&La politique, les modes de scrutin : quel est le lien ? Une dose par ci, une dose par là, et les conséquences ?

Deputies clash during a session of the parliament in Kiev, April 8, 2014 REUTERS/Valentyn Ogirenko (UKRAINE – Tags: POLITICS CIVIL UNREST) – RTR3KDAP

Bernard Owen

La Commission Jospin, décret n° 2012 -875 du 16 juillet 2012 devait mener à la rénovation de la vie politique, mais on n’a pas souhaité nous interroger. Serions-nous à ce point prétentieux pour nous en offusquer ? Nous sommes convaincus que la Commission est composée de personnes de savoir, alors que pouvions-nous apporter ? …. Or, il se trouve que nous sommes l’une des rares équipes de par le monde, qui travaille sur les effets des systèmes électoraux.. Les s étudiants viennent de tous les pays. L’enseignement comprend douze intervenants, chacun maître dans sa spécialité.

De toute façon, nous sommes marginalisés par le gouvernement… Mais, de la proportionnelle  pour les élections  législatives représente le mal incarné. Depuis son invention, en 1787, la proportionnelle a mené à l’instabilité gouvernementale, aux gouvernements chargés des affaires courantes, et a accordé une énorme importance aux structures d’influence électorale, sans mentionner les coups d’état résultant d’un pays incapable de se gouverner. Weimar avait un Reichstag élu selon un système des plus proportionnels. Le vote nazi est passé de 2,6 % des suffrages en 1928,à 18 % des suffrages en 1930 et à plus de 30% à partir de 1932.

Certes, le gouvernement en place se composait de cinq partis. Aussi surprenant que cela puisse paraître, l’on ne vote pas de la même façon face à un scrutin majoritaire que face à un scrutin proportionnel. Le scrutin majoritaire intègre et effectue une synthèse des diverses opinions, la proportionnelle pousse à la ségrégation. Le danger s’accentue dans certaines circonstances, par exemple, en cas de régime présidentiel ou quasi présidentiel, car la présidence a vite fait de prendre l’ascendant sur un parlement affaibli, et certes, cela ne favorise pas la démocratie.

Veut-on revenir à la gauche plurielle ? Pas plus tard que mercredi, je parlais à un étudiant de l’échec du Premier Ministre Jospin, en 2002. Nous développions les raisons de cet échec, il a mentionné la gauche plurielle, qui a pu favoriser cet échec, mais un autre élément de poids est également intervenu : la cohabitation, longue de cinq ans. En effet, la majorité des citoyens du monde s’intéressent à la politique, mais sans approfondir le fonctionnement des institutions. De 1997 à 2002, beaucoup de citoyens Français ont vu un Président de droite, un Premier Ministre et un gouvernement de gauche. Une certaine confusion est apparue entre « cohabitation » et « collaboration », ce qui naturellement a mené à un affaiblissement de la filiation politique de certains. Depuis, l’on s’est débarrassé en partie du danger de la cohabitation, mais, s’il vous plaît, ne touchez surtout pas au mode de scrutin des législatives.

Ceci n’a pas pour but de convaincre mais d’intervenir dans ce que nous considérons comme une grave erreur, et de vous conseiller de consulter nos textes sur notre site où vous trouverez une centaine d’articles portant sur les élections, non seulement en France, mais dans de nombreux pays où nous intervenons.

La « dose de proportionnelle » sera  accueillie avec enthousiasme par tous les extrémistes, de gauche ou de droite, qui obtiendront ainsi une indépendance au sein de l’Assemblée, quitte à ce qu’une aggravation de la crise financière leur permette d’empiéter sur les sièges majoritaires, et pourquoi pas, encore une fois, d’accéder au deuxième tour des présidentielles ?

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