasse 66% auprès des autres tranches d’âge.

D’un point de vue politique, les électeurs de Marine le Pen et de Jean-Luc Mélenchon sont les plus insatisfaits du fonctionnement actuel de l’UE: respectivement 88% et 79%. Ce taux est de 70% auprès des électeurs de François Fillon, et de 55% auprès de ceux d’Emmanuel Macron. (45% satisfaits).

Et du point de vu du Financial Times:  » Mr Macron, whose popularity plunged at the height of the gilets jaunes anti-government protests at the end of last year, is likely to be accused by other parties of again using his position as French president for party-political purposes ahead of the elections.

Several opposition politicians have already complained to the Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, the French broadcasting authority, about the “great national debate” launched by Mr Macron to try to defuse the gilets jaunes crisis, accusing him of taking excessive airtime to express partisan views. »

Les ambitions de Macron pour l’Europe semblent démesurées mais la France a toujours, avec l’Allemagne, essayé de diriger l’Europe. Sauf qu’Angela Merkel est affaibli, à cause notamment de l’entrée, grâce à la proportionnelle, d’un parti d’extrême droite, puis elle est en fin de mandat.  Malheureusement aussi, tous les populistes en Europe, d’Orban au gouvernement Italien sans oublier l’Autriche, qui sont élus dans des systèmes, certes différents, mais tous proportionnels. A noter que le Président Macron voudrait ajouter en France de la proportionnelle.

Macron vu par les Russes…

 

Le grand débat national, et après ?

Monique Cochinal

Ce jour, c’est à nouveau une rencontre entre les maires de la Gironde et notre Président, pour un grand débat national. Pour des raisons politiques, la belle ville de Bordeaux a été judicieusement choisie. En effet, c’est la ville de Juppé, ex opposant d’Emmanuel Macron dans cette dernière malheureuse campagne présidentielle. Après avoir été maire de nombreuses années, Alain Juppé portera sa démission justement ce soir à la préfecture, pour une entrée au Conseil Constitutionnel. Une dernière fois, il assistera, en tant que maire, à ce grand débat, et se retrouvera pour presque quatre heures aux côtés du Président, le vainqueur, le regardera, l’admirera peut-être pour sa jeunesse, son aisance, avant de partir de la salle, en toute discrétion, seul, à pied, pour aller jusqu’à la préfecture déposer sa démission. Sur son chemin, pas de badauds, personne pour lui serrer la main, le remercier, ou l’encourager dans sa décision, tous les projecteurs sont braqués sur la vedette du jour et sa suite. Quelle tristesse ! Mais, en politique, le vaincu est vite oublié, mis au placard, surtout quand il vieillit, dans ce monde de jeunes loups.

Que dire de ce débat ? Rien de bien nouveau, rien d’innovant …. Le théâtre continue, le principal acteur étant le Président en personne. Il écoute, sourit aimablement, prend des notes, paraît très attentif aux questions posées des maires (bien souvent les mêmes, depuis le temps), puis se lève et répond à chacun (toujours les mêmes réponses), c’est devenu une habitude, comme un rite, un grand meeting de campagne électorale. Des promesses, encore des promesses, toujours des promesses ……

Il est grand temps que toutes ces heures de parlottes cessent, car les Français (62 %) se demandent avec angoisse ce qu’il va sortir de tout cela. Ne serait-ce pas une belle envolée théâtrale de plus ? Dans le but des prochaines élections : les européennes, puis les communales, il faut absolument se réconcilier avec ses électeurs et convaincre tous les opposants pour vaincre. Ah ! Nous voilà revenus dans l’ancien monde, subitement. Tout passe …. Tout lasse …….

Sans les gilets jaunes, que l’on veut anéantir très vite, rien de tout cela ne se serait passé. Les réformettes seraient votées et appliquées, les taxes multiples et impôts supplémentaires seraient engrangés dans les caisses de l’Etat. Quant à la dette nationale, pas de problèmes : elle aurait augmenté gentiment, sans contrôle.

Mais, les gilets jaunes veillent. Ils sont de moins en moins nombreux, débinés par les uns et les autres, traités de tous les noms par nos dirigeants et le Président qui félicite les forces de l’ordre de leur travail impressionnant, lors de chaque manifestation, et du bon résultat obtenu puisqu’il n’y a pas eu un seul mort de leur côté. Quant aux nombreux blessés, mutilés, et aussi plusieurs morts du côté des manifestants …. Ils n’avaient pas à manifester, sachant qu’à chaque fois il y avait beaucoup de violence …. Ils devaient s’attendre au pire et rester chez eux. On doit respecter la loi et il n’est pas question d’interdire, en France, le droit de manifester, notre Président nous l’a confirmé aujourd’hui, avec autorité.

Alors, à quoi donc aura servi ce grand débat national ? Et que va-t-il se passer après ?

La démocratie par tirage au sort

Tirage au sort pour la Ligue des champions de l’UEFA, 2010. Photo : FABRICE COFFRINI.AFP

Bernard Owen, Monique Cochinal

L’on apprend qu’en Belgique, le parlement de la communauté germanophone (troisième communauté du pays avec 76 000 habitants) a voté l’intégration d’un conseil citoyen dans le processus législatif. Donc, dès septembre prochain, un conseil de 24 citoyens tirés au sort pourra s’impliquer dans la vie politique.

Serait-ce judicieux de remettre entre les mains du hasard le sort et la bonne gouvernance d’un Etat ? Je ne le pense pas, car dans ce système, on ne tient pas compte de la notion de pouvoir discerner, par notre intelligence, la meilleure procédure à suivre pour le bien être de tous.

