L’autre politique étrangère des Etats-Unis : les apparences et la réalité.

Bernard Owen

Une amie m’a transmis un numéro assez récent de la revue « Diplomatie ». La revue développait un événement auquel j’ai participé et le récit était éloigné de la vérité. Pour continuer sur la lancée, le Washington Post a écrit il y a deux ans un article sur un événement ancien de la plus grande importance pour l’Europe jusqu’à alors ignoré de tous. Est-ce possible ?

 

Saviez-vous que l’armée française avait demandé l’aide à une force américaine virtuelle au Laos pour renforcer sa position autour d’Hanoi puis d’approvisionner la cuvette de Dien Bien Phu sur le point d’être engloutie. Les avions ont été livrés repeint avec la cocarde tricolore française avec des pilotes de l’armée de l’air américaine mais qualifiés de « volontaires » ce qui sera le cas de l’ensemble du personnel américain engagé au Laos. Le saviez-vous ? En fait, il ne s’agit que d’un épisode remarquable du rôle de la CIA basée au Laos de 1950 à 1970.  Au départ les Etats-Unis ne voulait en aucun cas s’engager dans une guerre dans cette région. Une ethnie minoritaire, les Hmong, avaient été formés au combat par les Français. Ils étaient prêts à se battre contre le Pathet Laos, communiste. Il s’agissait donc pour les américains de parfaire leur formation, puis d’apporter le soutien nécessaire mais sans intervention de l’armée.
La CIA s’est donc substituée à l’armée de façon surprenante et pour en savoir plus nous nous sommes dirigés vers les documents de la CIA qui traitent de cette époque. Il fallait agir de la sorte car de nombreuses publications et un film affabulent sur cet épisode de l’histoire mêlant drogue, CIA et négligeant l’essentiel.
Il fallait au départ posséder un soutien aérien, construire des pistes d’atterrissage, des services d’entretiens. La CIA a donc créé une ligne aérienne « American Air » à partir d’une ligne déjà existante. Il fallait camoufler le coté militaire derrière une façade humanitaire, transport alimentaire, des médicaments. L’appartenance d’American Air n’était pas connue. Notons qu’en 1970 cette ligne aérienne possédait 24 bimoteurs, 24 avions à décollage rapide STOL et une trentaine d’hélicoptères.
Quant aux divers événements marquants de cette époque, l’on trouve différentes conférences déclarent le Laos comme Etat indépendant : La conférence de Genève de 1954 qui divise le Vietnam le long du 17ème parallèle sous la présidence d’Eisenhower ; conférence de Vienne de juin 1961, Kennedy – Kruschev soutiennent la neutralité et l’indépendance du Laos. Le 23 juillet 1962 à Genève me Secrétaire d’Etat aux Affaires Etrangères Harriman prend à cœur cette dernière déclaration de neutralité et 666 conseillers « militaires » des Etats-Unis financés par la CIA quittent le Laos. Deux agents de la CIA restent ainsi que quelques avions pour apporter de la nourriture aux Hmongs.
Ces deux agents détectent la présence de 7.000 vietnamiens et en 1963 2.000 Hmongs sont armés pour servir en tant que guerrillas. Une attaque a grande échelle a lieu en mars 1964 et les nord vietnamiens et le Pathet Laos s’emparent de points stratégiques et le gouvernement de coalition du Laos s’effondre.
Le peuple américain fut informé de cette guerre « sécrète »  en 1969 – 1976. Le New York Times en parle ainsi que la presse en général. Le Congrès en est bien informé et certains de ses membres se rendèrent au Laos et l’un aurait déclaré « que c’était bien plus efficace et moins couteaux de se battre de cette façon que d’envoyer des troupes américaines. »
A partir de là l’on assiste à des gains et des pertes. Le Vietcong renforce sa présence avec des armes modernes soviétiques. La CIA paya des troupes thaïlandaises moins bien équipées. A partir de 1971 la situation devient dramatique et en avril 1972 la CIA décide qu’aussitôt la guerre terminée Air America serait vendue. Elle le sera en juin 1974. Air-America avait perdu au Laos 10 personnel naviguant.

Le texte de la CIA termine en soulignant les exploits d’Air-America qui représentent un chapitre unique dans l’histoire du transport aérien et que cela valait mieux que des textes et un film de médiocres qualités.

Parmi toutes les informations qui circulent comment se fait-il qu’on soit obligé de vérifier nos sources et encore à partir de quelles autres données, nos propres expériences. Nous pouvons difficilement être partout ou rencontrer ceux qui ont participé à tel événement. De toute façon comment s’assurer de la valeur de ces récits.

Nous ne sommes plus dans les années 1950-70 et depuis 1990 nous assistons ou devrions payer beaucoup plus d’attention à des ingérences légales de l’Occident chez les nouveaux venus parmi nous. Nous avons déjà abordé cette question dans « un cheval de Troie dans les pays arabes » mais cette fois nous allons essayer de nous retrouver dans ce labyrinthe de fonds privés, fonds publics qui traversent quotidiennement les frontières. Nous ferons ici état des recherches d’Olivier Guilmain.

Il faut indiscutablement revoir la législation internationale qui accorde des avantages exorbitants à ces transferts d’énormes sommes d’argent dont il n’est pas facile de cerner les origines (la STE 124 du Conseil de l’Europe et de l’accord de Copenhague de 1990 de l’OSCE). En 2011 les Etats-Unis devraient mettre fin à l’Endowment for Democracy qui représente des sommes considérables détachées du budget annuel de l’Etat et distribuées à des ONG qui travaillent soit avec des fonds privés ou de l’argent réellement publique USAID. D’autre part les Etats-Unis accordent des avantages fiscaux très importants aux véritables ONG – catégorie fiscale 501 C3 – cela leur permet toute activité sauf celle dite « lobbying » ce qui est facilement contournable en faisant part de son opinion à tel ou tel sénateur bienveillant (http://www.hurwitassociates.com, Hurwit & Associates se définit comme étant un Conseil juridique pour la philanthropie et les ONG – « Legal Counsel for Philanthropy and the non-profit sector)

Olivier Guilmain évoque une polémique apparue à Moscou en 2007 au sujet d’un texte de loi règlementant les ONG. Le premier projet adopté par les deux chambres est ratifié le 10 janvier 2007. Cette loi était destinée à réagir contre les millions de dollars versés de l’étranger aux ONG en Russie. Une première version du texte a été assouplie après une campagne d’une rare intensité menée par les ONG et le gouvernement américain. La secrétaire d’état de l’époque, Condoleeza Rice,  fit pression sur le Président Poutine, exprimant sa préoccupation pour la démocratie. La loi figurait même à l’ordre du jour du sommet du G8 de 2007.

A quoi servent ces sommes considérables si ce n’est pas de l’ingérence. Par exemple en 2008 $34.000 dollars sont versées à la Géorgie pour créer un mouvement pour accéder à l’OTAN. $600.000 pour inciter les jeunes à former et accéder aux ONG. $1.000.000 concernant les prochaines élections municipales. Il s’agissait de pouvoir réagir contre les manifestations anti Saakashvili (à noter que la France a fourni les uniformes anti-émeutes). Wikileaks nous apprend beaucoup sur les échanges entre les ambassades américaines du Moyen Orient et le Département d’Etat concernant leur collaboration avec les ONG de jeunes  à qui l’on a offert des voyages en Serbie et Freedom House. Ceci faisait partie de la bible Sharpienne de non violence dont il a déjà été question.

Tout cette argent réuni est dépensé par diverses personnes qui n’ont pas pris conscience qu’une révolution laisse des séquelles qui peuvent mener à des catastrophes. La Fédération de Russie vient de proposer une résolution mettant en cause la Ligue Arabe et les deux forces combattantes en Syrie. Hillary Clinton a immédiatement réagi en souhaitant que seuls les autorités soient mises en cause. Naturellement, les Etats-Unis ont fomenté les mouvements du Moyen Orient. Les Etats-Unis seraient même allés plus loin en Libye sans la sagesse du Président Obama et Robert Gates qui déclarèrent que deux guerres cela suffisait. Les Etats-Unis ont quand même fourni une certaine aide technologique sans laquelle les Britanniques ni les Français n’auraient pu mener à bien leur « no flight zone ».

Le Washington Post a publié le 1 juin 2011 une brève conversation avec Tom Melia le titre étant « He promotes democracy in the most unlikely places ». J’ai bien connu Tom ayant travaillé avec lui dans 4 pays pour le compte de NDI. Il est ensuite passé à Freedom House et se trouve actuellement en tant qu’assistant Secrétaire Adjoint au Bureau de la Démocratie, Droits de l’Homme et du Travail du Département d’Etat. J’ai beaucoup d’estime pour lui et il m’a appris bien de choses au début des années 1990 mais j’aimerais le revoir afin de l’interroger pour savoir si tout ces bouleversements ne traumatisent pas la région tout comme l’on a vu en Orient (voir la thèse de Christel Thibaut où elle mentionne le déplacement de 2 millions de paysans cambodgiens entre 1960 et 1975)  et en Syrie, de nos jours, 1 million d’Irakiens ne s’y sont ils pas réfugiés ?

L’Irak s’avère aujourd’hui une catastrophe sociale et humanitaire. Le mot démocratie a-t-il encore une signification ?  Que va devenir le Moyen Orient déstabilisé ?

Nous ne sommes plus en 1990 ou même avant. L’Occident ne devrait-il pas s’occuper de ses propres lacunes, régler ses institutions de façon à ne pas inonder le monde de crises politiques et financières. Il s’agirait alors pour l’Occident de s’interroger sur lui-même avant d’aller semer la bonne parole sur la terre entière ?  Qui a dit que ces sont les vainqueurs qui écrivent l’histoire ?

