Do-gooders

Bernard Owen
What should we think of Europe and others who consider that they can teach us everything about governance democracy then rush around the Middle East and try to impose it? They should, instead, read their history books. Not so long ago there was the Austrian-Hungarian empire. The 1914-1918 war tore it apart. The roads that took you from Vienna to Prague could no longer be taken like before as there were borders now and the same can be said for the Bratislava – Budapest connection. To make things worse, the Empire no longer had an army. The troops had come from different parts of the Empire but suddenly there was no unified army so the borders were ill-defined.
That was the past but for a while now, Austria is a good example of the effect of welcome structure for the vote against. In 1983, the government consisted of the Socialists and the small Liberal Party. In 1985, the presidential elections took place. The Catholic Party had chosen what appeared to be a very good candidate: Kurt Waldheim. He had been General Secretary of the United Nations. In the meantime, the American press accused Austria of giving secret information to the Soviet Union. The American Jewish Congress then accused Waldheim of having been a German officer during the war. Suddenly, antisemitism appeared in broad daylignt as nationalistic reflex.
Haider who was a member of the Liberal Party used this to change the party into a populist one. This boosted the Liberal Party which obtained, at first, 16% in the legislative elections.
A socialist government cannot form a coalition with a populistparty as a result of which new elections were organized in 1999. The results were:

Socialist Party: 33.2%
Catholic Party: 26.9%
Liberal Party: 26.9%

The Catholics and the Liberals formed a government. Some of the members of the European Union members refused to shake hands with the Austrian ambassador.
The government resigned in 2002. The vote for the liberals fell to only 10% because it was no longer the welcome structure for the vote against the government as it was in government.
Not only did WW I have a dramatic effect on Austria but so did WW II. Hitler wanted Austria. He had had Dolfuss, who was the prime minister, killed treachouresly in 1934. While Dolfuss lay agonizing the Nazis tried to force him to sign a decree that would not make Schusnig his succesor. Dolfuss refused and they let him bleed to death.

Before the war the Austrian Nazi party had obtained only 3% of the votes.

Schusnig went to see Hitler in 1938 but he was not received as a head of state having to wait in the lobby. Schusnig went back to Vienna and declared that a referendum would take place in order to have the Austrians decide whether or not to join Nazi Germany. Upon learning this, Hitler invaded Austria. All the pictures of Austrians hailing Hitler’s arrival in Vienna were all set up by Goebels.

To finish on a light note, Haider killed himself in a car accident. One of my students and myself could not agree on the make of his car.

Espagne, monarchie, république : la guerre des mots

Bernard Owen et Maria Rodriguez-McKey

Lors de l’abdication du roi d’Espagne, la télévision nous a montré une vue d’ensemble de la foule rassemblée Place Mayor de Madrid chantant des slogans anti-monarchiques. La télévision s’est alors rapprochée d’une des participantes, qui a dit haut et fort « nous voulons être des citoyens ». Cet événement nous a menés à faire quelques remarques.
• Vivre dans une république ou dans le cadre d’une monarchie constitutionnelle (comme en Espagne) représente sur le terrain de la démocratie la même chose, et le mot « citoyen » n’est qu’un mot, alors que la politique ne repose pas que sur des mots.
• L’Espagne a déjà été une République. La deuxième République a été décidée à partir des élections municipales du 12 avril 1931. La coalition anti-monarchique n’obtient pas la majorité sur l’ensemble des territoires (seulement 40 % des suffrages), mais elle se trouve à la première place dans les grandes villes. Il y eut des mouvements de rue à Madrid, et le roi Alphonse XIII, craignant des troubles et ne souhaitant pas conserver son trône au prix d’une guerre civile et d’un bain de sang, mal conseillé par ses proches, partit volontairement en exil, mais en oubliant la procédure habituelle de l’abdication.
La proclamation de la République, qui eut lieu deux jours après les élections, fut reconnue par la papauté, l’armée ainsi que par de nombreuses autorités politiques et intellectuelles.
Au cours de cette deuxième République, nous trouvons trois élections. La première en 1931 donne la victoire à la gauche. Elle crée l’Institut de la réforme agraire, qui s’enfonce dans des complexités juridiques.
Un autre point de la plus grande importance est le fait des erreurs que peuvent commettre les stratèges politiques. La gauche au pouvoir pense être en mesure de remporter les prochaines élections et décide de modifier la loi électorale pour amplifier la victoire en sièges de la tendance qui vient en tête des suffrages obtenus. Le gouvernement se base sur la loi Acerbo de Mussolini, qui, conçue 8 ans plus tôt, convient parfaitement à cette volonté.
La prévision du gouvernement, à savoir qu’il remporterait les prochaines élections, s’avère être fausse, et la droite remporte largement les législatives de 1933, grâce à cette nouvelle loi électorale. La droite au pouvoir ne donna pas l’image d’une entente exemplaire. Le parti de droite (CEDA) qui avait obtenu le plus de députés (115) aux Cortes ne fait pas partie du gouvernement, ceci fit mauvaise impression. Les conflits sociaux, dès 1934, se multiplièrent, alors que l’Espagne connaissait une production en hausse avec, de surcroit, d’ excellentes récoltes céréalières et un recul du chômage.
Fin 1934, des insurrections socialistes et anarchistes ont lieu dans plus de vingt provinces. En parallèle, la phalange espagnole se développe. Le gouvernement pense qu’une élection anticipée peut entraîner une majorité de centre droit.
Les élections du 6 février 1936 sont un autre exemple des erreurs d’appréciation des hommes politiques. La gauche remporte les élections avec une très faible marge au niveau des suffrages, mais très importante au niveau des sièges.
Grâce à leur implantation syndicale, dans le pays, les anarchistes représentaient une force égale aux socialistes et aux communistes. A droite, la phalange n’obtient aucun siège. Après la victoire de la gauche, celle-ci fait la même erreur que la droite en 1933. Le Parti Socialiste, le plus important de la gauche à l’assemblée (99 sièges) n’est pas au gouvernement.
L’insurrection d’une partie de l’armée, finalement prise en main par Franco, fait penser à la première République, qui ne dura que de 1873 à 1875, mise à mal par la notion d’indépendance, ou simplement d’autonomie, qui pénétra jusqu’à de simples villages et aboutit à la révolution cantonale !
Revenons à 1936 – 1937
Il existe une région très mouvementée qui mérite quelque attention. Il s’agit de la Catalogne. Les principaux évènements sont relatés ici :
Dès juillet 1936, la Catalogne et Barcelone se trouvent sous le contrôle des milices ouvrières.
Les syndicats anarchistes CNT se joignent au président de la généralité : Luis Companys. Ils forment le CCMA (Comité Central des Milices Antifascistes de Catalogne ), qui exerce les fonctions d’un gouvernement de Catalogne.Collectivisation des industries. La tendance s’étend à l’Aragon.
Le gouvernement républicain de Madrid est impuissant.
Climat de méfiance entre les institutions républicaines et les organisations ouvrières.
Le gouvernement de Madrid se retire à Valence, qui devient la capitale de l’Espagne.
Le bras droit de Companys tente de mettre de l’ordre dans les actes des patrouilles armées.
De violents affrontements entre le corps des douaniers et les patrouilles, qui se terminent à l’avantage des premiers. L’on craignait alors qu’une guerre ouverte éclate dans les villes du Nord de la Catalogne entre les anarchistes, le gouvernement, et les communistes .
Chaque camp constitue des dépôts d’armes et fortifie en secret ses édifices. A Barcelone c’est le chaos.
La Centrale téléphonique était occupée légalement par la CNT depuis le début de la guerre.
Le 2 mai, le ministre de la marine et de l’air du gouvernement de Valence voulut téléphoner à la généralité de Catalogne. Cette conversation et d’autres furent interrompues par la standardiste qui leur dit que les lignes devaient être utilisées à des fins plus importantes.
Un corps de 200 policiers commandés par le conseiller de l’ordre public de la généralité se rendit au central téléphonique. La CNT ouvrit le feu. La place de Catalogne se couvre de monde, l’on sort les armes et l’on érige des barricades.
Le 4 mai, le calme revient, mais les milices anarchiques attaquent les édifices gouvernementaux de la Catalogne. Les dirigeants des diverses factions lancent des appels au calme.
Le 5 mai, le Président Companys nomme des membres du gouvernement catalan pour négocier le cessé le feu, mais des tirs incontrôlés abattent les passants.
Le 6 mai, l’on tire au mortier.
A ce moment, 5000 hommes commandés par un colonel anarchiste sur ordre du gouvernement républicain quittent Madrid et Valence pour Barcelone pour rétablir l’ordre. Dans la nuit, trois vaisseaux de guerre républicains transportant des troupes atteignent Barcelone.
Le 7 mai, ces troupes arrivent à Barcelone et occupent plusieurs points stratégiques et désarment les miliciens.
Le 8 mai 1937, les rues sont tranquilles et les barricades démontées.
Les Républiques espagnoles nous présentent la guerre des mots. Les anarchistes voulaient faire la révolution pour gagner la guerre, alors que les communistes voulaient gagner la guerre pour faire la révolution. 4 ministres anarchiques étaient au gouvernement en novembre 1936. Nos amis anarchistes en discutent encore.

A new 50-state poll shows exactly why Clinton holds the advantage over Trump

The full article may be found at https://www.washingtonpost.com/

It’s a long road to the White House, so The Washington Post polled all 50 states to find out what each candidate needs to do to get there. (Peter Stevenson, Julio Negron, Zoeann Murphy/The Washington Post)
By Dan Balz and Scott Clement September 6
With nine weeks until Election Day, Donald Trump is within striking distance in the Upper Midwest, but Hillary Clinton’s strength in many battlegrounds and some traditional Republican strongholds gives her a big electoral college advantage, according to a 50-state Washington Post-SurveyMonkey poll.
The survey of all 50 states is the largest sample ever undertaken by The Post, which joined with SurveyMonkey and its online polling resources to produce the results. The state-by-state numbers are based on responses from more than 74,000 registered voters during the period of Aug. 9 to Sept. 1. The individual state samples vary in size from about 550 to more than 5,000, allowing greater opportunities than typical surveys to look at different groups within the population and compare them from state to state.
New poll shows how Trump-Clinton matchup is redrawing the ectoral map VIEW GRAPHIC
New poll shows how Trump-Clinton matchup is redrawing the
The massive survey highlights a critical weakness in Trump’s candidacy — an unprecedented deficit for a Republican among college-educated white voters, especially women. White college graduates have been loyal Republican voters in recent elections, but Trump is behind Clinton with this group across much of the country, including in some solidly red states.
The 50-state findings come at a time when the average national margin between Clinton and Trump has narrowed. What once was a Clinton lead nationally of eight to 10 points shortly after the party conventions ended a month ago is now about four points, according to the RealClearPolitics polling average. A number of battleground states also have tightened, according to surveys released from other organizations in recent days.
The Post-SurveyMonkey results are consistent with many of those findings, but not in all cases. Trump’s support in the Midwest, where the electorates are generally older and whiter, appears stronger and offers the possibility of gains in places Democrats carried recently. He has small edges in two expected battlegrounds — Ohio and Iowa — and is close in Wisconsin, Pennsylvania andMichigan, each of which Democrats have won in six consecutive elections.
At the same time, however, Trump is struggling in places Republicans have won consistently and that he must hold to have any hope of winning. These states include Arizona and Georgia, as well as Texas — the biggest surprise in the 50-state results. The Texas results, which are based on a sample of more than 5,000 people, show a dead heat, with Clinton ahead by one percentage point.
Clinton also leads by fewer than four points in Colorado and Florida and is tied with Trump in North Carolina. In Colorado, other polls have shown a larger Clinton lead. In Mississippi, Trump’s lead is just two points, though it’s doubtful that the GOP nominee is in much danger there.
Electoral college advantage for Clinton
In a two-way competition between the major-party candidates, Clinton leads by four points or more in 20 states plus the District of Columbia. Together they add up to 244 electoral votes, 26 shy of the 270 needed to win.
Trump leads by at least four points in 20 states as well, but those add up to just 126 electoral votes. In the 10 remaining states, which hold 168 electoral votes, neither candidate has a lead of four percentage points or better.
How our new poll compares with past presidential election results in every state
A series of four-way ballot tests that include Libertarian Party nominee Gary Johnson and Green Party nominee Jill Stein project a somewhat narrower Clinton advantage, with more states showing margins of fewer than four points between the two major-party candidates. But even here, at the Labor Day weekend turn toward the Nov. 8 balloting, the pressure is on Trump to make up even more ground than he has in recent weeks if he hopes to win the White House.
The poll finds Johnson is poised to garner significant support. He is currently receiving at least 15 percent support in 15 states. The libertarian’s support peaks at 25 percent in New Mexico, where he served two terms as governor. He is only four points shy of Trump’s 29 percent standing there. His support in Utah is 23 percent, and in Colorado and Iowa it is 16 percent. Stein has less support in the poll, peaking at 10 percent in Vermont and receiving at least 7 percent support in 10 states.

