« Président raté » : la tribune du New York Times qui accable Emmanuel Macron

BLOG : L’EUROPE SOCIALE DES DROITS DE L’HOMME

Une tribune publiée dans le prestigieux quotidien juge sévèrement les premiers mois à l’Élysée du président français… ( » Emmanuel Macron Will Be Yet Another Failed French President  » https://www.nytimes.com/2017/09/07/opinion/emmanuel-macron-popularity.html?_r=0)

http://www.sudouest.fr/2017/09/09/president-rate-la-tribune-du-new-york-times-qui-accable-emmanuel-macron-3762023-7527.php

C’est ce qui s’appelle ne pas mâcher ses mots. Dans une tribune publiée ce jeudi dans le prestigieux New York TimesChris Bickerton, un enseignant de politique européenne à l’université de Cambridge, assassine le président français et sa politique. 

« Emmanuel Macron will be yet another failed french president », titre le quotidien américain, estimant qu’Emmanuel Macron sera lui aussi un « président français raté ». Au mois de mai dernier pourtant, l’élection du président avait été largement saluée par le journal. Mais quatre mois plus tard, les choses ont changé.

Pour l’auteur de la tribune, si la cote du président français a autant dégringolé depuis élection,  c’est avant tout parce que son projet est faible et bien « trop centré sur sa personnalité », ce qu’il appelle : le macronisme.

Voir aussi :

L’OBS : « Une attitude arrogante », « un président raté » : une tribune du New York Times accable Macron

Une tribune publiée vendredi 8 septembre, dans le prestigieux « New York Times« , étrille les premiers mois de la présidence Macron. Sous une plume acide, Chris Bickerton, professeur qui enseigne la politique européenne à l’université anglaise de Cambridge, attribue la chute de popularité du président au « macronisme » : cette manie du chef de l’Etat de concentrer sa politique autour de sa petite personne. 

Une critique qui contraste sévèrement avec l’enthousiasme dont faisait preuve la presse internationale, le 9 mai dernier, lors de la victoire de l’ancien banquier au second tour de la présidentielle, face à Marine Le Pen. Au lendemain de son élection, ce même « New York Times » y voyait notamment « un nouvel espoir pour l’Europe ».

Quatre mois plus tard, force est de constater que l’optimisme n’est plus au rendez-vous. Emmanuel Macron a bien œuvré « pour une meilleure image de la France dans le monde », reconnaît toutefois Chris Bickerton. Selon lui, le président bénéficie toujours d’une certaine aura à l’étranger, notamment parce qu’il a redonné un coup de jeune à la diplomatie française « en tenant tête à Donald Trump et à Vladimir Poutine ».

« Une politique centrée sur sa personne »

Pour autant, « en France, c’est une autre histoire », souligne-t-il dans sa tribune au titre volontiers provocateur (« Emmanuel Macron sera encore un autre président français raté »). Tentant d’analyser la chute de popularité inédite du chef de l’État, l’universitaire explique d’abord qu' »il a remporté le scrutin parce qu’il était le candidat le moins mauvais ». Mais surtout, « la popularité de M. Macron souffre de quelque chose de plus fondamental : le macronisme ». 

Les Echos : « Président raté »  : le tacle d’un universitaire à Emmanuel Macron

Une tribune écrite par un universitaire et publiée sur un blog du New York Times épingle Emmanuel Macron, sa personnalité, sa politique, sa gouvernance.

Le Point : Une tribune publiée dans le « New York Times » accable Emmanuel Macron

L’universitaire britannique Chris Bickerton, spécialiste de la politique européenne juge sévèrement les débuts de la présidence Macron.

Le JDD : « Emmanuel Macron sera encore un président français raté » : une tribune dans le New York Times étrille le chef de l’Etat 

Une tribune publiée dans le prestigieux quotidien américain du New York Times critique très vivement les premiers mois d’Emmanuel Macron à l’Elysée.

La Dépêche : Dans une tribune au vitriol, le « New York Times » juge Emmanuel Macron comme « un président raté »

« Emmanuel Macron sera encore un président français raté ». C’est sous ce titre que le « New York Times » publie ce vendredi une tribune au vitriol signée de Chris Bickerton, professeur à l’université anglaise de Cambridge, où il enseigne la politique européenne. Quatre mois après avoir considéré le même comme « un nouvel espoir pour l’Europe », le prestigieux journal américain a fini de rêver. 

L’éditorialiste admet qu’à l’étranger, Emmanuel Macron a contribué à restaurer l’image de la diplomatie française en se posant en égal de Donald Trump et de Vladimir Poutine. « Mais à la maison, c’est une autre histoire », indique Chris Bickerton à ses lecteurs américains. Rappelant d’abord l’été calamiteux que vient de traverser le président français en termes de notoriété (40 % d’opinions favorables à ce jour), le professeur de Cambridge souligne que « M. Macron n’a de toutes façons jamais bénéficié d’un large soutien populaire. Qualifié pour le second tour avec 24 % des suffrages, soit en dessous de François Hollande ou de Nicolas Sarkozy, il a remporté le scrutin  parce qu’il était le candidat le moins mauvais ». Une élection par défaut, suggère Chris Bickerton, pour lequel il y a plus grave que l’arithmétique électorale…

« Macron souffre du…macronisme »

Selon l’éditorialiste du NYT, « la popularité de M. Macron souffre de quelque chose de plus fondamental : le macronisme ». Il explique ainsi que « tout le projet politique du président français s’est concentré sur sa propre personne. Une grande partie de son attrait provient de sa jeunesse, de son dynamisme, de sa beauté et de ses compétences oratoires. Cette approche hyper-personnalisée a toujours présenté le risque qu’une fois le charme passé, il ne reste plus rien, ce qui est exactement en train de se produire ».

« Prolifération de CDD, stagnation des salaires: est-ce le futur que la France veut? »

Chris Bickerton évoque aussi le pouvoir « arrogant » tel que l’exerce Emmanuel Macron, son désir de « présidence jupiterienne », les accents « monarchiques » de la réunion du Congrès à Versailles. 
S’agissant enfin la récente réforme du code du travail, le professeur met en garde sur  « les politiques économiques de M. Macron qui favorisent les employeurs par rapport aux travailleurs et éliminent ce qui reste de l’Etat-providence français. En matière de lutte contre le chômage, les expériences d’autres pays suggèrent que des résultats s’obtiennent  au prix de nouvelles inégalités. En Allemagne, les réformes du marché du travail ont entraîné une prolifération de «mini-emplois», un travail à temps partiel légèrement réglementé et qui a remplacé les emplois à plein temps dans certains secteurs. Dans le marché du travail hautement déréglementé de la Grande-Bretagne, les niveaux records d’emplois existent parallèlement à la faible productivité, à la stagnation des salaires et à la prolifération de contrats à court terme. Est-ce ce futur que la France veut? », interroge cruellement Chris Bickerton…

LIONEL LAPARADE 

Une enquête préliminaire ouverte sur l’origine de dons à La République en marche

Les paragraphes clefs de l’enquête de Mediapart…

PAR ANTTON ROUGET

Le parquet de Paris vient d’ouvrir une enquête sur l’origine de 144 000 euros de dons reçus par le parti d’Emmanuel Macron en 2017. Pour la présidentielle, le candidat avait réussi à mobiliser près de 13 millions d’euros de dons en un temps record.

Le procureur de la République de Paris a ouvert mardi 20 novembre une enquête préliminaire pour faire la lumière sur l’origine de 144 000 euros de dons reçus en 2017 par La République en marche (LREM), a annoncé ce mardi 20 novembre le parquet, confirmant une information d’Europe 1.

Nous republions ci-dessous nos révélations sur « Les secrets d’une levée de fonds hors norme » (enquête publiée le 21 mai 2017 avec Mathilde Mathieu, Martine Orange et Mathieu Magnaudeix).

À l’image de cet échange, l’exploitation des milliers de mails et documents issus des Macron Leaks (voir Boîte noire) – ainsi que d’autres documents récupérés au fil de la campagne par Mediapart – permet de comprendre comment la garde rapprochée d’Emmanuel Macron a explosé les compteurs de dons entre avril 2016 et avril 2017 pour permettre à l’ancien ministre de François Hollande d’accéder au pouvoir, un an à peine après la création de son propre mouvement. À l’extérieur, Dargnat et les membres de l’équipe Macron ont tout fait pour démentir l’image du candidat des affaires, préférant insister sur l’afflux de petits dons. En réalité, c’est bien une camarilla de banquiers d’affaires qui a pris en main cette levée de fonds hors norme, mobilisant tous azimuts ses réseaux et carnets d’adresses au service du combat de l’ovni politique Macron.

Cette stratégie s’est appuyée sur un raisonnement simple, résumé dans un court message de M. Dargnat en septembre 2016, alors que Macron vient juste de quitter le gouvernement : « Quand on sait que les dépenses de campagne présidentielle sont limitées à 22 millions d’euros et que nous pourrions contracter un prêt bancaire (à hauteur de 9 millions) remboursé si le candidat dépasse le seuil des 5 % aux élections, il nous reste donc à “trouver” 13 millions », expose l’ancien banquier. En clair, calcule-t-il, « si l’on arrondit à 10 millions le budget à trouver, il faut donc obtenir des dons de 1 333 personnes à 7500 € chacune [le plafond autorisé pour le financement d’une campagne – ndlr] ».

En réalité, c’est dès le printemps 2016 que les plus fidèles soutiens d’Emmanuel Macron se sont discrètement activés pour organiser de façon méthodique la mobilisation de riches contributeurs. …

1 Dans cette petite équipe soudée, on trouve Emmanuel Miquel, capital-risqueur chez Ardia et trésorier de la même association, mais aussi deux de ses anciens camarades de HEC : Stanislas Guerini, directeur de l’expérience client chez Elis, délégué du mouvement à Paris et aujourd’hui candidat aux législatives dans la capitale ; et Cédric O, un jeune directeur d’usine du groupe Safran, ancien du cabinet de Moscovici à Bercy. Cédric O, garçon discret qui fuit les médias, a endossé le costume de mandataire financier de la campagne, dont il est un des couteaux suisses les plus efficaces.

Pendant des mois, ce petit groupe a manœuvré avec une seule idée en tête, quasi obsessionnelle : faire fructifier en un an des carnets d’adresses bien fournis, afin de fonder un club de « grands donateurs » aux profils globalement homogènes (urbains, CSP+, issus de grandes écoles). Nous sommes là loin, bien loin, d’un mouvement soutenu par une vague aussi populaire que spontanée, image que les communicants d’En Marche! ont savamment cultivée et propagée. Et pas très loin du « Premier Cercle » de riches donateurs ayant financé une partie de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, même si l’entourage de Macron s’en est toujours défendu au motif qu’En Marche! n’a jamais organisé de grand raout mélangeant tous les grands donateurs. Effectivement : les proches d’Emmanuel Macron ont été bien plus discrets.

Dans les mails de l’équipe d’Emmanuel Macron, on retrouve un document de travail, diffusé et amendé en comité restreint en avril 2016 : la notice pour la chasse méthodique aux millions de la campagne. En Marche! est alors un mouvement balbutiant, à peine créé. Le tout nouveau parti n’a enregistré qu’environ 400 000 euros de dons et promesses – à 95 % des grands donateurs à 7 500 euros. L’équipe veut passer à la vitesse supérieure en activant un impressionnant maillage des réseaux d’entrepreneurs, banquiers, avocats, lobbyistes et autres « influencers » susceptibles de dégainer un jour ou l’autre l’équivalent de 6,5 Smic pour aider le candidat Macron.

Ces généreux bienfaiteurs seront approchés les mois suivants à travers des dizaines de dîners organisés en France et à l’étranger, le plus souvent en présence du « chef », le surnom d’Emmanuel Macron. Ces sauteries, symboles du confinement et de l’endogamie d’une certaine élite, sont « très mal vu[e]s par certaines catégories de la population », convient En Marche! dans une note interne. Mais elles sont aussi tellement rentables, surtout quand le candidat se déplace. Mi-avril 2016, un seul déjeuner à Londres au domicile privé de la directrice financière d’un site de vente en ligne permet de réunir 281 250 euros, selon un document d’En Marche!. Deux semaines plus tard, à Paris, un cocktail dînatoire génère 78 000 euros en à peine une heure et demie. La cash machine est lancée.

Pour multiplier les rencontres, l’équipe « fundraising » (« collecte de fonds ») d’En Marche! a élargi son maillage par l’intermédiaire de rabatteurs, des sympathisants du mouvement – très bien intégrés dans les hautes sphères économiques – qui ouvrent leurs carnets d’adresses, accueillent des déjeuners, voire, parfois, organisent des événements « clés en main ». Ne reste alors au mouvement qu’à valider les listes d’invités et à organiser la venue du candidat. Détail financier non négligeable : les frais liés aux dîners effectués aux domiciles des donateurs sont des « dépenses privées non intégrées » aux comptes de campagne.

Le   1er juin 2016,  le conseiller de dirigeants d’entreprise Édouard Tétreau, un temps protégé par l’ancien PDG d’Axa Claude Bébéar,  accueille l’un des tout premiers grands cocktails parisiens. « Durée : 1 h 30, dont passage Emmanuel d’1 h 00 », note minutieusement l’équipe d’En Marche!. Tout est millimétré :« Salutations 15 min/speech 20 min/Q&A  [questions/réponses – ndlr] 20 min/sortie 5 min. » Les invités sont triés sur le volet : une trentaine de « quadra, hors CEO [PDG – ndlr] CAC40 ». Une semaine plus tard, Édouard Tétreau renouvelle l’expérience pour une nouvelle cible. Cette fois, 32 personnalités issues de « différents cercles (avocats, conseil, lobbying, édition, etc.) » sont concernées. Ne reste qu’à valider la liste d’invités. Mais « attention ! », alerte En Marche !, « un partner d’Image 7 », la boîte de la communicante Anne Méaux, qui conseille François Fillon, fait partie des convives potentiels.

 « Mon sentiment, développe Chardoillet, si nous restons sur l’objectif précis du fundraising, est que cette cible centre droit n’est pas, pas du tout mûre pour la donation. Positionnement, programme et démarcation de Hollande seront des éléments clés pour que cette cible évolue. » 
« Top de voir ces manifestations », se réjouit dans la foulée Emmanuel Miquel, dans un message en copie au reste de la direction d’En Marche!. Seul bémol : pour « aller dans le sens » de ce que « Christian [Dargnat – ndlr] évoquait de constituer une petite base de gens disponibles pour appeler des contacts », Miquel « pense qu’il faut être vigilant à ne pas trop diluer l’exercice de Fundraising. Il faut certes se démultiplier, mais le sujet FR [fundraising – ndlr] reste sensible ».

Au terme de plus de deux heures d’entretien filmées, Emmanuel Macron quittait les locaux de Mediapart, vendredi 5 mai vers 23 heures, quand les réseaux sociaux se sont mis à bruire : les Macron Leaks, soit le hacking et la diffusion de milliers de mails de l’équipe de campagne d’En Marche!, étaient publiés sur un site de partage, avant d’être abondamment relayés par l’extrême droite américaine, les réseaux trumpistes puis, en France, par le Front national. Le tout en un temps record.