Bernard Owen
En savoir plus sur http://archives.lesechos.fr/archives/cercle/2011/12/18/cercle_41374.htm#lBcHIWo4Q56y2xDq.99

La laïcité dans les pays arabes

Bernard Owen

Le socialisme était en vogue après la Deuxième Guerre mondiale. Pour être dans le vent et la modernité, il fallait voguer à gauche. Le kibboutz israélien était le meilleur exemple d’une forme de communisme librement consenti. L’ennui se situait dans le faible nombre de personnes qui voulait s’y engager. Au plus 3 % de la population d’Israël. Les pays arabes n’ont pas échappé à cette tendance « à gauche ». La création du Parti Baas en 1947 à Damas est une tentative intéressante de regrouper les États arabes et les États eux-mêmes sous la forme d’un socialisme laïc où se trouveraient les différentes tendances de l’Islam et du christianisme. On parlait de socialisme, mais il existait certaines tendances marxistes. Le développement du Parti Baas est retardé lors de la création par Nasser de 1958 à 1961 de la « République unie ».

À l’origine le Parti Baas de Syrie souhaitait prendre le pouvoir par des moyens légaux. Or, les militaires se saisissent du parti et prennent le pouvoir politique en 1963 et procèdent à des nationalisations à grande échelle. Le gouvernement rencontre quelques difficultés, car la tendance nationaliste et les membres du groupement marxiste travaillent ensemble jusqu’à 1970 où un coup d’État par le général Assad élimine du gouvernement les marxistes, et sa famille restera au pouvoir jusqu’à nos jours. En résumé, la ligne politique de la Syrie est un pouvoir totalitaire avec une forte présence dans l’économie.
En Irak, le Parti Baas a été, dès le départ, essentiellement sans relation avec les militaires ce qui a mené à plusieurs factions dès 1958. Le parti a pris le pouvoir en 1963 en apparaissant comme un parti puissant bien organisé. Saddam Hussein prend le pouvoir en 1979 et l’armée le rejoint. Le Baassisme à la Saddam Hussein renforce sa structure. La direction nationale se répand à travers la nation au moyen de directions régionales qui, elles-mêmes, se divisent en sections qui comportent de 2 à 5 divisions, qui se répartissent en cellules que ce soit dans l’administration, l’armée, les villes ou les zones rurales. Les informations montaient et descendaient de la direction nationale.

L’attaque sur le World Trade Center en 2001 a traumatisé les États-Unis qui se sont lancés dans une guerre inconsidérée. Mais la suite de la guerre qui a mené aux pires critiques demande quelques éclaircissements. Pour ce faire, partons d’abord au Japon. À la fin de la guerre, le général Douglas MacArthur a été chargé de remettre en place la structure politique de la nation, et il l’a fait de façon remarquable. En Irak, l’on s’est trouvé dans une situation totalement différente.

Les États-Unis ont nommé à la tête du gouvernement reconnu par la « communauté internationale » un personnage incompétent : Paul Brenner. Celui-ci agissait par décret. Le premier a été de dissoudre le Parti Baas sous toutes ses formes. Le second a été de dissoudre l’armée. Brenner n’est resté à ce poste que de mai 2003 jusqu’à juin 2004, mais le mal était fait. Les 250 000 militaires, les enseignants et les membres de l’administration étaient dans la rue.

Le discours d’adieu de Brenner laisse apparaitre son cynisme et son incompétence. Un ancien Président de la Chambre de Représentants, membre influent du Parti Républicain, New Gingrich, parlant de Bremer dit « le plus grand désastre de la politique des États-Unis des temps modernes ». Nous avons nommé les États-Unis, mais toute la communauté internationale doit revoir ses procédures d’analyse et de travail. La France n’a-t-elle pas joué un rôle condamnable en Libye qui était revenue en Occident ?
La « no fly zone » était une terminologie discutable au point où le représentant de la Ligue arabe ignorait ce qu’elle impliquait réellement au moment où il a donné son accord. Or, Kadhafi jouait un rôle essentiel non seulement en Libye, mais dans la région. Par exemple, l’alimentation en eau par une rivière souterraine qui représentait le deuxième plus important investissement mondial. Une photo nous montre les camions transportant d’immenses tuyauteries avec en arrière-plan la silhouette de Kadhafi. Les djihadistes avaient été éliminés et la Libye assurait la sécurité dans le Sahel et participait au développement du Mali. Jean Yves Moiseron parle de mercenaires venus d’Afrique pour soutenir Kadhafi. Or, Kadhafi était considéré comme un frère par les Maliens qui sont partis à son secours. Il ne s’agissait pas de mercenaires, mais de volontaires.

Au début du printemps arabe, nous avons eu à nous entretenir avec vingt jeunes Tunisiens. Nous avons cru utile de leur présenter certains éléments des pays arabes afin de comparer les effets passés, et la façon dont on pouvait envisager l’avenir. Ils étaient attentifs, mais l’un d’eux a fait part de son désaccord quant à cette approche. Nous avons compris que pour eux il n’était nullement besoin de s’attarder sur cette région, car il existait, de par le monde, une démocratie qui avait ses règles et il suffisait de les appliquer. C’était de l’idéalisme qui liait la volonté et le bonheur du peuple aux élections pour aboutir invariablement à la démocratie.
L’avis de ce jeune Tunisien était conforme à l’expression des conseillers internationaux que l’on a vus à l’œuvre en Égypte. Nous avons déjà abordé ce sujet et nous n’irons pas au-delà de deux remarques. Les institutions mises en place ignoraient les notions essentielles pour les questions électorales à savoir : la « structure d’analyse électorale » et la « structure d’accueil pour le vote contre ». À partir de là, les Frères musulmans devaient emporter les élections. La deuxième remarque nécessite une formation des membres des partis, à savoir qu’emporter un poste électif, obtenir le pouvoir en démocratie, permettent d’assurer la gestion du pays, certes à sa façon, mais sans pouvoir transformer radicalement les habitudes de la nation.

Nécessité fait loi

Bernard owen, Maria Rodriguez-McKey

Toute attaque contre un être vivant entraîne obligatoirement une réaction. Pour un animal, c’est soit la fuite, soit des subtilités dans son comportement, inconnues de l’assaillant. Le principe général est de réagir. Il en va de même pour l’être humain vivant en démocratie.

L’attaque du 11 septembre 2001 a été une surprise pour les citoyens Américains. Il existe toujours les « conspiracy theories » qui peuvent avoir un rien de vérité, mais pour l’attaque elle-même, tout ce que l’on peut relever est le manque d’efficacité entre le terrain et les autorités centrales. En effet, l’un des agents Américains s’était étonné du fait que l’un des pilotes en formation avait refusé de prendre la section concernant les manoeuvres d’atterrissage. Il avait prévenu Washington, mais son message s’était perdu dans la bureaucratie…. Il y avait déjà eu un cas semblable auparavant, quand le patron du F.B.I. Edgard Hoover n’avait pas pris au sérieux un espion double, qui l’avait prévenu trois mois avant Pearl Harbour d’une attaque possible contre la flotte américaine tranquillement amarrée. C’est pour cela que Roosevelt créa l’O.S.S., et Truman la C.I.A. Quelque soient les moyens, l’incompétence est toujours prête à tout faire basculer.

Le drame qui vient de se produire à Paris et dans sa banlieue a été retransmis dans le monde entier. Le nombre de morts et de blessés est important. Alors, que faire ? Nos amis, qui prônent la démocratie réagissent …. Et la liberté ! On parle de mesures liberticides.

Après le 11 septembre, les Etats Unis se devaient de réagir fortement pour eux-mêmes, mais aussi pour lres autres Etats. N’oublions pas que Ben Laden, fils d’une riche famille saoudienne, s’était lancé contre le plus puissant Etat de l’Occident. C’était un acte symbolique, il voulait frapper fort.

En 2004, 2005 et 2006, les Etats Unis ont passé des accords avec les pays européens pour mettre à jour les banques de données sur les personnes, mais, devant les restrictions apportées aux voyageurs européens se rendant aux Etats Unis (70 jours avant son départ, fournir des données personnelles), les Européens ont fortement réagi, et les Américains ont supprimé ces réglementations.

Jean Claude Paye sous-entend que, du fait que le « Patriot Act » comprenant 128 pages, soit rédigé seulement quatre jours après l’attentat, avait été préparé longtemps avant. En cela, il ignore l’efficacité d’un travail administratif et juridique en cas d’urgence.

Il est toujours intéressant de comparer la façon dont les différents Etats traitent la question du terrorisme. Jean Paul Pelissier évoque le journal « The New York Times » qui s’est intéressé à l’affaire Mohamed Merah (le 22 mars 2012). Il semblerait que notre terroriste soit passé à côté des renseignements sur le terrorisme français. Celui-ci travaille essentiellement sur la recherche humaine en pénétrant les sources de recrutement de terroristes potentiels, soit dans certaines mosquées, soit dans des réseaux islamistes radicaux. Cela permet à la France d’être bien informée. Les Américains peuvent utiliser de façon systématique des moyens informatiques d’écoute à un niveau qui permet le recoupement des informations, et obtenir un regard général mais précis de l’ensemble des recherches. Cet auteur cite Gary Schmitt, qui présente le système français comme « très répressif » même avant le « Patriot Act » concernant les écoutes téléphoniques, la loi sur l’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste paraît efficace, mais le côté solitaire de Merah et un certain laxisme de son ancien interlocuteur policier révèle la faiblesse du système.

D’ailleurs, l’ensemble de l’affaire Merah n’apparaît pas atypique, car la police allemande a trouvé à Berlin un document d’Al Qaïda, qui recommandait à leurs membres en Europe de l’Ouest et aux Etats Unis de chercher des éventuels terroristes solitaires pouvant se fondre facilement dans la population, sans éveiller les soupçons, et préparer des attaques destinées à terroriser la population.

