Petite introduction à un article de MEDIAPART sur les élections sénatoriales

Bernard Owen

Nous Français, peuvent  se trouver dans des situations embarrassantes. Dans le cas où l’on signale, même discrètement, une erreur  ou maladresse,  de notre Président  de la République, l’interlocuteur étranger nous répondra « mais il a été élu ». (l’on ajoute parfois « par le peuple »)

L’interlocuteur a raison, or jusqu’à un   certain niveau. Son élection a eu lieu avec  une très faible participation. Seulement 18% des électeurs inscrits se sont déplacé.

En ce qui nous concerne,  l’on raisonne sur le résultat de l’élection l’on pourrait dire « grâce aux institutions » et aux magistrats ». Et oui le suffrage universel était fragile. Il ne faut pas jouer avec ce qui n’est pas un jeu.

Certains Etats peuvent supporter de vivre tout juste sans gouvernement grâce à la proportionnelle.  En Europe l’importance d’un président et l’absence de gouvernement  se ressemblent. Alors que faire?

Voici des extraits d’un article très complet sur les prochaines élections au Sénat.

Sénatoriales: les équilibres ne devraient guère bouger dimanche

22 SEPTEMBRE 2017 PAR LUCIE DELAPORTELOUP ESPARGILIÈRECHRISTOPHE GUEUGNEAUDONATIEN HUETMANUEL JARDINAUD ET ELLEN SALVI

Dimanche 24 septembre, 170 sénateurs sur 348 seront renouvelés pour un mandat de 6 ans. La droite devrait rester largement majoritaire. La République en marche a revu ses objectifs à la baisse ces dernières semaines. Le PS escompte rester le deuxième groupe. Le PCF veut sauver le sien. La  2

En 2011, le Sénat basculait à gauche, dans une élection « historique ». Il est depuis revenu à droite, comme il l’a toujours été sous la VeRépublique. Et ça ne risque pas de changer dimanche 24 septembre, à l’issue d’une élection sénatoriale qui renouvelle 170 sénateurs sur 348. En pleine affaire sur les fonds détournés par la droite au Sénat, plus de 76 000 grands électeurs sont appelés à voter, essentiellement des conseillers municipaux. La vague LR des élections de 2014 assure logiquement au parti de la rue de Vaugirard une confortable avance pour ce scrutin.

Chez La République en marche (LREM), les grands espoirs du mois de juin appartiennent déjà au passé. En cause notamment : la décision du gouvernement de supprimer les contrats aidés et la baisse des aides publiques pour les collectivités locales. Le parti du président Macron n’espère même plus être le deuxième groupe de la Chambre haute. Pour autant, il n’abandonne pas l’objectif d’avoir suffisamment de sénateurs socialistes, radicaux et centristes pour s’assurer une majorité des 3/5es et pouvoir ainsi modifier la Constitution.

Les socialistes, au plus mal au Palais-Bourbon – ils sont passés de près de 300 à 30 députés –, devraient réussir à conserver un groupe d’une petite soixantaine de sénateurs. Les centristes de l’UDI et du MoDem, quant à eux, peuvent escompter sortir renforcés d’un scrutin qui recycle un nombre important de candidats à la députation non élus au mois de juin, et qui, une fois de plus, laisse les femmes de côté.

  • Les sénatoriales, cette machine à recycler

Parmi les 2 463 candidats et leurs suppléants, 286 ont, selon le décompte de Mediapart, été battus aux élections législatives des 11 et 18 juin. Le Front national est le parti le plus adepte du recyclage de ces malchanceux : près de 40 % de ses 309 postulants au Palais du Luxembourg ont échoué à entrer au Palais-Bourbon. 98 sénateurs sont par ailleurs en lice pour leur propre succession : Les Républicains est la formation politique qui présente le plus de sortants (26), devant le Parti socialiste (17).

  • Pour LR et les centristes, garder une majorité cohérente

53 des 142 sièges que détient LR sont aujourd’hui à renouveler. L’élection de dimanche s’annonce des plus favorable pour la droite qui a tout raflé aux municipales de 2014. Un temps bousculés par l’ascension irrésistible de LREM, après le coup de balai à l’Assemblée, Les Républicains craignaient de subir le même sort aux sénatoriales. La colère grandissante des élus locaux contre le gouvernement leur a redonné l’espoir de non seulement garder la majorité dans la Chambre haute, mais aussi de gagner encore quelques sièges. « Entre la réduction des dotations aux collectivités locales, la suppression de la taxe d’habitation et la baisse des contrats aidés, les grands électeurs qui ont été un moment séduits par Macron sont de plus en plus remontés contre le gouvernement », affirme le sénateur Roger Karoutchi, candidat à sa réélection dans les Hauts-de-Seine.

