A la recherche d’énergies renouvelables

Monique Cochinal

Comme le progrès est agréable ! Loin de nous les lavoirs et les lavandières, loin de nous les bougies, chandeliers et candélabres, loin de nous le vieux grand-père  qui allumait les réverbères tous les soirs dans Paris. Nous disposons de toutes sortes d’appareils ménagers, appareils de chauffage, télévisions, tablettes, ordinateurs, téléphones portables aux multiples fonctions, toutes sortes de robots qui remplacent nos tâches quotidiennes, à la ville comme à la campagne. Il en est ainsi dans tous les domaines : médecine, chirurgie, transports en commun, avions, autos, bateaux, paquebots. Et vive le progrès ! Il nous faut donc trouver de plus en plus de sources d’énergies proches, dans ou sur notre sol, sans avoir à en importer de trop grandes quantités.

Jusqu’à maintenant, nous disposions avec satisfaction de trois sources d’énergies importantes : énergies thermiques ; bois, charbon, pétrole, gaz, énergies hydrauliques : fournies par nos superbes barrages, énergies nucléaires et nos grandes centrales nucléaires, avec une assurance de contrôles fréquents.

L’un dans l’autre, ces modes de ressources nous convenaient, et surtout nous apportaient prospérité, et bonheur de vivre. Jusqu’au jour où nous avons vu apparaître, dans tous les Etats prospères, des groupes, des associations, des mouvements politiques, nous prônant notre insouciance devant une fin du monde et de l’être humain imminente si nous ne changions pas de mode de vie. C’est « la loi de la peur ». Nos énergies thermiques ? Très nuisibles ; en brûlant elles dégagent trop de CO2. Pollution certaine dans les villes, et réchauffement climatique important de la planète, fonte des glaciers, mers qui envahissent les terres. A cause du réchauffement climatique, toutes les catastrophes naturelles (qui ont toujours existé) vont amplifier, partout. Il faut nous réveiller, sinon, il sera trop tard. Pour nos énergies hydrauliques, elles sont insuffisantes, mais la construction de nouveaux barrages est très contestée. Quant à nos énergies nucléaires, il faut les fermer, car bien trop dangereuses.

Il faut dire que « nos prophètes de malheur » se sont multipliés partout, et leur cause est devenue la grande cause mondiale, la grande peur mondiale. Il fallait donc réagir ? Dès 1997, les principaux Etats prospères créent le protocole de Kyoto, un statut international pour la réduction des émissions de gaz à effets de serre, suite à un rapport (très contesté, à l’époque, pour manque de connaissances scientifiques) des Nations Unies sur le réchauffement climatique. Ce statut est entré en vigueur le 11 février 2005, et a été ratifié par 168 Etats, en 2010. Depuis, on mesure, on contrôle, on légifère, on compare, on arrête certaines recherches jugées trop dangereuses pour la planète (exemple : la recherche dans notre sol de gaz de schiste).

Comme il est impossible de régresser, il nous faut, bien vite maintenant, trouver des énergies renouvelables, en utilisant les éléments naturels dont nous disposons : le vent, le soleil, la mer et ses marées constantes tout au long de l’année. Nos ingénieux chercheurs y travaillent et trouveront de nouvelles ressources exploitables et renouvelables, à condition de changer certaines lois, avec des capitaux pour la réalisation des projets, et admettre nos échecs avec humilité, mais sans jamais nous arrêter. Notre vieille planète terre est en perpétuel mouvement, et les terriens ont toujours su s’adapter. Alors, soyons confiants et sereins.

Dame Justice indépendante ou pas ?

Monique Cochinal

Coup de théâtre, hier soir, concernant l’indépendance de notre Dame Justice ! Avec ce gros titre relevé dans le journal « Le Monde » et « Le canard enchaîné » : Notre Président de la République aurait « biffé » les trois noms des candidats au poste de Procureur de la République de Paris, poste stratégique, s’il en est. Mais, de quoi s’agit-il exactement.

Monsieur Molins, Procureur de la République de Paris, doit quitter son poste en novembre prochain, après de bons et loyaux services pendant une longue période de sept ans. Un nouvel appel à candidature a donc été lancé, et les trois candidats n’ont pas plu, apparemment, à notre Président. Deux questions nous viennent à l’esprit : Pourquoi trois candidats pour pourvoir un poste ? Comment ces candidats sont sélectionnés, et surtout par qui sont-ils présentés au Président de la République ?

Il faut savoir qu’en France, et jusqu’à maintenant, les magistrats sont nommés par le Président de la République, sur proposition de la garde des sceaux, et après « avis simple » du Conseil Supérieur de la Magistrature. Ce qui veut dire que, in fine, le Président de la République décide et nomme qui lui plaît….

Pourquoi trois candidats présentés ? Nicole Belloubet, Ministre de la Justice, et garde des sceaux, s’explique, ce matin, devant les médias : « Les compétences du Procureur de la République ont évolué, et dans le projet de loi présenté à l’assemblée nationale, on prévoit de créer un poste de Procureur National anti-terroriste (fonction exercée par le Procureur de Paris actuel), et la nomination d’un poste de secrétaire général, poste très important qui sera exercé par le Procureur de Versailles, d’où le nouvel appel à candidature pour le poste de Procureur Général de Paris…. » Un peu obscurs ces changements de poste !! Et, pour terminer, elle ajoute : « Je ne suis pas inquiète, les postes de Procureurs de la République, sur ma proposition, font l’objet d’un décret signé du Président de la République ».

Faut-il comprendre que la Garde des Sceaux propose, avec accord signé du Président, et avec un simple avis favorable du Conseil Supérieur de la Magistrature, toutes candidatures de magistrats de notre institution Justice. C’est l’aveu pur et simple que la séparation des pouvoirs : exécutif et judiciaire n’est pas respectée, et que Dame Justice n’est pas indépendante, malgré tout ce qu’on nous affirme. A quand une réforme qui remédie à ce dysfonctionnement grave ?