Le journal « Le Figaro » fournit les détails des contraintes des lignes aériennes devant communiquer les données personnelles appliquées, au départ, par certains pays, et en 2015, par tous. Cela peut paraître une demande nécessaire dans ces guerres non conventionnelles, mais pourrait aussi encourager la pénétration en Europe le flot de personnes non désirables parmi les immigrants empruntant lers voies non conventionnelles par mer. Les terroristes d’outre mer ne sont-ils pas capables de se transformer en agence de voyage pour faire traverser à un coût raisonnable ou non une quantité d’immigrants difficilement contrôlables.

Un instant de réflexion sur les personnes chargées d’explosifs sur le point de perdre la vie. Des seringues ont été trouvées dans l’appartement loué par des terroristes à Alfort Ville. Au départ, la presse a parlé de seringues appartenant à la police pour recherche d’ADN, puis sur RTL et ailleurs, l’on a donné des détails sur la drogue utilisée par Daesh : le captagon qui est utilisé pour éliminer tout sentiment de peur. Cela est très logique. Il s’agit d’un psychostimulant et se trouve sous trois noms différents : captagon, biocapton et fitton. Le captagon était utilisé par les étudiants, dans les années soixante, où il était en vente libre, jusqu’en 2011. Il était produit principalement en Libye et au Liban, alors que la Syrie est devenue le premier producteur à partir de 2011. L’Arabie Saoudite en saisit des tonnes tous les ans, ainsi que le Qatar et d’autres pays arabes. Selon Wikipedia, l’auteur de l’attentat de Sousse du 28 juin 2015, Seifessine Rezgui, revendiqué par Daesh, était sous l’empire du captagon.

 

Face à la mort que vaut l’idéologie?

Bernard William Owen

http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/auteurs/index.php?id=50173

Le monde regorge de nouvelles. L’on sait tout mais il faut une étincelle pour mettre à mal ce que seule quelques privilégiés  pouvaient   évoquer entre eux. Il a fallu qu’un homme politique, respectable  s’il en était, se rende à New York  pour que toute la presse étale ses besoins sexuels disproportionnés. Un autre  français directeur d’une école française bien connue décède à New York  pour que soit découverte une gestion financière désastreuse. Il en va de même, non pas pour un individu, mais pour un comportement     généralisé pour les  personnes  dans les taches surhumaines et allant  contre l’éthique de la société.

Il a suffit que l’on trouve quelques seringues dans un appartement où s’étaient réfugié les auteurs de la tuerie de Paris pour que le grand public découvre que les extrémistes utilisaient la drogue.

Naturellement les djihadistes ce n’est pas l’Occident et pourtant sommes nous si différents?

Les livres que l’on peut lire ici ou là sur  l’armée Nazi ou même sur les expériences des médecins des camps de la mort  ne mentionne pas les drogues qui permettaient  à l’armée de tenir malgré des conditions parfois terribles. La drogue se nommait PERVITIN. Une drogue dure (Méthamphétamine).  Le journal Der Spiegel  publie des lettres écrites par les militaires à leur famille réclamant un  supplément de cette drogue qui venait à manquer à mesure que la guerre se prolongeait. Parmi les lettres,  par exemple de Heinrich Böll (prix Nobel), le militaire demande à ses parents de lui envoyer cette drogue « dont une seule pilule l’aide à rester attentif autant qu’avec des litres de café et qui après une prise toute  anxiété semble s’évanouir.

Apparemment les pilotes  et les conducteurs de chars avaient le privilège de chocolat bourrés de drogue.

En janvier 1942 un médecin militaire raconte que les troupes, encerclés par les Russes, à bout de force se laissent tomber dans la neige, mais il suffisait de distribuer du PERVETIN pour qu’une demi- heure plus tard la troupe reprenne la marche.

Norman Ohler qui  écrit  « L’euphorie totale des drogues dans le Troisième Reich ». La drogue est montée jusqu’à Adolphe Hitler dès 1936 où son médecin Theodore Morell lui a prescrit du Motaflor pour ses crampes d’estomac. Vous remarquez que son médecin est à ses cotés sur les photos quand il se trouve à Berchtesgaden.

L’être humain se ressemble où qu’il soit quelle que soit sa religion

The assassination of Andrei Karlov, the Russian Ambassador to Turkey

By Bernard Owen

We were able follow on television the assassination of the Russian Ambassador to Turkey.  We are, of course, are deeply sorry for this tragic death.

 

The assassin was a policeman who graduated from the academy only two years ago and he was fired recently.  His speach starts with « God is Great » and mentions Aleppo which is being won over by the Syrian Army with Russian support as a result of which the terrorists are begining to lose the war.

Erdogan’s firing of thousands of members of the military, professors and, in general, State employees while having an ambiguous attitude towards the ISIS, in addition his governments own policy undermining Attaturks strict separation of State and Chruch, has brought Turkey to the brink.  And the Russian Ambassador is its latest victim.

 

Assessing NATO’s involvement in Libya

    

   

                                                                                 

The author Ian Davis, is the director of Nato’s Watch.

 Author’s preface: The killing of Colonel Qaddafi on 20 October 2011 is certain to expedite NATO’s withdrawal from Libya and facilitate plans for rebuilding the country. Yet, beyond legal wrangling, it will bode well for the future involvement of NATO in African conflicts if the alliance could commit as much resources, energy and dedication into the rebuilding of Libya as it did to pummelling the country. At the barest minimum, such a gesture may help in assuaging the concerns of those who have always suspected what the real motive of NATO intervention in Libya was.  

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The involvement of regional organizations in enforcement of the No-Fly Zone (NFZ) in Libya, purportedly in support of United Nations Security Council Resolution 1973, raises interesting questions about the role of regional organizations in collective security in general, and their relationship with the Security Council in particular. Libya was not the first case in which the UN has invited regional organizations to assist in implementing a Security Council resolution or in which the body has collaborated, in whatever form, with regional organizations. Precedents include UN/Economic Community of West African States (ECOWAS) operations in Liberia and Sierra Leone, and UN/Organization of American States (OAS) actions in Haiti, to mention but a few.

Be that as it may, the on-going operation in Libya raises questions that deeply impact on the legal structures of the UN Charter and implicate policy-related questions for the UN, the concerned regional organizations and the structure of global collective security. While there can be no doubt that great benefits are to be derived from the interaction of the UN and regional organizations, the lack of clarity about the legal basis, an absence of policy precision, and trite rules of engagement considerably undermine such collaboration and, at the extreme, threaten to compromise the integrity of the operation concerned.

For this reason, it is important to discuss how NATO’s involvement in Libya, while undoubtedly legitimate, was legally dubious under UN Charter rules. This article will argue that the time is well nigh for the UN to develop clear policy guidelines for dealing with organizations that are not governed by Chapter VIII of the Charter but which are, nonetheless, committed to assisting the UN in realizing its primordial goal of maintaining international peace and security.

Chapter VIII of the UN Charter recognizes that regional “arrangements or agencies” have a marked role to play in the maintenance of international peace and security; hence, these organizations are empowered to conduct pacific settlement of disputes among their members (Article 52) entirely on their own and without recourse to the Security Council. However, while regional organizations are generally forbidden to take enforcement actions (including, of course, military measures), they can do so with the authorization of the Security Council (Article 53). This is one of the three bases recognized by the Charter as constituting exceptions to the general prohibition of force under Article 2(4) of the Charter. (The other two being the right of individual or collective self-defense (Article 51), which accrues only after an armed attack has occurred against a UN member, and the now futile actions against former enemy States (Article 107). The treaties of most regional organizations contain provisions enabling them to defend themselves once an attack occurs against their members.)

Resolution 1973 and the response by NATO, African Union and League of Arab States

Whenever States decide to use force against another State, whether individually or as a group, the first question that arises is whether such an action is pursuant to the right of self-defence (Article 51 UN Charter) or is one authorized by the Security Council. In the case of Libya, with regard to the former, Article 51 does not apply, as Libya had not attacked any of the NATO member State. It therefore follows that only an authorization by the Security Council could provide a sound legal basis for any military action against Libya and keep NATO action from being in violation of Article 2(4). The question is: Was NATO action in Libya authorized?

The creation of a No-Fly Zone over the whole of Libya by Security Council Resolution 1973 on 11 March 2011 was done “in order to help protect civilians” (operative paragraph 6). The Security Council had called on “States that have notified the Secretary-General and the Secretary General of the League of Arab States, acting nationally or through regional organizations or arrangements to take all necessary means to enforce compliance with the ban on flights imposed by paragraph 6…” (operative para. 8). (Emphasis added).

The impetus for creating the NFZ had originally emanated not from the Council, but from the League of Arab States (LAS), which had, in the words of the Security Council itself, decided:

“to call for the imposition of a no-fly zone on Libyan military aviation and to establish safe areas in places exposed to shelling as a precautionary measure that allows the protection of the Libyan people and foreign nationals residing in the Libyan Arab Jamahiriya” (preambular paragraph 12, Res. 1973).

It was entirely legitimate, and legal, for LAS to call on the Security Council to establish a no-fly zone in Libya. LAS is a Chapter VIII organization and one which, aside from being able to invite the Security Council to take enforcement measures against its member States, could actually undertake enforcement action on its own — subject, of course, to the Security Council authorization. The Security Council, therefore, had no problem with making explicit references to the organization in the resolution, as it did with the African Union (AU), underscoring the cardinal importance of LAS in any eventual intervention in Libya.