Il est évident que toute communauté, pour vivre en bonne entente, a besoin de structures, et doit se choisir un chef. Dans le règne animal, la meute des loups, par exemple, va reconnaître comme chef le loup qui, par sa nature, par son besoin d’agir, sa force et sa puissance saura les guider. D’instinct, la meute, pour survivre, n’aura pas désigné au hasard leur guide.

Tous nos nombreux Etats sont formés de différents groupes d’individus, aux pensées multiples, qui se choisiront chacun un chef, le leader. La complication viendra quand deux chefs de deux groupes différents émergent, par leurs égales qualités. Il faudra bien que la population choisisse celui qu’elle estime le meilleur, avec le risque de se tromper…….

Ces différents groupes (Eglise, syndicats, équipe de sport) et leur chef, sont nos partis, à condition qu’ils se stabilisent, et deviennent « structure d’influence » (terme technique) dans l’élection nationale. Peu à peu, on s’est rendu compte que l’électeur conçoit l’enjeu de l’élection de façon différente selon le système électoral choisi. On a surtout exploré différents systèmes électoraux aux moyens mathématiques (majoritaires, uninominaux, plurinominaux …… et les proportionnels, avec décompte d’un quotient : système d’Hondts, système Lagues ….). Dans le cas d’une élection à la proportionnelle, on obtient rarement un bipartisme, il faut donc envisager le soutien ou la participation d’autres partis, ou tendances, pour former un gouvernement. Dans ce cas, les gouvernements se heurtent à de graves difficultés dans l’exercice de leurs fonctions, pouvant mener à une malheureuse séparation au sein de l’Etat.

Nous nous sommes intéressés à nos amis Belges. Nous avons proposé des systèmes électoraux majoritaires, uninominaux à un tour. Nous avons présenté les exemples européens ou la proportionnelle à mené à des désastres. Nous avons présenté la raison pour laquelle les systèmes électoraux agissent sur la conception que les électeurs avaient de l’enjeu électoral. Cela se conçoit sans difficulté en travaillant de façon comparative et dans le temps. Les animaux en liberté choisissent leur chef. Le tirage au sort serait le signe que nous sommes d’une espèce inférieure, incapable d’établir un choix. La capacité de choisir pourrait se retrouver dans un laisser-aller généralisée   Cela se conçoit généralisé et bientôt se retrouverait  dans nos concepteurs d’avions et d’automobiles.

Nous avons de nombreux exemples de ces situations en Europe, exposés dans d’autres textes, et nous nous sommes rendus, à plusieurs reprises chez nos amis Belges, et sommes prêts à y revenir, ne serait-ce que pour apprécier leurs merveilleuses frites, en oubliant ce que l’Union Européenne en a dit …..

 

 

LE VOTE POUR LE PARTI NAZI DANS LE CADRE D’UNE THÉORIE GÉNÉRALE D’UNE NOUVELLE STRUCTURE p’ACCUEIL POUR LE VOTE ANTI SYSTÈME

Il est difficile d’aborder le nazisme en  raison de ces  conséquences dramatiques.  Nous avons considéré dans son aspect de technique électorale en essayant de la détacher du côté émotionnel. En ce début de section, nous avons posé la question suivante : le phénomène nazi pouvait-il, en le considérant dans une optique électoraliste et comparative, se rattacher des autres manifestations de protestation électorale que nous avons précédamment connu?

Pour répondre à cette question nous allons classer les différentes conditions que nous avons vu mener à l’apparition  d’un vote se dirigeant vers une nouvelle structure d’accueil, qui représente  une montée brutale et inattendue des suffrages contre un gouvernement ou un système politique ne répondant pas au besoin du moment. La nature de l’action  » anti système » peut se définir  selon les critères de cause et des manifestations auxquelles il donne lieu peuvent prendre trois formes distinctes.

Notre hypothèse, qui minimise l’importance de l’idéologie dans le comportement électoral de l’Allemagne de 1930.

La place de l’idéologie

Les leaders du Mouvement 5 étoiles Luigi Di Maio (à gauche) et de la Ligue Matteo Salvini Photo Tiziana FABI. AFP

Notre interprétation ne veut pas dire que l’idéologie germano-nazi n’intervient pas. Elle intervient certainement de façon déterminante au niveau des adhérents activistes qui forment le noyau de base, ainsi que pour les 800.100 électeurs du Parti Nazi en 1928. Il est alors autorisé de dire que l’idéologie germano-nazi a favorisé la permanence du nazisme pendant la période de prospérité de 1924 à 1929, ce qui lui a permis d’être la structure d’accueil principale pour les élections de 1930.

Le pourcentage de 2,6 % atteint en 1928 mène à à la réflexion suivante: 2,6% de l’électorat allemand d’extrême droite pour voter N.S.D.A.P. s dans le cadre d’un mode de scrutin proportionnel favorable à la représentation de toutes  les tendances, surprend par sa faiblesse. Il Il est certes difficile d’effectuer des comparaisons, mais les pourcentages obtenus par les partis d’extrême droite  dans les pays de plus petite taille (Parti du Progrès norvégien 15,3 % en 1997, le Vlaamse Blok 9,9 % en 1999), 

dans une époque où l’extrême droite est l’objet d’une condamnation morale sinon juridique, indique bien La faiblesse du courant réellement nazi surtout si l’on considéré  son déclin lors des dernières élections de 1924 à 1928 (de 3,2 à 2,6 ).

Le nombre d’adhérents à un parti politique n’est pas un critère pour évaluer sa puissance électorale, car même un nombre important d’adhérents est, dans tous les cas, insignifiant par rapport aux électeurs nécessaires pour qu’un parti devienne une force parlementaire. Le nombre des adhérents au Parti Nazi (100.000) en 1928 est impressionnant, mais ne permettra pas au  Parti Nazi d’obtenir plus de 2,6 % des suffrages (810.100 suffrages) avec un mode de scrutin qui lui était très favorable. 