MEDIAPART: Macron veut choisir lui-même ses procureurs

26 SEPTEMBRE 2018 PAR MICHEL DELÉAN

L’Élysée a recalé le candidat choisi par le ministère de la justice pour devenir procureur de Paris. Un retour inquiétant aux années Sarkozy, sur fond d’affaires menaçantes pour l’exécutif.

Retour aux années Sarkozy. Alors que plusieurs proches du pouvoir (François Bayrou, Muriel Pénicaud, Richard Ferrand, Alexis Kohler, Françoise Nyssen, Alexandre Benalla) sont visés par des enquêtes judiciaires, l’Élysée se met à sélectionner les procureurs amenés à occuper les postes les plus sensibles. C’est le remplacement de François Molins, actuel procureur de Paris et théoriquement promu procureur général près la Cour de cassation, qui donne lieu ces jours-ci à un incroyable psychodrame.

Paris est le plus stratégique de tous les postes de procureur : il cumule notamment les affaires de terrorisme, de crimes contre l’humanité ou de santé publique, mais aussi les dossiers politiques, économiques et sociaux – même si la création du procureur national financier et celle du futur procureur national antiterroriste ont quelque peu réduit son champ d’action. C’est au futur procureur de Paris qu’il reviendra, entre autres choses, de prendre des réquisitions dans les affaires Bayrou, Pénicaud, Nyssen et Benalla…

Alors que le ministère de la justice, au terme d’un long processus de sélection des candidats, avait porté son choix sur Marc Cimamonti, actuel procureur de Lyon (et président de la Conférence nationale des procureurs de la République), le processus de décision a été gelé et les réseaux sont entrés en action, cela sur fond d’affaire Benalla. Première incongruité, les trois derniers favoris pour le poste parisien ont été reçus courant juillet par Édouard Philippe à Matignon pour une forme inédite de grand oral, comme l’a signalé Le Monde (les nouveaux directeurs d’administration centrale de la place Vendôme avaient, eux, été reçus par Emmanuel Macron en personne avant de prendre leurs fonctions). Et puis plus rien.

De longues semaines passent, pendant lesquelles le monde judiciaire se perd en spéculations. Le poste de procureur général près la cassation reste vacant. François Molins, qui a reçu un avis favorable du CSM le 12 juillet, ne peut pas quitter son poste de procureur de Paris, faute de remplaçant. Ubuesque.

Soudain, lundi 24 septembre au matin, le ministère de la justice envoie dans les tribunaux une “transparence”, c’est-à-dire un projet de nomination : il s’agit en l’occurrence d’annoncer la proposition de promouvoir Marc Cimamonti au poste de procureur général près la cour d’appel de Versailles. Ce magistrat serait-il trop indépendant pour être nommé à Paris ? Il a notamment ouvert une enquête préliminaire sur le financement de la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron à Lyon.

L’après-midi même, seconde surprise, la Chancellerie envoie un nouvel appel à candidatures pour pourvoir cinq postes de procureur général et sept postes de procureur… dont celui de Paris. Les nouveaux candidats ont jusqu’au 1eroctobre pour se faire connaître.

La manœuvre ne trompe personne. « La direction des services judiciaires tente de déguiser le choix du prince en une prétendue transparence, qui intervient bien trop tardivement pour être réelle. L’appel à candidatures n’est autre qu’un appel du pied d’un pouvoir qui a certainement déjà présélectionné son ou sa candidate. C’est du moins la suspicion que fait évidemment naître cette diffusion », tonne le Syndicat de la magistrature (SM), dans un communiqué du 25 septembre. Ce mercredi, le Canard enchaînépointe directement le rôle d’Emmanuel Macron dans ce retournement de situation sans précédent.

Résultat des courses, la ministre de la justice Nicole Belloubet est humiliée, et le monde judiciaire ramené à une conception du parquet dépendant fortement de l’exécutif. Une vision qu’Emmanuel Macron le jupitérien avait déjà exprimée en janvier devant la Cour de cassation. Quant au prochain procureur de Paris, le soupçon de soumission à l’exécutif risque évidemment de peser sur sa nomination.

Selon des informations obtenues par Mediapart, le nouveau favori pour le poste de procureur de Paris serait Rémy Heitz, actuel directeur des affaires criminelles et des grâces (DACG) au ministère de la justice. « Ce serait là un drôle de signal : après François Molins, qui a été directeur de cabinet de Michèle Alliot-Marie et de Michel Mercier avant de gagner son indépendance comme procureur de Paris, on pensait voir émerger des profils moins politiques, et ne plus avoir des membres de cabinet ministériels ou des directeurs d’administration centrale à ces postes-là, confie un haut magistrat. Au lieu de cela, on revient à un processus de maintien du ministère public sous influence forte de l’exécutif. » Les rêves d’indépendance du parquet qui avaient pu se faire jour sous le quinquennat de François Hollande sont bel et bien oubliés.