Overall, the results reflect Trump’s strategy of maximizing support in older, whiter Midwestern states where his anti-free-trade message and appeals to national identity generally find more fertile ground.
But his struggles elsewhere, including places that have long supported Republicans, illustrate the challenges of that strategy in more diverse states where his stances on immigration and some other positions have turned off Democrats, independents and many Republicans.
Demographic divisions shape the competition
To win the election, Trump must quickly consolidate the Republican vote. With prominent Republicans declaring they will not support Trump and some even announcing they will back Clinton, this represents a major challenge for the GOP nominee. In the Post-SurveyMonkey poll, Clinton is winning 90 percent or more of the Democratic vote in 32 states, while Trump is at or above that level in just 13.
As expected, the Clinton-Trump contest has split the electorate along racial lines. Their bases of support are mirror images: On average, Clinton does 31 points better among nonwhite voters than whites, and Trump does 31 points better among white voters than nonwhites.
The electorate is also divided along lines of gender and education, in many cases to a greater extent than in recent elections. Averaging across all 50 states, Clinton does 14 points better among women than men, and Trump does 16 points better among men than women. Clinton is winning among women in 34 states, and she’s close in six others. Trump leads among men in 38 states, is tied in six and trails in the other six.
It is among college-educated voters, however, where Trump faces his biggest hurdle. In 2012, white voters with college degrees supported Republican nominee Mitt Romney over President Obama by 56-42 percent. Romney won with 59 percent among white men with college degrees and with 52 percent among white women with college degrees.
So far in this campaign, Clinton has dramatically changed that equation. Among white college graduates, Clinton leads Trump in 31 of the 50 states, and the two are about even in six others. Trump leads among college-educated whites in just 13 states, all safe Republican states in recent elections.
Across 49 states where the poll interviewed at least 100 white college-educated women, Clinton leads Trump with this group in 38 states and by double-digit margins in 37. Averaging across all states, Clinton leads by 23 points among white women with college degrees.
Trump’s base among white voters without a college degree remains strong and substantial. He leads Clinton in 43 of the 50 states, and the two are roughly even in five others. She leads among white voters without a college degree in just one state: Vermont.
Overall, Clinton does 19 points better among white college graduates than whites without degrees while Trump does 18 points better among whites without degrees than whites with college educations, on average.
Trump’s challenge in the states that remain close will be to produce significant turnout among white, non-college voters to offset those Clinton margins, but it’s far from clear that there are enough of them to be decisive. Absent that, the GOP nominee must find a way to appeal to these college-educated voters during the final weeks of the campaign.
States and regions shaping the race
Trump’s strength across some of the states in the Midwest is one potential bright spot for the Republican nominee. Clinton’s biggest lead among the contested states in that region is in Pennsylvania, where her margin is just four points. InWisconsin and Michigan, she leads by a nominal two points, while Trump leads by four points in Iowa and three points in Ohio.
Recent polls by other organizations have indicated that Wisconsin has tightened over the past month. A recent Suffolk University poll in Michigan shows Clinton leading by seven points, and the RealClearPolitics average in Ohio shows Clinton ahead by three points. Overall, among the quintet of Ohio, Michigan, Wisconsin, Iowa and Pennsylvania, Michigan has been the Democrats’ most reliable of the group, always one of the 15 best-performing Democratic states over the past five elections.
The Rocky Mountain West is another area of fierce competition. The Post-SurveyMonkey poll shows Colorado closer than other polls there, with Clinton leading by just two points and the race tied when Johnson and Stein are included. Meanwhile, Clinton and Trump are roughly even in Arizona. In Nevada, Clinton enjoys a lead of five points in head-to-head competition with Trump but by just three points in a four-way test.
Local Politics Alerts
Of all the states, Texas provided the most unexpected result. The Lone Star State has been a conservative Republican bastion for the past four decades. In 2012, President Obama lost the state by 16 points. For Democrats, it has been among the 10 to 15 worst-performing states in the past four elections.
The Post-SurveyMonkey poll of Texas shows a dead heat with Clinton at 46 percent and Trump at 45 percent. Democrats have long claimed that changing demographics would make the state competitive in national elections, but probably not for several more cycles.
A comparison of the current survey with the 2008 Texas exit poll (there was no exit poll there in 2012) points to reasons the race appears close right now. Trump is performing worse than 2008 GOP nominee John McCain among both whites and Hispanics, while Clinton is doing slightly better than Obama.
Among men, Trump is doing slightly worse than McCain did eight years ago. The bigger difference is among women. McCain won a narrow majority of women in Texas while Trump is currently below 40 percent. That’s not to say Texas is turning blue in 2016. Given its history, it probably will back Trump in November and possibly by a comfortable margin. But at this stage, the fact that it is close at all is one more surprise in a surprising year.
Emily Guskin contributed to this report.