Mediapart a, dès le début, pris le parti de tenir tous les bouts de cette histoire. C’est-à-dire d’une part dénoncer, comme l’a fait notre journaliste Yann Philippin dans Libération et sur le plateau de MediapartLive, une pure opération de déstabilisation électorale. En publiant dans la nature à deux jours du second tour de l’élection présidentielle un très gros volume de données brutes, non vérifiées et dont la source est totalement inconnue, la méthode employée par les initiateurs des Macron Leaks était en effet déloyale, pour ne pas dire sale. Le but était de créer le chaos.

Mediapart a d’abord enquêté sur les origines de cette boule puante et, notamment, sur l’émergence d’une piste russe – voir nos articles iciiciet .

Pour autant, les Macron Leaks sont susceptibles de contenir des informations d’intérêt public, devenant ainsi un matériau journalistique à part entière, à la condition impérieuse que les documents soient authentifiés de manière indépendante et que les faits découverts soient confrontés loyalement avec les personnes concernées. Dès le lendemain de la « révélation » des Macron Leaks, une équipe de journalistes et techniciens de Mediapart a par conséquent engagé des recherches dans cette immense base de données, en utilisant notamment les outils techniques du consortium European Investigative Collaborations (EIC), à l’origine des Football Leaks ou des Malta Files.

Après deux semaines d’enquête, de vérifications et de respect du débat contradictoire, nous avons décidé de rendre publiques certaines informations qui sont, pour tout ou partie, issues des Macron Leaks. Ces éléments ont été complétés par des témoignages et documents récupérés au fil de la campagne.

Pour cet article sur les dessous de la levée de fonds de la campagne d’Emmanuel Macron, nous avons contacté lundi 15 mai plusieurs dizaines de donateurs, “poissons-pilotes” et membres de l’équipe d’En Marche!. Beaucoup ne nous ont pas répondu. Ils ont été relancés mercredi 17 mai, jour où nous avons adressé une série de questions à la communication d’En Marche! pour que le mouvement s’exprime indépendamment des cas individuels. Nos interrogations sont là aussi restées sans réponse.

Gouverner ce n’est pas plus facile que gagner une élection!

Maria Rodriguez cKey

Pendant deux ans, le Président Macron a pensé que « gouverner est plus facile que gagner une élection ». Il aurait dû regarder avec plus de sagesse les deux exemples malheureux de ses deux prédécesseurs : Nicolas Sarkozy, qui affirmait, lors d’une de ses conférences de presse, la même pensée, et François Hollande, qui fut bien vite rattrapé par les médias, et le téléphone portable transformé en appareil photos, dans son escapade en moto de la rue du Cirque, et les croissants chauds.

Mais, il n’en est rien. Le Président Macron continue de penser qu’il est unique et indispensable. Avec son égo démesuré, il veut s’octroyer tous les pouvoirs (en exemple, sa prise en main de la campagne électorale des européennes). Il faut noter qu’un président de la Vème République n’est pas loin de posséder tous les pouvoirs. Or, posséder tous les pouvoirs exige endosser aussi toutes les responsabilités, ce que lui-même et ses conseillers sont loin d’avoir découvert.

D’autre part, il ne devrait pas oublier qu’il a été élu, par défaut, avec un faible taux de participation  pour une élection présidentielle, ce qui lui a accordé seulement 43,6% des inscrits.

Depuis cette élection, la gauche est divisée. Il est même possible que le PS n’arrive pas à obtenir des sièges au Parlement européen, surtout avec le mode de scrutin à la proportionnelle. A l’assemblée, à droite « Les Républicains » sont tiraillés entre les « constructivistes », qui ont tendance à voter les lois Macronistes, et ceux qui s’y opposent.

En ce moment, dans nos institutions, seul le Sénat occupe bien la place de contre-pouvoir.

Le rôle d’un homme dans la destruction d’un parti

La nature de notre actuel Président de la République nous fait craindre qu’il se lance ans des aventures incontrôlables.

Alors,  nous avons cru devoir relater une expérience en Grande Bretagne en 1918 ou un homme politique du Parti Libéral (le parti de gauche depuis le  XIX ème siècle)) a bouleversé la vie des partis britanniques.

David Lloyd George

Lloyd George était beau parleur mais une forte personnalité. La Grande Bretagne s’en est sortie avec le temps et la présence d’une structure syndicale unie.

www.senat.fr › Europe et International › International

http://www.senat.fr/international/colloprocessuselectoral2011/colloprocessuselectoral20111.html

« Le système électoral et son effet sur la représentation parlementaire des partis : Le cas européen »,LGDJ Bernard Owen,  Maria Rodriguez-McKey

 CHAPITRE II  MODIFICATION PROFONDE DE LA STRUCTURE D’ACCUEIL POUR LE VOTE : 1918 OU L’ELECTION A « COUPONS ».

En raison des péripéties de la politique interne qui se déroulèrent pendant la guerre, la situation des partis, lors de cette élection, représente une rupture totale par rapport à l’époque précédente.  Le « Labour » soutient l’administration libérale avant la guerre et participe au gouvernement de 1915 à 1918.  Les libéraux, sous la direction d’Asquith, sont au gouvernement à la déclaration de la guerre.  La guerre commence mal pour la Grande Bretagne: Gallipoli, la Serbie, la Mésopotamie, la Roumanie.

Le gouvernement libéral démissionne à partir de deux scandales: celui des obus et celui des Dardanelles, le 17 mai 1915.  La presse, soutenant les conservateurs, est extrêmement virulente.  Asquith revient au gouvernement mais qui comprend cette fois un nombre de ministres conservateurs. Vingt deux ministres conservateurs au Cabinet contre vingt six libéraux et trois « Labour ». Treize autres ministres conservateurs contre onze libéraux, un « Labour » et un nationaliste sont hors du cabinet.  Asquith, très diplomate, modifie ses décisions chaque fois qu’il craint le départ d’un ministre.  Les points forts: la loi sur la conscription des célibataires en janvier 1916, et la loi sur la conscription des hommes mariés en avril 1916, difficiles à faire admettre car les libéraux sont, par principe, contre la contrainte de la conscription militaire.

La fin du gouvernement a lieu le 5 décembre 1916, et Lloyd George forme le nouveau gouvernement.  Le gouvernement Lloyd George comprend 26 conservateurs contre 16 libéraux et 4 « Labour » (dans le cabinet) et six ministres conservateurs hors du Cabinet contre neuf libéraux.[1] Il est important de noter que, quelques jours plus tard, le 8 décembre 1916, Asquith s’assure de la présidence du Parti Libéral et contrôle ainsi les fonds du parti. Lloyd George crée son propre quartier général (plus de douze employés) et commence alors à créer un fonds propre à partir de la « honours list ».  A partir de la prise de pouvoir de Lloyd George, celui-ci apparaît comme ayant l’enthousiasme de celui qui mène le pays à la victoire alors qu’Asquith adopte la neutralité politique où il met de côté ses propres convictions au nom du soutien de principe au gouvernement dans ses efforts de guerre.  Il entraîne avec lui les députés libéraux et maintient ainsi une unité, certes précaire, mais une unité quand même.

La divergence entre les deux hommes ne diminue pas avec la fin de la guerre. Le 12 novembre 1918, Lloyd George déclare son intention de se présenter immédiatement aux élections en tant que chef de la coalition. Il le fait au 10 Downing Street devant 150-200 députés libéraux.  Le 16 novembre, Lloyd George invite les électeurs à examiner les acquis des libéraux prétendant le soutenir. Quelques jours plus tard, il publie une liste cosignée par le conservateur Bonar-Law de candidats reconnus comme soutenant la coalition.  La liste comprend: 159 libéraux et 364 conservateurs.  C’est Asquith qui invente le terme de « coupon » qui est adopté par tous et servira pour qualifier l’élection de 1918 de « coupon election ».  Sur les 159 libéraux à « coupon », 136 sont élus ainsi que 333 des 364 conservateurs avec « coupon ».  Neuf NDP ont été accordés le « coupon »; il s’agit de membres du « Labour » qui s’engagent à soutenir la coalition et qui seront élus.

Il a souvent été dit que pour gagner un siège il fallait le « coupon ».  Or, Trevor Wilson indique deux cas où la victoire revient à des conservateurs sans « coupon ».  Asquith se fait battre par un obscur conservateur, alors que le quartier général conservateur lui avait refusé le coupon (Lloyd George voulait ménager le président du Parti Libéral).  Il cite aussi le cas de Manchester où Lloyd George, ne voulant pas indisposer le grand journal libéral « The Manchester Guardian » n’accorde que quatre « coupons » sur les dix circonscriptions.  Les conservateurs ont huit candidats qui sont tous élus.  Les deux autres élus sont « Labour » sans opposition des conservateurs car ils avaient soutenu le gouvernement pendant la guerre.

Trevor Wilson en déduit que c’est le fait d’être conservateur (ou de ne pas avoir de  conservateur contre soi) qui est l’élément déterminant. Or, une autre interprétation est possible.  Il s’agit alors de tenir compte de la profonde modification des structures d’accueil pour le vote à droite et surtout à gauche.  Les électeurs habituellement à droite, votant pour le Parti Conservateur, votent en 1918 pour le candidat à « coupon » même si celui-ci est le député sortant élu en tant que libéral, car il soutient la coalition gouvernementale et l’électeur reste en accord avec l’association conservateur locale qui soutient le candidat à « coupon ».  Certains électeurs conservateurs irréductibles ne voudront pas voter pour l’ennemi de toujours : le candidat libéral, même muni d’un coupon. Mais alors pour qui voter ? son vote n’a pas de structure d’accueil correspondante. Les électeurs votant de tout temps à gauche sont dans une position très différente. Le Parti Libéral qui reçoit jusque là leur vote prend un double aspect contradictoire : Soit, il se confond avec les conservateurs (dans le cas de « coupon »), soit il se présente comme candidat d’un parti qui ne présente plus qu’un nombre insuffisant de candidats sur le terrain national. De toute façon, les associations libérales sont en crise ne sachant pas quelle attitude prendre à l’égard des candidats libéraux à « coupon ». Reviendront-ils dans le camp libéral?  Faut-il s’y opposer avec énergie ou faut-il laisser la porte ouverte pour un retour éventuel?  D’autre part, le « Labour », fort de son assise syndicale, présente un plus grand nombre de candidats et se présente comme le véritable parti de gauche avec un programme électoral influencé par le gauchissement des tendances de gauche européennes, provoqué par la révolution bolchevique.

Considéré de cette façon, la défaite d’Asquith dans sa circonscription ne doit pas être prise comme la victoire d’un conservateur inconnu du seul fait qu’il portait l’étiquette de son parti, mais comme la défaite d’un libéral très connu en tant qu’individu mais portant les couleurs d’un parti dont les positions, par rapport à la gauche et la droite, n’étaient plus perceptibles au niveau de la nation quant aux positions : gouvernement – opposition.  De toute façon les députés sortants à « coupons » ne représentent-ils pas la grande coalition gouvernementale qui a gagné la guerre ?  Lloyd George n’est-il pas le héros de la guerre ?  Le Parti libéral était devenu subitement un tiers parti en dehors des grands courants de la vie politique de Grande Bretagne.

Thomas Mackie et Richard Rose[2] indiquent le nombre de candidats par parti et c’est là qu’apparaît le premier signe de la recomposition du système de partis britannique.  En décembre 1910 le Parti Libéral présente 467 candidats, et le Parti Travailliste 56.  Nous avons déjà constaté que, dans la plupart des circonscriptions, ces deux partis ne pratiquent pas l’opposition de candidatures. Cela veut dire, que de manière électorale, ces deux formations se comportent comme un seul parti. En ajoutant les deux (467+56) nous obtenons 523 candidats, à peine moins que les 548 candidats conservateurs.  En 1918, la situation est totalement différente. La non-opposition de candidature est, cette fois, au niveau des candidats « à coupon » c’est à dire 364 conservateurs et 159 libéraux de Lloyd George, ce qui représente un total de 523 candidats.  Le Parti Libéral ne réussit à trouver que 276 candidats alors que le Parti Travailliste le dépasse largement avec 376 candidats.

SECTION I LA POSITION GENERALE DES CANDIDATS TRAVAILLISTES PAR RAPPORT AUX SIEGES OBTENUS.

Thomas Mackie et Richard Rose indiquent[3] que 62 sièges sont obtenus par les Travaillistes (le « Labour »). Leur chiffre est obtenu d’après « Craig’s Parliamentary Statistics » qui est l’ouvrage de base de notre étude.  En consultant avec attention ces statistiques, nous obtenons 58 sièges obtenus par un candidat clairement « Labour », présentés par l’organisation nationale. En plus de ces 58 sièges nous trouvons trois cas de candidats dont l’étiquette est celle « ind. Lab » mais qui deviennent « lab » par la suite :

  • Newcastle under Lyme
  • West Ham – Silvertown
  • Aberdeen North

Nous trouvons aussi un cas de candidat « ind. Lab » s’opposant à un « Co.L » (ce qui représente un libéral ayant accepté le coupon, n’ayant donc pas d’opposition de la part d’un candidat conservateur) à:

  • Anglesy

Notons les difficultés de bien classer les candidatures par affiliation politique, car F.W.S. Craig dans « British General Election Manifestos 1900-1974 »,[4] indique que 57 sièges ont été obtenus par le « Labour ».  Parmi les députés « Labour » élus, 23 sièges avaient un député sortant « Labour » dont cinq proviennent de circonscriptions à deux sièges où le lien entre libéral et « Labour » est très fort.  Le trouble des associations politiques locales apparaît car le libéral et le « Labour » sont élus sans opposition.  A Stockport les candidats libéral et « Labour » sont pour la coalition mais sans « coupon ».  A Bolton, le libéral a le « coupon » et, il semblerait, entraîne le « Labour » qui, lui, est sans « coupon ».  Norwich présente une situation peu claire où le libéral et le « Labour » auraient le « coupon » sans que cela soit bien établi.  Dundee est l’objet d’une entente libéral – « Labour » depuis 1906.  W.L.S. Churchill est le député sortant libéral depuis le 9 mai 1908 et chaque fois occupe la première place.  En 1918, Churchill retrouve son siège en tant que Co L ainsi que A. Wilkie en tant que « Labour » mais il est intéressant de noter qu’en plus de deux candidats SPP (Scottish Prohibition Party) se trouve un autre candidat « Labour ».  Il semblerait que le Parti Travailliste souhaitait présenter deux de ses propres candidats, mais que l’électorat a continué à voter comme par le passé.  Un autre cas présente l’exception, Derby, où le candidat « Labour » est élu en même temps que le conservateur, le libéral n’arrivant qu’en troisième position.

Les vingt trois circonscriptions pour lesquelles le « Labour » possède un député sortant sont les suivantes :

 

Bolton (deux sièges) Manchester Platting (nouvelle circonscription, rapport avec Manchester North East)

 

Deptford Newcastle under Lyme

 

Derby (deux sièges) Norwich (deux sièges)

 

Dundee (deux sièges) Rhondda West (nouvelle circonscription, rapport avec Glamorganshire Rhondda)

 

Durham – Barnard Castle Saint Helens

 

Fife Western Salford North

 

Glamorganshire Gower Staffordshire Kingswinford

 

Lancashire Clitheroe Stockport (deux sièges)

 

Lancashire Ince West Ham Plaistow (nouvelle circonscription, rapport avec West Ham South)

 

Lancashire West Houghton Woolwich East (nouvelle circonscription, rapport avec Woolwich)

 

Monmouthshire Abertillery (nouvelle circonscription, rapport avec Monmouthshire West)

 

Yorkshire Normanton
Monmouthshire Ebbew Vale (nouvelle circonscription)

 

 

 

Le « Labour » possède le député sortant.