« Que faudra-t-il pour qu’enfin la classe politique admette l’impérieuse nécessité de couper le lien entre l’exécutif et les parquets, en confiant le pouvoir de proposition au CSM ? Pas seulement en lui conférant un pouvoir d’avis conforme comme le faisait feu-le-projet-de-réforme-constitutionnelle, mais bien en retirant à la direction des services judiciaires – et derrière elle au pouvoir exécutif – la possibilité de choisir son ou sa candidate, réagit le Syndicat de la magistrature. L’indépendance de la justice est à ce prix. »

À l’Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire), c’est l’affliction. « Cette affaire confirme ce que nous dénonçons depuis des mois sur le manque d’indépendance du parquet, regrette Céline Parisot, la secrétaire générale de l’USM. En outre, cela jettera une suspicion permanente sur toutes les décisions qui seront prises par le parquet de Paris. C’est désespérant. »

Nouveau rebondissement dans l’affaire Benalla

Monique Cochinal

Hier, une nouvelle photo publiée par Médiapart nous montre Alexandre Benalla, une arme à la main, en pose « selfie », lors d’un meeting du candidat Macron, cliché pris à la sortie d’un restaurant, le 28 avril 2017. La réaction de la justice a été immédiate, cette fois-ci. En effet, lors de la dernière audition de la commission d’enquête du Sénat, ce Monsieur avait affirmé haut et fort qu’en 2017 l’autorisation du port d’arme lui avait été refusée par le Ministère de l’Intérieur, et qu’il n’a jamais porté d’arme pendant la campagne présidentielle du candidat Macron. Alors ? Parjure ? Ou mensonge généralisé ? Car, au bout de ces nombreuses auditions (plus de 30), certains sénateurs parlent d’un mensonge collectif, et qu’ils ont été baladés par tous les membres de l’Elysée auditionnés (Patrick Strozda, François Xavier Lauch et Alexis Kohler). Un certain sénateur nous dit même : «  on ne sait pas si on peut parler de parjure à partir du moment où il y a mensonge collectif ».

Ce matin, Le Sénateur Philipe Bas, Président de la Commission d’enquête du Sénat, nous annonce que Monsieur Benalla ne sera pas interrogé à nouveau, malgré de nombreuses zones d’ombre, des contradictions notoires concernant ses fonctions exactes auprès du Président et le port d’arme. Il existe certainement un dysfonctionnement grave autour de la protection du Président et du Premier Ministre. Il nous dit : « Ces nouveaux éléments concernant Monsieur Benalla font partie d’une enquête judiciaire, donc, je n’ai pas à l’interroger sur son comportement, parce que je sortirai à ce moment là du mandat qui a été donné à l’assemblée des lois, à l’unanimité, par le Sénat, le 23 juillet dernier. Mais, en fin d’enquête, la vérité sera faite et les dysfonctionnements seront révélés.

On ne peut que louer le rôle important de notre Sénat dans le bon fonctionnement de notre République, et souhaiter que cette noble institution ne soit pas supprimée, dans ce « nouveau monde ».

Justice française indépendante ?

Monique Cochinal

On nous a toujours affirmé que, sous la Vème République, notre constitution prévoit une séparation entre pouvoir exécutif et pouvoir judiciaire. Benjamin Griveaux vient de l’affirmer encore ce matin. Est-ce bien le cas ?

Du temps de l’ancien quinquennat, « l’ancien monde », nous avions déjà assisté à des affaires politico judiciaires, visant à chaque fois, un membre gênant du gouvernement. Souvenons-nous également du « mur des cons » sur lequel étaient affichés les noms des personnes à abattre, bien en évidence dans le bureau du syndicat de la justice, la garde des sceaux, à l’époque, étant Madame Taubira, socialiste. On évoquait déjà certains membres du gouvernement mêlés à des affaires troubles (prises illégales d’intérêts, corruption passive, affaires illégales au regard du code pénal) mais sans enquête judiciaire, car les personnes visées étaient protégées par le pouvoir exécutif.

Voyons, maintenant, ce qu’il en est dans ce « nouveau monde ». Dès la formation de son gouvernement, le Président Macron nomme de jeunes inconnus en politique, mais aussi d’autres amis, issus du gouvernement précédent, traînant derrière eux d’anciennes affaires dignes d’enquêtes judiciaires sérieuses (affaires connues du Président lui-même, lors de son ministère, sous le règne Hollande). Pour n’en citer que deux :

Alexis Kohler, soupçonné de conflit d’intérêts, trafic d’influence, corruption passive en faveur de l’armateur de la Compagnie maritime bien connue, quand il était le Directeur de cabinet du ministre Macron. Aucune enquête judiciaire à ce jour, aucune mise en examen. Et pourtant ….

Richard Ferrand, ancien socialiste, ancien député de François Hollande, empêtré depuis plusieurs années dans l’affaire des mutuelles de Bretagne, et dans ce montage financier extravagant, qui pose des questions au regard du code pénal. Il emploie son fils comme assistant parlementaire, à l’époque. Le Député Ferrand, cosignataire d’une proposition de loi du groupe socialiste visant à permettre aux mutuelles de mettre en place des réseaux de soins aux tarifs avantageux pour les adhérents. Ce qui fait dire à Bernard Acoyer : « Il y a là conflits d’intérêts ».

Richard Ferrand, à la tête du conseil général du Finistère, accorde une subvention de 1,66 millions d’Euros pour l’aménagement d’une Ehpad, sa compagne en étant l’architecte d’intérieur.

Le 3 mars 2017, lors de la malheureuse affaire Fillon – Pénélope, il ose dire devant les médias : « cette affaire souille tous les élus de France ». Il échappe à la justice, soutenu par le pouvoir exécutif, et élevé, même, au titre honorifique de Président de l’Assemblée Nationale, depuis quelques jours.

En relisant les détails de ces deux affaires troubles : Alexandre Kohler et Richard Ferrand, et en comparant avec l’affaire Fillon –  Pénélope, j’ai de plus en plus le sentiment que la balance de Dame Justice penche en faveur du pouvoir exécutif. L’institution Justice n’est pas du tout indépendante, comme on veut nous en convaincre.

A quand les réformes tant attendues par beaucoup de citoyens français pour remédier à ce grave dysfonctionnement qui dure et perdure ?

Alexandre Benalla au Sénat

Deux articles, le premier de Monique Cochinal et le deuxième de Bernard Owen ,suivent.