Réflexions sur l’être humain et son vivre ensemble

Bernard Owen, Maria Rodriguez-McKey
L’on va réfléchir un instant sur l’époque présente, dont les traces occupent toutes les rangés de nos bibliothèques. L’objet est complexe, car la longue histoire de l’être humain se prolonge jusqu’à nous. Alors, peut-on mettre de côté un élément, le plus étroit soit-il, dont nous avons décidé de nous occuper.
Ce qui est extraordinaire chez l’être humain réside dans sa façon de nous rejoindre à travers le temps, sans le savoir, sans le vouloir. Serais-je vieux jeu car j’écris tout en écoutant de la musique du 17ème siècle ? Je suis dans mon bureau, certes isolé, mais émerveillé par ce que j’écoute. Première leçon, le passé peut nous apporter du bonheur. Cette musique n’est certes pas la mode de l’instant présent, mais c’est mon choix, et cela n’est-il pas formidable ?
On peut penser : « la musique c’est facile, car de nos jours, Haendel joue pour nous ». Et pourtant, cela ne va pas de soi. Il a fallu le génie du compositeur, le travail assidu du fabriquant d’instruments, le pratique quotidienne du vocaliste, le travail d’ensemble d’un duo ou d’une chorale, l’harmonie des sons de la soprano à la basse. En musique, pour moi, le temps n’existe pas, ou si peu, car Haendel m’aide dans mon travail. Quand on y pense, que de temps passé pour reproduire cette musique, que de travail supplémentaire fourni par d’autres êtres humains : Les ingénieurs, pour associer la vitesse de défilement des bandes magnétiques par rapport à l’électronique qui allait transformer des signaux en une merveilleuse musique.
Voilà déjà une similitude entre les anciens et nous : mettre en avant toutes nos énormes facultés pour rendre possible l’impossible.
Un autre merveilleux avantage dont nous disposons : la communication. Tout ce qui est en nous peut s’exprimer. Nous pouvons nous comprendre, nous disputer ou influencer l’autre ou les autres à différents degrés ; d’ailleurs, à travers le temps, l’on voit certaines idées se répandre en Europe : Notre monde tourne-t-il autour du soleil ? Peut-on remettre en cause ce qui est connu depuis si longtemps ? Et pourtant, à une certaine époque, à force de calculs, de réflexions, d’écrits, de réunions à travers le monde, car les universitaires voyageaient déjà, ils étaient curieux et voulaient savoir si dans d’autres lieux un obscure personnage n’avait pas écrit un texte se rapprochant du sien, à la lumière de tout cela, le monde a pu progresser.
L’invention de l’imprimerie avait permis la diffusion des raisonnements de la pensée, et si l’autorité d’un pays avait interdit la publication d’un ouvrage, l’on allait aux Pays Bas, où la tolérance était plus grande que chez soi.
L’astronomie est un merveilleux exemple d’une interrogation internationale et dans le temps. L’être humain, à certains moments, avait trop chaud, à d’autres très froid. Ce soleil, qui restait plus ou moins longtemps avec nous, intriguait quand même certains. Pendant longtemps, il a semblé évident que le soleil se levait et se couchait autour de la terre. Pourquoi penser autrement, toutes nos croyances allaient dans ce sens. L’intérêt de l’être humain ne repose-t-il pas sur la curiosité ? le pourquoi des choses ?
La notion que c’était la terre qui tournait autour du soleil « l’héliocentrisme » a mis très longtemps pour traverser les mers. Cette notion apparaît dans des textes indiens plusieurs siècles avant notre ère. C’est seulement au 5ème siècle avant notre ère que Philolaos de Crotone, penseur grec, avança que la terre n’était pas le centre de l’univers.
Au VIIème siècle, les penseurs arabes connaissaient la notion traduite en latin, et probablement connue de Copernic. Déjà 500 ans avant lui, Al-Qanûn al Mas’ûdi admet, en suivant les travaux des grecs, le principe de la rotation de la terre autour du soleil. Dans son « Codex Leicester », en 1510, Léonard de Vinci démontre que la lumière de la lune provient de la réverbération de la terre.
Déjà au XIVème siècle, le Cardinal Nicolas de Cunes, en tenant compte des travaux déjà accomplis, annonce que la terre est en mouvement, et que la taille de l’univers n’est pas terminée. Copernic crée la base de l’astronomie moderne, sur laquelle on travaille encore. En son temps, la modernité des idées de Copernic n’a pas été acceptée, et à partir de 1616, Luther et le catholicisme le mit à l’index. Cependant, l’esprit de l’être humain ne peut laisser un problème en partie élucidé. Isaac Newton, James Bradley, Frederich Wilhem Bessel, Foucault y travailleront ensuite. La question du fonctionnement de l’univers n’est toujours pas terminée, et les travaux continuent.
L’être humain ne cesse de s’interroger et de surprendre dans tous les domaines. Dans son don de l’art, citons deux noms de lieux fabuleux : Lascaux et Altamira. A quand remontent ces gravures, ces sculptures dans des abris, ces lieux cachés. Les gravures peuvent être belles. J’ai encore en mémoire un taureau, qui est là, non pas l’œuvre d’un graveur de notre temps, mais d’un être humain qui vivait il y a quinze mille ans. Pourquoi cette gravure entrelacée avec d’autres? 0n peut envisager plusieurs hypothèses : un besoin matériel de reproduire ces animaux, qui les entouraient, et nécessaires à leur vie. Ou bien, tout simplement, le désir et la joie de graver, de fixer à jamais dans la pierre tout ce qui faisait leur vie.
L’on a trouvé, ici ou là, quelques sculptures sur galets, que l’on a nommées Venus, mais, tout en étant loin de l’excellent dessin des animaux, il est certain que ces galets représentent une femme.
Etant donné ces formes très différentes, on peut dire que l’être humain dessine sculpte, grave, quelques soient les raisons. Il lui faut trouver un abri pour se protéger du froid, pour loger sa famille, mais, cet abri servira de support pour un sculpteur ou de toile pour un peintre. On perçoit, cependant, une règle. Il ne suffit pas de faire comme le précédent, il faut aller au-delà. L’observateur pacifiste sera ravi, indifférent ou mécontent. Pourquoi ne pas faire comme le précédent, c’était très bien ? Je pense que l’être humain aura tendance à toujours aller de l’avant, même parfois de façon irrégulière. Il semblerait qu’un avancement continu soit le signe d’un besoin souhaité de tous.
Avant la dernière guerre, aucune ligne aérienne régulière ne traversait l’Atlantique. Que de changements ! Certes, tout n’a pas été facile : les premiers avions de passagers d’après guerre, les comètes à réaction, s’écrasèrent au sol. Les Allemands, pendant la guerre, avaient réussi la réaction guidée à l’avance : les VI et VII, mais une fusée apporte la destruction au sol et personne n’est à bord.
Contrairement au règne animal limité à des réflexes innés : se nourrir, dormir, se défendre en cas d’attaque, se relaxer, dans l’évolution de la pensée humaine, un certain laps de temps intervient. Ne dit-on pas « Rome ne s’est pas fait en un jour ». Pour vivre en famille, en groupe, dans un lieu, nous avons besoin de règles bien déterminées. Notre intelligence nous permet de chercher, d’inventer, d’avancer dans tous les domaines. Cependant, certaines failles apparaissent, nos chercheurs s’en inquiètent, ils écrivent de longs traités, réfléchissent, avancent des chiffres mathématiques, sans tenir compte de la réaction imprévisible de chaque être humain.
Voyons, dans nos recherches, ce que nous estimons être une faille dans le fonctionnement de ce mot clé « démocratie ». Tous les grands ensembles veulent « la démocratie ». Les Etats démocratiques sont riches, alors pourquoi ne pas en faire partie ?
Qui dit démocratie, sous-entend élections. Alors comment voter ? Une première difficulté apparaît : les différents modes de scrutin, majoritaires, mixtes ou autres ? Nos amis « proportionnalistes » considèrent l’électeur comme un chiffre mathématique. Par de savants calculs, l’on s’arrange pour que le pourcentage de suffrages exprimés soit approximativement égal au pourcentage de sièges. C’est à ce moment qu’un danger apparaît, car, encore une fois, l’être humain n’est pas un chiffre, et deux autres éléments surgissent : la structure d’influence. Quel que soit le mode de scrutin adopté, il va jouer un rôle. Ce premier élément est l’influence d’une assemblée de personnes sans appellation politique, mais dont le but est de réunir une partie de la population pour la conseiller, l’aider. Les membres de cette assemblée doivent être disponibles, se rendre dans les familles, organiser des réunions régulières, avoir des activités à des endroits différents. Prenons un exemple : En Grande Bretagne, au départ, il existait deux religions, l’Eglise officielle de l’Etat, la Reine d’Angleterre et l’Archevêque de Canterbury, et d’autres Eglises protestantes officiant dans des lieux de culte différents. Ces Eglises protestantes informelles ont eu une importance capitale dans la création du Parti Libéral et la mise en place du syndicalisme ouvrier. Les spécialistes des systèmes électoraux ne connaissent pas la notion de structure d’influence électorale, que l’on voit pourtant à l’œuvre dans les démocraties du 19ème siècle, et encore en Europe et au Moyen Orient. Le deuxième élément d’une grande importance est la structure d’accueil pour le vote contre le gouvernement (vote protestataire).
En se penchant plus profondément sur ces deux éléments fondamentaux souvent passés inaperçus, voyons quelques cas très précis.
1. Les groupes d’influence électorale
La dominance électorale du Parti Socialiste de 1919 à 1930 et la régularité du parti du Centre (catholiques) nous mettent en présence de deux catégories de partis que nous trouvons dans d’autres pays en position de dominance : le Parti Socialiste en Suède, en Norvège, au Danemark et en Autriche. Le Parti Démocrate Chrétien en Italie et en Autriche, ainsi qu’à un moindre degré en Hollande, en Belgique et en France lors de la IVème République.
2. La structure d’accueil pour le vote protestataire
Le Parti Nazi (N.S.D.A.P.) passe brusquement de 2,6 % des suffrages en 1928 à 18,3 % en 1930 et se présente, à la surprise générale, comme la deuxième force électorale après le Parti Socialiste. Ce type de phénomène électoral ne nous est pas inconnu. Nous avons déjà rencontré des partis, qui deviennent une nouvelle structure d’accueil pour le vote anti gouvernemental, ou du système politique, des partis, en quelque sorte, « champignons », dans l’Europe proportionnaliste. Quels sont les rapprochements à faire entre ces nouvelles structures d’accueil pour le vote « contre », qui apparaissent dans des pays très différents et à des époques éloignées les unes des autres ? existe-t-il un lien entre les évènements, qui placent sur le devant de la scène électorale des personnalités très différentes que sont celles d’Hitler en 1930, Poujade en 1956 et Glustrop en 1973 (pour ne citer que les plus connus).
Pour ce qui est du vote Nazi, il faut distinguer celui de mai 1924 de celui de 1930, car en 1924, le vote se porte sur un parti très peu connu, mais qui a fait l’actualité un instant grâce à Hitler, qui vient d’être condamné pour son coup d’Etat manqué en Bavière. En 1930, le Parti Nazi possède des adhérents, quelques députés et une organisation paramilitaire, mais les milieux autorisés considèrent Hitler comme un agitateur de province.
Apparition électorale du nazisme, mai 1924
L’année 1923 sera mauvaise pour l’Allemagne. Deux éléments clés sont à retenir : sur le plan international, les Français et les Belges occupent La Ruhr, en raison du retard dans les livraisons que doit l’Allemagne au titre des réparations de guerre. L’opinion publique allemande réagit très fortement et une campagne d’opposition s’organise sur place. Sur le plan financier, 1923 représente l’aboutissement d’une dévaluation commencée en 1921. Il fallait 75 marks en 1921 pour 1 dollar, 400 en 1922, 7000 en janvier et 4 milliards en novembre 1923.
Hitler choisit cette époque pour son coup d’Etat manqué, le 8 novembre 1923. Le danger de la situation intérieure est évident pour tous, et le gouvernement procède à la dissolution du Parti Communiste, le 23 novembre 1923, le souvenir est encore présent lors des législatives de 1924. Nombreux sont ceux qui ont perdu leurs économies.
Trois formations nationalistes et racistes, qui lancent des slogans « anti système »se présentent aux élections du mois de mai. Le Parti Social Allemand de Richard Kunze, qui obtient 1,1 % des suffrages et quatre sièges, et le Parti Racial Allemand (Deutsche Volkische Partei), qui est formé par trois anciens députés du Parti Nationaliste Allemand (Grafe, Walle, Henning). Ce dernier présente des listes communes avec le N.S.D.A.P. pour obtenir ensemble 6,5 % des suffrages et 22 sièges.
Succès économiques : 1924 – 1929
De nouvelles élections législatives ont lieu en décembre 1924, et le vote nazi descend à 3 % des suffrages, 2,8 % des sièges (14 députés). Le calme financier est confirmé grâce à « …. Un véritable sorcier des finances, Hilmer Greely » pour citer William Shirer. Certains expliquent aussi la baisse du vote nazi en invoquant le fait qu’Hitler ait disparu de l’actualité et que la publicité autour de son procès à Munich, en février 1924, était oubliée. Cette dernière raison ne paraît pas aussi déterminante que la précédente, car les raisons qui poussaient les Allemands, encore désespérés par la débâcle financière, à voter pour l’extrémisme politique en mai 1924, avaient disparu en décembre de la même année. En sept mois, Hitler perd plus de la moitié de ses suffrages, soit 1.010.400 électeurs, et les 970 900, qui lui restent, paraissent un chiffre raisonnable et peu significatif pour un électorat de 39.000.000, dans le cadre d’un scrutin proportionnel destiné à encourager toute les tendances de l’opinion politique.
Quant aux finances, les investissements étrangers en Allemagne, au 31 juin 1931, sont estimés à :
Etats Unis – 5 milliards de Marks – 55 %
Grande Bretagne – 1. 100 millions de Marks – 11,5 %
Hollande – 1. 174 millions de Marks – 13,5 %
Suède – 797 millions de Marks
Suisse – 512 millions de Marks
France – 475 millions de Marks
La Société General Motors possède 80 % d’Opel, qui représente, en 1928, 60 % de la production automobile allemande.
L’Amérique est très présente dans l’industrie textile, l’hôtellerie, le cinéma.
Il est certain que le succès économique de l’Allemagne, de 1924 à 1929, calme les esprits et retire des suffrages au Parti Nazi, mais l’instabilité politique et les difficultés rencontrées par les partis pour former des coalitions gouvernementales sont longuement commentées par la presse et sont sujettes à des plaisanteries, dont les parlementaires font les frais. Vingt cabinets se succèdent de février 1919 à janvier 1933. Ceci représente une durée de 8 mois, ce qui est proche de celle de la IVème République française (7 mois). Auguste Soulier décrit la manière dont les cabinets sont formés : « un grand nombre de combinaisons ont été essayées, tour à tour, les partis « constitutionnels » entraient dans une coalition, s’abstenaient de participer à la suivante, faisaient une opposition constante ou soutenaient par intermittence le cabinet ». Aucune des législatures de Weimar n’a terminé son terme naturel, toutes ont été dissoutes.
Les gouvernements majoritaires ne représentent que 4 ans et demi de la République. Le restant du temps, l’Allemagne, pays ayant un électorat de 40 millions, possède un gouvernement minoritaire, parfois de coalition, dont le scrutin parlementaire n’est pas assuré et dépend des circonstances. Faire voter un projet de loi est un exercice acrobatique, ou parfois impossible, d’où le recours aux décrets présidentiels. La nécessité de légiférer entraîne une interprétation très extensive de l’article 48 de la Constitution, qui interdit la dissolution du Reichstag pour la même raison.
La conséquence de l’instabilité : les élections législatives de 1930
Le niveau industriel de l’Allemagne et la quantité de capitaux étranger investis dans ses industries (dont la moitié provenait des Etats Unis), ainsi que les réparations que l’Allemagne devait verser aux alliés, ont rendu l’Allemagne particulièrement vulnérable à la crise boursière de septembre 1929 aux Etats Unis et à ses conséquences économiques. En 1930, l’Allemagne compte 2.800.000 chômeurs.
La crise frappe l’Allemagne alors qu’elle est gouvernée, depuis juin 1928, par une coalition de cinq partis (Chancelier Muller). Or, un gouvernement de large coalition, réunissant cinq partis représentant presque toutes les tendances de l’idéologie démocrate peut paraître séduisant. N’est-il pas souhaitable que l’ensemble des partis démocrates participe à l’expérience qu’ils veulent réussir ? Que le travail de reconstruction s’accomplisse au-delà des politiques partisanes, chacun y mettant du sien ?
Il est certain que, tant qu’il s’agissait d’assurer la gestion du pays en temps d’expansion économique, la coalition dirigée par le Chancelier Muller a résisté à l’éclatement, mais le déclanchement de la crise de septembre 1929 a provoqué un tel bouleversement économique et social, faillites, chômage, que les mesures énergiques et parfois impopulaires, qu’il fallait prendre, ne pouvaient pas faire l’unanimité au sein d’un ensemble de cinq partis, tous sensibles à l’opinion publique (donc de leurs électeurs). Pouvait-on risquer de perdre ses électeurs en restant dans un gouvernement dont la popularité s’effondrait ?