Dans ce mode de scrutin particulier où la liste en tête est favorisée, les divisions pourraient coûter quelques précieux sièges à LR. Dans les Hauts-de-Seine et le Nord, ces dernières battent des records avec pas moins de quatre listes concurrentes à droite. Dans le Val-d’Oise comme à Paris, trois listes concurrentes à droite vont aussi s’affronter. Un certain nombre de recalés des législatives que la direction de Les Républicains avait préféré ne pas investir ont quand même décidé de partir sur des listes dissidentes. Ils devraient être une dizaine à se présenter contre les candidats officiellement investis après avoir échoué à se faire élire au mois de juin. Ces divisions pourraient bien aussi, même si aucun des élus contactés ne l’admet, être un habile moyen de contourner l’obligation de liste paritaire. En cas de dispersion des voix, seule la tête de liste est élue. Et en l’occurrence, il s’agit d’hommes.

Pratiquement assuré de sa réélection à la présidence du Sénat, Gérard Larcher candidat dans les Yvelines, est confronté à la candidature dissidente du très droitier Jacques Myard, battu aux législatives. L’ex-député mène auprès des grands électeurs une campagne à la fois contre Macron qui, explique-t-il, « veut déstabiliser le Sénat et concentrer tous les pouvoirs », mais aussi contre Larcher, qu’il juge « bien trop conciliant avec le président ». En cause : sa volonté de faire nommer le « macroniste » Michel Mercier au conseil constitutionnel. Une nomination qui s’est finalement heurtée au scandale des emplois familiaux de l’élu, mais qui sert néanmoins en cette rentrée d’argument de campagne anti-Larcher.

Le nombre d’élus LR et UDI qui pourraient créer un groupe dit « constructif » à l’image de celui de l’Assemblée nationale, reste l’autre enjeu de ce scrutin à droite. Ces dernières semaines, la sénatrice du Bas-Rhin Fabienne Keller s’est particulièrement activée pour organiser ce rassemblement de sénateurs désireux de soutenir le gouvernement. Une armée de réserve qui pourrait s’avérer décisive pour obtenir la majorité des 3/5es au Congrès, nécessaire à Emmanuel Macron pour mener ses réformes institutionnelles.

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Dans le détail, le « renouvellement » tant vanté par les macronistes est moins évident qu’il n’y paraît. Sans même parler des sénateurs sortants, nombre de candidats estampillés LREM sont en réalité des militants historiques des partis traditionnels, élus locaux recrutés au sein du PS (comme Julien Bargeton, ex-adjoint aux finances d’Anne Hidalgo, tête de liste à Paris), de la droite (comme Emmanuel Capus, adjoint aux finances du maire LR d’Angers, tête de liste en Maine-et-Loire) ou du centre (comme la ministre Jacqueline Gourault, placée en deuxième position sur la liste menée par Jeanny Lorgeoux dans le Loir-et-Cher).

Quant à la fameuse « société civile », elle ressemble à s’y méprendre à celle qui a fait son entrée à l’Assemblée nationale, fin juin : on y retrouve une majorité de banquiers, de chefs d’entreprises et de présidents d’organismes patronaux. « Les personnes issues de la société civile étaient déjà en contact avec les grands électeurs, explique Hadrien Ghomi. Ils ont donc une visibilité très forte dans les territoires. » Au-delà des baronnies et de l’ordre établi, Jean-Paul Delevoye reste persuadé que « tout le monde a déjà bougé ses positions partisanes ». C’est pourquoi il compte sur le soutien de ces grands électeurs « silencieux », ces « maires qui ne veulent plus être enfermés dans une logique partisane ».

Au Sénat, les macronistes ont pour ambition de « créer l’intergroupe le plus important », poursuit l’ancien président de la commission d’investiture. « Ce n’est pas une chambre monolithique, abonde le secrétaire général du groupe LREM. Nous devons saisir cette capacité à travailler les textes de lois ensemble. » Hadrien Ghomi observera avec attention ce qui se passera après le 24 septembre. « Pour le moment, chacun défend sa boutique, mais ensuite il y aura du mouvement », prévient-il. Entre les divergences des socialistes et la scission, à droite, du groupe dit « constructif », les soutiens d’Emmanuel Macron escomptent entamer leur « grande recomposition du paysage politique » dans une chambre guère habituée au changement. C’est en tout cas l’objectif affiché du président de la République, résumé ainsi par Ghomi : « Transformer le Sénat dans le respect de ses spécificités. »

  • Pour le PS, serrer les rangs

Il est loin le temps où le PS avait raflé la majorité au Sénat. C’était en 2011. Depuis, le quinquennat Hollande est passé par là. Les socialistes ont perdu toutes les élections intermédiaires depuis 2012 : les municipales en 2014, les régionales et les départementales en 2015. Pour le coup, la base électorale pour les sénateurs s’est très largement effritée. Dimanche, sur les 86 sénateurs que compte le PS, 46 sièges sont remis en jeu, et 24 sénateurs sortant ont choisi de ne pas se représenter.

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