However, it seems unlikely that the lack of reference to NATO, anywhere in Resolution 1973, was an accident of drafting. It was a rather clear indication that NATO was not intended as a beneficiary of a Resolution 1973 mandate. Differently put: NATO is not a Chapter VIII organization. The Alliance was established in 1949 as an Article 51 organization — that is, a mutual defence pact — and was so clearly described by its treaty. The critical (even if historical) rationale for NATO’s preference for being a collective self-defence organization was simply that it wanted to free its actions from Security Council prior authorization, to which Chapter VIII binds all regional organizations.

To legally respond to a Security Council’s resolution calling on States acting “nationally or through regional organizations or arrangements”, as resolution 1973 did, an organization must be such that it is contemplated as a “regional organization” by Chapter VIII of the UN Charter. While there are no clear criteria about what these are, two fundamental factors are crucial: First, such an organization must regard itself as a Chapter VIII organization (as, indeed, the OAS, AU, Organization for Security and Co-operation in Europe, and so on, have manifested severally). Second, and by far most important, such organizations must be ready to fulfil the obligation under Article 54 of the Charter: keeping the Security Council “fully informed of activities undertaken or in contemplation under regional arrangements or by regional agencies for the maintenance of international peace and security”.

This requirement is needed so that organizations intending to assist in the implementation of a Security Council resolution do not present the Security Council with a fait accompli. But much more important is that if an organization does not meet these criteria, but nonetheless responds to the Security Council’s clarion call for assistance through such particular resolutions as 1973, then, potentially, the organization’s involvement risks illegality.

The Security Council recognizes how important it is for all organizations that would be involved in the enforcement of the Libyan resolution to comply with Article 54. Hence, the Council insisted in Resolution 1973 that such organizations must “inform the [UN] Secretary-General and the Secretary General of the League of Arab States immediately of measures taken in exercise of the authority conferred by paragraph 8…”.

NATO has not traditionally complied with Article 54 of the UN Charter for the simple fact that it is not governed by Chapter VIII; hence, it does not need to comply with such a directive. It is also not implausible to contemplate NATO’s blatant disregard of the additional obligation, in paragraph 8, to inform the Secretary General of LAS — that is, aside from informing the UN Secretary-General.

Thus far, NATO could not have legally responded to the Security Council’s mandate issued to “regional organizations and arrangements” in Resolution 1973 because, by virtue of its own treaty, the alliance is neither such an organization, nor one that could be held bound by either Article 53 or Article 54 of the Charter (much less the obligation to report to LAS). And since NATO is acting in Libya collectively, in contradistinction from acting nationally (see para. 8, resolution 1973), the latter caveat in the mandate does not save NATO from being in violation. (That provision would have saved France, the UK or the US when they acted individually and nationally at the outbreak of the crisis before NATO took over the mission.)

Yet, the absence of a solid legal basis has not prevented NATO from responding to such Security Council resolutions as 1973. During the Bosnia/Herzegovina crisis in 1992, NATO had responded to Security Council Resolution 781. While paragraph 1 of that resolution stated that the objective of the flight ban on the country was to ensure safe passage for humanitarian assistance, paragraph 6 had called on States to take “nationally or through regional arrangements or agencies” all measures necessary to provide assistance to the United Nations protection force in that country.

Quite clearly, the above reveals a gap between the law — Chapter VIII provisions — and NATO’s increasing policy of responding to Security Council resolutions and the Security Council’s silent reception of NATO’s generosity. It would be disingenuous, to say the least, to argue that NATO should not assist in implementing Security Council resolutions just because the alliance is not one of the organizations that could adhere themselves to the enabling mandates with any legal exactitude.

This prompts the question of how the Security Council should superintend the activities of NATO in such moments, given that NATO cannot be expected to be governed by the rules in Chapter VIII. Put differently, there is a great need for a system to be established whereby, until NATO decides to accept the regulation of Chapter VIII (if that day is to come), its activities regarding implementing Security Council resolutions could be regulated by the Council. As things stand, NATO has developed the ability to step into the UN Charter (to assist the Security Council implementing its resolutions) and step out of it (to avoid the Security Council’s regulation of regional organizations engaged in implementing of such resolutions).

Policy possibilities

One way of dealing with this anomalous situation between NATO and the Security Council is for the UN to devise a means of regulating NATO’s involvement in implementing Security Council resolutions since, unlike typical regional organizations, NATO cannot be regulated by Chapter VIII of the UN Charter.

The Security Council set an interesting precedent in 1994 when it invited regional organizations to its High-Level meeting in New York. Although the original invitation letter was addressed to regional organizations per se, an amended version was sent out that included other organizations, which enabled non-Chapter VIII organizations such as NATO to attend. In light of this precedent, a few recommendations can be made.

The UN can develop a set of policy guidelines to enhance its collaboration in UN missions with such non-Chapter VIII organizations as NATO. Such policy guidelines would spell out, in clear terms, the conditions governing UN collaboration with such organizations, so that a situation of cherry-picking that characterizes the current UN/NATO interaction can be avoided.

The Security Council can easily prevent NATO’s “cherry-picking” approach to its relationship with the Council be using more specific drafting formulae in its resolutions. For instance, had paragraph 8 of Resolution 1973 read as follows —

Authorizes Member States that have notified the Secretary-General and the Secretary-General of the League of Arab States, acting nationally or through regional organizations or arrangements, or other international organizations or alliances to take all necessary measures to enforce compliance with the ban on flights imposed by paragraph 6 above… (new addition in italics)

— the added/suggested phrase (“or any other international organizations or alliances”) would have performed two important functions. First, it would have broadened the category of entities that could enforce the Libyan NFZ resolution beyond regional organizations, so that, in principle, an organization that is not usually concerned with collective security might be able to respond to the mandate if it so desires. Second, it would have meant that organizations such as NATO — which, although concerned with security issues, do not fall under Chapter VIII — could legally respond to such a resolution since they fall under “other international organizations or alliances”.

It is evident that the Security Council intended to strongly underscore the importance of LAS in the Libyan crisis. Also, not many people would have doubted, at least at the initial stages, the legitimating role that LAS’s approval of the Libya NFZ was believed to play. But that is as far as it goes.

A request that regional organizations enforcing the NFZ in Libya should report to the Secretary General of LAS is grossly unconstitutional under the UN Charter. Article 54 obligates regional organizations to report to the Security Council, not to Secretaries General of other organizations. LAS represents a section of the international community, not the entirety of the international community. And if it was thought that LAS consent was necessary before enforcing a UN resolution adopted under Chapter VII — a situation that, in itself, was comprehensively befuddling — it certainly cannot be the case that by the fact of being an Arab organization which has consented to an NFZ over an Arab natio,n LAS has suddenly become primus inter pares (the first among equals) among regional organizations. It will surely bode well for the practice of the Security Council, the sanity of international legal orders and the compressibility of the Charter rules if the Security Council would desist from such practices as the one under discussion.

Understanding the dynamics of the issues

The interaction between NATO and the UN in Libya highlights, once again, the need to sanctify relations between the UN and regional organizations. However, rather than approaching this problem generically, what needs to be done is to understand the specific dynamics of the issues involved in order to devise the most effective approach towards tackling them. In all probability, NATO will likely continue to respond to Security Council resolutions that call on regional organizations to assist in implementing such resolutions as Resolution 1973. It is highly unlikely that there will be an amendment of Chapter VIII of the UN Charter anytime soon, so that if NATO cannot go to the mountain, the mountain can go to NATO.

Filling the gap between the law and practice, therefore, may come down to a creative adaption of the Security Council process, especially as regards the crafting of such resolutions as 1973. The great thing about policy frameworks is that they are far more malleable — and, arguably, more congenial — than legal instruments. Howsoever the UN might want to address the relationship between the Security Council and NATO, what is of utmost necessity is to ensure that NATO does not end up ridiculing the legal framework of Chapter VIII.

The majority of regional organizations strive hard to continue to search for a stronger cohesiveness in the Charter order, and none should be permitted to cherry pick from the instrument. The era of “hop-in, hop-out of the Charter” should be ended.

If NATO greatly desires to take the benefit of the collective security system of Chapter VIII as its involvement in the Bosnia/Herzegovina and Libya crises demonstrate, then it must be ready to bear the burden of the adjunct legal obligations as well. After all, as the aphorism goes, the burden and benefit of a thing go together.