En temps de crise, la population s’attend à une action énergique et efficace. Tout régime suppose un homme ou une équipe capable de gouverner, et les démocraties édictent des règles selon lesquelles le gouvernement est constitué. Or, en 1930, l’application des règles n’était pas possible. L’Allemagne était gouvernée en ayant recours à des règles d’exception et, de surcroît, pour des raisons qui n’étaient pas celles prévues par la constitution. Les vains efforts des partis démocratiques pour s’entendre sur la politique à suivre étaient présentés par les médias, et le côté dérisoire de la vie parlementaire allemande était évident pour tous.
Il faudra des siècles à l’être humain pour découvrir, transmettre et affiner ses connaissances, dans tous les domaines, grâce à un travail acharné précédent, présent ou suivi des générations successives.
Or, le point faible de nos connaissances n’apparaît que de nos jours. Peut-on parler de l’art de vivre ensemble ? Dès le départ, il semblerait que la force, la puissance fussent les éléments dominants. La puissance avait ses règles : le citoyen, l’affranchi, l’esclave. Puis, le choix des chefs se fit par hérédité de la lignée familiale, par la fonction transmise.
A notre époque, nous en sommes à la « démocratie », mais ce mot n’a pas réglé nos difficultés, loin de là….
La Démocratie politique ? Cela veut dire que chaque personne a son idée politique qu’elle peut présenter individuellement, ou bien au sein d’un groupement de plusieurs personnes, plusieurs opinions différentes. Il sera bien difficile ou même impossible de prendre une quelconque décision. Il faudra donc prévoir, dans nos règles, un consensus de ces différentes opinions. A ce stade, les difficultés apparaissent. Quel mode de scrutin choisir ?
Un scrutin majoritaire uninominal ; dans ce cas, un seul candidat sera choisi par l’électeur (précision donnée d’avance : sur le bulletin de vote, un seul nom retenu). L’on peut utiliser (comme l’a fait longtemps la Grande Bretagne), le scrutin majoritaire binominal. Dans ce cas, l’électeur peut alors choisir deux candidats. La pratique a montré que l’électeur choisit habituellement deux candidats de la même tendance.
Depuis la fin du 19ème siècle, des hommes politiques et des mathématiciens ont mis au point des systèmes proportionnels, où l’effet recherché était non pas de regrouper l’ensemble des opinions d’une nation, mais de privilégier chaque individu, qui devait être essentiellement libre de son choix. On a donc divisé une nation en grandes circonscriptions, ou même on a réuni les suffrages de toutes les circonscriptions au niveau national, pour le transfert en sièges. Ce fut le cas de la République de Weimar, où, lors des deuxièmes élections législatives l’on voit apparaître le Parti de Bavière, qui retira des suffrages au Grand Parti (du centre) Catholique, où, de la même façon, l’apparition du Parti Communiste retira des suffrages au Parti Socialiste.
La grande règle, pour toute démocratie, devrait être la simplicité. Un étudiant Africain, lors d’un de mes cours, a fait le rapprochement entre consensus, dont je venais de parler, concernant la Commission Centrale Electorale, et le palabre africain. J’ai trouvé ce rapprochement intéressant.
Cette notion consensuelle a été pratiquée au Kosovo, contrairement à ce que l’on avait pratiqué en Bosnie Herzégovine.

A new 50-state poll shows exactly why Clinton holds the advantage over Trump

(Article from the Washington Post)

It’s a long road to the White House, so The Washington Post polled all 50 states to find out what each candidate needs to do to get there. (Peter Stevenson, Julio Negron, Zoeann Murphy/The Washington Post)
By Dan Balz and Scott Clement September 6 at 7:00 AM
With nine weeks until Election Day, Donald Trump is within striking distance in the Upper Midwest, but Hillary Clinton’s strength in many battlegrounds and some traditional Republican strongholds gives her a big electoral college advantage, according to a 50-state Washington Post-SurveyMonkey poll.
The survey of all 50 states is the largest sample ever undertaken by The Post, which joined with SurveyMonkey and its online polling resources to produce the results. The state-by-state numbers are based on responses from more than 74,000 registered voters during the period of Aug. 9 to Sept. 1. The individual state samples vary in size from about 550 to more than 5,000, allowing greater opportunities than typical surveys to look at different groups within the population and compare them from state to state.
New poll shows how Trump-Clinton matchup is redrawing the electoral map VIEW GRAPHIC
New poll shows how Trump-Clinton matchup is redrawing the electoral map
The massive survey highlights a critical weakness in Trump’s candidacy — an unprecedented deficit for a Republican among college-educated white voters, especially women. White college graduates have been loyal Republican voters in recent elections, but Trump is behind Clinton with this group across much of the country, including in some solidly red states.
The 50-state findings come at a time when the average national margin between Clinton and Trump has narrowed. What once was a Clinton lead nationally of eight to 10 points shortly after the party conventions ended a month ago is now about four points, according to the RealClearPolitics polling average. A number of battleground states also have tightened, according to surveys released from other organizations in recent days.
The Post-SurveyMonkey results are consistent with many of those findings, but not in all cases. Trump’s support in the Midwest, where the electorates are generally older and whiter, appears stronger and offers the possibility of gains in places Democrats carried recently. He has small edges in two expected battlegrounds — Ohio and Iowa — and is close in Wisconsin, Pennsylvania andMichigan, each of which Democrats have won in six consecutive elections.
At the same time, however, Trump is struggling in places Republicans have won consistently and that he must hold to have any hope of winning. These states include Arizona and Georgia, as well as Texas — the biggest surprise in the 50-state results. The Texas results, which are based on a sample of more than 5,000 people, show a dead heat, with Clinton ahead by one percentage point.
Clinton also leads by fewer than four points in Colorado, Florida and is tied with Trump in North Carolina. In Colorado, other polls have shown a larger Clinton lead. In Mississippi, Trump’s lead is just two points, though it’s doubtful that the GOP nominee is in much danger there.
Electoral college advantage for Clinton
In a two-way competition between the major-party candidates, Clinton leads by four points or more in 20 states plus the District of Columbia. Together they add up to 244 electoral votes, 26 shy of the 270 needed to win.
Trump leads by at least four points in 20 states as well, but those add up to just 126 electoral votes. In the 10 remaining states, which hold 168 electoral votes, neither candidate has a lead of four percentage points or better.
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How our new poll compares with past presidential election results in every state
A series of four-way ballot tests that include Libertarian Party nominee Gary Johnson and Green Party nominee Jill Stein project a somewhat narrower Clinton advantage, with more states showing margins of fewer than four points between the two major-party candidates. But even here, at the Labor Day weekend turn toward the Nov. 8 balloting, the pressure is on Trump to make up even more ground than he has in recent weeks if he hopes to win the White House.
The poll finds Johnson is poised to garner significant support. He is currently receiving at least 15 percent support in 15 states. The libertarian’s support peaks at 25 percent in New Mexico, where he served two terms as governor. He is only four points shy of Trump’s 29 percent standing there. His support in Utah is 23 percent, and in Colorado and Iowa it is 16 percent. Stein has less support in the poll, peaking at 10 percent in Vermont and receiving at least 7 percent support in 10 states.
[Read the full Post-SurveyMonkey results]
Overall, the results reflect Trump’s strategy of maximizing support in older, whiter Midwestern states where his anti-free-trade message and appeals to national identity generally find more fertile ground.
But his struggles elsewhere, including places that have long supported Republicans, illustrate the challenges of that strategy in more diverse states where his stances on immigration and some other positions have turned off Democrats, independents and many Republicans.
Demographic divisions shape the competition
To win the election, Trump must quickly consolidate the Republican vote. With prominent Republicans declaring they will not support Trump and some even announcing they will back Clinton, this represents a major challenge for the GOP nominee. In the Post-SurveyMonkey poll, Clinton is winning 90 percent or more of the Democratic vote in 32 states, while Trump is at or above that level in just 13.
As expected, the Clinton-Trump contest has split the electorate along racial lines. Their bases of support are mirror images: On average, Clinton does 31 points better among nonwhite voters than whites, and Trump does 31 points better among white voters than nonwhites.
The electorate is also divided along lines of gender and education, in many cases to a greater extent than in recent elections. Averaging across all 50 states, Clinton does 14 points better among women than men, and Trump does 16 points better among men than women. Clinton is winning among women in 34 states, and she’s close in six others. Trump leads among men in 38 states, is tied in six and trails in the other six.
It is among college-educated voters, however, where Trump faces his biggest hurdle. In 2012, white voters with college degrees supported Republican nominee Mitt Romney over President Obama by 56-42 percent. Romney won with 59 percent among white men with college degrees and with 52 percent among white women with college degrees.
So far in this campaign, Clinton has dramatically changed that equation. Among white college graduates, Clinton leads Trump in 31 of the 50 states, and the two are about even in six others. Trump leads among college-educated whites in just 13 states, all safe Republican states in recent elections.
Across 49 states where the poll interviewed at least 100 white college-educated women, Clinton leads Trump with this group in 38 states and by double-digit margins in 37. Averaging across all states, Clinton leads by 23 points among white women with college degrees.
Trump’s base among white voters without a college degree remains strong and substantial. He leads Clinton in 43 of the 50 states, and the two are roughly even in five others. She leads among white voters without a college degree in just one state: Vermont.
Overall, Clinton does 19 points better among white college graduates than whites without degrees while Trump does 18 points better among whites without degrees than whites with college educations, on average.
Trump’s challenge in the states that remain close will be to produce significant turnout among white, non-college voters to offset those Clinton margins, but it’s far from clear that there are enough of them to be decisive. Absent that, the GOP nominee must find a way to appeal to these college-educated voters during the final weeks of the campaign.
States and regions shaping the race
Trump’s strength across some of the states in the Midwest is one potential bright spot for the Republican nominee. Clinton’s biggest lead among the contested states in that region is in Pennsylvania, where her margin is just four points. InWisconsin and Michigan, she leads by a nominal two points, while Trump leads by four points in Iowa and three points in Ohio.
Recent polls by other organizations have indicated that Wisconsin has tightened over the past month. A recent Suffolk University poll in Michigan shows Clinton leading by seven points, and the RealClearPolitics average in Ohio shows Clinton ahead by three points. Overall, among the quintet of Ohio, Michigan, Wisconsin, Iowa and Pennsylvania, Michigan has been the Democrats’ most reliable of the group, always one of the 15 best-performing Democratic states over the past five elections.
The Rocky Mountain West is another area of fierce competition. The Post-SurveyMonkey poll shows Colorado closer than other polls there, with Clinton leading by just two points and the race tied when Johnson and Stein are included. Meanwhile, Clinton and Trump are roughly even in Arizona. In Nevada, Clinton enjoys a lead of five points in head-to-head competition with Trump but by just three points in a four-way test.
Local Politics Alerts
Breaking news about local government in D.C., Md., Va.
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Of all the states, Texas provided the most unexpected result. The Lone Star State has been a conservative Republican bastion for the past four decades. In 2012, President Obama lost the state by 16 points. For Democrats, it has been among the 10 to 15 worst-performing states in the past four elections.
The Post-SurveyMonkey poll of Texas shows a dead heat with Clinton at 46 percent and Trump at 45 percent. Democrats have long claimed that changing demographics would make the state competitive in national elections, but probably not for several more cycles.
A comparison of the current survey with the 2008 Texas exit poll (there was no exit poll there in 2012) points to reasons the race appears close right now. Trump is performing worse than 2008 GOP nominee John McCain among both whites and Hispanics, while Clinton is doing slightly better than Obama.
Among men, Trump is doing slightly worse than McCain did eight years ago. The bigger difference is among women. McCain won a narrow majority of women in Texas while Trump is currently below 40 percent. That’s not to say Texas is turning blue in 2016. Given its history, it probably will back Trump in November and possibly by a comfortable margin. But at this stage, the fact that it is close at all is one more surprise in a surprising year.
Emily Guskin contributed to this report.