Une difficulté apparaît pour déterminer les cas où le « Labour » possède le député sortant, étant donné le redécoupage des circonscriptions depuis les dernières élections générales de décembre 1910.  Parmi les vingt trois sièges que nous avons retenus comme ayant un député « Labour » sortant, six sont de nouvelles circonscriptions. La tentative de recomposition a été possible en cherchant des liens avec les anciennes circonscriptions par le nom des candidats présents. Il s’agit d’une approximation et non d’une exactitude.  En effet, un ou parfois deux candidats proviennent d’une des anciennes circonscriptions.  Les circonscriptions rentrant dans cette catégorie sont les suivantes :

1)  Glasgow Gorbals (anciennement Glasgow Blackfriars) : G.N. Barnes avait obtenu le siège pour le « Labour » en 1906 dans une triangulaire où le libéral était arrivé en troisième position.  En 1918, G.N. Barnes conserve le siège contre un autre candidat « Labour » alors que lui se présente comme soutenant l’alliance (il n’a pas le « coupon »).

2) Manchester Platting (anciennement Manchester NE) :  Depuis 1906 le « Labour » s’oppose aux conservateurs.

3)  Monmouthshire Ebbew Vale (anciennement Monmouthshire West) : En 1918, le seul député sortant « Labour » du Monmouthshire T. Richards se présente sans opposition.  T. Richards avait été élu lors d’une élection partielle le 3 novembre 1904, réélu en 1906 en tant que lib/lab, il prend l’étiquette « Labour » en janvier et décembre 1910.

4)  Rhondda West (anciennement Glamorganshire Rhondda) : W. Abraham est élu en tant que lib/lab en 1885.  Il maintient le siège et devient « Labour » en janvier 1910. En 1918, W. Abraham est réélu sans opposition.

5)  West Ham – Plaistow (anciennement West Ham South) : Keir Hardie est députe de l’ILP dès 1892.  En 1918, le député sortant « Labour » W.J. Thorne se présente pratiquement sans opposition (94,8% des suffrages).

6)  Woolwich East (anciennement Woolwich) : W. Crooks obtient le siège contre un conservateur lors de l’élection partielle du 11 mars 1903, et le retient, sauf en janvier 1910.  En 1918, il maintient le siège sans opposition.  Notons que huit sièges avec député sortant « Labour » sont retenus sans opposition.

Sièges obtenus par le « Labour » qui ne possédait pas le député sortant

(Décomposition des sièges)

 

  • Huit cas représentent essentiellement un combat entre le « Labour » et un candidat libéral ayant

accepté le « coupon » (Co L).

  • Onze cas sont un combat entre le « Labour » et un conservateur avec « coupon », le libéral occupant la troisième position.
  • Cinq cas présentent un combat « Labour » contre un conservateur avec « coupon » (Co C).
  • Trois sièges sont obtenus sans opposition.
  • Un siège est obtenu contre un Co NDP (il s’agit de membres du « Labour » ayant rompu avec

le secrétariat général et accepté le « coupon »).

  • Six sièges sont obtenus contre un libéral (sans « coupon »).

 

La  structure d’accueil, pour la façon dont se décompose le vote gauche – droite, est bouleversée mais l’équilibre national gauche – droite n’est pas remise en cause car la coalition de droite (Lloyd George) remporte les élections en 1918, mais en n’obtenant que 47% des suffrages ce qui ne représente que 0,7% des suffrages de plus que n’obtenait le seul Parti Conservateur en 1910.  La décomposition du vote droite – gauche présente des structures d’accueil d’une complexité que la Grande Bretagne n’avait jamais connue jusqu’alors.

Les cas de libéraux, conservateurs et NDP ayant accepté le « coupon » ou certains conservateurs n’ayant pas le coupon représentent l’électorat de droite alors que le « Labour » et, à un moindre degré, certains candidats libéraux n’ayant pas le « coupon » représentent les positions de gauche.  La situation nationale apparaît au sein des circonscriptions dont Staffordshire – Leek est un bon exemple car elle représente le transfert du vote idéologique : gauche – droite des partis Libéraux – Parti Conservateur au Parti Labour – Parti Libéral avec coupon (Co L). Cette circonscription n’avait aucun précédent « Labour » et les résultats de l’élection de décembre 1910 étaient :

 

L 52,7% des suffrages
C 47,3% des suffrages

 

 

En 1918 le résultat est le suivant :

 

Labour 51,7% des suffrages
Co L 48,3% des suffrages

 

La position troublée de l’électorat n’est, en aucune façon, moins dramatique que celle des associations libérales locales quand leur candidat député sortant a accepté le « coupon ». A noter que Lloyd George s’est efforcé d’accorder le « coupon » au plus grand nombre de députés sortants libéraux ce qui leur accorde le soutien conservateur et une partie de celui de l’association libérale en pleine confusion.  Pendant la campagne électorale les libéraux étaient sensés faire cause commune avec les conservateurs, ennemis politiques de toujours.  D’autre part, les candidats « Labour », considérés jadis comme alliés, paraissaient soudain comme l’ennemi principal.  D’un parti tout à fait secondaire il paraissait soudain la principale structure d’accueil pour le vote à gauche.  Les six sièges remportés par le « Labour » sur les libéraux vont à l’encontre de l’histoire récente où la force libérale n’avait rien de comparable à celle du « Labour ».  Il ne faut pas oublier que lors des élections partielles de 1910 à 1918 le « Labour » avait perdu deux sièges aux libéraux  à Hanley le 13 juillet 1912, et à Chesterfield le 20 août 1913.   Les libéraux avaient perdu Salford North au « Labour » le 2 novembre 1917. (Le « Labour » avait aussi perdu deux sièges aux conservateurs et un à un indépendant).  Les libéraux avaient perdu des sièges aux conservateurs ce qui n’a rien de surprenant pour le parti de gouvernement.

SECTION II  LA POSITION DU PARTI LIBERAL PAR RAPPORT A LA STRUCTURE D’ACCUEIL POUR LE VOTE A GAUCHE.

Il est certain que la perception par l’électorat des candidats libéraux (sans « coupon ») est fortement modifiée par les positions des candidats libéraux avec « coupon », mieux connus, plus en vue dans la vie politique et du gouvernement.  Nous avons vu l’effet de la désorganisation des associations libérales dans leur impossibilité de trouver des candidats en nombre suffisant. Les associations étaient placées devant deux difficultés : trouver un autre candidat crédible pour se présenter contre le député sortant qui avait accepté le « coupon » ; ne pas savoir quelle serait l’évolution du Parti Libéral.  Leur position était comparable à celle des associations libérales en 1886, lors de la défection de Joseph Chamberlain. La rupture était-elle définitive ou la grande famille libérale allait-elle se retrouver?  Dans ce dernier cas fallait-il réellement, avec toute son énergie, en 1918, s’opposer au candidat libéral qui avait accepté  le « coupon »?

Candidats Labour arrivés en deuxième position.

Il est certes intéressant de considérer les candidats « Labour » qui ont obtenu le siège mais dans la configuration générale du nouveau système des partis en Grande Bretagne, il est non moins important de considérer ceux qui sont arrivés en deuxième position et surtout derrière quel parti, car cela permet de prévoir la structure d’accueil pour le vote à gauche. Ceux qui sont précédés par un Co C, un Co L, ou un Conservateur, représentent la principale opposition de gauche à la coalition (qui, rappelons le, ne pratique pas l’opposition de candidats).  Ce chiffre est imposant : 228 sièges qui se décomposent de la façon suivante :

  • 137 derrière un Co C
  • 67 derrière un Co L
  • 12 derrière un Conservateur (sans coupon)
  • 12 cas derrière un candidat libéral.

Ces douze cas représentent une situation peu claire où néanmoins le libéral ne pourra que se trouver, étant donné la position équivoque du libéralisme sur le plan national, déporté plus à droite sur l’échiquier idéologique.

Huit cas derrière diverses formations.

  • Un National Party.
  • Six Co NDP.

Candidats arrivés en troisième ou quatrième position.

Cette catégorie ne comprend que 58 cas, ce qui est un très faible chiffre et qui en dit long sur le futur du système de partis britanniques quand nous le situons dans le contexte de bipartisme que nous avons constaté jusqu’à présent depuis 1885.  Le « Labour » a détrôné les libéraux comme parti de gauche en l’espace d’une élection.  La faiblesse de ce chiffre est réellement surprenante.

SECTION III   L’ETAT DE LA RECHERCHE.

G.R.   Searle[5] présente la désintégration du Parti Libéral comme inévitable et provenant de la diversité de sa composition, même alors que Trevor Wilson[6] considère que, malgré les différences existant inévitablement dans un parti qui représente la presque moitié de l’électorat, il se portait fort bien avant 1914 surtout en comparaison au « Labour ». Pour Wilson[7], le résultat des élections partielles de 1910 – 1914 indiquait que le Parti Libéral serait dans l’opposition lors des prochaines élections générales mais n’indiquait nullement qu’il était condamné à une quasi disparition. Pour Wilson le point le plus menaçant pour le Parti Libéral était ses relations avec le « Labour », non pas sur le terrain idéologique ni sur celui de la force électorale, mais en tant que force potentielle introduite au parlement et dans les syndicats prête à faire surface dans le cas d’une disparition de la force électorale de gauche représentée jusque là par le Parti Libéral. Selon lui[8] « En effet, en 1914 l’aile réformatrice du gouvernement libéral menait la danse et les penseurs de l’avant garde se tournaient vers le libéralisme pour appliquer leurs idées et le « Labour » n’avait apporté rien de nouveau que les libéraux ne pouvaient accomplir ». « D’autre part, sur le terrain des élections partielles de 1911 à 1914 le « Labour » a eu de bien pauvres résultats quand il s’est opposé aux libéraux.  Par deux fois les libéraux ont contesté des sièges « Labour » et les ont tous remportés ».   Encore pour Trevor Wilson, « Le groupe parlementaire « Labour » existait encore en 1914 grâce à l’indulgence des libéraux, c’est à dire parce qu’ils considéraient de leur avantage de laisser seul le « Labour » s’opposer aux conservateurs dans certaines circonscriptions ».  Dans notre étude, en considérant la façon dont le LRC puis le « Labour » avaient obtenu des sièges, nous avons pu vérifier que rares étaient les cas où le « Labour » avait remporté un siège contre un candidat libéral et cela depuis 1885.

Notre point de vue va certainement dans le sens de celui de Trevor Wilson et non dans celui de G. R. Searle[9] qui critique la thèse de Trevor Wilson dans ces termes « Il n’est pas réellement satisfaisant de souligner à ce point l’importance d’un incident dû à des divergences de personnalités ».  Il s’interroge sur la raison de cette querelle entre Asquith – Lloyd George. « Pourquoi l’ambition de  Lloyd George qui l’avait poussé à mener sa carrière à travers le Parti Libéral avant 1914 (Searle oublie que Lloyd George avait songé créer un parti gallois avant 1914) l’a mené à des actes propres à détruire le libéralisme ».

Nous avons déjà abordé l’approche psychologique qui indique que Lloyd George, en tant que chef d’un gouvernement de coalition qui avait dirigé un Etat victorieux, avait du mal à redevenir un membre du Parti Libéral dirigé par un autre : Asquith.  L’essentiel de notre argumentation est sociologique et repose sur la modification de la structure d’accueil pour le vote à gauche.  Or, l’élément d’importance en 1918 n’est pas la querelle en elle-même mais sa conséquence qui est l’alliance de la plus importante partie des libéraux avec les conservateurs et le désarrois des autres libéraux qui ne pourront réunir qu’un tiers des candidats nécessaires.

La chute du Parti Libéral se situe dans la nature des affrontements dans l’ensemble d’une situation d’élections à la majorité simple : la répercussion de la situation nationale au niveau des circonscriptions uninominales a transformé les structures d’accueil pour le vote gauche – droite en : Parti Conservateur, coalition libérale … contre le « Labour » … alors que précédemment la situation était : Parti Conservateur … contre Parti Libéral.  Le fait que le Parti Libéral (sans « coupon ») ait un nombre insuffisant de candidats pour couvrir le territoire et jouait le rôle de tiers parti empêchant l’élection de quelques candidats « Labour », mais n’était plus un acteur crédible du jeu politique :  droite – gauche.  D’ailleurs l’étude détaillée des élections de 1918 révèle le nombre de circonscriptions remportées par le « Labour » qui, en décembre 1910, avait le même candidat ou un autre candidat « Labour », qui n’obtenait qu’une très mauvaise troisième place dans un combat de quasi bipartisme gauche droite.

L’idéologie libérale a été mise en avant pour expliquer les critiques faites au début de la guerre de 1914 au gouvernement libéral d’Asquith. Cette argumentation fait reposer l’échec du Premier Ministre sur les positions du libéralisme qui d’une façon générale condamne la guerre et porte en avant la conciliation des peuples. En suivant ce raisonnement, nous ne voyons pas pourquoi Lloyd George, qui était un libéral et de surcroît radical, n’aurait pas, lui aussi, été critiqué dans sa façon de diriger un gouvernement en temps de guerre.  Ne s’agit-il pas alors d’une question de personnalité ?  Asquith était un universitaire, certes énergique et conciliant, mais n’ayant pas l’esprit pragmatique et l’égocentrisme de Lloyd George.  Par ailleurs, il est bon d’avoir conscience que les gouvernements et les Etats-majors des pays belligérants de la guerre de 1914-1918 ont connu des crises et ont eu à faire face à des rébellions dans les armées tant la guerre était terrible.  La question de la conscription a certainement troublé le Premier ministre Asquith, car le parti dont il était à la tête s’était toujours refusé à considérer l’enrôlement obligatoire dans l’armée. Cette question n’était pas à même de troubler la personnalité pragmatique de Lloyd George.

[1] Chiffres obtenus à partir de Brittish Political Facts 1900-1979, David BUTLER et Anne SLOMAN, Macmillan, 1980, p. 8-14.

[2] The International Almanac of Electoral History, MacMillan, 1974, pp. 390 et 396.

[3] Ibid., p. 394.

[4] MacMillan, 1975, p. 27.

[5] « The Liberal Party: Triumph and Disintegration 1886-1919», Saint Martin’s Press, 1992.

[6]  « The Downfall of the Liberal Party 1914-1935 », Collins 1966.

[7]  Ibid., p. 16.

[8] Ibid., p. 17.

[9] G.R. SEARLE, Op. Cit., p. 131.

Le réchauffement climatique anthropique: un mensonge qui arrange!

« le réchauffement climatique est devenu une nouvelle religion » déclare le prix Nobel Ivar Giaever

Par Antoine Calandrat

MEDIAPART

HTTPS://BLOGS.MEDIAPART.FR/ANTOINE-CALANDRA/BLOG/100116/LE-RECHAUFFEMENT-CLIMATIQUE-ANTHROPIQUE-UN-MENSONGE

La COP21 qui s’est tenue à Paris en décembre 2015, pour accoucher d’une broutille, a remis la question du climat sur le devant de la scène politico-médiatique et m’a donné envie de faire le point sur ce sujet controversé. Le dernier « résumé pour les décideurs » de 2014 publié par le GIEC, agence de l’ONU, a servi de base de travail lors de cette grande foire internationale.
L’ONU (Organisation des Nations unies) est une organisation internationale censée apporter la paix dans le monde. Elle comprend de nombreuses agences qui sont malheureusement au service des multinationales et des élites politiques, et pas au service des peuples.