La raison en est simple : les deux conditions pour qu’une nouvelle structure d’accueil anti système apparaisse n’étaient pas présentes.

Il faut aussi noter que, même sans parti nazi, un un autre parti (peut-être très différent) aurait pu surgir sans avoir à se prévaloir d’un enracinement idéologique. La contestation cherche avant tout un parti ne pouvant pas être assimilé au régime beaucoup plus qu’un parti d’une idéologie déterminée.  Le propre d’une nouvelle structure d’accueil est de représenter le contraire de ce qui est critiqué par une part significative de l’électorat.

La faible importance de la nature idéologique du vote protestataire apparaît lors des des de 1932. Une partie des électeurs pour le Parti Nazi aux premières élections, effrayés par les attitudes bellicistes que prenaient les nazis, n’ont pas voté pour lui (le vote est passé de 37,3% à 33,1%) mais, en compensation le communiste a progressé de 14,5% à 16,9%.

Le rejet de cette république qu’i n’assumait pas ses responsabilités, est de exprimé par Georges Bataille:

 » Ils détestaient l’Etat. ..comme un cadre de vie trop faible, comme un pouvoir dont l’absence se traduisait par le sentiment d’une menace mortelle. et d’un manque oppressant. Cet Etat de manque, au sens où on l’entend pour les drogués, les a poussés dans les bras des éléments hétérogènes et qui, de réprouvés, sont devenus brusquement rassurants. »

HYPOTHÈSE ÉLECTORALE COMPARATIVE

Nous allons donc observer les nouvelles structures d’accueil que nous avons rencontrés jusque là, de façon à déterminer ses composantes et les relations qui existent entre elles. Nous verrons alors si le vote nazi s’insère dans l’ensemble ou si nous devons lui une place à part.

Notre observation de l’Europe proportionnaliste nous fait distinguer trois éléments, la présence des deux premiers étant nécessaire pour que la protestation apparaisse, le troisième,  représentant les trois différents types de supports nécessaires pour que la protestation prenne une signification électorale :

  1. Un gouvernement en difficulté.
  2. L’absence d’une alternance gouvernementale crédible.
  3. La présence d’une structure d’accueil (pour le vote de protestation).
  4. 1.  Un gouvernement en crise.- Un gouvernement face à une crise politique, économique ou sociale qu’il a du mal a résoudre. L’origine de la crise peut être propre au pays ou d’origine internationale. L’Allemagne de Weimar se trouve en 1930 dans cette situation : en pleine crise économique et sociale, dislocation du gouvernement majoritaire de coalition (Chancellier Muller) et sa gouvernement minoritaire (Chancellier Brunig) ne pouvant légiférer qu’au moyen décrets présidentiels pendant une période de deux ans.

2.  Un gouvernement sans alternance crédible.  – Le vote contre le gouvernement ne peut pas se porter sur un parti  inséré dans le système politique pour les raisons suivantes :

  • Les partis de l’opposition parlementaire sont trop morcelés, trop faibles pour représenter une alternative crédible aux yeux de l’électorat.
  • Les gouvernements précédents ont été de courte durée et divers partis ont alterné au gouvernement et dans l’opposition, sans qu’une part de l’électorat saisisse clairement Lesquels représentent l’opposition parlementaire.
  • ° Le gouvernement est de large coalition (de type  » salut national « ) et représente, au départ, la grande majorité du parlement. Nous y avons rencontré l’ Autriche et la Belgique. 

L’Allemagne de Weimar se trouve en 1930 dans cette situation : elle n’a pas d’alternance crédible au parlement, et les partis démocrates réunis dans la coalition Muller n’ont pu se mettre d’accord sur un programme à réaliser, et sont incapables de former un autre gouvernement représentant une majorité absolue des sièges du Reichstag.

  1. La présence d’une structure d’accueil pour un parti de protestation. – Quand les deux conditions précédentes existent, l’électorat mécontent de l’action gouvernementale cherche une structure d’accueil pour son vote. Les structures d’accueil sont diverses mais peuvent être classées en trois catégories.
  • La structure d’accueil spontanée, sans antériorité politique que l’électorat découvre peu de temps avant l’élection. La structure d’accueil prend naissance spontanément, en raison même de l’événement que représente l’enjeu électoral. Par exemple : l’apparition de Glïstrup lors d’une
  • interview télévisée qui se vante de ne pas payer d’impôts, alors que les Danois veulent réagir contre un excédent d’imposition.
  • La structure d’accueil représentée par un parti connu et représenté au parlement qui recueille, pour des raisons diverses, le vote protestataire. Par exemple, le Parti Agraire suédois (qui devient le Parti du Centre) et qui adopte de façon spectaculaire tous les thèmes à la mode du moment, également, le vote pour le Parti Communiste italien de 1976.
  • La structure d’accueil représentée par une organisation bien structurée dans le domaine non parlementaire. Par exemple; le poujadisme                                                                       qui était bien connu sur le terrain de l’organisation et de la contestation sociale. Le nazisme bien organisé sur le terrain social, mais faiblement implanté au parlement. Le vote pour le Parti nazi n’est pas de même ordre en 1930 seulement pour les élections de 1932.