Despite Sanctions, Russia Finds Buyers for $11 Billion Stake in Rosneft

By ANDREW E. KRAMERDEC. 7, 2016
New York Times

europeans

MOSCOW — The Russian government announced Wednesday that it will sell nearly 20 percent of its state oil company, Rosneft, to the Swiss commodity trading firm Glencore and the sovereign wealth fund of Qatar.
The deal defies expectations that no investor would dare buy a share in the Russian asset, given Western sanctions against the government of President Vladimir V. Putin.
But the emergence of foreign money suggests that investors are reassessing the sanctions after the election of Donald J. Trump, who has advocated warming ties with authorities in Moscow and is considering the chairman of Exxon Mobil, Rex W. Tillerson, as a candidate for secretary of state.
Mr. Tillerson criticized the sanctions as harmful for business after they halted an Exxon joint venture with Rosneft to drill for oil in the Kara Sea, in Russia’s sector of the Arctic Ocean.
The deal will bring Moscow $11.3 billion to help plug a widening budget deficit as Russia fights two wars, in Syria and Ukraine, and has struggled to meet pension payments and public-sector payrolls.
The agreement came as a surprise twist in the privatization of Rosneft. With an end-of-the-year deadline looming, no buyers had come forward for the 19.5 percent share in the world’s largest publicly traded oil company, as measured by production and reserves. The apparent lack of bidders was a pessimistic sign for investor interest in Russia.
The Russian government had for most of the year planned to sell shares back to the majority state-owned company itself, which would hardly have qualified as a genuine privatization.
The United States decided in 2014 to impose sanctions on Rosneft and other Russian companies in response to Russia’s intervention in the war in eastern Ukraine..
The sanctions limit long-term lending and transfer of American technology for drilling offshore and shale oil deposits.
The deal carries other risks as well. Both Glencore and the Qatari fund, the Qatar Investment Authority, have extensive investments in emerging markets. The Qatar fund is also an investor in Glencore.
The announced price valued Rosneft at $58 billion, slightly less than the company’s stock market value at the close of trading in Moscow on Wednesday, of just under $59 billion.
Both the market price of shares and the sale price for the 19.5 percent stake announced Wednesday are a relative bargain, indicating the Russian government’s eagerness to cut a deal to shore up its finances.
Rosneft pumps 4.7 million barrels of oil and the energy equivalent in natural gas a day, compared with 4.3 million by Exxon. For comparison, Exxon’s market value was $364 billion during trading Wednesday — six times Rosneft’s value.
The two buyers will take equal parts of the stake, the company’s chief executive, Igor I. Sechin, told Mr. Putin in a televised meeting Wednesday.
Mr. Putin termed it “the largest privatization deal, the largest sale and acquisition in the global oil and gas sector in 2016.”
In a statement, Glencore said it was in “final stage negotiations” over the deal. The company said it would contribute 300 million euros, or $323 million, of its stock to the purchase, with the remainder of the funding coming from the Qatari fund and bank financing. Under the terms, Glencore would gain access to an additional 220,000 barrels a day of Rosneft’s oil to trade.
Mr. Sechin credited Mr. Putin for the agreement. “Given the very difficult economic circumstances and the extremely tight deadlines for this kind of project,” Mr. Sechin said, “I can report to you that we were able to land this deal thanks to your personal contribution.”
The sale completes a long arc for the Russian energy assets, traced from privatization to nationalization to privatization again, with the timing unfavorable for the Russian citizens who are the company’s majority owner.
Under Mr. Putin, the Russian government took oil and gas fields that had been privatized in the early post-Soviet period by companies including Yukos and TNK, and reassembled them under a behemoth state-owned company, arguing that the government should steer policy for these strategic assets.
The government effectively nationalized Yukos in lawsuits over unpaid taxes after its founder, the oil tycoon Mikhail B. Khodorkovsky, was jailed on fraud charges brought with political overtones.
Rosneft bought the assets of TNK and its foreign partner, BP, for about $60 billion in 2013, when oil prices were still buoyant. Now the government is selling shares into the depressed global oil market for a fraction of what it paid three years ago.
A state holding company, Rosneftegaz, is the largest shareholder, with 69.5 percent, which will drop to 50 percent after the sale to Glencore and the Qatari fund. A state property agency holds a voting share to retain majority state control.
BP, the British oil giant, owns a 19.75 percent, and the remainder is traded on the London Stock Exchange and in Moscow.

Élections et territorialité

Jean Baechler, Membre de l’Institut

Il faut se méfier des fausses évidences, car elles peuvent masquer des problèmes réels et insinuer des solutions pernicieuses. Un exemple topique serait la liaison entre élections et territorialité. Elle impose comme allant de soi, que les circonscriptions électorales sont des territoires, c’est-à-dire des segments de l’espace habité, d’une part, et que, d’autre part, les élections doivent produire des résultats représentatifs des habitants. Or, tout est faux et corrupteur dans ces deux affirmations liées, comme il apparaît, dès que l’on précise la finalité des élections en démocratie. Elle révèle que la territorialité est une nuisance, qu’elle résulte d’une contrainte et que celle-ci dépend d’un état de la technique aujourd’hui dépassé. Le dévoilement de la nuisance pourrait conduire à des applications utiles voire indispensables dans le cadre français et surtout européen.

La finalité des élections en démocratie

Comme pour toute finalité dans tous les domaines, celle des élections ne peut être saisie qu’à partir de la nature de l’ensemble qu’elle sert. Une démocratie est un régime politique, c’est-à-dire une certaine manière de régler les relations de pouvoir entre individus et groupes. La manière démocratique repose sur le principe exclusif que toute position de pouvoir, quelle qu’elle soit et à quelque niveau de regroupement qu’elle s’impose, doit être justifiée par un objectif commun à tous ceux qui obéissent, et pourvue en respectant trois conditions impératives. La première stipule qu’une position de pouvoir ne peut être occupée légitimement que par des acteurs délégués par les obéissants et qu’une délégation de pouvoir n’a de raison d’être que par la considération qu’elle est indispensable au succès d’une entreprise commune. C’est pourquoi, au demeurant, la « souveraineté » politique ne saurait être attribuée à un ensemble quelconque, ni abstrait comme le « peuple » ni concret comme la « nation ». Elle n’est et ne peut être qu’enracinée dans chaque individu appelé à obéir à un délégué de son consentement. Or, aucun individu ne consentirait à déléguer son pouvoir à un autre, si des considérations d’utilité et de nécessité ne s’imposaient à lui. D’où la deuxième condition : toute délégation de pouvoir doit reposer sur la compétence supposée du délégué à contribuer au succès de l’entreprise commune. Mais il est dangereux de se départir de sa souveraineté et de déléguer du pouvoir à quelqu’un, car tout pouvoir tend spontanément à l’absolu. C’est pourquoi une troisième condition est impérative. Le pouvoir ne peut être délégué par les obéissants à des compétents putatifs qu’à titre : circonscrit, pour atteindre un objectif défini ; temporaire, pour le temps indispensable à l’effectuation de l’entreprise ; et réversible, soit en réservant une clause de repentir soit, plus raisonnablement, en s’interdisant toute reconduction automatique.

Ce dispositif démocratique, saisi dans son principe fondateur, n’a de sens et de justification qu’approprié à un objectif commun. De quel objectif est-il question ici ? La réponse univoque et infrangible est donnée par la fin du politique. Les obéissants et délégants sont les citoyens d’une politie, c’est-à-dire des êtres humains réunis par l’histoire, par le sort, par le hasard de la naissance et/ou par un consentement délibéré, et décidés à rechercher ensemble les conditions communes du bonheur de chacun. Ces conditions communes peuvent être appelées le « bien commun ». En quoi consiste-t-il ? La réponse désigne la fin du politique. Elle se résume à la paix, tant à l’intérieur de la politie et entre citoyens qu’à l’extérieur et entre polities rassemblées sur une transpolitie. La paix n’est pas la dissipation des conflits, car ce serait un objectif irréalisable pour une espèce naturellement conflictuelle, en raison des intérêts qui en partagent les représentants et des passions qui les animent. La paix est, bien plutôt, la résolution non violente des conflits.

Envers l’extérieur et sur la scène transpolitique, tout conflit peut toujours dégénérer en violence appelée guerre, ce qui fait de la sécurité extérieure un premier bien commun. Un deuxième est défini, vers l’intérieur, par le fait que la violence peut être évitée entre citoyens, si des règles du jeu sont définies, qui soient justes et respectées, et si chacun, individus et groupes, reçoit ce qui lui revient, en termes d’échanges, de partages et de punitions. Ainsi, la paix est assurée par la justice et ses deux branches que sont, selon Aristote, la loi et le droit. En raison de l’importance et de l’urgence, pour le vivant en général et l’espèce humaine en particulier, de réunir les ressources consommées pour vivre et vivre bien, le bien commun reçoit une troisième définition, qui consiste dans la réunion des conditions communes de la prospérité de chacun. Cette dernière dimension est introduite par la considération que, sans elle, les conflits courent le risque d’être exacerbés au-delà de toute pacification possible et que le pacte unissant les citoyens ou concorde pourrait être rompu. Aussi bien, la justice ne repose pas seulement sur la loi et le droit, mais encore sur l’équité, qui doit contribuer à la paix, en tempérant les rigueurs de la loi et du droit, pour tenir compte des circonstances et des conséquences.

Il ressort de l’analyse que les positions de pouvoir à pourvoir dans le cadre d’une politie sont celles indispensables à la réalisation du bien commun, défini comme sécurité extérieure, comme paix intérieure par la loi, le droit et l’équité, et comme conditions communes de la prospérité. Par implication, tout ce qui n’est pas commun, n’intéresse pas ni ne concerne le politique et ne saurait donc justifier aucune position de pouvoir ni aucune délégation de nature politique. Il importe de souligner que « commun » ne veut pas dire « général ». Est commun un bien qui importe à chaque individu ou groupe composant la politie, et qui lui importe assez, pour qu’il consente à se départir du pouvoir dont sa liberté native le rend titulaire. Au contraire, par une ruse idéologique mortifère, car elle justifie toutes les usurpations et tous les débordements de pouvoir, « général » suggère la notion qu’il pourrait exister un bien de la collectivité politique en tant que telle et que ce bien pourrait de quelque manière mystérieuse se distinguer du bien de chacun et même entrer en contradiction avec lui. Au contraire, le bien de chacun inclut le bien commun, puisque celui-ci est la condition de possibilité de celui-là. En effet, sans sécurité extérieure ni paix intérieure ni prospérité, aucun bien particulier n’est possible. En termes aristotéliciens, le « bien vivre » commun, qui est la fin du politique, est la condition de possibilité du bien vivre de chacun, c’est-à-dire de l’interprétation que chacun donne du bonheur, à ses risques et périls.