L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) par exemple, suite à un accord de 1959, n’a pas le droit de s’exprimer, ni d’agir en faveur des populations contaminées par la radioactivité sans l’aval de l’AIEA (Agence Internationale de l’Energie Atomique)

L’AIEA est un autre exemple de structure de l’ONU peu indépendante, à la fois gendarme (très gentil) et complice de la prolifération nucléaire dans le monde. Fukushima en est une illustration magistrale : depuis le 11 mars 2011, début de ce terrible accident nucléaire, l’AIEA s’emploie à minimiser la gravité de la catastrophe pour ne pas nuire au développement de l’énergie nucléaire dans le monde.

Je pense aussi à la FAO (Organisation des Nations-Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture) qui prend comme alibi la faim dans le monde (qu’elle a peu combattu) pour promouvoir le développement des OGM.

Mais revenons au GIEC, l’agence de l’ONU la plus médiatisée ces dernières années. Il y a en effet un enjeu financier colossal autour des choix énergétiques, et bien sûr un lobbying effroyable.
La création du GIEC

Le GIEC fut créé en 1988 à la demande du G7 (G20 aujourd’hui) sous la pression de Ronald Reagan et Margaret Thatcher.

Dans les années 1970 Thatcher, premier ministre, était en difficulté à cause des mineurs britanniques qui menaient de fortes grèves générant coupures d’électricité. Elle n’avait pas confiance dans les compagnies pétrolières ; sa préférence était l’énergie nucléaire.

En 1979, à Genève, se tient la première Conférence mondiale sur le climat. Alors que la crainte dans ces années là était celle d’un refroidissement planétaire, est déclaré que le dioxyde de carbone(CO2) émis par les activités humaines pourrait réchauffer la planète et avoir de graves conséquences.
Très opportuniste, Margaret Thatcher s’empare de cette pensée nouvelle pour faire la promotion de l’énergie nucléaire. La France déjà très engagée dans le nucléaire, sous la présidence de François Mitterrand, avec Jacques Delors président de la Commission européenne et représentant la France lors des grands sommets internationaux, appuie cette ligne politique.

Et le GIEC (Groupe Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat) va naître en novembre 1988 et tout faire pour prouver la véracité de ce réchauffement climatique anthropique. Le lobby nucléaire y est dès le départ très présent.
Il est amusant de constater que le GIEC s’est renommé « Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat » dans les traductions suivantes. L’appellation anglophone IPCC (Intergovernmental Panel on Climate Change) ne contient pas ce mot. Le GIEC est un « Groupe Intergouvernemental » c’est à dire avant tout une structure soumise aux forces politiques.

Un mensonge qui arrange !

Depuis sa création le GIEC publie tous les six ans environ un épais rapport de plusieurs milliers de pages, ainsi qu’un « résumé pour les décideurs » de 20 à 40 pages servant de base aux négociations climatiques internationales. Le cinquième et dernier rapport date de 2014. Au fil des ans, ces résumés sont devenus de plus en plus illisibles.

Les trois premiers rapports du GIEC restaient prudents. En 1995, le GIEC concluait en disant qu’aucune des études n’avait apporté la preuve que le changement climatique puisse être attribué aux gaz à effet de serre. En 2001, le GIEC soulignait qu’en matière de modélisation du climat, ils étaient face à un « système chaotique couplé et non linéaire » et que les prédictions à long terme s’avéraient impossibles.

Mais dés le 4 ème rapport (AR4), fin 2007, sans aucune donnée nouvelle, le GIEC affirme que la réalité et l’ampleur du réchauffement climatique sont « sans équivoque ». L’effet de serre du CO2 serait la cause d’un réchauffement pouvant atteindre 6,4° en 2100 si rien n’était fait; cela provoquerait aridité, désertification, catastrophes climatiques et montée des océans. Des prédictions avec un écart allant de 0,2° à 6,4°! Une marge d’incertitude invalidant leurs conclusions.

AR4 affirmait entre autres que les glaciers de l’Himalaya pourraient disparaître en 2035 voire avant. Le GIEC dût démentir en 2010 suite aux protestations des scientifiques. Des études ont confirmé qu’il n’y avait aucun recul inquiétant des glaciers en Himalaya et plusieurs scientifiques et ex-experts du GIEC démissionnèrent pour exprimer leurs désaccords quant aux méthodes de travail et ses conclusions.

En tant que vice-président dans l’administration Clinton, Al Gore aida à promouvoir le protocole de Kyoto en 1997, traité international visant à réduire les émissions de CO2.

En 2006, dans son film « une vérité qui dérange », Al Gore se met en scène pour expliquer la future catastrophe planétaire liée aux activités humaines. Ce film quasi hollywoodien très médiatisé, avec ses images d’apocalypse et sa courbe impressionnante « en crosse de hockey » pour illustrer le réchauffement depuis la période industrielle, eut un retentissement international.

Mais cette courbe était fausse ! (et ce n’était pas la seule erreur). Elle avait été sciemment falsifiée. Ce mensonge scandaleux à des fins idéologiques aurait dû entraîner la dissolution du GIEC. Mais non, le GIEC admit son «erreur», la courbe disparut du rapport suivant et le film reçut 5 prix, 2 nominations et le prix Nobel de la paix fut attribué en 2007 au GIEC et à Al Gore !!

Puis il y eut en 2009, peu avant le sommet de Copenhague, la « Climategate », autre affaire très grave. Des hackers avaient diffusé plus de 5000 e-mails de hauts membres du GIEC. Dans ces échanges apparaissaient clairement les manipulations des données scientifiques pour les faire coller à leur théorie réchauffiste, ainsi que des rapports de scientifiques censurés « comme non conforme » à la version officielle du GIEC. On y vit aussi leurs méthodes d’intimidation contre ces scientifiques « dissidents ».

Le président du GIEC, Rajendra Pachauri, faisant l’objet d’une plainte pour harcèlement sexuel, dût démissionner le 24 Février 2015. Ce n’était pas le seul scandale le concernant; il était également visé par des accusations de conflits d’intérêts et d’enrichissement personnel.

Dans le 5ème et dernier rapport (2014), sans nouvelles données scientifiques, le GIEC devient plus affirmatif encore : le réchauffement du système climatique est dû aux activités humaines (probabilité de plus de 95 %) et il faut mettre fin à l’utilisation des énergies fossiles, principales responsables.

Qu’en est-il de ce soi-disant réchauffement climatique anthropique dû au dioxyde de carbone (CO2) ?

Tout d’abord, il est bon de rappeler que le climat de la Terre n’a jamais été constant et a sans cesse changé. De plus la climatologie est une science récente qui ne s’est développée qu’après la seconde guerre mondiale.

L’atmosphère de la Terre se compose d’une multitude de gaz dont une petite partie sont des gaz à effet de serre. Le principal gaz à effet de serre est la vapeur d’eau (H20). Heureusement qu’elle est là sinon il y aurait sur Terre 30°C de moins, soit une température moyenne de -18°C.

Le C02 est un gaz à effet de serre assez mineur ; c’est le seul qui augmente de façon significative. Depuis 20 ans, son augmentation semble se limiter d’elle-même dans une période pourtant fortement émettrice.

Pourquoi le CO2 a t-il augmenté ? la raison principale semble avoir peu de lien avec les activités humaines, mais venir surtout des cycles solaires ; le soleil ayant connu une période d’activité intense depuis 1950, cause non prise en compte par le GIEC.

La hausse des températures, du niveau des océans et le recul des glaciers seraient liés à la lente récupération de la Terre depuis 1715, fin du dernier « petit âge glaciaire ». Cette alternance entre petits âges glaciaires et périodes plus chaudes a pu être observée dans l’histoire de la Terre grâce à l’analyse des carottes glaciaires sur une période de 600 000 ans.

Le CO2 suit les changements de températures. Il est une conséquence et non une cause. Quand il fait froid, les océans absorbent plus de CO2, et quand il fait chaud, c’est l’inverse, ils en rejettent davantage. Le taux de CO2 d’origine anthropique dans l’atmosphère serait d’environ 5 %.

Les océans représentent la majeure partie de la surface du globe et constituent un immense réservoir de CO2 contenant 60 fois sa quantité dans l’atmosphère.
Depuis 2003, 3000 balises Argo sont installées sur tous les océans du globe et leurs données sont transmises par satellite. Ces capteurs ne constatent aucune évolution significative de la température des océans depuis leur mise en place.

Depuis le début du XXIème siècle, les instituts spécialisés parlent de « pause », le GIEC emploie le mot « hiatus ». Le taux de réchauffement durant la période 1970-1998 était d’environ 0,17°C par décennie, alors que durant 1998-2012, ce taux est passé à environ 0,04°C par décennie (chiffres du MET Office, un des 3 plus importants centres de météorologie mondiale, utilisés par le GIEC). Des records de température sont toujours observés, ce qui n’est pas en contradiction avec l’ambiance de fond qui elle est quasi stationnaire.
Il y a aussi le phénomène El Nino qui est à l’origine de phénomènes météo exceptionnels perturbant le climat planétaire. Il est particulièrement puissant en 2015-début 2016. Son influence reste faible en Europe.

Des prédictions peu scientifiques …

Les mesures récentes, en particulier celles provenant des satellites et des balises Argo, sont trop éloignées des projections du GIEC pour valider leur théorie. De plus leurs modélisations ne concordent pas avec les cycles du passé. Comment pourraient-ils faire des prédictions justes pour l’avenir !?

Un rapport très complet datant de 2009, signé par 37 spécialistes internationaux concluaient par : les causes anthropiques du changement climatique restent marginales devant les causes naturelles.

Le soleil sortirait d’un cycle d’environ 60 ans d’activité intense et la tendance pourrait s’inverser et amener alors un refroidissement jusqu’en 2030.

De nombreux facteurs ont une influence sur le climat : les cycles solaires, le rayonnement cosmique (c’est à dire les particules chargées d’énergie qui pénètrent dans l’atmosphère terrestre), la formation des nuages, la dynamique des océans, le volcanisme et d’autres encore.
Les phénomènes météorologiques sont de nature chaotique et d’une prédiction aléatoire. La prévision climatique est complexe. Personne n’est en mesure de savoir vers quoi évoluera le climat d’ici la fin du XXIème siècle.

Malgré ce catastrophisme autour du réchauffement climatique, la banquise antarctique s’étend depuis 30 ans, les glaces arctiques ré-augmentent depuis 2013, les glaciers himalayens restent stables et les ours polaires ont l’air de bien se porter. Mais de tout ça, les médias ne parlent pas.
Et puis, si même il devait y avoir un réchauffement climatique, il faudrait une étude scientifique sèrieuse pour savoir si cela représenterait vraiment une catastrophe.

L’être humain et l’animal ne peuvent vivre sans oxygène comme les plantes ne peuvent se passer de CO2. Le CO2 est couramment utilisé dans les serres pour accroître le rendement des cultures. Aujourd’hui, le pourcentage de CO2 est de 0,04%. Un humain peut vivre dans une atmosphère contenant jusqu’à 5% de CO2. A ne pas confondre avec le monoxyde de carbone (CO), gaz toxique qui résulte de la combustion incomplète du bois, charbon, pétrole, gaz, etc…

Que penser de tout ça ?

Tout d’abord, les différentes affaires, erreurs et mensonges montrent qu’il n’y a aucune rigueur scientifique dans les travaux du GIEC, une structure pourtant censée synthétiser les travaux de qualité de nombreux scientifiques. Nous subissons une effroyable propagande idéologique. Il est d’ailleurs politiquement très incorrect de contester leurs thèses et tout est fait pour discréditer les contradicteurs en les raillant ou en censurant leur travail. D’où les départs de scientifiques du GIEC ( comme Judith Curry, une des climatologues les plus emblématiques )

Et surtout, il apparaît clairement qu’il y a de graves problèmes bien plus urgents à se préoccuper que cet éventuel réchauffement climatique futur.

Le matraquage permanent des médias autour de ce « global warming » anthropique sert à tout justifier : une inondation inédite, une tornade comme jamais auparavant, des sécheresses dévastatrices de plus en sévères, des ouragans plus puissants que jamais, et même des truffes en baisse et des chenilles processionnaires en plus ! Diantre, vivrions nous les débuts de l’apocalypse ! Tout est pain béni pour servir ce dogme.

Face au GIEC, certains « climato-sceptiques » ont des intérêts politiques et financiers aussi peu louables. L’enjeu climatique oppose l’industrie pétrolière et l’industrie nucléaire. S’y ajoute le récent enjeu des énergies renouvelables et les affrontements entre multinationales sont impitoyables. Cette fixation sur le CO2 est aussi un moyen de tenir à distance l’émergence économique des nouvelles puissances.

Le GIEC tente de donner à l’industrie nucléaire une dernière chance. Concernant la France, il est peu probable qu’elle soit économiquement en mesure d’investir les sommes énormes qu’elle a dépensée depuis les années 1970 pour renouveler son parc nucléaire vieillissant. D’autant plus qu’il n’y a rien de nouveau depuis longtemps sur le plan technologique. Les EPR sont très coûteux, d’une technologie ancienne, dangereuse et pas au point.

Quant au projet expérimental ITER à Cadarache sur la fusion nucléaire, il ne verra probablement jamais le jour. C’est un projet pharaonique des années 80, complètement obsolète, au coût faramineux encore inconnu, qu’ils n’arriveront pas même à construire. Une majorité de scientifiques n’y croit pas. (Je reviendrai prochainement sur ITER)

Le nucléaire produit aujourd’hui à peine plus de 10% de l’électricité mondiale et ne représente que 1,8% de la consommation mondiale d’énergie. Malgré l’alibi d’être une « énergie décarbonée » pouvant lutter contre le réchauffement climatique, un nouvel essor de l’énergie nucléaire semble peu probable. La France se trouve donc dans une impasse avec des centrales dangereuses et vieillissantes qui fournissent 77 % de son énergie électrique.

Mais une nouvelle économie repeinte en vert se porte bien et mise sur de juteux profits futurs grâce aux thèses du GIEC. Les cabinets et consultants sur « l’empreinte carbone » prospèrent. La vente des voitures électriques espère décoller.

De nombreuses institutions environnementalistes (WWF, Réseau Action Climat, Greenpeace, Réseau Sortir du nucléaire,…) se sont bien sûr ralliées au discours dominant et à cette croisade, rejoignant ainsi pronucléaires et autres lobbies malpropres, et détournant les militants écologistes des vrais combats à mener. WWF et Greenpeace ont été associés au GIEC dès sa création.

Le matraquage autour de ce réchauffement idéologique a réussi à formater la pensée de nombreux militants qui sont devenus les relais zélés de cette propagande. Les personnes contestant ce dogme, ont vite droit à des insultes et se voient même traiter de révisionnistes !

Le capitalisme industriel fait des ravages sur la planète et de vraies catastrophes sont devant nos yeux.

Le danger de la science comme de la religion est de faire d’une théorie une grille de lecture unique et imposée. Les croyances ne devraient pas avoir leur place dans une étude scientifique.