Monique Cochinal

Après quelques éclats de voix et protestations véhémentes, soutenu dans ce sens par quelques ministres de La République en Marche, Alexandre Benalla se présente au Sénat, devant la commission d’enquêtes. Il est calme, poli, détendu, en possession de tous ses moyens. Tout d’abord, politesse oblige, il présente ses excuses au sénateur Bas pour les propos qu’il a pu tenir à son égard, ainsi qu’à tous les sénateurs. Il a un grand respect de toutes les institutions de la République, mais il a le sentiment d’un acharnement politique plutôt que la recherche de la vérité. Il dira tout ce qu’il sait, il expliquera, il le jure, mais sera muet concernant son enquête judiciaire. Message reçu cinq sur cinq par tous les sénateurs, qui ont mené leur enquête de façon remarquable, irréprochable. J’admire leur calme, leur détermination et la finesse de leurs questions.

Donc, toutes les questions posées ont porté sur Benalla lui-même, sans jamais évoquer les évènements du premier mai, et les conséquences, appartenant à l’enquête judiciaire. Comment avait-il été recruté et par qui, pendant la campagne du candidat Macron ? Puis, lors de l’élection du Président, combien d’entretiens avait-il eu, avec qui ? Acceptation du poste, par écrit ? Par téléphone ? Quelles fonctions précises exerçait-il auprès du Président Macron ? Une déclaration de patrimoine a-t-elle été faite ? Quand ? Son salaire mensuel de 6000 Euros net tenait-il compte des avantages en espèces ou en nature ? …… A chaque question, il répond, se justifie avec précision, se noie cependant dans les détails et s’éloigne de la réponse, ou, parfois se contredit. En résumé, on a l’impression d’une leçon bien apprise, qu’il débite avec beaucoup de conviction, sans compromettre personne. Il a été recruté pour ses qualités d’organisateur, de coordinateur. Il peut montrer ses certificats acquis grâce à son bon travail. Pas de passe droit. Il est apprécié de ses supérieurs. Il n’a jamais donné d’ordres aux policiers, juste des conseils. Il ne voit pas pourquoi certains policiers le craignaient. Il a de très bons rapports avec les forces de l’ordre et travaille beaucoup avec elles. Il justifie l’attribution d’un logement de fonction, sa mission exigeant une présence presque constante auprès du président et de ses collaborateurs. Il affirme, par deux ou trois fois, n’avoir jamais été policier et encore moins garde du corps du président. Tout ce qu’on a pu dire est faux et relève de commentaires politiques dirigés contre le gouvernement actuel.

De cette séance de plus de deux heures, il reste, cependant, des zones d’ombre importantes : s’il n’a pas le statut de policier, pourquoi a-t-il eu l’autorisation de port d’armes ? S’il n’est pas et n’a jamais été garde du corps, pourquoi porte-t-il une arme dans les déplacements et manifestations publiques, ou dans les déplacements privés du président ? A ce moment, ses explications ne sont pas claires. Il semble embarrassé. Il se contredit.

Je pense que nos sages sénateurs auront écrit leurs remarques, et signalé leurs doutes, qui apparaîtront dans leur rapport final, et qu’il y aura de graves dysfonctionnements mis en lumière dans nos institutions : dans le Ministère de l’intérieur : rôles et fonctions des gendarmes, des policiers. Qui fait quoi ? Notre Ministre de l’Intérieur a affirmé qu’il pensait que Monsieur Benalla était un policier, qu’il en avait donc le statut. Qui est responsable ? Et de quoi ?

Quant au Ministère de la justice, qu’on affirme indépendant, d’après notre constitution, il serait grand temps de définir les rôles et fonctions des policiers ainsi que les rôles et fonctions des magistrats. Il s’est, en effet, avéré que, selon les ordres de l’exécutif en place, le juge d’instruction se comportait comme un policier et condamnait avant la procédure normale, parfois très longue, et parfois très courte (en exemple : l’affaire Fillon). De plus, certains magistrats sont nommés d’office par le pouvoir exécutif (à nouveau, en exemple l’affaire Fillon). Contrairement à ce qu’on nous affirme, la justice n’est pas indépendante. Elle dépend, en partie, du pouvoir.

Toute personne mise en examen, avant toute forme de procès, est considérée, aux yeux des personnes, comme coupable, surtout lorsqu’il s’agit d’un concurrent politique à éliminer.

Que de drames évités, quand nos députés du nouveau monde auront reconnu ce grave dysfonctionnement de l’ancien monde et auront fait le nécessaire. Ils ont été élus pour cela.

Et la Magistrature?

Bernard Owen  Maria Rodriguez McKey

Qu’il soit possible d’avoir des doutes sur l’impartialité de la magistrature dans les procès politiques parait inacceptables. Que faire?  Les deux commissions sénatoriales ont indiquées le sérieux de cette Deuxième Chambre. La deuxième commission du Sénat interrogeait Benalla qui s’est fort bien comporté, à la surprise de certains. Certes, ses réponses, qui venaient sans difficulté, ont certainement mené de nombreux spectateurs a douter de l’action désordonnée qui entourait l’interrogé et soulignait le besoin d’une réflexion et d’un certain courage.

Une possibilité: Ne serait-il pas souhaitable que notre Chambre Haute (Sénatorial)  ait le droit de porter un avis sur les affaires juridique – politiques de haut rang?

Voici quelques extraits de l’entretien de maître Hervé Lehman par Alexandre Devecchio apparu dans le Figaro (Le procès Fillon).

«La rapidité avec laquelle l’affaire Fillon a été traitée au début est stupéfiante»

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – Dans un livre qui vise à faire toute la lumière sur «l’affaire Fillon», des révélations du Canard enchaîné à l’élimination de l’ex-candidat, Hervé Lehman dénonce la connivence entre le pouvoir judiciaire et l’exécutif.

…  Comment expliquez-vous cette lenteur après la rapidité de sa mise en examen?