PROCESSUS ELECTORAL : LA PRESELECTION DES CANDIDATS

Jeudi 16 février 2012
Salle CLEMENCEAU
(From Wikipedia, the free encyclopedia)

Présentation de la journée
Jean-Claude MASCLET
Professeur émérite de l’Université Paris 1
J’ai l’immense plaisir d’ouvrir ce colloque. Depuis longtemps passionné par le droit électoral, je puis vous affirmer qu’il a connu d’importantes évolutions. Voici dix ans, de mon point de vue, un tel colloque aurait été impossible. En effet, la place accordée naguère au droit électoral était mineure, reléguée à la dimension d’un cours de droit constitutionnel ou administratif et ignorée des privatistes. Or, l’unité du droit électoral a été restaurée progressivement, au fur et à mesure que nous avons pris conscience des problèmes suscités par la démocratie. Aujourd’hui, il est fort, cohérent, unifié et transdisciplinaire. C’est dans ce contexte que l’initiative de Bernard Owen est intervenue voici quelques années, et que le diplôme d’administrateur d’élections a été créé, avec le concours des Universités Paris I et Paris II.
Ce programme est plus proche de l’actualité qu’à l’accoutumée. Des élections se tiendront bientôt dans ce pays, posant la question des candidatures, des primaires et des parrainages. Période électorale oblige, je surveillerai l’horloge pour permettre à chacun de s’exprimer équitablement. (sourires dans la salle).

Bernard OWEN
Secrétaire général du Centre d’Etudes Comparatives des Elections (CECE)
Le Sénateur Jean-Pierre SUEUR, Président de la Commission des Lois, nous a fait l’honneur d’accepter de parrainer ce colloque, comme l’a fait son prédécesseur, M. Jean-Jacques HYEST, depuis notre première rencontre en 2005. J’adresse à tous les deux mes plus sincères remerciements.
Une importante manifestation s’est tenue à Budapest en 1991, à la veille d’élections. Une jeune Américaine, montée sur une estrade pour crier : « Des élections libres et équitables ! », fut acclamée par une salle de 100 à 200 personnes. En 1995, la Commission Electorale d’Afrique du Sud a prononcé une formule moins ouverte, invitant à des élections « quasiment justes et libres ». La Communauté Internationale ne cesse de s’interroger sur cette notion d’élections « libres et transparentes ».
A cet égard, Michel Rocard a prononcé une phrase primordiale : « La démocratie se décline de bien des façons ». L’Occident ne doit pas exporter ses propres erreurs. Nos amis Belges viennent de traverser de longs mois sans gouvernement, problème qu’ont également connu les Pays Bas ou la Finlande. Il n’existe pas de technique électorale unique, d’où notre enseignement, favorisé par les différents universitaires de Paris I et de Paris II. En ce moment, la démocratie mène aux élections, lesquelles peuvent générer l’alternance. Gardons en mémoire que l’Occident n’a admis ce cas de figure qu’après des siècles, où le pouvoir n’était jamais transmis aux adversaires. Au-delà des idéologies, le point clé est la bonne gouvernance. D’un côté, l’Etat doit être fort, de l’autre, la démocratie doit être exercée continûment. Or, certains évènements ont mené à la dictature. C’est pourquoi nous devons rester humbles. N’exportons pas nos erreurs.

The Prime Minister Of Turkey Changes His Mind About Syria.

Bernard Owen, Maria Rodriguez-McKey
(Information obtained from Al Jazeera)

A wind of change can be felt along the Turkish-Syrian border. We have previously shown how surprising it was that the Kurdish PPK para-military organization was fighting ISIL in Syria while the Turkish authorities were putting in jail the officers of the well-trained Turkish army. Of course, there are reasons for this. When President Bush Sr. split the Iraki Kurdish area from the control of Sadam Hussein so this zone became quite autonomous and powerful. As a result of this, he Turkish-Iraki border has moved north. If so, and considering the efficiency of the Turkish army, why imprison many of their members, including high-ranking ones?
The only plausible answer is that the civil authorities were well aware that the military would attack Jarablus alongside the coalition. The United States was the deciding factor because it had to get rid of the YPP which could be considered as an upshoot of the PKK against which the Turks have been fighting for twenty years. The US had the upper-hand and everyone had to accomplish its wishes. In early August the YPP had already won against ISIL on rategic points. The declarations of the YPP show clearly their hatred of Turkey. Of course, fighting between allies can be dangerous.
The issue of the accidental shooting of the Russian war plane by the Turks has been settled. The Turks had until now cried out loud for the departure of Bashar El-Assad but the Turkish prime minister has changed his mind. The same week the prime minister said that Assad was one of the players in Syria and that he should stay at least until the transition is organized, which happens to be th wish of Russia, Iran and the US-lead coalition. It is now possible to envisage that Assad is no longer perceived as persona non grata by the West.

Les révolutions du Moyen Orient et la suite…

BERNARD OWEN

L’élection à l’assemblée constituante tunisienne : une expérience à considérer ?

La Tunisie a marqué le départ du printemps arabe dont on a beaucoup parlé. Il est vite apparu qu’il y aurait plus de 80 partis pour disputer les élections (en juin) puis finalement 100. Lors des deuxièmes élections polonaises (celles du 27 octobre 1991 tenues à la proportionnelle) la Chambre (Sejm) réunissait 29 partis dont l’un représentait « Les buveurs de bière ». Même « Solidarnosc » s’était décomposé. Certains s’inquiétaient du nombre de listes, d’autres s’en réjouissaient considérant une « constituante » comme un marché d’idées alors que trop d’idées peuvent rendre difficile un choix ou au contraire favoriser, outre mesure, l’idée du plus puissant.

Ces derniers ont eu gain de cause. La nation était divisée en 27 circonscriptions, plus 6 à l’étranger, et le mode de scrutin était un système proportionnel utilisant l’application du quotient et les plus fortes restes. Il s’agit d’encourager ainsi les petites formations. Cela donne des résultats comparables au système Sainte Laguë. Il existait une compensation à savoir, une différentiation dans le nombre de députés élus selon le type de circonscriptions car la densité de la population est très différente selon les régions administratives d’où étaient formés les circonscriptions. Ceci étant dit voyons ce dont on a moins parlé.

Aléa du contentieux.

La Commission électorale a décidé d’annuler 9 listes du parti qui était arrivé en troisième position. Ce parti Al Aridha remportait 19 sièges bien répartis à travers le pays même devançant Ennahdha, le parti islamiste, à Sidi Bouzid d’où était parti la révolution (3 élus contre 1)

Personne ne croyait dans ce parti dont l’origine est un homme d’affaires tunisien vivant en Angleterre et qui possède une chaîne de télévision qui diffuse sur la Tunisie. Or, lors d’un sondage de IRI (information de IFES) au mois d’avril 69% des interrogés choisissaient la TV comme première source d’information nationale et locale (Synda Tajine, « Sid Bouzid : Qui est derrière le chaos ? », Businessnews.com). Les habitants de Sidi Bouzid à l’annonce de l’annulation se sont révoltés. Le Ministère de l’Intérieur a parle de « bandes organisées » ce qui paraît peu probable mais à noter que Ennahdha avait refusé toute alliance avec Al Aridha.

Le refus de la commission d’admettre la troisième position d’Al Aridha est fondé sur le fait de fonds qui seraient venus de l’étranger. Le financement de l’étranger paraît évident pour d’autres partis sans pour autant mener à une annulation.

En ce qui concerne le financement, le Parti Démocratique Progressif (PDP) qui est un parti laïque du centre avec un penchant pour une économie mixe profite du soutien des hommes d’affaires, et doit déposer de ressources considérables qui lui ont permis d’agir sur l’ensemble du territoire (source Wikipedia) Quant au Parti Musulman, il s’est défendu de recevoir de l’argent de l’extérieur car les pays arabes le trouvaient trop modéré. Le parti musulman tunisien se devait d’être modéré. Dans un Etat où il n’avait pas joué un rôle politique sa présence en tant que parti souhaitant participer à ce qui lui avait été interdit demandait de sa part une grande prudence. Les Emirats Arabes étaient conscients de sa situation et une aide financière discrète a probablement eu lieu d’une façon ou d’une autre. L’Arabie Saoudite pouvait très bien comprendre la raison pour laquelle pendant les premières semaines du printemps arabe quand elle voyait les musulmans tunisiens se présenter à la télévision en costume cravate et avec une barbe à peine esquissée.

L’environnement international

Le printemps arabe n’est qu’une suite d’événements qui ont bouleversée la région. Il est regrettable de constater que ceux qui ont pris l’initiative d’agir ouvertement contre telle ou telle nation n’aient pas pleinement pris conscience de l’endroit où ils intervenaient ni envisagé la suite. Les actions militaires, missiles, déminages ont énormément évolués mais ils sont d’une autre époque, les guerres ne sont plus ce qu’elles étaient. Nos sociétés civiles avec leurs stratégies et leur pouvoir financier qui ne connaissent pas les frontières sont sur le terrain bien avant les événements mais qui en parle ?

De toute façon, la religion, les persécutions, l’occident les a bien connu et il est de souhaitable de réfléchir à notre époque sur le texte de Vincent Manson Monteil « La pensée Arabe » (Seghers 1987, page 181) : « Le monde musulman se présente …comme un tout politique-juridique-religieux » « Rendez à Dieux ce qui est à Dieu, à César ce qui est à César…n’a pas de sens en Islam. »

Les Frères Musulmans – association fondée au Caire en 1927 – un million d’adhérents en 1948 puis dissoute, reconstituée et persécutée de 1954 à 1971 se présente comme « porte parole de la justice sociale de l’Islam. » Plus nuancé dans la lecture de leur idéologue Sayyid Qutb (pendu le 29 août 1966) auteur de « Mystique et Politique » (publié en 1984) : « Depuis 1982 … la presse française s’acharne sur ceux qu’elle appelle ‘islamistes’, ‘intégristes’, maximalistes…ces mots ne veulent rien dire que le rejet par l’Occident de tout ce qui n’est pas lui… Il s’agit de mouvements plutôt fondamentalistes de retour aux sources du Coran et de la Sunna avec la mise en application de la Sharia… et la réalisation de républiques islamiques comme en Iran. Les tendances fondamentalistes gagnent du terrain partout au Maghreb comme en Orient. Ils sont redoutées et pourchassées par les régimes établis. »

Naturellement, le monde arabe n’est pas resté insensible aux idéologies qui circulaient à travers le monde. La Turquie avec ses « jeunes turcs » est devenu laïque, le Shah d’Iran avait une vue très libérale de la religion et la formation du Parti Baas, résolument laïque en 1940 fondé par un Syrien Chrétien Michel Aflag considérait l’unité arabe liée au socialisme (l’Irak, la Syrie).