Cette propagande sur une catastrophe climatique à venir permet de laisser dans l’ombre les catastrophes mondiales bien réelles, catastrophes à la fois humaines et environnementales : les guerres et la faim dans le monde, la pollution de l’air, des sols, des mers et des rivières (par des composants chimiques plus problématiques que le CO2), l’appauvrissement de la biodiversité, les déchets nucléaires, …

Impossible de passer sous silence la terrible catastrophe nucléaire en cours à Fukushima. Matsuhei Murata, ancien ambassadeur du Japon en Suisse, parlait il y a quelques jours, d’un accident encore jamais vécu par l’humanité et toujours pas maîtrisé. Les cœurs fondus des réacteurs restent inaccessibles à cause de leur niveau de radiation, détruisant même les robots envoyés. De grandes quantités de radionucléides mortels sont rejetés sans cesse dans la mer et dans l’atmosphère, et ont atteint l’ouest des États-Unis. Aucune perspective de solution à ce jour. M.Murata souhaite que le Japon se retire de l’accueil des jeux Olympiques de 2020 pour consacrer tous les efforts à la crise de Fukushima.

Fera t-il beau demain ?

La COP21, à Paris en décembre 2015, a coûté plus de 180 millions € et s’est terminée par un accord international, qualifié d’historique, ratifié par 195 États : stabiliser le réchauffement climatique dû aux activités humaines bien en dessous de 2°C d’ici à 2100 (sans aucun engagement chiffré des États). Quel gaspillage d’argent public et quel égarement !

L’Homme ne commande quasiment rien du climat de la Terre. Ce sont là des forces naturelles bien plus puissantes qui sont à l’œuvre. Qu’en sera t-il du climat et de la température de la fin du siècle ? Fera t-il plus chaud ou plus froid ? Nous l’ignorons !

Le GIEC devrait être dissous. Rester aussi influent sur la scène internationale après une telle accumulation de mensonges, d’erreurs et de manipulations, montre la puissance des lobbies et forces politiques qui sont derrière cette structure.

Si l’ONU et ses agences se démenaient autant pour le bienfait de l’humanité qu’elles le font pour le monde des affaires, nous pourrions être confiants dans l’avenir.

Les multinationales ont pris le pouvoir et mènent le monde. Les dirigeants ne sont que des marionnettes pour les servir et nous endormir. Ils se plient aux impératifs du monde économique et délaissent les vrais problèmes de notre siècle.

Il est urgent de remettre en cause nos sociétés occidentales, qui tirent le monde vers le pire, et de revoir radicalement leur fonctionnement (production, consommation, distribution)

Parler du temps permet souvent de ne pas aborder les choses essentielles !

http://www.senat.fr/international/colloprocessuselectoral2011/colloprocessuselectoral20111.html

 

https://data.bnf.fr/fr/14450157/bernard_owen/

La verte campagne électorale chez nos « macronistes

Monique Cochinal

Enfin, la profession de foi des macronistes est imprimée (il était temps), et diffusée partout sur la place pub V lique. Le Président Macron a remobilisé toutes ses troupes : Premier Ministre, ministres, députés, secrétaires d’Etat, tout son gouvernement part en campagne sur le terrain pour trois semaines. Grande inquiétude des Français : mais, qui donc va s’occuper des affaires de l’Etat, pendant ce temps ? Et, qui donc va payer tous ces frais supplémentaires ?

Les sondages ne sont pas tellement favorables à la victoire, et Madame Loiseau, le leader choisi pour cette liste au beau nom de « renaissance », a du mal à prendre son « envol ». Après une minutieuse étude des intentions de vote pour ces élections européennes 2019, il s’avère que les macronistes et leur liste ne sont plus en tête dans les sondages, mais à égalité (c’est le comble !) avec les « infâmes nationalistes, populistes » du Rassemblement National. Il fallait absolument trouver des alliés, pas trop mal situés dans les sondages, et changer de tac tic : les partis écologiques, les verts, en meilleure position que tous ces petits partis ou anciens principaux opposants.

Donc, habillée de vert, notre joyeuse troupe reprend son bâton de pèlerin (vert, bien sûr) et se remet « en marche » à grands pas, car il reste bien peu de temps, à la conquête de l’Europe, en nous présentant un programme tout en vert. Après les échecs et la subite démission du Ministre de l’écologie : Nicolas Hulot, Monsieur écologie, il fallait essayer de redresser la barre du bateau chavirant. Du reste, le grand débat national était une belle préparation de cette nouvelle politique. Grandes commissions sur l’écologie, la transition écologique, le changement climatique, la pollution, les effets de serre, les cultures bio, l’alimentation bio ….. Tout vert et tout bio ! Nous devons très vite changer nos comportements et habitudes, sinon ….. Le ciel risque de nous tomber sur la tête ! La transition écologique doit se faire le plus vite possible. Mais …. Il manque beaucoup de milliards dans notre pays criblé de dettes, et puis, seuls, il est impossible de réduire le réchauffement climatique, si nos voisins immédiats ont une politique toute différente. Alors, il faut convaincre tous nos européens amis, surtout quand on ose prétendre, comme Madame Loiseau nous le dit, que Le Président Macron est le leader de l’Europe.

Je vais terminer par une anecdote amusante que j’ai relevée, hier, d’un éditorialiste connu concernant le réchauffement climatique et la fonte de la zone glacière au pôle nord de notre belle planète terre. Les trois grandes puissances mondiales : Les Etats Unis d’Amérique, la Chine et la Russie sont très intéressés par la fonte de nos grands glaciers, car ce serait une belle ouverture marine à leur portée pour des transports maritimes plus courts et moins polluants que les transports aériens, et surtout pour aller chercher dans cette région encore vierge, de nouveaux hydrocarbures. Alors, on s’y prépare activement, et c’est à qui fabriquera le meilleur paquebot anti-glace. Il ne faut jamais douter du génie humain.

Le scrutin à la majorité relative et le scrutin de liste proportionnel: différences comportementales de l’électeur

Bernard Owen, Maria Rodriguez-McKey

http://www.senat.fr/international/colloprocessuselectoral2011/colloprocessuselectoral20111.html

Présentation

La présente étude tente de comprendre l’attitude de l’électeur sur le terrain de la logique comportementale; elle représente une étape entre un travail pratique, en quelque sorte sur le terrain, de l’effet des systèmes électoraux et des recherches, que nous allons entreprendre, dans un troisième temps, pour définir des quotients qui serviront de base à une meilleure compréhension de l’électorat; ceci mènera à des utilisations en prospective institutionnelle et politique.

Les mathématiciens se sont intéressés aux élections au point où il est possible d’affirmer qu’il existe différents types d’approche s mathématiques. Qu’en est-il de ces approches mathématiques? Certaines considèrent l’électeur en tant que pion parmi l’ensemble des pions qui composent l’électorat d’une nation, d’une région ou de toute unité où se pratique le scrutin. Il s’agirait, alors, de permuter l’électeur l’un pour l’autre, de l’isoler, de supposer qu’il dispose de son libre arbitre et va effectuer son choix en pleine connaissance de cause, insensible à ce qui l’entoure.[1] André Saint-Lagüe était un enseignant qui s’intéressait aux jeux mathématiques,  et a présenté en 1910 « La représentation proportionnelle  et la méthode des moindres carrés » qui consiste à appliquer la règle de Gauss pour obtenir une certaine exactitude dans le rapport suffrages-sièges; cette proposition se comprend quand on met en jeu un électeur en faisant abstraction de toute influence, calcul, volonté, obligation, morale ou non, de la volonté de s’intégrer à l’ensemble. Une autre question qui paraît essentielle est de savoir si le système électoral va ou non agir sur la façon dont le citoyen perçoit l’enjeu électoral; dans ce cas, la proportionnalité d’un système électoral rend prend une importance relative, et les études sur cette question supposent alors une approche beaucoup plus complexe.

Dans ces conditions, il s’agirait de mettre en place une collaboration qu’une mathématicien, dès années 1970, a considérée comme nécessaire. Kenneth J. Arrow[2] préconisait une entente nécessaire entre les études mathématiques, les sociologues, les politologues et, j’ajouterai, les juristes. Pour Kenneth J. Arrow, cette collaboration est obligatoire pour déterminer si un individu n’a qu’un ou plusieurs seuils de discrimination. Comment peut-on considérer la conjonction de l’état social et du vote? Comment procéder pour déterminer les courbes d’indifférences des individus? Quels sont les rapports entre l’interdépendance des choix à l’égard des situations extérieures au champ du choix?

Cmment envisager une telle recherche?

Nous avons jusqu’à ce moment, travaillé sur des données pratiques[3]. Il s’agissait de réunir des informations qui nous permettraient de mieux cerner certains comportements électoraux inexpliqués. Possédant des données provenant de la pratique, il fallait donc explorer les possibilités envisageant, doit de contredire ces résultats, ou, au contraire de lui apporter de la crédibilité. L’on pénétrait alors sur un terrain très délicat, car l’étude pratique avait apporté des résultats allant à l’encontre d’une majorité des publications d’histoire ou de science politique contemporaine qui, soit, ignoraient l’effet des systèmes électoraux sur l’attitude de l’électeur, soit, allaient plus loin en leur refusant tout effet. Pourtant, déjà au 19ème siècle, avant que l’expérimentation soit possible, nombreux était les auteurs qui prévoyaient des différences comportementales, même si cela menait à l’idéalisation de la politique dans le cas de l’introduction de la représentation proportionnelle. Jules Dansette l’a présente devant la Chambre des Députés le 25 juin 1896 comme « un instrument de participation politique et sociale ». Victor Considerant, dans une lettre au Grand Conseil de Genève le 26 octobre 1846, encore plus lyrique, parle du scrutin proportionnel comme la libre manifestation de la pensée publique… la pensée du pays étant toujours exactement et lumineusement manifestée par la composition de l’Assemblée.

La recherche internationale, pour l’essentiel, depuis la publication de Douglas Rae[4] se base sur l’effet mathématique au sens étroit du mot, c’est-à-dire de tenir compte du rapport entre la proportion des suffrages et celui des sièges, ce qui a un effet immédiat. Pourtant, une tendance qui considère des élections d’une façon plus complexe, déjà rencontrée par le passé,[5] paraît se concrétiser, actuellement, sous le terme de « bonne gouvernance »[6]. Il s’agit de considérer l’ensemble des institutions, les influences, pour constater comment en agissant les unes par rapport aux autres elles mènent à des démocraties dont la durée est garantie dans le temps car, n’est-il pas préférable d’admettre que les différents composants de la nation participent pleinement à son fonctionnement?

La notion de bonne gouvernance peut mener à considérer, par exemple, les conditions d’une stabilité gouvernementale, et, ainsi, a subordonner le proportionnalité à certains éléments, dont l’accentuation en sièges du parti obtenant la plus grande proportion des suffrages. Nous avons trouvé dans l’étude pratique dont il vient d’être question que l’Europe fournit un ensemble de cas du plus grand intérêt pour le politologue, le sociologue et le mathématicien, ce travail a indiqué que, sur le terrain, a long terme, les modes de scrutin agissent différemment selon la composition des nations. Deux notions sont apparues pour expliquer ces différences fondamentales dans le fonctionnement des systèmes comparables, une qui es permanente dans le long terme, alors que l’autre est fonction de la conjoncture publique: le groupe d’influence électorale et la structure d’accueil pour le vote contre le gouvernement ou les institutions elles-mêmes. Cette étude considère différentes versions de scrutins proportionnels, et de scrutin à la majorité relative. Il s’agissait, dans cette étude, de cerner au plus près les effets des modes de scrutin en dehors de l’effet dit « présidentiel ». Les résultats de l’étude montrent de telles différences quand on compare ces deux modes de scrutin « opposés » qu’il semblait indispensable de travailler sur ce qui pouvait, de façon théorique, justifier une telle différence de comportement d’un citoyen, rechercher ce qui pouvait mener à une perception différente de l’enjeu électoral.

Notre recherche  pratique a pris soin de prendre en compte le long terme, précisément  pour essayer  d’évaluer  tout ce qui intervient à mesure que se déroule la vie d’une démocratie représentative, autant sur le plan économique, social, que politique. Quant à notre recherche théorique, elle prendra compte d’un individu dont l’attitude ne sera pas neutre face aux solutions électorales qui lui seront proposées, mais qui sera dégagé de toute contrainte morale ou forcée que peut entraîner l’appartenance à un groupe. Il s’agira donc d’un être humain, en faisant abstraction de toutes ses obligations,  contraintes ou amitiés, et face à la seule tâche de choisir son ou ses représentants; cet individu sera en présence de deux différents types d systèmes électoraux, les mêmes que dans notre étude « pratique ».

Le « vote utile », agit-il vraiment plus dans le cas du scrutin majoritaire que dans un scrutin de liste proportionnel? Cela est apparu dans l’étude « pratique », mais qu’en sera-t-il dans notre approche qui ne tient compte que de la logique et de la psychologie, et que l’on peut appeler « comportementale ».

Il nous faudra, à nouveau, situer l’individu face aux situations propres aux différents systèmes électoraux tout en le plaçant dans des situations évolutives. En effet, une dernière élection, quelque soit le système électoral, ne peut avoir la même signification qu’une élection comprenant un plusieurs sortants.

Avant d’être politique, nous envisagerons l’élection en soi, et c’est seulement dans un deuxième temps que nous procéderons à l’intégrer dans un système politique de démocratie représentative.

Dans quelle mesure l’enjeu, au niveau d’une circonscription, est-il en conformité avec celui de l’enjeu national? L’un peut-il se passer de l’autre? La circonscription jouit-elle d’une réelle ou partielle autonomie par rapport au niveau du parlement?

La présente méthode de travail couvre plusieurs domaines, tout comme notre étude pratique; à savoir: l’attitude de l’être humain considérée dans son ensemble, qui relève depuis le XIX siècle, non plus de la philosophie mais de la sociologie.

Les raisonnements relèvent de la logique et la psychologie. L’ensemble, en ce qu’il touche aux élections, fait partie de la science politique et du droit constitutionnel, car les systèmes électoraux sont partie intégrante des institutions nationales.

 

Modes de scrutin considérés

–  Le scrutin uninominal à la majorité relative.

–  Le scrutin de liste proportionnel à multiples circonscriptions et listes bloquées (sans panachage en vote préférentiel).

 

Le scrutin uninominal à la majorité relative.

  1. A) Elections sans antériorité.

Prenons le cas d’une élection uninominale à la majorité relative ou il s’agit d’élire le président d’une association (non politique) nouvellement crée. Admettons que les électeurs, membres de l’association, connaissent mal ou peu les candidats au poste de président.

Rien ne permet, à ce stade, de favoriser, à l’égard du processus électoral, un candidat plutôt qu’un autre. Les candidats jouent alors un rôle équivalent? Dans le cas de cinq candidats, nous trouvons un combat égalitaire à cinq pôles pour l’élection d’un seul poste.

  1. Elections avec antériorité.

Supposons maintenant qu’il s’agisse non pas d’une élection constitutive mais de renouveler le poste de président alors que le président sortant se présente comme candidat.

L’enjeu n’est plu  alors la désignation d’un des candidats pour un poste à pourvoir mais se déplace du pote à pourvoir vers le candidat qui est président sortant.

L’élection n’est plus maintenant la simple désignation d’un président mais consiste à reconduire le président sortant, ou au contraire, à designer un remplaçant?

La qualité de président sortant n’est pas nécessairement positive. Une mauvaise gestion peut la rendre négative mais un président sortant occupe toujours une place originale par rapport aux autres candidats.