En 1930, la seule structure d’accueil pour le vote contre le gouvernement et, après sa chute, contre les partis qui avaient participé à tous les gouvernements de Weimar mais se trouvaient maintenant dans l’incapacité de s’entendre sur un gouvernement de coalition, était le vote pour le Parti Nazi et le Parti Communiste. En 1932, l’ Allemagne n’avait pas été gouvernée pendant deux ans selon le schéma du parlementarisme mais au moyen de décrets présidentiels. Le vote pour le Parti Nazi et le Parti Communiste était la structure d’accueil toute indiquée pour un vote anti système, anti Weimar, contre une République qui ne pouvait pas fonctionner selon les règles de la démocratie. Dans ce troisième cas, les formations concernées disposent d’une structure idéologique déjà en place alors que dans le premier cas, le programme du parti protestataire est né des circonstances du moment, qui se développera par la suite en idéologie générale.

Notre argumentation ne présente donc pas la montée électorale du nazisme allemand comme une  » anormalité  » mais la  » normalité  » du phénomène s’inscrit dans un tout autre registre que celui conçu par les deux auteurs Buron et Gauchon. Pour nous, le phénomène nazi, même s’il peut s’inscrire dans une perspective historique, aurait été confiné dans un rôle en marge de la politique active, n’ayant qu’une signification électorale minime si les deux facteurs que nous avons développés n’avaient pas été présents. Le nazisme à franchi le cap de la marginalité en 1930, à l’occasion de la réunion des deux causes : un gouvernement de coalition qui se brise face à la crise et devient minoritaire. Aucun des partis traditionnels ne se présentait comme étant capable d’assurer une alternance gouvernementale.

Salon de l’agriculture : grand meeting électoral ?

Monique Cochinal

Samedi dernier, nous assistions à deux manifestations importantes dans notre belle ville de Paris : A la Porte de Versailles, l’inauguration du salon de l’agriculture, et sur les Champs

risque de manifester, leur droit le plus absolu (le Président Macron l’ a reconnu : «  on ne peut pas interdire les manifestations violentes de ces gilets jaunes, et en même temps, ils doivent s’attendre au pire, car le service d’ordre renforcé fait bien son travail pour rétablir l’ordre. On ne peut que le féliciter de ses résultats, puisqu’on n’a pas eu à déplorer de morts, samedi après samedi…. » Et vive notre Ministre de l’Intérieur ! Et vive la fermeté de notre Président ! On a évalué un nombre de gilets jaunes plus important que le samedi précédent, malgré tout, nous avons assisté à quelques scènes violentes, à des arrestations et des lancements de flash balls, de grenades, de gaz lacrymogènes, de matériel détérioré, de voitures incendiées, mais, comme à chaque fois, on n’a pu éviter les « gilets jaunes radicalisés casseurs, petits monstres voyous, délinquants, anti sémites » de s’infiltrer parmi les manifestants et de s’enfuir une fois leur travail de destruction terminé …..

Et pendant ce temps, au salon de l’agriculture, tous les feux étaient braqués sur la grande inauguration du Président Macron, et sa nombreuse suite : ministres, députés, cameramen, tous y étaient, même le Ministre de l’éducation et ses lycéens engagés dans cette noble cause de la transition écologique. Pour la première fois, notre Président a fait un magnifique discours de campagne électorale, parlant beaucoup plus de ses réformes européennes que des problèmes du quotidien de nos éleveurs, cultivateurs, fermiers de France. Tout en évitant, bien entendu, de mentionner ses désaccords importants concernant la politique agricole commune et européenne qu’il voudrait mener seul.

Toute la journée, sur les principales chaînes de télévision, nous avons pu voir défiler dans toutes les allées du salon, notre Président, radieux, entouré de sa nombreuse suite, parlant, s’arrêtant aux principaux stands, goûtant aux bons produits bien de chez nous, caressant un peu et assez maladroitement les superbes et imposantes vaches primées, les moutons de races et de provinces diverses, mais surtout essayant de convaincre nos braves agriculteurs du bien fondé de sa politique, la seule qui leur redonnera courage, force, fierté (à défaut d’argent comptant pour finir leur fin de mois), et en attendant les bons résultats de ces réformes utiles et nécessaires, qu’il a entrepris pour eux). Il connaît parfaitement leurs problèmes, il est là pour leur dire qu’il les soutient devant nos nombreux adversaires : certains voisins européens, qui se radicalisent, devant tous les problèmes non résolus provoqués par le brexit. Il a réponse à tout. Il parle beaucoup de la PAC, de l’Europe, de la mondialisation et des réformes qu’il faut absolument imposer à nos pays voisins et au monde entier pour revaloriser l’admirable travail de nos paysans Français. Avec eux, la France agricole retrouvera la première place dans ce nouveau monde en fournissant des produits de grande qualité, sans appauvrir le sol, sans engrais chimiques, sans pesticides, entièrement BIO. De vrais engagements de campagne électorale, car notre Président a lancé sa campagne en vue des prochaines élections européennes. Notre « roi Macron va – t-en guerre ». Gare à tous ceux qui lui barreront la route …. Ils seront exterminés.

Le rapport de la Commission d’enquête sénatoriale

Monique Cochinal

Comme promis, nos sénateurs ont terminé leurs travaux d’enquête concernant l’affaire Benalla.

Après plusieurs mois d’un important travail, après plusieurs heures d’une écoute attentive de nombreux hauts-fonctionnaires du pouvoir exécutif, proches du Président Macron, le rapport est accablant. Il révèle de graves dysfonctionnements au sein de plusieurs des institutions de notre République : dissimulations, favoritisme « incompréhensible » en faveur de Monsieur Benalla et ses nombreuses combines, mensonges et même parjures devant la commission d’enquête de trois plus proches collaborateurs et amis du président, et ….. Ce « n’est que la partie émergée de l’iceberg » nous dit notre Sénateur Philippe Bas, président de la commission.