Au 19ème siècle il y avait une autre religion dont évoquera Ernest Renan dans un des cours du Collège de France (23 février 1862) : « L’Europe va conquérir le monde et y répandra sa religion qui est : le droit, la liberté, le respect des hommes, cette croyance à quelque chose de divin au sein de l’humanité. »

C’est beau ! J’apprécie Ernest Renan seulement ne vivait-il à l’époque des colonies ? Les colonisateurs étaient les vainqueurs et ne pouvaient qu’avoir raison. Les idées socialistes se diffusaient à travers le monde mais pouvait-il prévoir les guerres mondiales, la dernière n’a-t-elle pas fait 50 millions de morts ? La grande puissance n’est plus l’Europe elle est devenue les Etats-Unis. Avant les grandes guerres et encore jusqu’en 1988 l’Union Soviétique avait ses partisans. Les « grandes » puissances ne sont-elles pas en ce moment en pleine contradiction ? Elles ont favorisé les pouvoirs laïques autoritaires tout en injectant grâce aux nouvelles règles de la société civile nos grandes idées de liberté, d’égalité et des droits de l’homme ! Est-il obligatoire que les pays musulmans se « mondialisent » de force selon nos principes, selon nos guerres à « l’ancienne », l’Irak (parti Baas), la Libye… Le résultat pratique, les faits, sont-ils à ce point concluants ?

Il paraît indiscutable que la modernité, la religion, le modèle occidental devront s’entremêler pour former un ensemble cohérent qui ne sera pas à l’image exacte de ce que propose l’occident.

Pour conclure

De nos jours l’Islam n’est pas qu’une religion, elle est devenue en termes politiques, la structure d’accueil pour ceux qui sont contre les gouvernements laïques autoritaires. Cette structure d’accueil révèle sa puissance lorsque arrivent les élections. Pourquoi ? La religion exclue des factions politiques s’est insérée dans toutes les organisations qui réunissent les gens, chez eux, au travail, tout ce qui est social et humanitaire. Ils sont donc bien connus.

La religion musulmane en cas d’élections est actuellement hors de portée du parti ou des partis proches des anciens pouvoirs. Il reste un point d’interrogation : Qu’en est-il de l’Egypte, de la Libye et de l’Iran ?

L’alternance démocratique au Moyen-Orient doit être progressive

Bernard Owen
La possibilité d’une alternance politique est une nécessité en démocratie. Cela ne veut pas dire qu’une alternance doive avoir lieu, il faut seulement que l’électorat ait conscience quelle est possible.

Cette notion a mis des siècles à pénétrer la conscience politique de l’Occident. Les rédacteurs de la constitution des Etats-Unis se méfiaient du mot « partis », car ils y voyaient une possibilité de diviser la jeune nation, de la briser.
Même nos belles et anciennes démocraties ne présentent pas toujours une image claire du parti, du candidat ou des candidats, qui sont prêts à assumer le pouvoir. L’Europe présente de nombreux exemples, qui laissent l’électorat perplexe et mécontent. Par exemple, prenons le cas d’un gouvernement de grande coalition qui se présente aux élections, que va faire l’électeur mécontent de ce gouvernement ? Pour qui va-t-il pouvoir voter ? Il regarde à droite, à gauche, et se voit contraint de se rabattre sur un ou deux petits partis et va les propulser en avant, non pour l’idéologie, mais en raison de leur position d’accueil pour le vote contre le gouvernement. L’idéologie, la campagne électorale, le programme jouent alors un rôle de peu d’importance par rapport à leur positionnement sur la scène politique. L’histoire est claire sur un point, à savoir que quelle que soit la valeur d’un gouvernement, il existe toujours un électorat prêt à voter contre. L’on voit alors un parti insignifiant ou extrémiste propulser en avant. La Belgique, les Pays Bas, par moment, troublent profondément leur électorat.
Que se passe-t-il lorsque l’on a à faire à une dictature ?

Les dictatures, quelle qu’en soit la nature, présentent toujours un inconvénient. Elles dépendent généralement d’un homme ou d’un groupe d’hommes soumis au chef. Que se passe-t-il quand ce chef disparaît ? Il peut aussi, pour diverses raisons, voir son autorité s’affaiblir. Des événements internationaux peuvent survenir, et le chef peut être contraint à l’exil, or, l’être humain craint l’anarchie. La vacance du pouvoir politique n’est pas acceptable. Alors, que va-t-il faire ? Il n’existe pas de structure d’accueil comme nous connaissons en Occident, alors l’être humain va chercher d’autres chefs. Mais, de nos jours, une grande partie du monde parle de démocratie. Cela sous entend une élection, mais existe-t-il une structure d’accueil politique prête à assumer un pouvoir modéré, sans faire table rase du passé d’un peuple ?

Les évènements survenus récemment ont surpris le monde. Le chef de la Sécurité Israélienne, le général Aviv Kochavi, répondant à une question posée par une commission de la Knesset le jour même où ont commencé les mouvements de rue en Egypte, disait qu’il pensait que le Président Moubarak pourrait maîtriser la situation et que le régime était stable. Ce n’est pas la première fois que l’on se trompe …..

Mais que va-t-il se passer ? L’électeur qui sera amené à choisir un remplaçant ou une nouvelle équipe n’aura pas une tâche facile. L’Egypte, la Tunisie n’admettant pas l’opposition politique, notre électeur n’aura pas le choix d’une structure d’accueil essentiellement politique. L’Egypte a une personnalité de haut grade aux Nations Unies, mais elle ne vit pas en Egypte. Les Nations Unies sont-elles un bon tremplin pour la politique ? Les personnes haut placées des Nations Unies présentent leurs départements, participent aux réunions, mais le travail est délégué à des spécialistes. Les grandes décisions sont-elles mêmes dictées par les internationaux. Que se passera-t-il ? La structure d’accueil doit incarner un homme fort, charismatique, sachant parler aux foules. Seulement, l’histoire nous enseigne les dangers que cela peut présenter.

Par ailleurs, on voit aussi des groupements religieux qui s’adonnent à aider leur prochain, qui disposent de ramifications dans la société, et que les régimes laïcs ont tolérés. Aucune autre organisation indépendante du pouvoir n’existe. Dans ce cas la religion, quelles que soient ses intentions, va se trouver entraînée vers la politique. Mais que devient un ensemble religieux quand il devient politique ? Cela va dépendre du contexte régional. Nous ne sommes plus dans les années 70 où tous les bons esprits, de tout bord, et les internationaux, encourageaient la religion à s’emparer du pouvoir politique.

Les bonnes âmes vont acclamer les mouvements de foule, un peuple qui se rassemble dans la rue. La jeunesse est présente. Vive la jeunesse ! mais au sein d’une nation il est bon de trouver un certain équilibre entre jeunes et adultes. La pyramide des âges doit représenter seulement un certain avantage à la jeunesse. En France, la venu en âge du « baby boom » de 1945 a mené à « Mai 68 » qui s’est fait le porte parole de cette nouvelle France, mais le mouvement n’a fait qu’effleurer les institutions politiques car elles reposaient sur la démocratie, et l’opposition avait un répondant tout trouvé. Les Pays Bas avaient un fort taux de natalité dépassant celui de leurs voisins belges et les réseaux sociaux du Catholicisme militant ont pris les réformes de Vatican II à la lettre, et le Parti Catholique a perdu la moitié de ses électeurs en l’espace de trois élections législatives, alors que ce parti bénéficiait d’une régularité électorale que les autres partis étaient loin d’avoir.

Au Moyen Orient nous trouvons des jeunes souvent instruits mais sans avenir. Dans la rue ils regorgent d’imagination et d’énergie. En réalité, ils ne sont pas entièrement livrés à eux –mêmes, car en dehors d’étincelles spontanées, il existe des organisations internationales pourvues de moyens financiers considérables, qui enseignent une méthodologie, une stratégie non violente (dite spontanée) mais qui en réalité suivent les 198 articles de la bible Sharpienne (1972), bien rodés, efficaces mais dont la pratique a démontré de gros défauts car gare au retour de bâton (« backlash ») !

Le calme revenu au Moyen Orient, comment agir ? Favoriser le savoir faire, encourager la venue de capitaux étrangers. Les pays ne sont pas identiques. Il existe des règles universelles, mais pas autant qu’on veut bien le croire. La démocratie doit s’adapter et pas le contraire. Il y a aussi un temps pour chaque chose ; les grands changements, pour être durables, doivent être progressifs. Nous, les occidentaux ne devons pas être des donneurs de leçons. Nous pouvons faire part de notre expérience, de nos réussites et de nos échecs, cela est nécessaire pour travailler de concert.

Pour plus d’information sur le sujet consultez :
« La société civile: un cheval de Troie? » Presses Universitaires de l’Enseignement Catholique Supérieure – à paraître prochainement.

Petit lexique électoral
Les structures d’influence sont des groupements réunissant une part significative de l’électorat. L’adhésion à ces groupements peut être de fait : une religion avec de nombreuses ramifications ou il peu s’agir d’une adhésion, volontaire ou obligatoire dans certains pays à certaines époques, à une confédération syndicale.
La structure d’accueil pour le vote contre correspond à la possibilité pour l’électeur qui s’oppose au gouvernement qui était en place de s’opposer à lui par son vote. Il peut aussi provoquer l’alternance dans le cas où un ou plusieurs partis représentent l’opposition. Ces structures d’accueil peuvent être clairement perçus ou au contraire difficilement décelable ou quasiment inexistante. Dans certains cas un petit parti peut se trouver propulsé en avant par sa seule présence et sans que son idéologie soit prise en compte. Les gouvernements de grande coalition sont dangereux considérés dans cet esprit. Des situations diverses peuvent se présenter comme au Danemark en 1972-73 où une majorité d’électeurs ne savait pas, au moment de l’enquête, si le parti pour qui ils avaient voté était oui ou non au gouvernement. (D’ou le résultat du Parti du Progrès – Glïstrup en 1973)
L’importance de l’idéologie politique et des programmes doit être relativisés par rapport à ces structures et les systèmes électoraux qui y sont plus ou moins sensibles. L’enjeu électoral est perçu de façon très différente en combinant l’ensemble de ces facteurs.

