Portes ouvertes à Matignon ou l’échec de l’ultime rendez-vous

 

Monique Cochinal

Après une semaine de dialogue de sourds, nos gilets jaunes sont de plus en plus furieux devant le même refus de changer quoi que ce soit dans la politique du gouvernement. Il y a maintenant plus de trois semaines, qu’ils ont droit à une multitude de discours, une quantité d’explications fumeuses, beaucoup trop de paroles, mais le Président reste droit dans ses bottes. Ce matin encore, de l’Argentine, il est resté inflexible. Il doit garder le cap, sa politique gouvernementale est la seule valable, et s’ils veulent ne pas payer plus d’impôts, qu’ils ne se plaignent pas d’avoir des enfants malades de pollution, qu’ils ne se plaignent pas de voir disparaître des crèches, des écoles, des soins médicaux etc…. Ils devraient réfléchir et faire des efforts en le suivant, lui, surtout en cette période très troublée, où surgissent partout en Europe des nationalistes, populistes, extrémistes …. Le discours habituel, rien de plus. Du reste, ils ont voté pour lui et il fait ce qu’il a promis. Il est le seul, depuis plusieurs quinquennats, à redresser cet Etat qu’il a trouvé en piteuse forme. Il y a déjà quelques résultats et il faut encore attendre pour une réussite totale. Le peuple n’a plus confiance et la colère monte de plus en plus fort. On sent un vent de révolte dans tout le pays. Les esprits s’échauffent. Le peuple de France veut chasser son roi. On entend : «  Macron, démission ! Macron, démission ! ». C’est du sérieux, ils ne s’inclineront pas. Ils demandent un geste, sinon, ce sera le chambardement.

Alors, notre Premier Ministre (puisque notre Président se trouve sur des terres lointaines), et son ministre de l’écologie ont convoqué, à Matignon, une délégation représentant les gilets jaunes (ces insoumis) pour une ouverture et un dialogue (encore un), afin de trouver une issue à ce conflit plus que dérangeant. Dès 13 heures 30, les portes de Matignon sont grandes ouvertes, et un groupe important de journalistes, et cameramen se masse devant la salle éclairée, où se trouvent nos deux hôtes. A 14 heures, la cour est toujours déserte, les journalistes attendent patiemment, mais, oh ! Catastrophe, pas un gilet jaune. Que se passe-t-il ?  Des bruits circulent. Les délégués auraient refusé de venir les uns après les autres pour différentes raisons. Et pendant ce temps, dans la salle bien éclairée, deux personnes face à des chaises vides. Ah ! ces gilets jaunes, ils sont vraiment bizarres, on leur tend la main et ils la refusent. Enfin, patientons ……

Vers les quinze heures, se présente un jeune homme, sans gilet jaune. Il traverse très vite la cour et est introduit dans la salle. Sur les huit attendus, lui seul est venu. Mais pourquoi ? Que va-t-il se passer maintenant ? Encore une petite heure d’attente, et il ressort et se présente devant les micros. Il a accepté de venir, mais a refusé de parlementer, devant le refus du gouvernement de filmer l’entretien. Il nous apprend qu’un de ses camarades, passé par une porte de derrière, incognito est à dialoguer avec Edouard Philippe et le Ministre de l’écologie. A nouveau, longue attente des journalistes pour assister à la sortie du Premier Ministre et savoir enfin ce qu’il en est. Je crois qu’ils sont restés sur leur faim. « Cette rencontre a été utile, sérieuse, amicale….. Les portes de Matignon restent toujours ouvertes, et dès la semaine prochaine, je suis prêt à recevoir d’autres délégués désignés par les gilets jaunes. Il m’est impossible de les recevoir tous ».

Ce que n’a toujours pas compris nos élus macronistes, c’est que, depuis la campagne présidentielle, où l’on a indignement éliminé le seul opposant valable en une mise en examen brutale révélant un grave dysfonctionnement de notre institution justice, la grande majorité des Français ne souhaitait pas ce Président Macron et sa politique. Chose étonnante, maintenant, ces mêmes Français soutiennent les gilets jaunes et leurs revendications, après trois semaines de désordre, et désirent voir démissionner le Président. Même François Hollande recommande à son petit protégé de céder devant ces insoumis dangereux, avant qu’il ne soit trop tard.

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