Peu de temps avant la divulgation du rapport sénatorial, Dame Justice s’est subitement réveillée, en panique, et le Parquet de Paris vient de placer Alexandre Benalla en détention provisoire, en attendant l’ouverture d’une nouvelle enquête. Voilà donc notre « ex garde du corps » du Président, en prison, certes, mais dans une cellule séparée, à l’abri des mauvais coups de certains détenus (on ne sait jamais …. Ce qui pourrait lui arriver …. Il est tellement connu en France et à l’étranger). Il va pouvoir se reposer de ses nombreux voyages et activités multiples et regarder la télévision, entendre tous les commentaires concernant sa personne, car il est encore la vedette du jour. On ne l’oublie pas. Il va rester célèbre dans ce « nouveau monde ». Vraiment dommage que les journalistes, avec leur désir de toujours fouiller partout, aient dévoilé et diffusé « certaines choses pas très catholiques », longtemps dissimulées. Et ce Sénat qui se mêle de ce qui ne le regarde pas !

Comment réagit notre pouvoir exécutif ? Assez mal, à mon avis, avec deux tendances distinctes. La première réaction est celle de Benjamin Griveaux, aussitôt après le compte-rendu de l’enquête sénatoriale, qui accuse carrément le Sénat en affirmant des « contrevérités dans ce fameux rapport » Qu’il avoue, par ailleurs, ne pas avoir encore lu !!!

Notre Ministre de la Justice, Madame Belloubet, accuse aussi le Sénat d’avoir dépassé, uniquement pour des raisons politiques, les fonctions attribuées par la constitution de notre république, en mêlant pouvoir exécutif et pouvoir judiciaire, qui est indépendant et l’a toujours été (on en a souvent douté, surtout lors de la dernière nomination du nouveau Procureur de Paris par le Président Macron lui-même). Du reste, les enquêtes judiciaires menées avant le rapport de cette commission montrent que la justice est la même pour tout citoyen (sauf que pour certains citoyens protégés elle est très …. Très lente, et pour d’autres jugés dangereux pour le pouvoir, excessivement rapide).

Quelques députés de La République en Marche minimisent encore l’affaire Benalla : «  oui, il y a eu peut-être quelques dysfonctionnements, quelques maladresses, quelques irresponsabilités, mais ce rapport dénote surtout une manœuvre politique de l’opposition, une petite vengeance de tous ces partis pour nuire au Président, et non une affaire d’Etat ». Du reste, ils ont déjà pris des dispositions pour qu’une telle affaire ne se reproduise pas. Piètre défense, à mon avis. Si tout avait été clair et transparent, pourquoi, dès le début, nos chers députés et la présidente de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale ont-ils fait échouer cette assemblée en employant de mauvais arguments ?

Personnellement, je remercie nos sénateurs intègres pour ce véritable travail de recherche de la Vérité, et mon souhait le plus cher serait que nos institutionnalistes sachent conserver intactes toutes les institutions de cette Vème République, en réformant toutes les dérives de nos adeptes du « nouveau monde ».

WEIMAR 1918

Bernard Owen, Denis Giraux (Maître de conférence à Panthéon Assas Paris 2), Monique cochinal, Maria Rodriguez-MckKey

Nous reproduisons, avec des moyens réduits, le chapitre de notre thèse concernant l’Allemagne de Weimar, qui à vu l’arrivée au pouvoir d’un homme peu conforme à l’image que l’on se fait de cet Etat à l’origine de bien des découvertes de notre temps. Pourquoi cet intérêt pour Weimar ? A cette époque, nos amis allemands avaient pourtant construit la République de Weimar sur des bases constitutionnelles bien réfléchies. Alors, que s’est-il passé ?

En ce temps, l’on ne considérait pas que l’électeur puisse voter différemment selon le système électoral que lon proposait. Les structures d’influence, les structures d’ accueil n’étaient pas admises et très mal connues. En situation normale, le vote nazi se situait à 3 % des suffrages, mais, en cas de terrible inflation, il pouvait atteindre 2,3 0, des suffrages (2,6 % des suffrages, avant la crise de 1929), avec un gouvernement formé de 5 partis. Comment peut agir un tel gouvernement en de telles circonstances F

Le mot « antisémites », rien que CE mot, nous à fait frémir, Car il nous a renvoyés à une période historique, relativement proche, des plus douloureuses (Vichy, Drancy), que nous n£ voudrions absolument pas revivre. La France en est-elle là, actuellement ? La France est la risée de l’Europe. L’on nous interroge de l’étranger: Que se passe-t-il en France ? ,La France est-elle encore gouvernée 9 Le Sénat joue son rôle, mais il est peut-être le seul, malheureusement. 

 

 

 

Certes, tous les petits partis ne sont pas extrémistes ou fantaisistes mais il est plus facile de prendre le contrôle d’un petit parti que d’un grand et en dehors d’une époque où le vote pour un petit parti est gonflé par un vote anti- gouvernemental par des circonstances non liées à l’idéologie ou les idées extrémistes, en elles-mêmes, ne mobilisent qu’une faible partie de l’électorat.

L’Italie pourrait elle aussi être citée en mauvais exemple depuis 1947, le | parti radical ayant enfin réussi cette année à briser les dérives de la ler | République à l’aide de l’IP abrogative(1). Les Italiens ont tranché en avril 1993 | pour l’abrogation de la RP selon le voeu du Mouvement référendaire, le scrutin | pour l’élection des députés devenant à présent majoritaire uninominal à un tour à hauteur de 75% selon la combinaison que les parlementaires ont mis sur pied le 3 août 1993(2). De fait les députés seront ainsi a priori plus autonomes par rapport à leurs partis alors que les états-majors se sont conservés une véritable chasse gardée avec le reste des sièges puisqu’il faudra avoir obtenu au moins 4% des suffrages au niveau national pour obtenir des sièges.