Moyen Orient : de la difficulté d’improviser des institutions

Bernard Owen, Monique Cochinal et Maria Rodriguez-McKey

Les révoltes du Moyen Orient étaient-elles spontanées ? Nos données permettent d’en douter. Il s’est même déroulé une drôle de guerre dans laquelle certains pays européens et l’OTAN se sont lancés de bon cœur.
Nous allons entamer une démarche qui se veut essentiellement pratique. Que faire au point où nous en sommes ? Nous interrogerons certaines constitutions en espérant qu’elles nous apporteront certains éclaircissements.
Comme introduction, nous traduirons cet extrait américain publié dans « The National Interest » texte de Doug Bandow, intitulé : Obama must pay for illegal war , en date du 1er septembre 2011.
« Les Etats-Unis sont entrés dans la guerre de Libye en mars 2011, dans ce qu’ils appellent une guerre de choix. Cela veut dire que les Américains ont choisi de faire la guerre, alors que cette nation ne mettait aucunement en cause leur sécurité ou la sécurité d’autrui. Bien au contraire, car bombarder un gouvernement qui avait abandonné son programme nucléaire ainsi que celui des fusées à longue portée pour faciliter la dénucléarisation d’autres nations telles que l’Iran et la Corée du Nord, ce n’était pas une mince affaire. C’est là que Washington s’est lancé dans des assauts non prévus sur la Libye. Le départ de Kadhafi sera peut être applaudi par certains, mais l’avenir démocratique de ce pays d’Afrique du Nord est loin d’être garanti, même peu probable, car les évènements en Egypte fournissent l’exemple des barrières qui se dressent devant ceux qui souhaiteraient une réelle liberté au niveau d’une nation.
L’Administration des Etats-Unis n’a pas mieux réussi dans son rôle humanitaire, celui de sauver le peuple libyen. Les déclarations initiales de futurs massacres n’étaient que propagande, semblable à celle de George Bush en Irak (les armes de destruction massive). En réalité, Kadhafi n’avait massacré aucun civil dans les villes qu’il avait reprises aux insurgés, et sa rhétorique incendiaire ne concernait que les insurgés contre lesquels il se battait. Pire encore, en adoptant une intervention minimale, l’Administration a prolongé le conflit et ainsi augmenté le nombre de morts. Les guerres civiles utilisant des armes légères sont les plus meurtrières. Cette façon de faire a transformé ce qui devait être une victoire rapide en cinq mois de dur combat. Etant entrée en guerre pour sauver des vies, elle a mené une guerre pouvant aboutir au résultat contraire.
Bonne nouvelle, la Libye entraîne moins de conséquences que l’Irak. La bêtise de George Bush était une véritable catastrophe, alors que celle de Obama était nettement moins conséquente – »
Il existe un vieux proverbe sud américain qui dit « on s’en prend à qui on peut ». La France a eu l’idée de s’en prendre à la Libye. Seule, elle ne pouvait rien. L’OTAN est dominée militairement par les Etats Unis et la Turquie. Il fallait donc influencer les Etats Unis, mais la France n’avait pas la carrure pour cela. La Grande Bretagne, oui. Il fallait donc agir sur le Premier Ministre Cameron. Nous avons déjà cité Simon Jenkins (Le Guardian, 19 avril 2011) qui s’interrogeait, comme beaucoup à savoir comment le Premier Ministre avait-t-il pu s’engager dans une telle entreprise (la Libye) sur l’influence discutable (dubious) du Président Sarkozy ?
Après la défaite du Colonel Kadhafi, un projet de charte constitutionnelle pour le niveau transitoire a été publié à Benghazi et comprend 37 articles. Il s’agit d’un document de travail pour la préparation des institutions du nouvel Etat. A sa lecture on s’aperçoit de la difficulté de la tâche quand on compare le préambule et le chapitre 1 avec le chapitre 2. Le préambule est écrit dans un esprit religieux « according to the Islamic spirit and the love of home ». L’article I indique que la source de la législation est la jurisprudence Islamique (charia). L’article 5 : « la famille forme la base de la société et aura droit à la protection de l’Etat – l’Etat assurera la protection de la famille – l’Etat protègera et encouragera le mariage ». L’article 6 garantit tous les droits de la femme.
La famille en tant que fondement de la société, encourager le mariage, ceci n’est pas tout à fait conforme au chapitre 2 traitant de toutes les libertés occidentales.

Revenons aux deux premiers chapitres du texte de Bengazi et du préambule : « il est écrit dans l’esprit musulman et l’amour du foyer », « la famille forme la base de la société … », « l’Etat protègera et encouragera le mariage ». On pourrait dire qu’ils sont trop précis et radicaux.
Venons au Qatar (un des soutiens Arabe de Bengazi), dont vous pouvez écouter et voir sa télévision « Aljazira » mentionne dans sa dernière constitution à l’article premier : « … que la charia est la principale source de sa législation ». L’on ajoute que son système politique est démocratique ! Tout cela se situe dans le premier article et peut donner lieu à interprétation, et par là même à une certaine souplesse, les mots clés étant « la principale source ». Certes, l’article 10, qui traite du serment de l’héritier présomptif de l’Emir, quant celui-ci « … jure de respecter la charia, la constitution et la loi » mais là encore reste à savoir la place de la charia dans la Constitution et la loi.
Passons en revue quelques chapitres clés qui traitent certains éléments essentiels du Moyen Orient.
La famille
Les articles 21 et 22 au Qatar abordent la famille, ce qui était énoncé brièvement dans le texte de Benghazi. « elle est le fondement de la société ….. elle est fondée sur la religion, l’éthique et le patriotisme », « la loi règle par les moyens adéquats la protection de la famille, soutient sa construction …. », « l’Etat soigne les jeunes, les protège de la corruption…. ».
Les articles 8 et 9 de la Constitution du Kuweit indiquent que « la famille représente la base de la société. Elle repose sur la religion, la moralité et le patriotisme. La loi assumera l’intégrité de la famille, renforcera ses liens ».
L’article 9 de la Constitution égyptienne parle de la famille comme étant la base de la société, qui se fonde sur la religion, la morale et le patriotisme. La suite de l’article s’attarde sur les valeurs traditionnelles de la famille égyptienne.
L’article 11 : « L’Etat sera garant de la coordination entre les tâches de la femme à l’égard de la famille et de son travail dans la société, tout en considérant qu’elle est égale à l’homme dans la vie politique, sociale, culturelle et les questions économiques, tout en n’allant nullement à l’encontre des règles de la jurisprudence islamique ».
En France, le gouvernement de Vichy avait pour devise « travail, famille, patrie ». Le Maréchal Pétain soulignait que le droit de la famille l’emportait sur les droits de l’état et de l’individu. Le divorce était interdit pendant les trois premières années du mariage, et l’état encadrait strictement l’interprétation de la loi dans tous les cas de divorce.

Le renseignement
D’une façon générale, l’enseignement est abordé dans les constitutions, mais la religion est sous entendue.
Le Qatar : les articles 24 et 25 mentionnent toutes les disciplines dont il assure le développement. La seule connotation pouvant être religieuse est « … et de l’héritage national… », mais le mot « religieux » n’est pas prononcé.
Le Kuweit : est plus précis, mais de façon indirecte. L’article 14 – « l’état devra promouvoir la science, les lettres, la recherche scientifique dans ces différentes matières ». Mais l’article 12, lui, traitait de la religion – « l’état sauvegardera l’héritage de l’Islam …. et contribue à l’avancement de la civilisation humaine ». L’article 40 apporte quelques précisions : « l’enseignement est gratuit et obligatoire … garanti par l’état en accordance à la loi et dans les limites de la politique publique et de la moralité ».
Bahreïn
Article 7 – « L’Etat encourage les sciences, les sciences humaines, les arts ainsi que la recherche scientifique et les services culturels… ». Alinéa 2 « La loi vérifie la place de la religion et de l’instruction civique… afin de développer la personnalité des uns et la fierté de l’arabisme ».
La justice
Elle présente une difficulté, car la religion musulmane a sa loi : la charia, tout comme la religion chrétienne a son droit canon. Dans la situation présente, soit il faut travailler sur une synthèse de texte religieux et laïc, soit agir selon le droit jordanien qui réussit à cumuler toutes les tendances, mais le résultat est complexe.
La Jordanie : Les articles 99, 104, 105 et 106 traitent des tribunaux religieux. Ceux-ci se divisent en Loi Islamique et Lois religieuses non musulmanes. Pour ces dernières, l’on trouve 9 religions.
Les articles 99, 102 et 103 traitent des tribunaux de droit commun.
Les articles 99 et 110 énumèrent les tribunaux spéciaux. Quelques exemples de leur compétence : procès contre les ministres, contre la fraude de l’imposition, préservation des propriétés de l’état, procès contre les jeunes délinquants, cour d’appel militaire, contre la police etc..

Liberté d’expression, de la presse, de la religion
Kuweit : Article 36 « La liberté d’opinion et de la recherche scientifique est garantie. Chaque personne a le droit d’exprimer et de diffuser son opinion verbalement, par écrit ou d’autres façons selon les conditions et procédures indiquées par la loi».
Article 35 « La liberté des croyances et de la religion sont absolues. L’Etat protège la liberté de pratiques religieuses en accord avec les pratiques coutumières tant que cela ne va pas à l’encontre de la loi et de la moralité».
Bahreïn : Article 23 « La liberté d’opinion et la recherche scientifique sont absolues … Chacun peut s’exprimer oralement ou par écrit… en admettant que les croyances et la doctrine islamique ne sont pas remises en cause, et que l’unité du peuple n’est pas attaquée »
Article 24
« La liberté de la presse est garantie en se référant à l’article précédent ».

La Société Civile
Kuweit : Article 43 « Liberté de créer une association et des syndicats sur une base nationale et selon des moyens pacifiques sont garantis dans les termes et la façon indiqués par la loi. Il n’existe pas d’obligation de faire partie d’une association ou d’un syndicat ».
Article 44 «Droit de réunion sans autorisation préalable – démonstrations et réunions permises pacifiques, pas contraires à la morale ».
Bahreïn : Article 27 – associations, syndicalisme
« La liberté de former des associations, des syndicats sur des principes nationaux à des fins légales et que les règles fondamentales de la religion et de l’ordre public ne sont pas remises en cause, est accordée ».
Article 28 : « Les personnes peuvent se rassembler sans autorisation préalable ».
Egypte : Dans la Constitution qui date du 11 septembre 1971 :
Article 54 « Les citoyens ont le droit de se réunir dans la paix, sans armes, sans avoir aucune déclaration à faire ».
Article 55 « Les citoyens ont le droit de créer des associations ainsi qu’elles sont définies par la loi. Celles qui sont hostiles au système social, clandestines, ou à caractère de milice sont interdites ».
L’approche est libérale. La déclaration constitutionnelle du 13 février 2011 ne l’est guère plus.

Le texte constitutionnel de février 2011
Article 4 « Les citoyens ont le droit de former des associations, syndicats et des partis politiques selon la loi ». « Il est interdit de créer des associations dont les activités vont à l’encontre de la société ou portent des armes. Il est interdit de s’engager directement dans une activité politique ou de créer des partis fondés sur la religion, la race ou l’origine des membres ».
L’ancienne constitution tolérait les Frères Musulmans, mais ils n’étaient pas reconnus, d’où leurs activités sociales, syndicales, bancaires et de grandes distributions.
Certains commencent à prendre conscience de l’absence de spontanéité dans ces révoltes. D’autres gardent l’utopie de la jeunesse. Par exemple : l’un des directeurs de Google – Ghonim (New York Times du 14/2/2011) a une gentille approche concernant les révolutions : « cela montre combien le peuple égyptien est civilisé. Maintenant que le cauchemar a pris fin, nous pouvons continuer de rêver … »
D’autres gardent les pieds sur terre et constatent l’interventionnisme des internationaux et les sommes qui se sont engouffrées au Moyen Orient. Le groupement « open society Institute » est l’un des bras armés de Soros. Il a travaillé de façon extensive en Egypte. En décembre 2010, l’O.S.I. Ouvre grand la porte à toutes les ONG par l’annonce suivante : « les fondations de Open Society Institute sont intéressées par les projets d’ONG nationales ou internationales, ou la société civile active en Egypte. Les coalitions d’ONG sont, elles aussi, encouragées à se présenter ».
Hermes-press com.bolton Dr. K.R. Bolton – 1er février 2011 : Cette publication nous donne une liste incomplète de l’argent des Etats Unis (Endowment for Democracy) transféré en Egypte (et dans certains cas aussi en Tunisie) :
• American Center for International Labor Solidarity – $ 318 757
• ATTAS (pour la jeunesse) – $ 48 900
• Arab Foundation for Supporting Civil Society – $ 25 000
• Arab Society for Human Rights (pour journalistes) – $ 22 600
• IBN – Khaldum Center for Development Studies – $ 65 000
• Project on Middle Easrt Democracy – $ 45 000
L’auteur remarque que toutes ces sommes, qui ne sont qu’un échantillon, vont vers la jeunesse, et indique la longue préparation méthodique qui élimine la notion de « révolte spontanée ».