On trouve de lors, en présence d’une dichotomie: voter pour ou voter contre le présidant sortant. L’élection est alors un combat à deux pôles dissymétriques.

  1. Election la majorité relative devenant une circonscription dans le cadre d’une élection législative.C’est alors que la nécessité apparaît de transformer les données de l’élection non politique pour situer dans le contexte essentiellement politique que présente une élection législative. Cette élection devient alors celle d’un député dans une des circonscriptions uninominales d’une nation.

Le président sortant devient le député sortant et le poste de président à pourvoir devient le siège de député. Cette circonscription devient l’un des éléments de l’ensemble des composants de la vie politique nationale.

Pour rester fidèle à notre esprit de simplification, divisons l’ensemble de la politique nationale en deux strates:

La première strate (strate centrale) correspond à l’assemblée nationale et le gouvernement. La strate locale représente des circonscriptions dans le cadre duquel sont élus les députés formant l’assemblée nationale.

Au niveau de la première strate se trouvent :

Premièrement : l’assemblée nationale composé de l’ensemble de députés composés qui, considérés en isolément (de façon isolé),  n’ont pas à être classés de façon particulière.

Deuxièmement : le gouvernement dont l’existence en régime parlementaire et semi-présidentiel, dépend d’un soutien d’une majorité à l’assemblée nationale.

La deuxième strate comprend l’ensemble des circonscriptions dont l’une a été, jusqu’à présent, considérée de façon abstraite ; isolée du contexte politique national où l’on trouve une dichotomie déséquilibrée.

Considérons la première strate (strate centrale) comme nous avons considéré l’élection individuelle. Rien au sein de l’assemblée nationale, en elle-même, ne permet pâs d’envisager un classement parmi l’ensemble des députés:

La situation parait différente quand l’assemblée nationale est considérée sous l’angle de ses rapports avec le gouvernement et la fonction législative. Soutenir le gouvernement et voter un projet ou une proposition de loi entre dans le cadre décisionnaire et il n’a pas d’autres façons de manifester son accord que par un vote majoritaire « pour « pour contre ».

L’assemblée face à un « acte de gouvernement » pourra se présenter de la façon suivante: Ceci présente une dichotomie active:

Pour le projet de loi  –  contre le projet de loi plus une part d’abstention.

En transportant notre examen de l’acte législatif à l’attitude des députés à l’égard du gouvernement, nous obtenons le schéma suivant:

Pour le gouvernement  –  contre le gouvernement

L’abstention peut être considérée, selon les réglementations constitutionnelles comme ne comptant pas lors d’un vote de confiance à l’égard du gouvernement.

Il est certain que la fonction législative d’une assemblée ne correspond pas nécessairement à celle du soutien au gouvernement. Le régime parlementaire suppose que le soutien au gouvernement. Le régime parlementaire suppose que le soutien gouvernemental soit majoritaire mais la discipline de vote exigée pour les projets ou propositions de lois essentielles se relâche pour des mesures de moindre importance. Il est néanmoins possible, dans notre argumentation, de considérer la fonction législative comme se rapprochant de celle du soutien gouvernemental.

La dichotomie (soutien contre opposition ou abstention au projet de loi) est quasi obligatoire, l’unanimité ne pouvant qu’être une exception dans le déroulement de la vie d’un régime représentatif.

Le sortant  peut appartenir au soutien gouvernemental ou à son opposition dans un rapport obligatoire de

–  Circonscriptions à députés sortants soutenant le gouvernement plus nombreuses que celles à députés sortant de l’opposition.

La mise en parallèle de la situation constatée dans les deux strates permet de dégager les points suivants:

–  Présence dans les deux cas d’une dichotomie de nature différente.

  1. a) En quasi équilibre au niveau  national, chaque branche étant de composition multiple.
  2. b) Particulièrement déséquilibrée sur le plan des circonscriptions, une branche unitaire, l’autre à composition multiplicité de la situation sur le plan national, une seule assemblée, un seul gouvernement et une seul action législative.

Multiplicité des circonscriptions pouvant être de plusieurs centaines.

  • quasi permanence de l’institution au niveau national, action du gouvernement, séances de l’assemblée
  • périodicité de l’acte électoral au niveau des circonscriptions. La seule permanence se situe au niveau des députés.

L’analyse de ces constatations mène à la remarque suivante :

L’ensemble des facteurs de force se situe au niveau national, ainsi que la vie politique au niveau des circonscriptions se situe en position de faiblesse.

 

 

Branches de nature similaire

nature différente
   
Unité au niveau parlementaire morcellement des circonscriptions

 

Examinons maintenant, dans cette optique d’ensemble, la nature du déséquilibre constaté dans la dichotomie existant au sein des circonscriptions.

L’élément le plus faible des deux branches de la dichotomie est celui des candidats contestant le député sortant, cela pour deux raisons :

  1. Ils sont illimités en nombre, or plus le nombre est grand, plus la probabilité pour l’un d’eux d’atteindre le niveau des voix obtenues par le candidat député sortant est faible.
  2. Ils n’ont pas de continuité dans le temps. Mes candidats « contestants » peuvent être candidats pour la première fois et jamais ne se représenter, alors que le député sortant a occupé la circonscription pendant plusieurs années.

Le candidat député sortant peut représenter soit :

  1. Le gouvernement
  2. L’opposition au gouvernement

La situation au niveau de la strate locale peut maintenant s’assimiler à celle de la strate centrale :

Candidat sortant soutenant le gouvernement

 

Candidats soutenant                           Candidats s’opposant au

Le gouvernement                                           gouvernement

  1. A   b   c                                             l   m   n

Candidat sortant s’opposant

au gouvernement

Il apparaît que les candidats de la tendance semblable à celle du candidat sortant perdent une grande part de leur crédibilité électorale et l’essentiel de l’enjeu se situe maintenant entre le candidat sortant et les candidats de la tendance opposée

Le premier cas place le candidat sortant dans une position particulièrement avantageuse, car il cumule l’unicité de sa position avec la légitimité du pouvoir et la nécessaire cohésion gouvernementale qu’elle représente. Le candidat sortant ajoute, en deuxième lieu, l’avantage d’appartenir à la majorité de l’assemblée nationale.

Le deuxième cas réduit l’avantage de sa position, car il ne représente plus qu’une minorité de l’assemblée nationale et une opposition dont le statut n’apporte aucune caractéristique particulière.

Le déséquilibre existe bien pour le cas de député candidat sortant représentant le soutien gouvernemental, mais est moins flagrant quand le candidat député sortant représente l’opposition.D »autre part, ceci a permis d’éliminer, en tant que candidats pouvant être considérés sérieusement par l »électorat, 2 candidats sur 6, et cela dans tous les cas.

 

SCRUTIN DE LISTE PROPORTIONNEL

A – ELECTION ISOLEE SANS ANTERIORITE

Procédons maintenant de la même façon pour le scrutin de liste proportionnel. Simplifions autant qu’il est possible de le faire.

L’élection de base du scrutin de liste proportionnel ne remplit pas les mêmes fonctions que celle à la majorité relative. Le scrutin à la majorité relative, sous sa forme la plus simple, est u+++ninominal, le scrutin de liste proportionnel ne peut pas l’être.

Choisissons comme élection de base une élection professionnelle, par exemple l’élection des membres d’un comité d’entreprise. Admettons, comme nous l’avons fait précédemment, que l’entreprise soit nouvellement créée et que les membres du personnel ne connaissent ni les candidats, ni les groupements présentant des listes.

Admettons 5 postes à pourvoir et 4 listes présentant chacune 5 candidats

Etant donné que la répartition des sièges se fait selon le nombre de voix obtenues par chaque liste dans l’ordre de présentation des candidats, les électeurs n’ont pas à se prononcer sur des candidats ayant une égalité des chances. Ceci entraîne un classement parmi les candidats. Deux façons peuvent être envisagées selon les circonstances :

1 ) Liste pouvant prétendre que l’un ou tous ses candidats soient élus :

  1. en présentant un nombre inférieur de candidats au nombre de sièges à pourvoir
  2. en obtenant la quasi-totalité des voix de l’unité de vote (ou de la circonscription)

2 ) Cas habituels des listes comportant un nombre de candidats égal aux sièges à pourvoir, et un certain équilibre entre le nombre de voix obtenues par les différentes listes : Eès 5 listes,

Liste 1 Certitude d’être élu
Liste 2 Quasi certitude d’être éluListe 3
Liste 3 peu de chances d’être élu

 

Liste 4 aucune chance d’élection
Liste 5 aucune chance d’élection

 

L’électeur, lui, n’agira que sur des listes et (dans la situation considérée dans l’abstraction du choix) n’a pas à favoriser une liste plutôt qu’une autre.

B ) ELECTION ISOLEE AVEC ANTERIORITE

Considérons maintenant la même élection, mais qui comprend un certain nombre de candidats sortants ? Admettons 5 candidats sortants. Le schéma devient alors . 5 POSTES A POURVOIR et 4 listes avec les sortants en tête de liste :

La dichotomie : sortant – autres candidats rencontrée en cas de scrutin à la majorité relative ne peut pas apparaître ici, étant donné la multiplicité des sortants.

L’exemple proposé comporte trois listes ayant au moins un candidat sortant et une liste sans candidat sortant, mais bien d’autres possibilités sont envisageables, et il devient, pour cette raison, impossible de créer un schéma type par unité électorale de vote (circonscriptions). La notion de listes comprenant un ou des candidats sortants peut créer une dichotomie en admettant que seules deux listes comprennent des candidats sortants.

Cette situation est quelque peu paradoxale en ce que la différenciation des listes entre elles, à l’occasion d’une élection dont le résultat est un principe aléatoire, dépend de facteurs qui se tiennent en dehors des règles de la vulnérabilité électorale (mes candidats sortants en tête de liste dont la réélection est assurée).

Une quasi dichotomie apparaît dans le schéma suivant :

Deux listes comportant un nombre égal de sortants et deux autres listes sans sortants.

Cette quasi dichotomie est aléatoire en raison même de la nature du scrutin de liste proportionnel, qui cherche la représentation, au sein d’une unité électorale (circonscriptions), de plusieurs « courants d’opinions ». A noter que la probabilité de rencontrer pareille dichotomie se situe dans les unités de vote de petite dimension, c’est-à-dire, un faible nombre de postes à pourvoir.

L’unité électorale, considérée de façon isolée, présente donc les caractéristiques suivantes : l’enjeu électoral est perçu de façon différente selon le nombre de candidats à élire et la répartition des sortants parmi les listes.

A noter l’assurance de réélection des candidats sortants placés en tête de liste.

  1. C) ELECTION AU SCRUTIN DE LISTE PROPORTIONNEL INSEREE DANS LE CADRE D’UNE ELECTION LEGISLATIVE

Procédons comme nous l’avons fait pour l’élection à la majorité relative. Transformons cette unité électorale isolée en circonscription s’insérant dans le cadre d’une élection législative.

Créons, dans le même esprit de simplification, deux strates correspondant, l’une à la situation ua niveau central, l’autre à celle des circonscriptions.

STRATE NIVEAU CENTRAL

 

Gouvernement

 

 
Partie de l’assemblée soutenant le gouvernement Partie de l’assemblée en opposition au gouvernement

 

DICHOTOMIE

STRATE NIVEAU CIRCONSCRIPTIONS (une des circonscriptions)

Députés sortants :     5 listes avec deux députés  sortants chacune

La dichotomie au niveau central peut être considérée comme étant toujours présente. Nous avons constaté que la dichotomie au niveau des circonscriptions ne présente pas une telle permanence, mais relève du hasard (ou d’autres circonstances qui restent en dehors de cette étude).

Devant cette diversité de situations, au niveau des circonscriptions,  considérons, dans un premier temps, la façon dont la strate, niveau central, intervient sur les circonscriptions au niveau des listes elles-mêmes, puis, dans un second temps, au niveau des candidats députés sortants.

1 ) NIVEAU DES LISTES

En considérant l’appartenance des listes, sans tenir compte des candidats députés sortants qu’elles comprennent, il est possible, dans la majorité des cas, de les disposer en listes soutenant le gouvernement et les autres qui oeuvent être classées comme faisant partie de l’opposition, par exemple :

Nous trouvons, certes, une dichotomie  mais, alors que dans le cas de la majorité relative la dichotomie (aussi imparfaite soit-elle) devait, au moyen de l’élection, se réduire à une seule proposition, la dichotomie rencontrée en cas de scrutin de liste proportionnel ne tend pas à une telle issue et reproduit la situation centrale (nationale) sans simplification de l’enjeu.

  1. Elle reproduit la situation centrale en ce qui concerne la position de l’ensemble des listes gouvernementales ou de l’opposition.
  2. L’électeur, au sein de la circonscription, trouve une dichotomie nullement simplificatrice en ce que chacune des branches peut comporter un nombre varié de listes. Le choix n’est donc pas dirigé vers telle ou telle autre liste, qu’il s’agisse d’une volonté de soutien ou d’opposition gouvernementale.

2 ) NIVEAU DES SORTANTS

Le cas présentant le plus d’analogies avec ceux rencontrés à l’occasion de scrutin à la majorité relative tout en restant dans la limiter du probable, est celui d’une circonscription ayant deux listes avec sortants, et deux (ou plusieurs listes) sans sortants.

En admettant que les deux listes comprenant les sortants soient, l’une dans l’opposition et l’autre soutenant le gouvernement (il s’agit de la situation la plus probable).

La dichotomie locale des 2 listes avec sortants est exactement du même type que la dichotomie centrale, et renforce la crédibilité électorale (on pourrait dire la signification politique) de ces deux listes au détriment de celles sans sortants.

La reproduction au niveau des circonscriptions de la situation centrale est encore plus fidèle que celles obtenues en cas de scrutin  à la majorité  relative en ce que les sortants : gouvernement – opposition se trouvent face à face au sein même de la circonscription (ce qui est naturellement impossible en cas de scrutin majoritaire uninominal).

Les autres cas envisageables présentent une situation plus complexe :

  1. Des sortants dans 3 des 4 listes
  2. Des sortants présents dans toutes les listes.

Des sortants dans 3 des 4 listes :

Répartissons, à nouveau, les candidats députés sortants en gouvernementaux et en opposants Obtenir deux listes avec sortants pour l’une ou l’autre tendance peut être un avantage pour le résultat cumulé des deux listes d’une même tendance, mais rien ne devant favoriser l’une par rapport à l’autre (si ce n’est le nombre de sortants d’une liste par rapport à l’autre), le choix de l’électeur se complique.

Ayant précédemment envisagé le cas de l’électeur choisissant en fonction des listes en présence, prenons, maintenant, un électeur dont le choix se base sur la présence de députés sortants sur la liste. Or, la signification politique, au niveau national, d’un député sortant est son appartenance au soutien gouvernemental ou à son opposition. La présence de plusieurs listes avec sortants dans chacune de ces deux tendances complique le choix de l’électeur, qui devient : <

Premier choix: pour le gouvernement / pour l’opposition

Deuxième choix: Pour l’une des lites gouvernementales, pour une des listes de l’oppostion

 

L’électeur n’obtient pas alors assez d’informations, au niveau de la politique nationale, pour effectuer son choix, mais doit rechercher au sein des listes elles-mêmes, qui ne sont plus considérées pour leur appartenance à la scène politique nationale.