Enfin rappelons tout de même que l’audience du parti nazi (NSDAP) était dérisoire en dehors des deux périodes de crise qui ont bouleversé l’Allemagne de Weimar. Après l’effondrement du Mark, le parti obtient 6,6% des voix en mai 1924, pour tomber à 3% en décembre de la même année, Confronté aux répercutions de cette fantastique crise économique américaine avec des partis politiques modérés incapables de s’entendre au sein d’une coalition gouvernementale – la RP empêchant des majorités de rechange -, le NSDAP a | servi de structure d’accueil à 18% de mécontents comme l’autre succursale extrémiste : le PC allemand avec ses 13,1% des voix. Deux ans plus tard, après deux ans de gouvernement minoritaire et de décrets présidentiels, le parti de HITLER a 230 députés au Reichtag soit 37% des suffrages et la longue tragédie euro-planétaire va commencer (3).

Les modes de scrutin et leurs effets

Au moment où le grand débat national paraît s’organiser, et faisant suite à mon précédent article, je me permets de revenir avec beaucoup d’insistance, sur le choix du mode de scrutin de toute nouvelle élection, pour réussir le pari d’une bonne gouvernance de notre Etat démocratique.

J’ai beaucoup voyagé à travers le monde en tant que conseiller électoral, également médiateur, rencontrant les uns et les autres. J’ai pu constater les graves conséquences dues au mauvais choix des gouvernants de différents pays.

En France, on parle beaucoup de démocratie participative. « le peuple souverain, seul maître de son destin». On veut réformer la constitution en introduisant, dans nos élections à venir, de plus en plus de systèmes proportionnels, avec des calculs mathématiques, considérant ainsi l’être humain uniquement comme un chiffre. En effet, lors d’une élection, le nombre de sièges obtenus par un parti est proportionnel (égal) au nombre de sièges qu’il obtiendra dans une assemblée (par exemple, l’Assemblée Nationale). Dans le cas où l’on aurait affaire à des chiffres, aucune difficulté : c’est mathématique. Mais, en droit constitutionnel ou science politique, on parle de personnes, des êtres humains qui travaillent, pensent, jugent, très différents les uns et les autres. Ils seront très sensibles à toute influence extérieure, et réagiront en connaissance de cause : c’est ce que l’on nomme « structures d’influence électorale », plus ou moins perçues selon le système électoral choisi. Cela transparaît dans le scrutin proportionnel, et fera dévier tous les chiffres (influence d’une communauté religieuse active, syndicalisme, associations caritatives). Cela apparaît en Europe, au Moyen Orient et ailleurs dans le monde. On dit ici ou là que le Chancelier Hitler a été élu le premier par une proportionnelle très exacte, quand l’Allemagne de l’époque, très industrialisée, s’est trouvée, lors de la crise économique de 1929, avec un gouvernement composé de 5 partis qui n’ont pu s’entendre quant aux mesures à prendre devant cette grave crise économique. Résultat : deux ans de gouvernement minoritaire avec un Premier Ministre Brunig, sans majorité de l’assemblée, juste faiblement soutenu par le Chancelier Hundeburg.

En Italie, qui s’est fort bien débrouillée, jusqu’après 1914, avec un scrutin majoritaire, mais à la suite d’un vote à la proportionnelle, les gouvernements successifs s’écroulèrent (4 fois en un an avec le gouvernement Nitti). Nos amis Belges peuvent rester 18 mois sans gouvernement. La proportionnelle a été à l’envie, et au fil des ans a permis aux régionaux de se développer au point de réclamer la partition de l’Etat.

Soyons donc très prudents dans nos prochaines réformes constitutionnelles de notre Vème République française en veillant à l’intégrité de toutes nos institutions, et à leur bon fonctionnement. Ayons toujours à cœur de respecter chaque être humain, chacun à sa place, pour former ensemble un Etat démocratique.

French vent their anger in Macron’s ‘national debate’

President uses meetings to defuse rumblings of discontent and recapture the political  initiative.

Victor Mallet in Rouen, France, ft.com

Everyone wants to have their say. Immediately.

Annie Vidal, member of parliament for Emmanuel Macron’s La République en Marche party, is trying to launch a session of the French president’s “great national debate” — two months of public meetings organised to defuse nationwide protests over the cost of living.

But in a meeting hall in a depressed suburb of Rouen, she is quickly interrupted by an angry Olivier Demiselle, a Communist municipal councillor.

He loudly reads a speech about “citizens’ anger and rebellion”, and the failings of a debate for which Mr Macron has chosen the questions, when he is interrupted in turn by an even angrier man whose father died in hospital. “They did nothing for my father,” he screams at Ms Vidal, Mr Demiselle and the bemused debaters. “They don’t give a damn for us. The debate is pointless.”

 The French want to express themselves Karl Olive, mayor of Poissy

The old mill town of Darnétal — where the discussion finally began after the protester was escorted by police from the hall — is typical of the post-industrial communities fomenting the anti-establishment “gilets jaunes” (yellow vest) demonstrations. More than 20 per cent of the workforce in this corner of Normandy are unemployed and others struggle to eke out their earnings until the end of the month.

But despite the occasional rowdiness, even Mr Macron’s opponents see his choice of a public consultation to quell the unrest as a politically canny move. It has allowed him to recapture the initiative — and television airtime — from the protesters by challenging them to explain exactly what they want and taking the arguments to a wider audience.

The uprising began as a motorists’ rebellion against a rise in green fuel taxes — which Mr Macron reversed — but grew into a wider protest against the president and government.

“It’s his last chance to reconcile with the French people,” says Karl Olive, the centre-right mayor of Poissy near Paris and a former television sports producer at the start of the debate in January. “The French want to express themselves.”