Hervé LEHMAN.- Le rythme actuel de la procédure visant François Fillon est normal, c’est-à-dire conforme à la durée habituelle des procédures d’instruction. Ce qui est stupéfiant, c’est la rapidité avec laquelle l’affaire a été traitée au début, comme si on avait voulu éliminer le principal candidat de l’opposition. Comme il était procéduralement impossible de faire comparaitre François Fillon devant un tribunal dans les quelques mois de l’élection présidentielle, on a choisi d’ouvrir une instruction qui permettait sa mise en examen, cette pré-condamnation des présumés innocents.

À peine l’instruction ouverte, les juges d’instruction ont été désignés; à peine désignés ils ont convoqué, après avoir étudié le dossier pendant le week-end, François et Penelope Fillon pour les mettre en examen. Où était l’urgence? L’affaire remontait à plusieurs années… Certains disent: oui, mais si François Fillon avait été élu, il aurait bénéficié de l’immunité présidentielle pendant son quinquennat et l’affaire aurait été bloquée. Si c’est bien le raisonnement suivi par les juges, cela signifierait qu’ils avaient conscience que la mise en examen allait empêcher François Fillon d’être élu. C’est cette interférence du judiciaire dans le processus électoral qui pose un problème.

… Le Parquet national financier était-il légitime dans cette affaire?

Le parquet national financier a été créé pour lutter contre «la grande délinquance financière». La loi lui donne compétence pour les affaires de détournement de fonds publics «d’une grande complexité». L’affaire de l’emploi de Penelope Fillon est d’une grande simplicité. On n’a pas créé un parquet national financier pour vérifier l’emploi du temps d’une assistante parlementaire de la Sarthe. Si le parquet national financier s’est saisi, précipitamment (le jour même de la sortie de l’article du Canard enchaîné), en raison de la dimension politique de l’affaire, alors ce n’est plus un parquet national financier, mais un parquet national politique.

Cette saisine est d’autant moins compréhensible que, pour les affaires apparues à la même époque, la soirée à Las Vegas d’Emmanuel Macron organisée par Business France qui était dirigée par Muriel Penicaud, l’affaire des assistants parlementaires du Modem de François Bayrou, l’affaire mettant en cause Richard Ferrand, le parquet national financier ne s’est pas saisi, alors même que les deux premières sont plus complexes que le cas de Penelope Fillon.

Ce n’est plus un parquet national financier, mais un parquet national politique.

Il n’y a pas d’explication officielle satisfaisante à ce mystère. Interrogé par La Voix du Nord, le procureur de la République financier a répondu: «je n’ai pas de sens politique».

François Fillon n’a-t-il pas lui-même commis un certain nombre d’erreurs? À commencer par se mettre entre les mains des juges…

Il est évidemment plus facile de commenter après coup, que d’agir dans la tourmente. Mais il est certain que François Fillon a sous-estimé la virulence de l’offensive judiciaire dont il faisait l’objet. Pour qui avait analysé les conditions de la création du parquet national financier et la fermeté de son action dans les affaires mettant en cause la droite, en particulier Nicolas Sarkozy et son entourage.

Il en a été de même lorsqu’il a déclaré qu’il se retirerait de l’élection présidentielle s’il était mis en examen, parce qu’il était convaincu, à tort, que ce n’était techniquement pas possible. On pourrait dire qu’il a alors donné le mode d’emploi à ses adversaires judiciaires.

Après avoir sous-estimé l’offensive judiciaire, François Fillon a surjoué, tardivement, l’indignation en criant au complot et au cabinet noir. Ce n’était plus audible, après ce qu’il avait précédemment dit.

L’ancien Premier ministre a évoqué un cabinet noir. Croyez-vous à cette théorie du complot?

Il n’y a pas de cabinet noir, et pas de complot. Les choses sont plus subtiles que cela. Il y a une chaîne de magistrats, dont la plupart ont été nommés par François Hollande et Christiane Taubira, …

Comment le juge d’instruction est-il nommé?

Lorsque le juge Tournaire a été désigné comme juge d’instruction principal, la presse a dit: c’est «le juge de fer, François Fillon va passer un sale moment». Mais personne ne s’est interrogé sur la raison pour laquelle c’est ce juge qui s’est trouvé en charge de l’affaire Fillon. Le juge d’instruction n’est pas tiré au sort, il est désigné par le président du tribunal de grande instance. Évidemment, la désignation ne se fait pas au hasard ; elle ne se fait pas non plus sur des critères objectifs et pré-établis. Elle résulte d’un choix non justifié et non motivé.

Il doit donc être constaté qu’a été choisi pour l’affaire mettant en cause le candidat de l’opposition à l’élection présidentielle un juge qui est réputé pour traiter les politiques comme les délinquants de droit ..

 

 

 

 

 

 

Aux jardins de l’Elysée

Ghislain Mariette / Présidence de la République – NO PRESS

Monique Cochinal

Dimanche 16 septembre

e : c’est la journée du patrimoine. Les portes de l’Elysée sont grandes ouvertes. Déjà très tôt le matin, de nombreux visiteurs se pressent, font la queue pour découvrir ce superbe palais royal, ces splendides jardins éblouissants de soleil, car il fait encore très beau et chaud. Notre Président prend avec grand plaisir un nouveau bain de foule. Poignées de main à droite, à gauche, sourires détendus, photos, et, bien sûr, entouré de ses journalistes attitrés et leurs micros.