Des sortants présents dans toutes les listes :

Le tout premier cas considéré concernait les sortants des deux tendances se trouvant chacun sur une seule liste, ce qui présentait un avantage par rapport aux autres listes ne possédant pas de sortants. En revanche, la complexité du choix de l’électeur d’une tendance ayant à choisir parmi deux ou plusieurs listes avec sortants va réduire l’avantage des listes avec sortants par rapport à celles n’en comportant pas. La relation varie en sens inverse entre le nombre de listes avec sortants et leur avantage sur les listes sans sortants. Un grand nombre de députés sortants réparti sur un grand nombre de listes tendra vers la multiplication des enjeux, s’éloignant progressivement de l’enjeu dichotomique central. L’élection locale (au niveau des circonscriptions) s’éloignera de la notion : gouvernement – opposition, qui est la notion politique par excellence.

INTRODUCTION DES PARTIS DANS L’ENSEMBLE DU RAISONNEMENT

Jusqu’à présent, il a été essentiellement question de candidats, de députés, de gouvernement, d’opposition et de listes. Les listes, dont il est obligatoirement question en cas de scrutin de liste proportionnel, introduisent nécessairement la notion de partis ?

La notion gouvernement – opposition est, en elle-même, abstraite et juridique et se décompose dans la réalité en partis politiques plus ou moins morcelés ? Un gouvernement n’est pas nécessairement formé d’un seul parti, il peut être de coalition. Il est généralement soutenu par une majorité de députés composant l’assemblée nationale.

L’opposition, de son côté, est généralement encore moins le fait d’un seul parti politique. Reprenons le fil de notre argumentation en commençant par le scrutin à la majorité relative :

  1. SCRUTIN A LA MAJORITE RELATIVE : INTRODUCTION DES PARTIS

Admettons que la notion de gouvernement ainsi que celle d’opposition soient chacune réparties sur 3 partis. La strate centrale (niveau gouvernement – assemblée) se présente alors de façon suivante :

STRATE CENTRALE

 

trois partis soutenant le gouvernement

trois partis s’opposant Gouvernement

 

 

Tant que nous sommes limités aux notions abstraites de gouvernement – opposition, de candidats ou de listes, rien ne permet d’introduire une échelle fixant la taille des différents composants de nos modèles, si ce n’est la plus grande taille du soutien gouvernemental à l’assemblée par rapport à celle de l’opposition. Faire appel aux partis politiques invite à établir une échelle relative.

Sans accorder de valeur exacte aux différents partis, nous pouvons les situer les uns par rapport aux autres en tenant le raisonnement suivant :

La probabilité veut que les 6 partis, qui composent l’assemblée nationale, soient de taille inégale. L’égalité entre deux partis est possible, entre trois, moins possible ….

Divisons l’assemblée nationale en 3 partis gouvernementaux et 3 partis d’opposition. Il apparaît alors que :

Situons chacun des trois partis les uns par rapport aux autres quant au nombtr de députés :

Ce schéma indique les deux groupes composés de 3 partis d’un nombre inégal de députés tout en laissant la possibilité d’égalité entre partis, membres de groupes différents.

Admettons que ces 6 partis présentent tous un candidat dans chacune des circonscriptions.  Etant donné que chaque parti est représenté à l’assemblée nationale, chacun de ces partis présentera au moins un candidat sortant dans une circonscription.

(Nous admettons que chaque parti présente un candidat dans chacune des circonscriptions, afin de rester en conformité avec notre approche générale, qui consiste à considérer une situation de multipartisme et de constater ses possibilités d’évolution, soit vers une réduction, ou, au contraire, un accroissement du nombre des partis).

STRATE CENTRALE

Nous obtenons alors le schéma suivant :

3 partis soutenant le gouvernement               3 partis s’opposant au gouvernement

STRATE LOCALE

Exemple de 6 circonscriptions. Situation au niveau des circonscriptions selon la provenance des candidats députés .

Tant que nous avons considéré la situation en dehors des partis, nos seules possibilités de différenciation des candidats les uns par rapport aux autres ont été la qualité de candidat députés sortant, ainsi que l’appartenance à l’opposition parlementaire ou au soutien gouvernemental. La nécessaire inégalité de la représentation des partis à l’assemblée nationale nous apporte une possibilité de différenciation des candidats non sortants. En effet, mes cas de dichotomie locale, qui se rattachent  à la dichotomie centrale : gouvernement – opposition, en conservant un déséquilibre au détriment des candidats sans spécificité, pourront être considérés selon l’importance relative du parti auquel ils appartiennent (le mot « importance » doit être entendu dans le sens « importance de sa représentation à l’assemblée nationale »).

Reproduisons le dernier schéma de l’ensemble de la situation nationale (les 2 strates) en apportant, au niveau local, les indications de taille relative déjà indiquées au niveau central :

STRATE CENTRALE

(3 partis soutenant le gouv.)                          (3 partis s’opposant au gouv.)

STRATE LOCALE

Situation au niveau des circonscriptions

Selon la provenance des candidats sortants)

L’importance,  sur le plan de la crédibilité électorale, du candidat député sortant permet de considérer comme négligeable les autres candidats de la tendance (gouvernement ou opposition) qu’il représente. Le schéma devient alors :

STRATE LOCALE PAGE 119

Trois députés sortants Trois candidats d’opposition s’opposant  l’une à l’autre
Trois listes gouvrenementals  l’une contre l’autre Trois députés sortants de l’opposition

 

Il apparaît alors que l’attribution de la crédibilité électorale en faveur du parti dominant à l’assemblée nationale (soit du côté « soutien gouvernemental » ou « opposition ») a lieu principalement au niveau des candidats s’opposant à un candidat sortant.

Analysons la situation : les candidats sortants du parti du gouvernement sont majoritaires (à la majorité relative), si nous les comparons aux autres candidats sortants gouvernementaux, mais ils apparaissent  comme candidat le plus crédible (aux yeux des électeurs pro-gouvernementaux) dans tous les cas où se présente un candidat sortant de l’opposition. Le parti qui soutient le gouvernement apparaît donc comme l’un des partis de dichotomie dans 4 cas sur 6 au niveau de l’ensemble des circonscriptions.

Le même raisonnement est possible au niveau de l’opposition, donc, pour un de ces partis de l’opposition (à noter que le nombre de circonscriptions n’est pas nécessairement plus petit, étant donné que si les députés sortants soutenant le gouvernement contre les députés sortants de l’opposition, rien ne nous dit que  un député sortant qui soutient le gouvernement se présente contre un député sortant qui soutient l’opposition se (sauf dans le cas où le gouvernement correspond à un seul parti ayant la majorité absolue à l’assemblée nationale, ce qui n’est pas envisagé ici). L’un des deux partis principaux occupe donc systématiquement l’une des branches de la dichotomie et ces deux partis sont face à face dans 2 cas sur 6.

Cette situation, présentée jusqu’à maintenant de façon statique, prend toute sa signification considérée de façon dynamique. En effet, chaque siège perdu par B ou C ira à ‘l’, alors que chaque siège perdu par M ou N ira à ‘a’ . D’autre part, chaque siège perdu par A ira à ‘l’ et le siège perdu par L ira à ‘a’.

Ainsi, tout changement ira dans le sens d’une progression du bipartisme. Il est bon de noter que les changements de sièges seront fréquents étant donné l’accentuation de l’avantage, en siège, de la tendance gagnante en nombre de voix, que caractérise le scrutin à la majorité relative.

Or, il apparaît que devant un tel mouvement de sièges allant vers des dichotomies équilibrées au niveau de l’ensemble des circonscriptions, la situation centrale (au niveau de la composition de l’assemblée nationale) sera celle d’une dichotomie généralisée, celle : gouvernement – opposition, ceci ayant tendance à se transformer en parti gouvernemental – parti d’opposition.

Rappelons, toutefois, que notre argumentation est basée sur une conception précise  du terme « politique ».Nous parlons du but de l’action politique, qui est de gouverner, et nous avons placé l’ensemble des opérations électorales dans l’optique d’une force de gouvernement et d’une force d’opposition souhaitant ultérieurement gouverner à son tour.

Or, certaines conditions régionales peuvent occulter en partie l’enjeu gouvernement – opposition et faire intervenir dans l’optique électorale un parti essentiellement régional ?

Ce transfert de crédibilité peut s’effectuer à l’occasion de la faiblesse dichotomique constatée dans notre raisonnement, avant que la notion de de partis politiques soit introduite. Il s’agit de la place prépondérante du sortant représentant la tendance gouvernementale.

La position de « candidat sortant » a pour effet de déclasser les autres, ou, au moins, de les placer sur un autre terrain. Cette différence dans la nature des candidatures se trouve accentuée quand le candidat sortant fait partie de la majorité gouvernementale, car tous les éléments à qualification positive se trouvent de son côté :

Candidat sortant

Image gouvernementale ( entraînant les notions d’action, de cohésion et de légitimité).

Le cumul sur un seul candidat de 2 caractéristiques se rapportant directement aux instances nationales….

  • Le candidat sortant était membre de l’assemblée nationale pendant le temps d’une législature.
  • Le soutien gouvernemental

…. Rend plus difficile aux électeurs des autres candidats d’effectuer leur choix dans une optique essentiellement nationale. C’est alors que le rassemblement d’un maximum de voix sur le candidat du parti dominant l’opposition, sur le plan national, sera le plus aléatoire. C’est principalement à ce moment que des partis nationaux (à faible implantation au niveau national, mais à forte implantation dans certaines régions, ou seulement implantés localement) ont le plus de chance d’emporter des sièges. Nous pouvons alors imaginer  la situation suivante :

GOUVERNEMENT                                                  OPPOSITION

Le candidat sortant étant A, nous pouvons supposer que, parmi les candidats de l’opposition ‘l’ soit le candidat du parti le mieux représenté au parlement (parmi les partis de l’opposition), alors que le candidat du parti N est le plus fort localement. Nous obtenons alors :

Niveau national

Parti L >          parti M            >          parti N

Niveau local

Parti N            >          parti L >          parti M

Nous constatons, alors, une opposition entre les candidats du parti L et ceux du parti N, le premier étant le plus fort sur le plan national, et le second sur le plan local. Nous trouvons alors un seuil critique de transfert de la crédibilité électorale sur le plan local du candidat du parti L à celui du parti N. A savoir l’importance de l’écart qui doit séparer le parti N du parti L (sur le plan local), pour qu’il obscurcisse la prédominance du parti L sur le parti N (sur le plan national).

  1. SCRUTIN DE LISTE PROPORTIONNEL : INTRODUCTION DES PARTIS

Considérons l’effet de l’inégalité de la représentation des partis à l’assemblée nationale (strate centrale) sur le choix à effectuer en cas de scrutin de liste proportionnel. Contrairement à la procédure suivie par le scrutin à la majorité relative, nous avons déjà (en ce qui concerne le scrutin de liste proportionnel) décomposé les entités gouvernement – opposition en listes, qui, dans la pratique, peuvent se traduire en partis politiques.

Il s’agit là d’une différence essentielle, qui tient à la nature même des deux modes de scrutins considérés. Le raisonnement peut être poursuivi à un niveau avancé, quand il est question de scrutin à la majorité relative, sans avoir à décomposer les unités de travail en partis politiques, alors que le scrutin de liste proportionnel oblige, dès le début du raisonnement, à introduire la notion de listes. Il reste, maintenant, à envisager la façon dont l’inégalité de représentation des partis, au sein de l’assemblée nationale, peut agir sur le choix de l’électorat

Reprenons le cas de partis politiques représentés à l’assemblée nationale :

Soutien au gouvernement                  opposition au gouvernement

Nous pouvons alors admettre, comme nous l’avons fait précédemment, que

Les tailles relatives de la représentation des partis à l’assemblée nationale intervenait dans le cas de l’élection à la majorité relative, au moment de la dichotomie imparfaite au niveau des circonscriptions (par exemple : un candidat sortant opposé à plusieurs candidats que rien ne permet, au niveau local, de distinguer les uns des autres). Il s’agissait, alors, d’un apport du niveau central (assemblée nationale) au niveau local ‘circonscriptions). La situation politique nationale (strate centrale) agissait sur les différentes circonscriptions, où une clarification était nécessaire : la strate centrale venait compenser une insuffisance au niveau des circonscriptions. Or, la situation au niveau local, en cas de scrutin de liste proportionnel, est différente, car une quantité d’informations y est disponible.

Reprenons un cas précédemment considéré mais, cette fois, dans l’optique des rapports de taille au niveau de la strate centrale, que nous venons d’établir ; Dichotomie entre deux listes comportant des sortants du gouvernement, d’une part, et de l’opposition, d’autre part, les autres listes étant marginalisées :

STRATE CENTRALE

3 partis soutenant le gouvernement              3 partis s’opposant au

STRATE LOCALE :

Cas d’une circonscription comprenant une liste de chacun des 6 partis présentant chacune 6 candidats.

Les listes des partis A et M ont chacune 3 sortants

La situation est suffisamment claire au niveau local pour que la force respective des partis à l’assemblée nationale ne soit que de peu d’intérêt pour l’électeur. Il en est bien ainsi, car cette situation locale ; claire en ce qui concerne le choix à effectuer, n’est qu’en partie conforme à celle de la strate centrale. La liste A est bien majoritaire dans la circonscription ainsi que le parti A au sein du groupe qui soutient le gouvernement à l’assemblée nationale, mais la liste M, qui est la mieux placée dans la circonscription, n’est que le deuxième parti du groupe de l’assemblée s’opposant au gouvernement.

Imaginons un cas plus complexe, où les électeurs d’une des tendances pourraient avoir besoin d’un renseignement complémentaire :

STRATE CENTRALE

3 partis soutenant le gouvernement              3 partis s’opposant au

STRATE LOCALE

Cas d’une circonscription comprenant une liste de chacun des 6 partis présentant chacune 6 candidats.

Les sortants se trouvant dans les listes des partis A  B  et  M

Comment réagira un électeur voulant soutenir le gouvernement en ce qui concerne le choix entre les listes A, B et C ?           Il retiendra en priorité les listes présentant des sortants, listes A et B. La liste B, avec ses 3 sortants, présente un avantage sur la liste A, qui n’en comprend que 2. Malheureusement, l’information au niveau des sortants (niveau circonscription) n’est pas en accord avec la situation des partis à l’assemblée nationale, où le parti A l’emporte sur le parti B (le scrutin de liste proportionnel), par le nombre même des sortants qu’il implique, fournit une part considérable des informations dont l’électeur a besoin, et cette information peut correspondre à la situation politique centrale (ou nationale).

Nous constatons que, dans le cas du scrutin de liste proportionnel, l’introduction dans le raisonnement de l’importance relative de la représentation parlementaire des partis n’apporte rien à la clarification recherchée au niveau du choix de l’électeur. La possibilité d’opposition entre les informations provenant de la strate centrale (nationale) et celles des listes en présence au niveau local isole la vie électorale locale du contexte politique national.

Une généralisation des influences directionnelles sur l’électorat en cas de scrutin de liste proportionnel est donc impossible. L’information provenant de la strate centrale peut être d’un intérêt pour l’électeur ou superflue ou, au contraire, peut compliquer le choix, en apportant une information en contradiction avec  celle de la strate locale. Il n’est pas interdit d’imaginer qu’une partie importante des circonscriptions d’une nation soit capable de vivre, en quelque sorte, en autonomie politique, sans nécessiter un complément d’informations de la strate centrale.