Halfway through the two-month debate, which ends on March 15, the government has declared it “an undoubted success”. More than 6,000 public meetings have been arranged (2,500 have already happened), and more than 850,000 contributions have been posted online about tax and public spending, environmental policies, public services and the future of democracy.

For Mr Macron, the results are clear: he has regained the ebullient confidence that won him the presidency, and his standing in the opinion polls has risen sharply from a low at the end of last year.

“He has really regained the initiative,” says Jean Pisani-Ferry, the former Macron adviser and author of the president’s original economic programme.

The looming question now is what happens next and whether the result will satisfy the diverse views of those who have taken part — or trigger a new round of disillusion with Mr Macron and his reform programme. It does not help that the active debaters are overwhelmingly white and elderly and thus not representative of France as a whole.

The nationwide debate is a good “emergency measure that makes it more difficult for the gilets jaunes”, says Dominique Reynié of the Fondapol think-tank in Paris. “But what is there at the exit? . . . I fear we forget the primary reason [for the protests], which is extremely important, namely the demands for the French state to change the way it governs.”

Mr. Macron’s advisers have floated the idea of a multi-question French referendum to coincide with the.0 European elections in May, but the suggestion is proving to be constitutionally and politically awkward. Like Donald Trump’s US and Brexit Britain, France remains deeply divided between a liberal metropolitan elite and a resentful hinterland of people in small towns who feel scorned by their rulers.

Back in the meeting hall in Darnétal, the proposals are coming thick and fast from the 45 participants, who include a retired teacher, an IT manager and a prison social worker: abolish income tax altogether or, alternatively, impose an obligatory charge on everyone “in the spirit of the revolution”; extend the presidential term to six years and cut the National Assembly’s to four (both are currently five); make it easier to complete the government’s fiendishly complicated online forms; introduce proportional representation for national elections; and reopen remote railway stations.

“People are happy to talk,” says Ms Vidal, the Macron MP who organised the debate. “It’s unprecedented.” Others are dismissive. “For us it’s not a debate, it’s a questionnaire,” says Alain Havel, a 56-year-old stonemason who lost his job after the 2008 financial crisis.

It falls to one of the rapporteurs from the rebellious table at the back of the hall (they refuse to use the forms provided) to sum up the mood as people gather their coats: “We are agreed that we pretty much agreed on nothing,” he announces cheerfully.

L’affaire politico judiciaire BENALLA. Affaire d’Etat ? Scandale international ?

« Qu’ils viennent me chercher! »

Monique Cochinal

Acte I

En juillet 2018, nous apprenons les violents agissements d’un certain Alexandre Benalla et de son coéquipier et ami Vincent Crase, deux fidèles amis du Président Macron, lors des manifestations du 1er mai à Paris. La vidéo diffusée dans les médias prend beaucoup d’ampleur. On ne parle plus que de ce Monsieur Benalla, garde du corps, dit-on, du Président Macron, depuis le début de sa campagne électorale, et de ce Monsieur Crase, un des fondateurs du parti tout nouveau : La République en Marche. Que faisaient-ils là à tabasser des manifestants ? Comme l’Elysée se tait, semblant ignorer toutes les rumeurs, une commission d’enquête au Sénat est ouverte, car c’est le rôle du Sénat de vérifier le bon fonctionnement de nos institutions : pouvoir exécutif, pouvoir législatif, pouvoir judiciaire, Ministère de l’Intérieur. D’audiences en audiences, on soupçonne de plus en plus une grande connivence entre le Président et son très fidèle ami, qu’il protège : « oui il est fautif, oui, malgré tout, il l’apprécie car c’est un excellent organisateur, dévoué corps et âme, oui le président se sent en sécurité auprès de lui, mais c’est une affaire classée, une grosse bêtise, rien de plus. Il va même téléphoner au Président du Sénat : le Sénateur Larcher pour lui demander d’arrêter ces auditions, ils ont d’autres nombreuses occupations à faire …… Mais, comme nos sénateurs, avides de vérité, continuent, interrogent avec beaucoup de doigté et de conscience, notent leurs impressions, notre Président furieux lance, dans une harangue auprès de ses plus fidèles collaborateurs : « Enfin, c’en est assez, je suis responsable, je l’ai dit, s’ils veulent me poser des questions, qu’ils viennent me chercher ». Oh ! La malheureuse phrase de trop ! Elle va le poursuivre : plusieurs mois après, elle est encore reprise par quelques braves femmes en tête de cortège des gilets jaunes s’approchant de l’Elysée et venant chercher le Président.

A la fin de cette première série d’audiences, Alexandre Benalla affirme qu’il est chômeur, qu’il n’a plus aucun contact avec son ami Macron, qu’il a laissé armes, passeports, papiers officiels dans le tiroir de son bureau. Il a dû quitter son appartement de fonction et déménager. Plus aucune fonction auprès du Président. Il est dorénavant entre les mains de la justice, il faut laisser faire la justice (Il a fallu attendre trois mois pour que la justice intervienne …. Elle a été beaucoup plus rapide pour mettre en examen le principal opposant du candidat Macron, lors de la dernière campagne électorale). N’y aurait-il pas un traitement de faveur à l’égard de ce cher Benalla ?

Acte II

Le journal « Médiapart » nous apprend, de source sûre, que Monsieur Benalla, toujours en examen, fait des affaires, rencontre les dirigeants du Tchad, ceux du Maroc, possède à lui tout seul quatre passeports diplomatiques, et mène belle vie : superbes hôtels, avion privé auprès de très gros industriels étrangers. Il est reçu partout avec beaucoup d’égard. A nouveau, de nombreuses questions se posent. A nouveau, le Sénat demande à Monsieur Benalla de se présenter devant leur commission d’enquête, ainsi que Monsieur Crase et d’autres personnes du Ministère de l’Intérieur. A-t-il menti devant les sénateurs ? Comment avait-il en sa possession encore des passeports diplomatiques ? Quelles affaires traitait-il au Tchad, au Maroc ? Pour le compte de qui ? Nos sénateurs, vraiment contrariés, n’ont obtenu aucune réponse, car ce malin de Benalla, conseillé par son avocate, répétait : « je ne peux pas répondre à cette question, le dossier est entre les mains de la justice, l’enquête est en cours ».