Les positions à pourvoir étant telles, les délégants sont les citoyens en tant qu’intéressés au bien commun et non pas les acteurs humains en tant qu’occupés par la quête de leur bonheur particulier, dont rien n’interdit ni n’impose qu’il se confonde avec la béatitude, conçue comme la participation à l’Absolu ou sa résorption en Lui. En d’autres termes, un être humain devient un citoyen non par le seul fait de vivre et d’être actif dans une politie, mais par sa participation au bien commun tel que défini. Dont il découle comme une conséquence logique que les délégués des citoyens aux positions de pouvoir doivent être les plus compétents, aux yeux des délégants, pour réaliser le bien commun, et que la compétence au regard du bien commun et de sa réalisation est leur justification et mission exclusives. Toute déviation par rapport à ce devoir d’état ne saurait être qu’une corruption, si les délégués s’appliquent à la réalisation de biens particuliers, ou une perversion, s’ils se consacrent à un « intérêt général » qui, n’ayant aucune réalité en dehors du bien commun, ne saurait être qu’un produit idéologique.

Mais deux contraintes imparables viennent contrarier la définition de la compétence. D’un côté, le bien commun n’est susceptible de recevoir une définition univoque qu’en termes abstraits et généraux. Ici et maintenant, il est inévitablement l’objet d’interprétations variées dans sa définition et dans la manière de s’y prendre pour le réaliser. Aucune interprétation ne s’imposant apodictiquement, le bien commun est frappé d’incertitude et, avec lui, les compétences appropriées. De l’autre, l’agir en général et l’agir politique de manière suprême s’effectuent dans l’incertitude des circonstances et des conséquences, si bien que la compétence et l’incompétence des candidats à la délégation ne peuvent pas être appréciées par les délégants de manière contrôlée et assurée.

Finalement, les citoyens sont condamnés à choisir entre plusieurs interprétations du bien commun et à parier sur la compétence de ceux qui les défendent, c’est-à-dire à leur faire confiance le temps de voir. Ils y sont condamnés, car le bien commun ne peut pas être éludé et ses trois composantes de la sécurité, de la justice comme loi, droit et équité, et de la prospérité doivent être prises en charge par des acteurs mis en état de décider et d’agir efficacement. L’analyse souligne à quel point la philosophie politique classique, celle illustrée par Aristote, Cicéron et Thomas d’Aquin, avait raison de tenir que le régime politique naturel, au sens où il est approprié à la fin et à la nature du politique, est de fondation un « régime mixte ». En effet, il inclut dans son concept une composante « démocratique », en assignant le siège du pouvoir et de ses délégations bénéfiques aux citoyens saisis dans leur individualité concrète. Une composante « aristocratique » lui vient de ce que les délégations sont censées aller aux meilleurs, jugés selon le critère de la compétence à réaliser le bien commun. Quant à la composante « monarchique », elle est introduite par les contraintes de la décision et de l’action, qui exigent qu’un seul soit en charge ultime de chaque tâche contribuant au bien commun.

À la fin des fins, l’élection est une technique permettant aux citoyens de choisir une interprétation du bien commun et de parier sur la compétence putative de ceux qui la défendent. Elle a été retenue exclusivement par les démocraties contemporaines. C’est une technique parmi d’autres concevables et pratiquées en d’autres contextes politiques, la cooptation, l’ancienneté ou le tirage au sort. La fin de la technique est l’efficacité, si bien qu’une technique, qu’elle soit économique, culinaire, médicale ou politique doit être jugée selon ce critère exclusif. Tenons que l’élection des délégués aux positions de pouvoir politiques est la technique la plus efficace dans les conditions de la modernité. On montre que la combinaison de l’élection et de la territorialité est une nuisance grave, imposée par une contrainte que le progrès technique permet de lever.

La territorialité comme nuisance et contrainte

Un territoire peut être défini comme un segment d’espace habité. Sur les aires culturelles séculaires et millénaires, c’est aussi un segment aménagé par des générations successives. Du point de vue culturel propre à l’espèce humaine, l’occupation et l’aménagement d’un segment des terres émergées signifient sa particularisation par la géographie, par l’histoire et par les façons de gérer les problèmes qui s’y posent. Or, il suffit du moindre degré de particularisation affectant des segments distincts d’une politie, pour que la fin du politique et le bien commun soient menacés. Pour en prendre la mesure, il faut s’imprégner d’une conception juste de la politie et, pour y atteindre, s’attacher au concept de « politie ». Celle-ci est un « groupe » humain, au sens technique imprimé au mot par la sociologie. Un groupe est un acteur collectif, défini comme la réunion d’au moins deux acteurs individuels, ainsi disposés qu’ils se donnent les moyens de viser efficacement un objectif commun. Les moyens reposent sur la conversion, consentie et réussie par chacun des participants à l’entreprise, des sensibilités, des intelligences et des volontés individuelles en une volonté, une intelligence et une sensibilité collectives. Pour se rendre effective, la conversion se développe en organisations et en institutions, dont le degré d’explicitation et de structuration peut varier du plus spontané au plus délibéré. Le couple est un groupe ainsi défini, mais aussi le ménage, le lignage, l’armée, l’église, la secte, l’entreprise, l’équipe… Et la politie. Celle-ci est fondée par et sur l’aspiration d’un groupe organisé et institué d’acteurs individuels et collectifs à réunir par un effort commun les conditions communes de la bonne vie de chacun, des conditions qui se résument à la sécurité extérieure, à la paix intérieure par la justice et à la prospérité. Dans cette situation, rien de ce qui particularise ne peut être admis ni toléré, car le particulier compromet le commun. C’est pourquoi les citoyens d’une politie ne peuvent être déclarés « égaux » que par un abus de langage et une inattention de la pensée. Ils doivent être tenus pour « identiques », au sens du principe d’identité que « A = A ». L’identité citoyenne a évidemment pour contenu le fait que chaque citoyen est identiquement source de toute délégation de pouvoir le concernant en tant que membre d’une politie.

Il résulte de ces précisions conceptuelles que la politie correspond à un espace politique ordonné au bien commun, mais que cet espace ne se superpose à un espace habité et aménagé que par pure rencontre. La rencontre vient de ce que, par ailleurs et pour une multitude de bonnes raisons, les représentants d’une espèce vivante et ceux de l’espèce humaine en particulier habitent et aménagent des terres émergées pour survivre et prospérer, et de ce que notre espèce a, jusqu’ici, exprimé une très forte propension à s’approprier les territoires occupés et à leur conférer un statut spécial voire sacré, du moins à partir de la néolithisation. Le seul moyen de réconcilier l’espace politique et l’espace habité est de rendre le premier abstrait, en faisant abstraction de toutes les particularités du second. Cette clause s’applique, en fait, à toutes les particularités, car l’identité des citoyens l’exige. On ne peut être citoyen « français » que si on est saisi dans son essence de « acteur individuel du groupe de coopération politique appelé ‘France’ », ce qui implique logiquement que soient mises entre parenthèses les appartenances régionales, religieuses, économiques, sexuelles, professionnelles, culturelles, bref tout ce qui fait que deux êtres humains ne sont jamais identiques.

On saisit à la racine les dommages que peut infliger au bien commun l’usage politique du territoire et sa conversion en circonscription électorale. Celle-ci, en effet, donne aux particularités une consistance ennemie de l’identité exigée par la rationalité politique du régime mixte saisi dans sa dimension démocratique, car les dimensions aristocratique et monarchique sollicitent, bien au contraire, les particularités et les singularités congruentes aux compétences politiques recherchées. Les dommages résultent de trois corruptions enchaînées. La territorialité commence par encourager à substituer au bien commun de la politie le bien particulier du territoire et de ses habitants. Cette substitution est la négation même de la finalité politique. On peut demeurer insensible à ce scandale conceptuel et à ses conséquences délétères, en faisant valoir que les habitants d’une circonscription correspondant à un territoire aménagé ont, eux aussi et aussi bien, des intérêts communs à réaliser. L’argument est valide et à retenir, mais, comme nous le verrons à l’instant, il doit conduire à des conclusions très différentes. Pour le moment, il est hors sujet, car le sujet porte sur le bien commun de la politie et de ses citoyens identiques. Tout autre bien commun d’un groupe distinct est automatiquement particularisé, quel qu’il soit et quelles que soient les dimensions du groupe. Une église incluant l’humanité entière aurait à poursuivre, malgré tout, un bien particulier au regard du bien commun de la portion de ses fidèles réunis en une politie distincte. Ce n’est pas une affaire de nombre mais de concept, à la manière dont Aristote tenait que l’oligarchie enracine la souveraineté dans les riches, qui ne sont en petit nombre — oligoi — que par pure rencontre du point de vue politique.

Il suffit de cette première faute, pour que la tentation devienne irrésistible de mettre la brigue politique au service non plus du bien commun, mais des intérêts particuliers. Ils sont innombrables et toujours susceptibles de se coaliser pour s’imposer, pour la bonne raison que les êtres humains ne sont pas identiques et poursuivent une multitude d’intérêts différents. Les intérêts particuliers sont tous légitimes qui concourent aux fins de l’homme, et tous légaux qui ne contreviennent ni à la loi ni au droit. Ils peuvent être individuels ou collectifs, mais ne sauraient être politiques, car les seuls intérêts collectifs politiques sont le bien commun de la politie et de ses citoyens identiques. La tentation de se soustraire à cette rigueur est grande et permanente, car tant les délégants que les délégués y ont intérêt. Les délégants aux positions de pouvoir, ou électeurs, ont intérêt à opérer des calculs sur les bénéfices particuliers qu’ils pourraient tirer de leur vote, sous la forme de subventions, d’exemptions, de protections, de faveurs diverses dispensées par le pouvoir politique, au lieu de s’attacher exclusivement à l’objet du scrutin, à savoir le choix d’une interprétation de l’intérêt commun et le pari sur une équipe de compétents putatifs. De leur côté, les candidats à la délégation et les délégués à la réélection ont intérêt à échanger les faveurs dont ils détiennent la clé contre des appuis directs et indirects. La conséquence est une subversion de la finalité, par la substitution à la recherche du bien commun d’un marché politique, sur lequel sont échangés des appuis aux politiciens contre des faveurs aux citoyens. Il en résulte mécaniquement la précédence accordée aux intérêts particuliers sur le bien commun. La territorialité des circonscriptions électorales n’en est pas la responsable exclusive, mais elle y contribue de manière puissante, en conférant un semblant de légitimité politique et démocratique à l’intérêt commun des citoyens d’une circonscription, alors que cet intérêt est particulier au regard de la politie et que, s’il veut demeurer commun, il doit être poursuivi et réalisé dans le cadre de la circonscription et du territoire concernés.