CONCLUSION

Scrutin majoritaire

La réunion des données nécessaires à une décision de la part des électeurs, en cas d’élections à la majorité relative, apparaît autant au niveau de la circonscription qu’à celui de la situation nationale. La décomposition de l’assemblée nationale en partis soutenant le gouvernement ou partis d’opposition apparaît alors comme un complément nécessaire à la décision prise au niveau des circonscriptions.

Scrutin de liste proportionnel

Au contraire, le scrutin de liste proportionnel apporte une richesse de renseignements au seul niveau de la circonscription, qui lui permet d’acquérir une autonomie locale, et n’être que peu influencé par la situation : gouvernement – opposition

Conséquences pratiques

Le scrutin à la majorité relative présente, dans tous les cas, une situation bipolaire à deux variantes au niveau des circonscriptions uninominales, menant à des quasi- bipartismes au niveau de l’unité supérieure (généralement celui du niveau national). La nature constante des forces comportementales du scrutin à la majorité relative fait place, en cas de scrutin de liste proportionnel, à un nombre considérable de situations, qui rendent envisageables toutes les formes de multipartisme.

Evolution du modèle d’origine à 6 partis

En partant de notre modèle théorique de multipartisme parlementaire à 6 partis, les deux modèles de scrutin mènent à des évolutions très différentes.

Scrutin majoritaire :

Le scrutin à la majorité relative mène à un quasi-bipartisme en raison de l’étroite  dépendance de la situation au niveau des circonscriptions sur celle de l’assemblée nationale : gouvernement-opposition.

Scrutin de liste proportionnel

Ce mode de scrutin permet tout type de multipartisme, étant donné la quantité variable d’informations provenant des deux niveaux circonscriptions, assemblée nationale).

Le modèle d’origine à 6 partis peut donc évoluer dans deux sens, soit vers un système de 6 + n partis, soit vers un bi-partisme, ou rester stable sous la forme initiale de 6 partis.

A NOTER : même en cas d’identité de la force parlementaire des partis, la nature de ceux-ci sera différente selon le mode de scrutin utilisé, étant donné que leur vie et leur évolution électorale reposent sur des données totalement différentes.

André Saint-Lagüe « La représentation proportionnelle et la méthode des moindres carrés » présentée le 1er août par Emile Picard à l’Académie des Sciences.

[2] Kenneth J. ARROW « Choix collectifs et préférences individuelles », Calman-Lévy, 1974.

Bernard OWEN « Le système électoral et son effet sur la représentation parlementaire des partis: le cas européen. »; L.G.D.J. – 2002.

[4] Douglas W. RAE « He Political Consequences Of Election Laws », Yale University Press, 1967.

[5] Ferdinand HERMENS, Democracy or Anarchy?, University of Notre Dame, Indiana, 1941.

[6] Travaux sur le « Livre blanc de la gouvernance », Commission Européenne, 2002.

Premier mai : fête du muguet et fête nationale du travail. Fake news au Ministère de l’Intérieur ?

Fake news

Monique Cochinal

Le premier mai, en France, il est coutume d’offrir un brin de muguet « porte bonheur » à ses parents et amis. C’est également la fête nationale du travail, et les rue de Paris raisonnent de chants et cris de manifestants, venus défiler, en famille, derrière syndicalistes de différents courants politiques, avec banderoles, drapeaux, étendards. C’est la fête du muguet, ces jolies petites clochettes blanches qui sentent si bon, et en même temps, la fête de tous les  travailleurs.

Depuis l’élection du Président Macron et le « macronisme », pas de muguet porte-bonheur, le premier mai, mais de violentes manifestations d’une foule de citoyens de plus en plus en colère et malheureux, en grande détresse. On se souvient des défilés du premier mai 2018, et des scènes de violence dans les rues de Paris : nombreuses voitures incendiées, matériel de chantier détruit, pavés arrachés, boutiques dévalisées et policiers impuissants. Nous avons vu, ce jour, vidéos à l’appui, deux individus, ayant revêtu casque, brassard de policier et matériel radio, molester violemment deux manifestants …… Et ce fut le début de l’affaire d’Etat Benalla et compagnie, une grave crise gouvernementale, qui n’a fait que de s’aggraver dans ce « merveilleux nouveau monde » de notre nouveau jeune Président. Que de fake news ! Que de revirements chez nos députés, ministres d’Etat, hauts fonctionnaires ! Les principales institutions de notre cinquième République furent atteintes et le trône du roi lui-même fut durement secoué.

Ce premier mai 2019, à nouveau, pas de muguet porte-bonheur pour le président et son gouvernement, mais des révélations plus que douteuses transmises par le Ministre de l’Intérieur : Monsieur Castaner concernant un premier mai, terrible, sanglant, avec une arrivée massive de casseurs, gilets jaunes black blocs, venant de tous les pays voisins européens pour casser détruire et renverser la République. Fake news volontaires ? Ou fak news inconscientes ? A chacun de juger……

Mais, de toute façon, nous : Castaner et son ministère étions prêts. Nos forces de l’ordre seront renforcées. Les ordres de fermeté absolue seront donnés aux policiers, gendarmes mobiles, nouvelles brigades d’intervention. Le matériel distribué largement : plus de grenades, plus de casques, plus de boucliers, plus de matraques, plus de canons à eau, plus de gaz lacrymogène, plus d’engins blindés et ordre d’intervenir fermement dès que l’on juge qu’une éventuelle attaque se prépare. Toutes les mesures de prévention furent prises, la veille au soir, avec la fermeture de toutes les stations de métro, proches du parcours des manifestations, fouille obligatoire des sacs et bagages dans les aéroports de Paris, dans les voitures empruntant les axes routiers vers Paris. Monsieur Castaner pouvait être satisfait, il était bien à la hauteur de cette situation. De toute façon, il serait présent toute la journée et surveillerait avec ses collaborateurs, le déroulement de ces manifestations, en étroite relation avec les policiers sur le terrain.

A part quelques arrestations de présumés casseurs, à part quelques mouvements de foule, vite stoppés par de nombreux jets d’eau, gaz lacrymogène, lancements de grenades ….. Cette nouvelle méthode de renforcement de l’ordre semblait réussir. Bravo Monsieur Castaner ! On était maître de la situation en province et à Paris. Peu de casse, peu ou prou de black blocs (ils avaient été interpelés avant le départ des manifestants …. Ou bien étaient restés chez eux, redoutant le pire).

Soudain, vers les 16 heures, au moment où le cortège passe boulevard de l’Hôpital, nous assistons à une charge importante de policiers en direction de la foule pour la faire reculer. Nous voyons tous ces manifestants projetés brutalement les uns sur les autres, criant, affolés, hurlant, copieusement arrosés d’eau, de gaz, cherchant une issue pour fuir ce carnage et se réfugier en toute hâte dans un bar resté ouvert, ou dans une boutique, ou dans les jardins de l’hôpital La Pitié tout proche, en fracturant la chaîne d’une porte du jardin, derrière l’entrée principale. La scène était cocasse. On voyait ces manifestants toussant, mouchant, éternuant, complètement paniqués, courir en désordre vers un endroit où ils pourraient souffler et se reposer. Ils étaient arrivés, sans le savoir, au service de réanimation de l’hôpital sous les yeux horrifiés des médecins et personnels de garde. Très vite, Monsieur Castaner fut prévenu, les forces de l’ordre intervinrent rapidement, ramenèrent cette foule égarée hors de l’hôpital et arrêtèrent 32 personnes qui furent mises en garde à vue aussitôt, puis relâchées le lendemain, faute de preuves, mais bien secouées, racontant leur mésaventure. Elles n’étaient pas des « casseurs-black blocs haineux » mais de simples citoyens paisibles, venus à ce défilé du premier mai, sans casier judiciaire, se trouvant cernés au mauvais endroit, au mauvais moment.

La réaction de notre ministre de l’Intérieur fut immédiate. Il était fort en colère et fit une déclaration bien malheureuse, en clamant avec furie que l’hôpital avait été attaqué par les black blocs, qu’on voulait maintenant s’en prendre et détruire les hôpitaux de l’Etat, acte ignoble, qui demandait de sévères condamnations pour les coupables (quels coupables ? Quelle attaque ? ). Les opposants se sont emparés de l’affaire et parlent du mensonge de Monsieur Castaner, Ministre du désordre intérieur. Avant de parler, toujours se méfier des fake news !

The Yellow Vests Expose How Fragile Emmanuel Macron’s Hold on France Really Is

PARIS, FRANCE – DECEMBER 01: Yellow vest protesters clash with riot police as part of demonstration against rising fuel taxes near Arc de triomphe de l’Etoile in Paris, France on December 01, 2018. (Photo by ELYXANDRO CEGARRA/Anadolu Agency/Getty Images)

BY VIVIENNE WALT  DECEMBER 6, 2018 – TIME

In November, French President Emmanuel Macron stood under the Arc de Triomphe in Paris and told world leaders on the centennial of World War I that they needed to work together to solve global problems.

Less than a month later, the French leader is trying to find the right phrase to unite his own citizens amid perhaps the worst street violence in Paris in 50 years. The gilet jaune or Yellow Vest protests that erupted in the French capital and across the country in November and December risk torpedoing Macron’s young presidency and threatening his reform efforts, leaving him open to challenges by far-right and far-left rivals.

Named for the high-visibility vests they wear to demonstrations, the Yellow Vests took to the streets for a third consecutive weekend on Dec. 1–2. Although Macron activated an additional 4,600 security personnel and had tall barriers erected along the Avenue des Champs-Élysées, demonstrators managed to reach the Arc de Triomphe, partly vandalizing the war memorial under the arch.

The protests began in mid-November over an almost banal grievance: Macron’s decision to raise the tax on fuel in order to finance renewable-energy proposals. The tax would increase the price of diesel by 30¢ per gallon and regular gasoline by 17¢ per gallon, after a year in which prices have already risen by 16%. The tax is especially resented in small-town and rural areas, where more people depend on their cars and jobs are not as plentiful or well paid as in the capital.

But the protest has mushroomed into a much wider rejection of Macron and his policies, which the Yellow Vests say favor the rich. “Macron came out of the banks and finance, and that goes down very badly for many people,” says Thierry Paul Valette, a protest coordinator in Paris. The President attended an elite university and was an investment banker before being appointed Economy Minister in 2014. “We do not like rich people in France,” Valette says.

Voters seemed to like Macron enough when he won the presidency in May 2017 with 66% of the vote in a runoff against the far-right candidate Marine Le Pen. But Eddy Fougier, a political analyst at the Paris-based Institute for International and Strategic Affairs, says his support was driven by disappointment at the two parties that have led France for decades and fear of the far right. “He was elected largely by default.”

Since then Macron has done little to win over those beyond his base of middle-class professionals, 38% of whom still approve of him, according to a Dec. 4 survey by pollster IFOP. Soon after taking office he scrapped the so-called wealth tax, which had been imposed on taxpayers with assets worth more than € 1.3 million ($1.47 million). At the same time, he hiked taxes on retirees.

Macron’s often blunt communication style has made matters worse, fueling the perception that he doesn’t understand life on the breadline. Numerous protesters interviewed by TIME cited Macron’s recent off-the-cuff remark to an unemployed man that he could “cross the street and find a job” at a local café. Only 11% of those polled by IFOP think he understands the concerns of the French people, while other polls suggest 7 in 10 support the protests.

On the streets, protesters’ frustrations have spilled into destructive violence. Hundreds have been injured and four people have died, according to police. Some attribute this to the right-wing fringe groups and anarchist factions that have come to the fore as turnout for the demonstrations has diminished. One group’s slogan is ACAB, for All Cops Are Bastards, according to reporters at the scene.

While the Yellow Vests are led by no political party, both Le Pen and far-left leader Jean-Luc Mélenchon have called for the National Assembly to be dissolved and fresh elections called. That was the solution in May 1968, when widespread strikes and protests by workers and students brought the French economy to a halt for over a month. Macron’s government has ruled out such a move.

In fact, there is no easy political solution for Macron against a movement that has no leader, no set list of demands and no geographic base. On Dec. 5 his government said it would scrap the fuel-tax increase at least through 2019. But hours before, some of the self-proclaimed Yellow Vest leaders issued far broader demands, including boosting pensions and minimum wages.

For now Macron will hope that the tax cancellation and the violence begin to dampen public support for the protests and that the holidays sap turnout. But the damage to his broader ambitions may be harder to repair. Since being elected, Macron has attempted to cast himself as the successor to Europe’s de facto leader, German Chancellor Angela Merkel, who plans to step down in 2021 after 16 years in power.

But with his approval ratings flatlining at 23%, Fougier doubts Macron will be re-elected in 2022. “His only route to a second term is if the economic situation gets better, unemployment goes down and salaries go up and no other party produces an attractive leader in the next three years,” he says. “It’s a tall order.”

With reporting by Ciara Nugent/London

Hawkish eurozone states demand further curbs to budget plan

Dutch lead opposition to Emmanuel Macron’s ambition for extensive fund

Jim Brunsden in Brussels AN HOUR AGO

The Netherlands and other fiscally hawkish EU members are calling for further reductions in the planned size and scope of a eurozone budget, a French political priority that has already been squeezed in negotiations in Brussels.

French president Emmanuel Macron is leading calls for the single currency to have its own budget to try to shore up its crisis resilience. EU leaders agreed in December to work on the idea in a more limited form than suggested by Mr Macron, who wanted a fund worth several percentage points of eurozone gross domestic product.

A joint diplomatic note from five eurozone countries — the Netherlands, Finland, Ireland, Latvia and Lithuania — has now demanded that it be even smaller, with stricter conditions on accessing money.

They insist the budget should be “significantly below” proposals made by Brussels last year for a fund worth €22bn over seven years, an amount that was already at the low end of French expectations.

Sweden and Denmark, non-eurozone EU states, have also signed the note, circulated to EU governments and seen by the Financial Times.

The paper underlines the difficult negotiations that lie ahead on the budget, with EU finance ministers seeking a deal on its main elements by next month. Governments remain far apart despite last year’s agreement by EU leaders on the idea of a fund to promote “convergence and competitiveness”.

France has made clear that it does not want the fund to rely entirely on money from the general EU budget, which is paid into by all 28 member states. Instead, it has argued for an international treaty that would allow individual governments to top it up through direct contributions.

But the note says “there cannot be any presumption” that governments will choose to participate in this part of the plan.

The signatory countries “are not convinced of the need for external assigned revenue through an intergovernmental agreement”, the note says.

While the initiative would be focused on the eurozone, it is tied to negotiations on the next EU multiannual budget, which involve all member states. There would also be some scope for non-euro countries that are seeking single currency membership to participate.

As a basis for negotiations on the budget, national governments have discussed how to adapt a proposal made by the European Commission last year for a fund to support countries undertaking key economic reforms.

But northern eurozone capitals have fundamental concerns about the blueprint. One EU diplomat said the idea of offering countries money in exchange for reforms was problematic, because it raised the question of whether European or national authorities were ultimately responsible for the measures.

“It blurs the lines of political accountability,” the diplomat said.

Brussels has argued that the budget would be more effective if conditions for accessing money were relaxed during economic downturns. But the note makes clear that northern capitals oppose the approach.

The Hague has staunchly resisted the idea that the budget could provide “stabilisation” support to countries in times of crisis, saying it amounts to putting Dutch taxpayers on the hook for problems elsewhere.

Making the budget countercyclical would “complicate the operation of the instrument and go beyond the mandate given by leaders”, the note says.