Acte III

Aujourd’hui, A. Rouget, journaliste de « Médiapart » révèle qu’au mois de juillet déjà, Alexandre Benalla a mis en place avec son ami Crase un contrat de sécurité avec un proche de Vladimir Poutine accusé de liens mafieux. Un autre contrat a été signé, en décembre, avec un second oligarque. Les deux contrats ont rapporté la modique somme de 2 millions d’Euros. Une partie a été versée au Maroc.

Quelques jours avant, le journal « Médiapart » avait diffusé un enregistrement téléphonique entre Benalla et son ami Crase, affirmant à son ami quelque peu inquiet, qu’il n’avait rien à craindre, que le « patron » les soutenait toujours, il était avec eux, il lui avait dit : «  tu vas les bouffer…. Tu es le plus fort … ».

La petite bêtise devient une affaire d’Etat et maintenant un complot international, même si Monsieur Castaner minimise l’affaire, une fois de plus. Il va falloir très vite une mise au point sérieuse de l’Elysée et de son gouvernement. Une bonne partie de nos institutions sont touchées : en premier, le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif, le Ministère de l’Intérieur, le Ministère des Affaires Etrangères, le Ministère de la justice. Heureusement, il nous reste le Sénat et nos sénateurs….

Grave crise des gilets jaunes et grand débat national

Monique Cochinal

Hier, quatorzième samedi de manifestations du mouvement des gilets jaunes, et malheureusement, quatorzième samedi sanglant. Comme chaque semaine, le bilan de cette journée est désastreux. Dans la capitale, dans certaines villes de province, c’est un défilé de scènes de violence, de personnes mutilées, traînées à terre, d’arrestations musclées, de jets de gaz lacrymogène, de nombreux et puissants canons à eau, et…… toujours de lancements de grenades (il faut bien épuiser le stock !) et de flash balls, ces terribles armes interdites chez nos voisins européens et dans tout Etat démocrate. Que de commentaires ! Que d’analyses ! Que d’évaluations ! Qui est responsable ? Jusqu’à quand ? On est tous d’accord pour que ces violences cessent au plus vite, avant le chaos final, mais comment ? Et chacun y va de son idée magique : journalistes, éditorialistes, politologues, économistes, opposants de tous bords, et notre Président, en personne qui lance le grand débat national. Grande opération unique en France, nous dit-on, la seule façon de mettre fin à cette grave crise, qui n’a que trop duré. Tout citoyen peut y participer, ce qui occupe beaucoup le gouvernement et les médias, au point de laisser de côté tout autre grave problème.

Notre Président ne sait plus où donner de la tête, car il sort de son palais pour aller à droite et à gauche débattre avec les maires, avec les cultivateurs, avec les jeunes des banlieues. On le voit au nord, au sud, à l’ouest, à l’est, sortir de son hélicoptère, entouré d’une bonne douzaine de collaborateurs, pour se rendre, en grande pompe, dans la salle d’une ville choisie, devant un public choisi d’avance (en banlieue, des jeunes « bon chic, bon genre »), et débattre avec ardeur et parler abondamment. La séance commence par un bref discours toujours parfaitement approprié (il est doué), puis on débat, pendant des heures. Les interlocuteurs et leurs questions sont choisis d’avance. Au bout d’un moment, et à force de parler, notre Président est en sueur, et tombe la veste, retrousse les manches de sa chemise blanche, et boit quelques gorgées d’eau. C’est la vedette, il sourit, fronce le front, réfléchit, prend des notes, écoute, avant de répondre à chacun et à chaque question, souvent les mêmes. Car, finalement, ce grand débat n’est qu’une série de questions posées sur quatre grands thèmes imposés : nos impôts, nos dépenses et l’action publique, organisation de l’Etat et des collectivités publiques, la transition écologique, et enfin la démocratie et la citoyenneté. Vaste programme …. Les séances retransmises en direct sur plusieurs chaînes de la télévision, se terminent avec un autre superbe discours du Président. On se congratule, on se prend en photo, on se remercie, et tout le monde est content. Bravo Monsieur le Président ! La séance est terminée, le rideau est baissé, jusqu’à la prochaine séance. Pendant tout ce temps, à l’extérieur de la salle, nous voyons quelques gilets jaunes, tenus à l’écart par un service d’ordre, battant le pavé, qui brandissent quelques banderoles faites « maison ». Il faut dire qu’il y a des artistes chez nos gilets jaunes, et ils ne manquent pas d’humour. Chaque samedi, on invente de nouveaux slogans, on danse parfois autour de gilets jaunes musiciens, on compose des chansons, on poursuit un dragon chinois (nouvel an chinois oblige). Un des derniers samedis, nous avons pu voir un gigantesque portrait de Monsieur Castaner (très ressemblant) fait de petits portraits de manifestants blessés, une façon de répondre à notre Ministre de l’Intérieur, niant les blessés et les estropiés du côté des manifestants.

Il est grand temps que cette malheureuse situation cesse au plus vite, car nous avons de plus en plus l’impression que, depuis l’affaire Benalla, puis la crise des gilets jaunes, rien ne va plus dans notre pays. Tout s’écroule, et qui nous sortira de ce cauchemar ?