La nuisance est réelle et largement vérifiée depuis l’émergence et l’imposition de la démocratie dite « représentative », qui serait mieux nommée « délégante ». Le choix de la territorialité pour découper des circonscriptions résulte, de son côté, de deux contraintes plausibles. L’une est principielle et s’impose dans tous les cas de figure imaginables. Pour abolir la nuisance, il suffit, semble-t-il, de recourir à une solution simple : transformer la politie en une circonscription unique ! La solution est illusoire, car elle induit des conséquences pires que le mal à soigner. En effet, une circonscription unique impose un scrutin proportionnel, car un scrutin majoritaire éliminerait toute opposition, pourtant indispensable à l’équilibre des pouvoirs et au contrôle de l’équipe au pouvoir. Mais un scrutin proportionnel ne saurait échapper à l’une ou l’autre de trois conséquences pernicieuses pour le bien commun. Ou bien il induit la prolifération des partis et fait reposer les dimensions aristocratique et monarchique sur des tractations en coulisses et des coalitions fragiles et douteuses. Ou bien il pousse au partage du pouvoir entre partis ou coalitions dominants et favorise la sclérose et la corruption. Ou bien il confère aux extrêmes et aux minorités une capacité de négociation et de nuisance excessive, qui peut se transformer, en cas de crise grave, en une polarisation autour des extrêmes et menacer la démocratie elle-même.

L’autre contrainte est matérielle, qui renforce et tend à se substituer à la contrainte de principe. La territorialité rapproche les délégants et les délégués, ce qui favorise leur connaissance réciproque, facilite le choix et raccourci le pari. Elle est une application locale de la problématique des coûts de transaction. Elle permet de les diminuer et de les limiter à ce qu’impose un état donné des techniques de communication et d’information. Or, il se trouve que le progrès technique permet de lever la contrainte matérielle, tout en respectant la contrainte principielle. Il rend possible la déconnexion complète entre circonscription électorale et territoire et pourrait favoriser un respect plus scrupuleux de la logique politique du bien commun.

Des circonscriptions électroniques

De fait, le progrès technique qui s’exprime dans l’électronique et l’informatique, change du tout au tout les données du problème. La contrainte de principe demeure, qui déconseille de transformer la politie en circonscription unique, car le mouvement a pour corollaire obligé le scrutin proportionnel, alors que le bon régime exige le scrutin majoritaire à un tour. Seul demeure libre et dans la dépendance des circonstances le choix entre scrutin majoritaire uninominal ou plurinominal. L’exigence est technique et imposée par un souci d’efficacité : donner à une équipe exécutive l’appui d’une majorité législative claire et stable et lui permettre de montrer aux électeurs ce dont elle est capable au service du bien commun. La solution a aussi une vertu pédagogique : persuader les citoyens que les élections n’ont pas pour objet de produire un substitut représentatif du corps des citoyens, mais de choisir et de parier sur un projet et une équipe. Or, le progrès technique permet d’assurer cette fonction, en combinant la pluralité des circonscriptions et l’exclusion de toute référence à un territoire. Il faut et il suffit de définir des « pools d’électeurs » et de les peupler sans référence aucune à leurs lieux de résidence. Des circonscriptions identifiées à des pools d’électeurs sont rigoureusement conformes à l’esprit du régime démocratique, puisqu’ils reposent entièrement sur le rassemblement d’acteurs libres et décidés à user de leur liberté au service de leur bien commun. La disparition de la territorialité rend, quant à elle, explicite cette vérité première. La solution déterritorialisée ne soulève aucune question, qui ne reçoive une réponse simple et satisfaisante.

La question la plus simple à régler porte sur le nombre des circonscriptions. La réponse dépend des valeurs de deux paramètres. L’un définit le nombre des élus prévus par la constitution. Mettons qu’il soit de cinq cents. L’autre est le mode de scrutin. Uninominal, il exigerait cinq cents circonscriptions. Plurinominal avec des listes de cinq, il en faudrait cent, et cinquante, si les bulletins soumis au vote majoritaire à un tour portent dix noms. Le choix du chiffre est contingent et arbitraire, au sens où il ne peut pas être déduit d’un principe, mais se trouve dans la dépendance de considérations particulières. Bien entendu, les listes continuent à être dressées par les partis et appuyées sur des arguments d’opportunité. La contrainte du scrutin majoritaire à un tour a toutes chances de favoriser un bipartisme et des positions centristes de chaque parti, ce qui a l’avantage insigne de marginaliser les extrémistes ou de les inciter à devenir les ferments de la contestation et de l’innovation à l’intérieur de chaque parti

Pour peupler les circonscriptions d’électeurs, deux solutions sont disponibles, qui peuvent et doivent être combinées. L’une consiste à exploiter à fond le principe de la représentativité et à faire en sorte que chaque circonscription soit le reflet exact de la population de la politie saisie comme ensemble social — et non d’un segment territorial quelconque –, en termes d’âge, de sexe, d’instruction, de catégories socioprofessionnelles… On sait d’une science assurée que toute classification est toujours plus ou moins arbitraire et pose toujours des problèmes de frontières. La prudence conseille de ne pas entrer dans trop de détails, de ne pas retenir des points de discrimination trop précis et trop fins, et de procéder à des révisions périodiques, pour tenir compte des contestations légitimes et des évolutions inévitables. Ce travail de classification peut et doit être confié à un organisme technique indépendant, sur le modèle de l’INSEE en France. L’autre solution est le tirage au sort. S’il y a dix millions d’électeurs au total et cent circonscriptions, il suffit de tirer au sort cent mille noms par circonscription. Il faudrait interroger les mathématiciens, pour décider dans quelle mesure le tirage au sort ferait courir le risque de circonscriptions trop différentes les unes des autres dans leur composition. Une solution mixte abolit tout risque, si le tirage au sort est ainsi organisé qu’il peuple chaque circonscription de la même composition en population que celle de la politie. Chacune des cent circonscriptions aurait la même proportion d’hommes et de femmes, de jeunes et de vieux, de diplômés et d’illettrés, et ainsi de suite, et chaque électeur aurait été tiré au sort quant à sa circonscription de rattachement.

Pour ce qui est des campagnes électorales et du scrutin, ils ne soulèvent aucune difficulté particulière. Les partis et les candidats peuvent recourir à tous les moyens déjà à leur disposition, pour faire passer leur message et se faire connaître. Quant au scrutin, rien n’interdit d’explorer les possibilités ouvertes par le vote électronique. L’humanité est entrée, depuis une génération ou deux, dans une ère électronique, où l’espace-temps change de nature, où la cérébralisation est croissante, où tout repose sur des réseaux et des relais, et dont il est le plus improbable qu’elle en ressorte jamais par un retour en arrière.

Avant d’envisager des applications possibles, il faut écarter une objection qui paraît devoir ruiner l’argument. On pourrait, en effet, opposer que les territoires sont des réalités et que leurs habitants ont des intérêts communs à réaliser, eux aussi. Rien n’est plus vrai, mais en tirer une objection est pur sophisme. En effet, le même raisonnement en termes de finalité et de nuisance s’applique à tous les niveaux de distribution des acteurs humains. Chaque niveau définit un bien commun, dont l’effectuation est compromise par les intérêts particuliers, les coalitions et le marché politique. Même au niveau communal, la menace guette que tel quartier ou telle corporation fasse pression sur la municipalité, pour obtenir des avantages particuliers aux dépens du bien de tous. La réalité d’un intérêt commun à tous les niveaux doit persuader non du sophisme, mais de ce qu’elle révèle le fondement du « principe de subsidiarité ». Il découle de ce que tout groupe humain définit des intérêts communs, distincts des intérêts particuliers de ses membres, et de ce que les sociétés humaines naissent de l’intégration de groupes aux dimensions et aux finalités variées, dont il résulte que tout groupe de dimensions supérieures rend particuliers les intérêts communs des groupes qu’il intègre. Ce fondement conceptuel explique pourquoi le principe de subsidiarité ne va pas sans son complément du « principe d’immédiateté ». Celui-ci stipule que tout acteur, dans une société libre, doit recevoir la responsabilité directe du bien commun à chaque niveau de regroupement qui le concerne, et non pas s’en voir dépossédé par une procédure de médiation et de représentation. Dans une démocratie, les citoyens choisissent leurs délégués à tous les niveaux de la structure politique par un choix immédiat, et refusent tout net que des délégués à un niveau délèguent à un niveau supérieur, car ce serait leur abandonner la souveraineté et renoncer à la liberté.

Applications

La solution électronique est simple à saisir et facile à appliquer. Il est, pourtant, assuré qu’elle n’a aucune chance d’être retenue dans un avenir prévisible, tant les habitudes sont ancrées et les intérêts particuliers attachés à la territorialité. La seule ouverture plausible serait une situation entièrement inédite, c’est-à-dire un problème électoral entièrement nouveau, auquel aucune habitude ni aucun intérêt ne sont déjà liés. L’occasion la plus manifeste est l’Union Européenne, si elle devait se transformer en États-Unis d’Europe, c’est-à-dire sauter du statut d’alliance étroite entre polities à celui de politie. On sait depuis Aristote que ce saut conceptuel est aussi décisif dans les faits. Les élections européennes, dans leur état actuel, sont une caricature, qui souligne de manière crue les nuisances de la territorialité.