Dans la foule, un jeune homme s’approche et se présente : «  Bonjour, Monsieur le Président, j’ai fait une formation d’horticulteur, j’envoie  mes CV partout, depuis un certain temps, et je suis toujours au chômage, je n’arrive pas à trouver du travail ». La réponse est toute prête, pour notre Président : « du travail, il y en a pourtant. Je traverse la rue et je vous en trouve, moi du travail, il faut juste du courage et vouloir ». Il est vrai qu’il y a une bonne quantité d’offres d’emplois qui ne sont pas honorées, pour certains métiers. Mais, le hic c’est que ce pauvre jeune homme a une formation d’horticulteur. Planter, semer, arroser, tailler, entretenir de beaux parcs comme celui de l’Elysée, c’est son métier. Cette malencontreuse réponse de notre Président a vite été colportée à juste titre et pose question. Comment un président peut être aussi sûr de lui et parler de la sorte ? Il n’est pas sans ignorer que, même dans son nouveau monde, un horticulteur n’a pas du tout la même formation, et donc la même vie, qu’un cuisinier, qu’un carrossier, qu’un plombier, qu’un mécanicien ? Quel changement d’attitude et de ton avec son beau discours de présentation de son nouveau plan pauvreté, prononcé devant tous ces représentants d’associations caritatives, il y a quelques jours. Je repense à son prédécesseur : François Hollande, le champion des aides sociales, se disant très proche des pauvres, et traitant ces mêmes pauvres, en privé, de « sans dents » adjectif fort méprisant. Cela révélé par sa compagne de l’époque, après avoir été répudiée. Décidément, on ne peut guère faire confiance à de tels dirigeants.

Et en même temps, on veut stopper l’affaire Benalla en boycottant l’enquête de mercredi prochain, en invoquant, c’est le plus grave, de la part du Sénat, une violation de la constitution et de la séparation des pouvoirs : exécutif et justice. Comme si nos sénateurs ignoraient les lois de la République.

En y réfléchissant, depuis le début du règne Macron il en est ainsi. Pendant la malheureuse campagne présidentielle, tous les moyens furent bons pour éliminer les autres concurrents. François Fillon en est un exemple flagrant, et cela continue. On a parlé des costumes donnés en cadeau par son faux ami, et rendus, du reste, et maintenant, on parle de chemises de grande marque …. A quand les sous-vêtements et les chaussettes ? Quelle décadence dans ce nouveau monde !!

Les sources « dignes de confiance » du JDD

Bernard Owen

Le journal cite les sources « dignes de confiance ». Je serai ravi de les rencontrer. Hier, le Journal du Dimanche (JDD ‘EXCLUSIF. Fillon : en plus des costumes, il y avait aussi des chemises) mentionne les nombreux indices,  documents, témoignages qui pourraient entraîner sa comparution devant un tribunal correctionnel pour l’affaire des emplois contestés de sa femme. Dernière étape avant la possible clôture du dossier.

C’est en tous cas ce que commentent les sources dignes de foi . Un  « détournement de fonds publiques ». Qu’en est-il des costumes et même des chemises que François Fillon a accepté? L’on est loin du détournement de fonds publiques.

Pour cette « acceptation » il pouvait avoir deux raisons: Fillon qui ne doit pas être a plusieurs costumes ou chemises près, pouvait très bien accepter pour ne pas froisser son ami. Ce n’est que plus tard que le soi-disant « ami »  a montré sa véritable intention, celle d’avoir agi de la sorte en revanche de l’attitude de François Fillon à l’égard de Nicolas Sarkozy.  Sa réelle intention a fait l’objet d’une déclaration de lui-même à deux reprises à la télévision.

Le JDD annonce aussi les témoignages  de Pénélope Fillon qui fragilise la défense. La semaine entière était consacré aux  relations de travail de François Fillon avec sa femme. Le mode de fonctionnement de l’épouse dans l’équipe était pour « l’essentiel ». Le mot « essentiel » a son importance et modifie le raisonnement.

L’accusation  compare la déclaration de Fillon à celle du 29 mai 2017 où il avait évoqué des rapports écrits où étaient traités, par exemple, « L situation économique la Sarthe » ou bien « Le sort des élus locaux » et encore « L’aménagement du bocage  sabolien « .

François Fillon précisait que ces documents n’avaient pas été conservés. Cela peut très bien se comprendre car pour différentes raisons tous les documents ne sont pas conservés.  Cela dépend de quels documents. François Fillon avait souligné que les archives étaient détruites chaque année.

Cela est une bonne raison pour encourager les parlementaires de s’exprimer et n’empêche nullement le député ou sénateur d’en tenir compte et d’envoyer à l’intéressé par téléphone ou mail son propre point de vue.

L’on a trouvé dans l’ordinateur de Pénélope Fillon une lettre en date de janvier 2017. La date n’est pas certaine, elle pourrait être de juin 1997. Madame Fillon déclare que  « je commence à être rémunéré pour le travail que j’effectue pour François, jusque là, c’était de façon informelle ». Les enquêteurs ont trouvé une trentaine de cartons pleins.  Ne sachant pas ce qu’ils contenaient je n’ai pas d’opinion sur la valeur ou la nature du contenu.

L’étranger se régale de la valeur quelque peu douteuse du fonctionnement de nos institutions juridiques? qui leur paraissent éloignées de la notion fondamentale de procès « équitable » et déjà certains journaux étrangers l’assimilent à la classe politique.  C’est pour cela que nos commentaires sont en Français. Mais lisez donc le New York Times du 3 février 2017 (ci-dessous).

French Institutions: No Checks And Balances But, Rather, A Confustion Of Powers

Adam Nossitor’s article was written in the middle of the François Fillon crisis and it is about the political elite in general. The reality he describes is a  result of an instituional system that is based on a confusion of powers, be it at the political level or at the judicial one.

The Constitution gives the President of the 5th Republic the power to dissolve the National Assembly (Article Article 12).  The idea underpinning that article  is that the legisltive power seves as « check » on executive power.  It is not really that as Presidents of the French Republic have always had a majority in Parliament which, let’s get eal, will not vote against its own party and intrests.  Nevertheless, this Presidential power is not likely to be uses as the mandate of both the Executive and the Lagislative powers coincide (5 years), which was not the case at the time of the last one (1997).