POUVOIR POLITIQUE
Kuweit :
Article 51 « Le pouvoir législatif est exercé par l’Emir et l’Assemblée Nationale ».
Article 52 « Le pouvoir exécutif est exercé par l’Emir, le Cabinet et les Ministres ».
Article 53 « Le pouvoir juridictionnel est exercé par les tribunaux au nom de l’Emir dans le cadre indiqué par la Constitution ». (à noter que l’article 50 annonce la séparation des pouvoirs).
Article 55 : Le gouvernement – « l’Emir exerce ses pouvoirs en collaboration avec ses Ministres ».
Article 56 – « l’Emir désigne le Premier Ministre. Il peut le renvoyer. L’Emir désigne les ministres et peut les renvoyer sur la recommandation du Premier Ministre ».
– « Les ministres sont choisis parmi les membres de l’Assemblée ou autrement ».
Article 58 « Le Premier Ministre, les ministres sont responsables devant l’Emir pour la politique générale de l’Etat ».
Article 66 « L’Emir peut refuser une proposition de loi – doit l’accepter si les 2/3 de l’Assemblée l’accepte. Il faut attendre une autre session. La majorité de l’Assemblée l’adopte, l’Emir la promulgue ».
Article 80 « L’Assemblée de 50, élus au Suffrage Universel. Les ministres qui ne sont pas membres de l’Assemblée le deviennent « ex officio ».
Article 91 – Serment des membres de l’Assemblée : »Je jure devant Dieu tout puissant d’être fidèle au pays et à l’Emir …. les libertés … ».
Article 92 – Président de l’Assemblée (comme nos élections présidentielles)
Article 95 – « L’Assemblée décide de la validité de l’élection de ses membres. Une loi pourrait décider de passer par un tribunal ». Que la validité des membres soit juge par l’Assemblée elle-même peut donner lieu à difficulté.

Qatar (Constitution du 29 avril 2003)
Le chapitre III traite du pouvoir législatif : Articles 76 – 77 : « Le Conseil de choura exerce le pouvoir législatif… ». Il est composé de 45 membres, 30 sont élus au suffrage universel, et 15 autres nommés par l’Emir.
L’article 92 énumère le texte du serment : « Je jure devant Dieu tout puissant d’être loyal envers le pays et l’Emir, de respecter la charia, la constitution et la loi… »
L’article 104 « L’Emir ne peut dissoudre le Conseil de la Choura que deux fois pour le même motif ». Cela rappelle quelque peu la Constitution de Weimar.
L’article 106 : « Toute proposition adoptée par le Conseil est envoyée à l’Emir pour accord. »
Le pouvoir exécutif fait l’objet du chapitre IV – article 118 « La composition du Conseil des Ministres est déterminée par un décret de l’Emir sur la proposition du premier ministre. »
L’article 119 « Le Premier Ministre et les Ministres prêtent serment devant l’Emir de respecter la Charia, la Constitution et la Loi… ».
La nomination ou le choix du Premier Ministre n’est pas indiqué dans la constitution. L’on peut supposer que la nomination du Premier Ministre, qui propose le nom de ses ministres, relève de la volonté de l’Emir.
Bahreïn
Une monarchie sunnite ayant conquis le territoire à 70 % chiite au 18ème siècle. Petit pays de 500 000 personnes.
L’article 1 – alinéa c « Le régime est celui d’une monarchie constitutionnelle ».
alinéa d « Le système de gouvernement est démocratique – La souveraineté est entre les mains du peuple ».
Article 4 : « La justice est le fondement du gouvernement ».
Article 44 : « Le Conseil des Ministres comprend le Premier Ministre et plusieurs ministres nommés par le monarque ».
Article 47 : « Le Conseil des Ministres …. suit l’application de la politique gouvernementale – Les délibérations sont confidentielles ».
Article 52 – Le Conseil Consultatif – 40 membres nommés par le Roi
Article 56 – La Chambre des députés – 40 membres élus par le suffrage direct et secret.
Le cas du Qatar qui présente une certaine souplesse pourrait représenter l’une des bases à la constitution de nombreux pays arabes, car il représente une étape vers ce que Olivier Da Lage nomme une « démocratie octroyée ». Il s’agit de procéder par étape. Le rôle de l’Emir pourrait être celui d’un Président. La notion de Conseil, de Choura, de ministère, donne la possibilité, par exemple, d’une certaine décomposition laïque et religieuse.
Chaque cas devrait certes être étudié pour prendre en considération son passé, sa composition. Surtout ne pas calquer avec les meilleures des intentions ce qu’il a fallu si longtemps à adapter en Occident.
Ces nouvelles constitutions que tout le monde réclame on plutôt que la foule de manifestants réclament nous demandent de chercher un peu plus loin tout en restant en pays arabes.
Nous allons terminer notre parcours en soulignant les changements qui ne sont que très rarement perçus en tant que vecteurs politiques d’une nation. Nombreux sont ceux pour qui les partis, les élection sont une source essentiel du pouvoir mais il y en a d’autres qui combinent et sont à même de travailler quasiment en marge des institutions qui n’avaient pas perçu leur importance politique.
Quelques réflexions sur la Constitution du Maroc.
Dès le préambule il apparaît des éléments que l’on rencontre rarement renforcèrent des institutions d’un Etat moderne ayant pour fondements les principes de participation, de pluralisme et de bonne gouvernance. Ce dernier terme « bonne gouvernance » est nouveau et recouvre la notion d’efficacité, d’institutions qui fonctionnent de façon satisfaisante pour l’ensemble de la population. Par là même il s’oppose aux idées utopiques que l’on discute à travers le monde mais qui appliquée aux institutions ont, à travers l’histoire mené à des complications sinon à des désastres.
Le quatrième paragraphe du préambule vaut la peine d’être cité :
« La prééminence accordée à la religion musulmane dans ce référentiel national va de pair avec l’attachement du peuple marocain aux valeurs d’ouverture et de modération, de tolérance et de dialogue pour la compréhension mutuelle entre toutes les cultures et les civilisations du monde. »
La position marocaine est très précise sur la nature des partis politiques (article 7) tout en leur interdisant d’être fondés sur une base religieuse, linguistique, ethnique ou régionale ou d’une manière générale sur toute base discriminatoire ou contraire aux droits de l’homme. Ils ne peuvent avoir pour but de porter atteinte à la religion musulmane au régime monarchique…
L’organisation et le fonctionnement des partis doivent être conformes aux principes démocratiques. Une loi organique détermine les règles relatives notamment à la constitution et aux activités des partis, aux critères d’octroi du soutien financier de l’Etat ainsi qu’aux modalités de contrôle de leur financement.
L’on sent dans l’esprit des constituants une certaine méfiance à l’égard des partis qui n’apparaît pas quand ils abordent le syndicalisme (article 8). Cette méfiance agit probablement sur les droits accordés à l’opposition parlementaire (article 10) où il est question en fin d’article « Les groupes de l’opposition sont tenus d’apporter une contribution active et constructive au travail parlementaire… »
Voyons exactement ce que dit la constitution sur les organisations syndicales.
Article 8. Les organisations syndicales des salariés, des chambres professionnelles des employeurs contribuent à la défense et à la promotion des droits et des intérêts socioéconomiques qu’ils représentent. Leur constitution et l’exercice de leurs activités dans le respect de la constitution et de la loi sont libres.
Les structures et le fonctionnement de ces organisations doivent être conformes aux principes démocratiques. Les pouvoirs publiques oeuvrent à la promotion de la négociation collective et à l’encouragement de la conclusion de conventions collectives de travail dans les conditions prévues par la loi.
La loi détermine les règles relatives notamment à la constitution des organisations syndicales, aux activités et aux critères du soutien financier de l’Etat ainsi qu’aux modalités de contrôle de leur financement.
Article 9 : Les partis politiques et les organisations syndicales ne peuvent être suspendus ou disons par les pouvoirs publics qu’en vertu d’une décision de justice.
L’article 8 précise que les organisations doivent être conformes aux principes démocratiques. Cela n’a rien d’inhabituel mais il existe une particularité très importante dans le vote au sein de syndicats : la participation est très faible surtout au niveau des syndicats d’étudiants. Cela peut avoir pour conséquence qu’une minorité bien organisée peut s’emparer d’une confédération. Cela entraîne un certain mouvement allant dans leur sens par esprit de solidarité. Cette minorité élue peut, ou ne pas être, d’une tendance politique. Il serait souhaitable qu’au Moyen Orient actuellement secoué par des mouvements en partie suscités intérieurement ou extérieurement par l’Occident d’installer le vote obligatoire pour les élections des responsables syndicaux par les membres des différents syndicats.

Les associations (articles 12, 13, 33 et 170)
Selon l’article 12 les associations de la société civile et les organisations non gouvernementales se constituent et exercent leurs activités en toute liberté dans le respect de la Constitution et de la loi. Elles ne peuvent être suspendues ou dissoutes par les pouvoirs publics qu’en vertu d’une décision de justice.
Les associations intéressées à la chose publique et les ONG contribuent dans le cadre de la démocratie participative à l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation des décisions, des projets des institutions élues et des pouvoirs publics. Ces institutions et pouvoirs doivent organiser cette contribution conformément aux conditions et modalités fixées par la loi. L’organisation et le fonctionnement des associations et ONG doivent être conformes aux principes démocratiques.
L’article 33 incombe aux pouvoirs publics de prendre toutes les mesures appropriées en vue de :
– Etendre et généraliser la participation de la jeunesse au développement social, économique, culturel et politique du pays.
– Aider les jeunes à s’insérer dans la vie active et associative et prêter assistance à ceux…
– Il a été crée à cet effet un conseil consultatif de la jeunesse et de l’action associative. Il est chargé d’étudier et de suivre … ainsi que le développement des énergies créatives de la jeunesse et leur incitation à la participation à la vie nationale dans un sens de citoyenneté responsable.
Nos constituants ont une idée quasi idyllique des associations alors que celle-ci dispose d’une liberté totale. Les partis dépendent de l’élection du peuple ; ils sont donc représentatifs du peuple. Les responsables syndicaux sont eux aussi élus par les membres syndicaux encore faut-il s’assurer que l’ensemble d’une confédération s’exprime. Là nous tombons dans le cadre d’une loi dans le sens que nous venons de développer. Les associations, la société civile, les ONG sont libres quant à leurs activités qui peuvent être bienfaisantes ou politiques. Le conseil créé par l’article 170 a là un rôle des plus importants à jouer car l’excès de liberté surtout en ce qui correspond le financement venant de l’extérieur pouvant provenir de mécènes ou gouvernements égoïstes et irresponsables quant à l’avenir du Maroc.
Le trinôme et la façon de traiter ses composantes sont d’actualité. De nos jours il faut légiférer s’il est encore temps.

Pour conclure, l’on en revient à la première interrogation : « et maintenant ? » car le plus difficile est a venir. Il faut reconstruire, mettre en place des institutions. Prendre en considération ce qui se faisait par le passé. La place de ceux qui regardent vers l’Occident et ceux qui oeuvrent pour la religion et qui peuvent être fort bien organisés.
Espérons que ces quelques exemples et les commentaires qu’ils ont suscité mèneront à plus amples réflexions. Nos difficultés ne sont pas nouvelles. Citons une phrase de Joseph de Maistre (1753 – 1821) « Quel œil est capable d’embrasser d’un seul coup l’ensemble des circonstances qui doivent rendre une nation propre à telle ou telle constitution ? »