Plus précisément, les scrutins européens organisés sur des bases nationales sont une conséquence inévitable du fait que l’union est une alliance – une symmachia — et non une politie – une polis — définissant un intérieur et un extérieur, mais ils deviendraient un obstacle majeur pour la gestion efficace du bien commun d’une politie européenne et de ses citoyens. En effet, comment des citoyens, absorbés par leurs soucis immédiats et bornés par des horizons fixés par des histoires passées, pourraient-il se hisser à la perception d’un bien commun à l’ensemble des Européens, à la manière dont tous les Américains peuvent saisir ce qui les intéressent tous dans le cadre des États-Unis, tous les Brésiliens dans celui du Brésil, tous les Indiens dans celui de l’Inde, les Chinois dans celui de la Chine… ? Dans les cas de l’Inde, des États-Unis et encore plus du Brésil, les méfaits de la territorialité en démocratie sont patents et criants, car ils sont rendus publics sur un marché politique ouvert et dépouillé de toute décence.

L’Europe pourrait reconquérir son rôle de phare de l’humanité et de guide en innovations fécondes, en démontrant qu’il est très possible de réduire cette malfaisance et de dégager le bien commun de ses scories d’intérêts particuliers, en adoptant une solution adaptée à un problème qu’une fédération européenne ne pourrait pas ignorer : définir des circonscriptions en termes de populations représentatives des réalités humaines européennes et les peupler par tirage au sort. Rien n’est plus facile que de poser cinquante ou cent circonscriptions, chacune élisant un « ticket » de dix ou cinq candidats, soit cinq cents parlementaires. Chacune serait composée d’électeurs tirés au sort dans la population des citoyens européens, de telle manière que fussent strictement respectées les proportions en termes de nation, de région, d’occupation, d’âge, de sexe… Pour ce faire, il suffirait d’en confier le soin à un organisme européen de statistiques, qui existe déjà.

Une autre application serait envisageable en France, si celle-ci était susceptible de se réformer. En regardant bien, on constate que la conformation de la politie française résulte de l’intégration d’une dizaine de niveaux superposés. C’est manifestement trop, en termes de coûts et d’efficacité. Supposons que l’on décide de fondre les départements en un nombre réduit de provinces. Comment faire en sorte que chaque unité nouvelle s’applique à gérer les intérêts communs de tous les anciens départements et puisse échapper aux pressions de tel ou tel, plus peuplé, plus riche et plus décidé ? La seule solution est toujours la même, celle découverte par Clisthène et imposée aux Athéniens en -507 : mélanger, de manière à dépasser tous les partages ennemis de la concorde et du bien commun ! En l’occurrence, il suffirait de définir des circonscriptions électroniques et de les peupler de citoyens provinciaux en proportions fidèles à la distribution des citoyens départementaux. Avec un scrutin plurinominal, chaque parti aurait intérêt à présenter des listes conformes à la distribution et aux proportions, ce qui contraindrait très vite électeurs, candidats et élus à penser en termes non plus départementaux mais provinciaux.

Conclusion

Je ne connais pas plus l’avenir que quiconque. J’ignore donc, si la suggestion de renoncer à la territorialité pour gérer les délégations de pouvoir en démocratie trouvera jamais une application. L’examen de la question favorise, du moins, une clarification des idées, qui a son mérite propre. Il se peut, par ailleurs, que l’analyse soit passée à côté de difficultés dirimantes. Une certitude demeure. L’humanité est désormais engagée dans une phase irréversible et inédite de son aventure. Elle promet de remettre en question toutes les évidences héritées d’une phase dépassée et exige qu’il soit recouru à l’imagination, pour trouver et introduire de nouvelles solutions à des problèmes anciens et nouveaux.

The General Who Should Lead the Pentagon

By THOMAS E. RICKSDEC. 2, 2016
New York Times

Nominating a retired general to be secretary of defense is an unusual move in American politics. Since just after World War II, when the Department of Defense was created, only one general has held the post. That was George C. Marshall, who was more a supreme administrator in the Army than a combat leader. In World War I, Marshall was an excellent staff officer. In World War II he oversaw the American war effort.

The retired Marine general James N. Mattis, who is President-elect Donald J. Trump’s choice to lead the Pentagon, is very different from Marshall. He is revered in the Marine Corps, where he served for over 40 years, for his aggressive and decisive approach to fighting. He led the Marines into southern Afghanistan in 2001, then commanded the Marine part of the invasion of Iraq in 2003, and was involved in heavy fighting in Falluja a year later.
But General Mattis is not another George Patton, a comparison Mr. Trump is fond of making. General Mattis, who retired in 2013, after leading United States Central Command for three years, is far more disciplined than Patton was, and a far more strategic thinker.

Usually, I’d oppose having a general as secretary of defense, because it could undermine our tradition of civilian control of the military.

But these are not normal times. The incoming president appears to be a profoundly ignorant man who often seems to act on gut impulse or on what pleases the crowd. That is a dangerous combination to have in the White House. Having known General Mattis for many years, I am confident that he will be a restraint on Mr. Trump’s impulsiveness. I also think he will provide a strong counterweight to some of those around Mr. Trump who hold isolationist or pro-Putin views.

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He is an unusually forthright man, which is one reason his sayings have become so popular among Marines. (One of the more printable is, “Be polite, be professional, but have a plan to kill everybody you meet.”) He will tell the president what he thinks, and that is a good thing. He has demonstrated repeatedly that he believes it part of his duty to give his candid views to his superiors.

Indeed, it was just that sort of unvarnished approach that got him in hot water with the Obama White House. In discussions of Iran, he kept pushing civilians to consider the secondary consequences of actions. “Then what?” is a favorite question of his. On Iran, he asked, what if you get a nuclear deal with Tehran and then it starts escalating conventionally in the Persian Gulf?

General Mattis also was more hawkish than Obama’s advisers on how to deal with Iranian export of mischief to other countries in the region. And he expressed unhappiness with how the administration was responding to the Arab Spring, though the nature of his disagreement isn’t publicly known.

It helps that General Mattis, unlike Mr. Trump, is extremely well read. I once casually mentioned to him that I planned to learn more about the Carthaginian general Hannibal. He immediately named two books that he considered good studies. He told me once that in combat he liked to have a copy in his rucksack of “Meditations” by Marcus Aurelius, the second-century Roman philosopher-emperor, the better to help him gain some mental distance from the battlefield.

I also think that General Mattis will provide a useful balance to Michael Flynn, the retired Army lieutenant general chosen by Mr. Trump to be national security adviser. General Flynn strikes me as an erratic figure. For example, his joining in the “lock her up” chant at the Republican convention was unseemly and, for a career military officer, unprofessional. Also, General Flynn did not have a good reputation as an administrator when he ran the Defense Intelligence Agency before being moved out by the Obama administration. It will help that General Mattis retired with four stars, while General Flynn wore just three — among military men, rank matters, even in retirement.

The public notion of generals is that they know how to use only the military as a means of policy and so are more likely to get the nation into wars. That is a false conception in most cases, but especially in this one. General Mattis knows that war is the last resort, not the first one. He also understands that the threat of force works best when it works in conjunction with robust diplomatic efforts.

Some in Congress have said that they oppose waiving the law that bans recently retired generals from being secretary of defense. (Such a waiver was required to give Marshall the job.) But Congress did not bar generals from the office, it only required that they be out of uniform for seven years. The idea was to make people consider that it is unusual, and a departure from American tradition, to have military men or women in the position. In this case, waiving the law is the best course.

Thomas E. Ricks is the author, most recently, of “The Generals: American Military Command From World War II to Today.”

Et l’actualité française!

elisee

Bernard Owen

Le système électoral d’une nation va jouer un rôle des plus importants dans le nombre et la stabilité des partis. Cela découle de l’influence de la structure d’influence qui est variable selon le système utilisé qu’il soit majoritaire ou proportionnel. Les différences constatés entre la proportionnelle de la IVème République et le scrutin majoritaire de la Vème constituent un exemple révélateur.
La France en est venue aux primaires, non pas à l’Américaine mais à la Française. Ces techniques électorales ne sont pas les seules à jouer un rôle en démocratie. L’être est bien là.
Nos jugements décident d’en faire l’amalgame. François Fillon à le regarder parler à la télévision transmettant une touche d’humanité. L’opposition de Juppé se faisait différemment il présentait une sécheresse, bien personnelle et qui n’a rien de Bordeaux, ville que j’admire;
Les primaires ne sont pas favorables à l’ancien président Sarkozy. Il faut dire qu’en dehors de son investiture il s’est montré peu convainquant et les « guignols de l’info » nous ont bien fait rire.
Naturellement il ne faut pas s’entêter. Notre opinion sur le Président Sarkozy ne doit pas se limiter à son attitude. Il ne faut pas oublier la Libye où il a rejoint le premier-ministre Cameron qui n’a pas cessé de forcer dans les bêtises de même que l’OTAN qui à finalement pris les commandes. La Chancelière Merkel a été la seule à faire preuve de prévoyance en retirant sa flotte de l’OTAN.
Même en démocratie il faut avoir de l’autorité si l’on veut être chef. Le débat télévisé entre le président sortant Sarkozy et François Hollande a montré la nette supériorité du dernier (je l’ai ecouté par hasard quand j’étais à Erevan)
Il serait peut être bon de se regarder en face. Actuellement nous avons un technicien qui s’appelle Macron. Il doit rêver de façon extravagante se prenant pour Jeanne d’Arc que tout le monde ne peut qu’admirer.