The dissolution of a legislative assembly is a practice in parliamentary systems.  But there the Prime Minister and the National Assembly are one and only election, the legislative one. In France both national elections are distict, there is the Presidential election, and one month later the legislative one. So in a system where there is a true separation of powers the Executive should not have the right to dissolve an assembly which results from a separate legislative election.

This is rather a confusion of powers.

Maria Rodriguez McKey

Fillon Scandal Indicts, ForemostFrance’s Political Elite.

By Adam Nossiter

  • 3, 2017
  • One can say the same thing about the judiciary. The « juge d’instruction » (no equivalent in the US) leads the investigationof the he police.  He must lead it « à charge et à décharge or in englishaccusatory and exculpatory, which again, are two opposite powers in the US.  Judge Badinter talks about the « juge d’instruction » as being  schizophrenic .  An impossible task and, agai, a confusion of powers.

Maria Rodriguez McKey

 

Fillon Scandal Indicts, Foremost, France’s Political Elite

By Adam Nossiter

  • 3, 2017

PARIS — The president of the National Assembly does it. The president of the Senate defends it. Dozens of rank-and-file parliamentarians do it, too. Hiring your spouse, son or sister in France’s Parliament is perfectly legal.

So, with François Fillon, until recently France’s leading presidential candidate, in deep trouble for payments of nearly $1 million from the public payroll to his wife and children, many French politicians are asking: What’s the big deal?

The answer has, belatedly, come roaring back from much of the country’s press and public: They just don’t get it.

“Penelopegate,” a scandal named for Mr. Fillon’s wife, now threatens to sink the ambitions of a man who little more than a week ago seemed all but certain to become France’s next president.

But the scandal has done more than add another volatile element to France’s presidential campaign. It has also tapped a wellspring of anger in the French electorate and called into question the standard operating procedures of the political class.

The outrage has buffeted the establishment, rendering it ever more vulnerable to the same angry populist forces that have already upset politics as usual from Washington to London to Rome.

France’s gilded political culture of immunity and privilege — free train and plane tickets, first-class travel, chauffeurs, all in a setting of marble and tapestries — can no longer be taken for granted, analysts warn.

The perception of a political structure run by and for elites who use it to enrich themselves — sometimes corruptly, but more often perfectly legally — is helping propel the far-right National Front candidate, Marine Le Pen.

“Nepotism is part of French institutional genetics,” said Matthieu Caron, an expert on government ethics at the University of Valenciennes. “It is unfortunately a ‘great’ French tradition.”

The scandal over Mr. Fillon, he added, is “making the National Front’s day,” even as Ms. Le Pen’s party, too, faces its own no-show employment scandal in the European Parliament.

The difference is that, unlike Mr. Fillon, who has campaigned on a platform of probity and high ethics, Ms. Le Pen has never “presented herself as the incarnation of republican morality,” Mr. Caron said.

Though a fixture of France’s political landscape for over 40 years, the National Front has never held power at the top, and so can position itself outside the establishment.

Just how much Mr. Fillon’s scandal has improved the Front’s chances of toppling the old order in elections this spring is among the most urgent questions facing France and Europe as a whole.

The uproar has similarly lifted the hopes of Emmanuel Macron, the former Rothschild banker and economy minister in the Socialist government, who is running an insurgent campaign atop his own newly formed political movement.

The immediate problem facing Mr. Fillon from the revelations in The Canard Enchaîné newspaper is that it is not clear his family members actually worked for the money.

France’s financial prosecutor is now looking into Mr. Fillon’s cozy monetary arrangements with his wife. His parliamentary offices were raided this week, he and his wife, Penelope, were questioned by the investigators, and Mr. Fillon has said he will bow out of the race if he is indicted.

But it is telling of the decades of slow rot that have eaten into France’s political establishment that virtually no one in line to replace Mr. Fillon is untainted, either.

Former Prime Minister Alain Juppé, defeated by Mr. Fillon in the November primary, was himself convicted in a no-show employment scheme. The runner-up, former President Nicolas Sarkozy, too, is a subject of multiple financial investigations into alleged improprieties.

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The far-right National Front candidate Marine Le Pen in Paris on Wednesday. Her party faces its own no-show employment scandal in

In France, to be a high-level member of the political class is to enter an exalted state where it appears O.K. to summon a professional shoeshiner to the presidential palace (one of President François Hollande’s top aides was forced to resign after that and similar revelations). Lunches with the minister are at least three courses with wine, served by gloved footmen in gilt-paneled chambers hung with tapestries.

Which may explain why Mr. Fillon, 62 and also a former prime minister, sounded plaintive this week, defending himself at a Paris trade show.

He had been in France’s Parliament for 30 years and his wife had been working for him that long, he said. “If they wanted to get me in trouble over this, they could have done it earlier,” he complained.

But that may be precisely the problem. Mr. Fillon didn’t say it, but the implication seemed clear: Over years of fat parliamentary paychecks to his wife, nobody ever raised questions about it.

And that, in spite of the fact that she was never seen around the building, did not have a badge or an email address, according to some news reports, and told interviewers over the years she stayed away from her husband’s political life.

The sense of entitlement, and indeed nepotism, is an inheritance of the country’s monarchical culture, political experts and historians say.

At least 20 percent, and probably more, of French parliamentarians hire family members. Others hire the wives, children or nephews of colleagues, according to some in Parliament — a mutual back-scratching that can profit both sides.

Inside Parliament’s stately marbled chambers this week, some deputies ducked questions about family hiring. Just a few wondered whether moral issues might be involved.

“On the whole, they are not calling into question at all family employment,” insisted René Dosière, a veteran Socialist deputy who has been associated with ethics reform in Parliament. Even he defended the practice, though he does not do it himself.

“It is legal,” Mr. Dosière mused. “But is it moral?”

That question has not arisen publicly, until now, and for good reason, experts say. Employing family members “bears witness to a culture of caste or oligarchy that makes it absolutely natural for politicians to profit to the maximum from political power,” said Jean Garrigues, a leading historian of France’s political culture.

“There’s a custom, a culture which has become part of French political life, which is a heritage of the monarchy, and which is completely French,” Mr. Garrigues said. “There’s this idea that, as soon as he is picked, he’s free to dispose of public money as he pleases.”

That is so despite reforms in 2013 that have raised public expectations for change, something Mr. Fillon appears to have underestimated.

Since the ethics reform, members of Parliament have to give the names of their assistants, though not necessarily their relationship to them.

“François Fillon is in a new world now,” said Mr. Caron, the ethics expert. “There is a demand for transparency.”

Some lawmakers were indignant. “I’m transparent,” one parliamentarian, Jean-Pierre Gorges, said angrily. “I tell people, go see my wife and daughter, and you will see how hard they are working.”

“People are mixing everything up,” said Mr. Gorges, who represents the town of Chartres. “It’s all just to have next to you an employee who is actually much closer to you, and can keep things confidential. You are not just a deputy 9 to 5, you know.”

The scandal over Mr. Fillon is unlikely to simply blow over. “What was tolerated 10 years ago will no longer be tolerated by the French,” Mr. Garrigues said. “There’s a disjunction between public opinion and the conservatism of the politicians.”

That certainly appeared to be borne out in the comments of visitors to the grand old Parliament building this week. As the deputies ducked and scurried in a marble antechamber off the main hall, a visiting group from the rural Loiret département expressed dismay at the affair.

“This just casts a shadow over our political institutions,” Marc Bouwyn said. “And we are only now finding out about it.”

A version of this article appears in print on Feb. 4, 2017, on Page A6 of the New York edition with the headline: French Nepotism Scandal Incriminates Political Elite. Order Reprints | Today’s Paper | Subscribe

Jupiter descend de sa tour d’ivoire

Monique Cochinal

Aujourd’hui, c’est la présentation du plan (le énième) de lutte contre la pauvreté, au Musée de l’homme. Notre Président est en pleine forme, et il va parler sans interruption pendant plus d’une heure de ces oubliés de la société, nos pauvres, qu’il a longuement rencontrés récemment, qui lui ont ouvert les yeux, en lui faisant prendre conscience de toutes leurs difficultés, leurs souffrances. Avec les responsables des différentes associations et lui-même Président, ils mettront toute leur énergie pour éradiquer toute cette pauvreté par tous les moyens possibles, et avec l’aide de tous, car nous sommes plus ou moins responsables avec nos préjugés tels que : « Pourquoi ces personnes sur assistées refusent des offres d’emploi proposées ? » et encore : « Pourquoi refuser, ne serait-ce qu’un travail précaire, même le dimanche, par exemple ? ». Notre Président est transformé, il est « touché par la grâce ». Il va passer la fin de son quinquennat auprès des plus pauvres …. Que Dieu l’entende ! Mais, moi, je ne suis pas Dieu et je l’entends parler de « certains chômeurs fainéants », de « toutes ces aides sociales qui nous coûtent un pognon fou ».

Ce plan nouveau est ensuite très détaillé, avec, pour chaque réforme, de puissants arguments à l’appui. On n’oublie personne : les jeunes enfants (école obligatoire à trois ans). On pense aux futurs parents, même, car on va leur apprendre à devenir pères et mères, par des conseils distribués auprès d’organismes compétents. Encore, faudrait-il que ces jeunes parents veuillent suivre ces bons conseils. Pour les plus grands : école et formation obligatoire jusqu’à 18 ans. Formation professionnelle mieux organisée et plus juste. Chaque jeune doit pouvoir, selon ses capacités, choisir son futur métier. Les réformes de l’éducation nationale déjà engagées donnent des résultats, grâce à notre Ministre de l’éducation nationale Jean Michel Blanquer, du reste dans la salle. Ouverture de crèches, aides données pour la garde des enfants, prix de la cantine scolaire à 1 Euro dans certaines communes pauvres, cela sur tout le territoire. Création d’un revenu universel d’insertion, attribué d’office pour toute personne en grande difficulté, et j’en passe …… Trente millions d’Euros par ci, 50 000 d’Euros par là, 130 millions d’Euros là aussi. C’est pour la bonne cause, c’est même un excellent investissement. Où allons-nous trouver tous ces millions ? Au moment précis où on apprend que la France n’arrive pas à se redresser au point de vue économique, contrairement à beaucoup d’autres pays européens. Le bon sens veut que nous soyons plus qu’inquiets.

Il est vrai que l’idéal serait qu’il n’y ait plus un seul pauvre dans notre beau pays de France. Est-ce réalisable, même quand on s’appelle Emmanuel Macron ? Dans l’ancien monde, et depuis longtemps, on a souvent essayé, mais hélas, sans succès.

Ce fut un superbe discours, avec des promesses de campagne électorale de la part de notre Président, à la reconquête de cette masse de citoyens qui ne votent pas, tellement éloignés de la politique, ou bien qui iront voter pour un candidat Mélanchon ou Le Pen.

Encore une fois, le moment est particulièrement bien choisi pour un tel discours. Notre Président est à l’écoute des colères, des grognements de ces « gaulois réfractaires », il voit dégringoler sa popularité, il assiste au désamour de son peuple, dû surtout à son attitude jugée autoritaire, arrogante, presque inhumaine. Donc, changement complet d’attitude : le Président des riches se tourne vers les pauvres, avec « humilité ». Jupiter veut revenir sur terre….