Pouvoir exécutif, forces de l’ordre et gilets jaunes

Castaner dans sa jeunesse…

Monique Cochinal

Depuis plus de cinq mois, nous assistons, chaque samedi, à une confrontation de plus en plus violente de trois forces distinctes : le pouvoir exécutif, absolu (ou ressenti comme tel), la police et son service d’ordre (aux ordres du pouvoir absolu), et le peuple des citoyens, incarné par ce mouvement spontané, indépendant de toute formation politique, souvent aux actions désordonnées pour clamer leur désespérance, leur colère envers ce pouvoir absolu, dans lequel ils n’ont plus du tout confiance. Forts des quelques mesures obtenues avec condescendance, ils demandent plus, et crient de plus en plus fort pour se faire entendre une bonne fois. On les a trop longtemps méprisés, ignorés. Alors il n’est pas question de lâcher et de retourner dans l’ombre des premiers de cordée. Ils sont devenus la grosse bête noire du pouvoir, qui n’a pas réussi, malgré un durcissement important de son service d’ordre, à stopper et détruire ce mouvement, pour rétablir enfin la paix dans notre Etat.

Il y a bien eu la tentative de ce grand débat national, le Président Macron seul devant tous les citoyens (sauf les gilets jaunes qui crient très fort et s’abstiennent d’aller voter, pour la plupart, disait-on). Notre Président avait compris et entendu la colère de son peuple, et cette deuxième partie de son quinquennat serait un changement complet de cap, il y aurait bientôt une politique d’après les gilets jaunes. Lui, Président Macron voulait être le président de tous les Français (sauf, bien sûr, tous ceux qui s’opposaient à sa façon de gouverner, soit à peu près 70 % des Français dans les sondages récents). Toute la journée, on ne parlait plus que du « grand succès » du « grand débat ». La vie du pays s’était concentrée sur cet unique événement. Depuis trois mois, les semaines se suivaient et se ressemblaient : début de semaine, grande propagande en faveur des mesures miraculeuses proposées par le gouvernement, pour le bien de tous les citoyens, puis, en fin de semaine, grosse inquiétude de Monsieur Castaner et son équipe, pour les manifestations des gilets jaunes, devenus tous des black blocs, tout de noir vêtus, venus uniquement pour casser, détruire et faire tomber notre République. Répression totale obligatoire, les ordres sont donnés.

Quant à nos policiers, aux ordres de l’Etat, ils doivent obéir sans l’autorisation de se mettre en grève, stoïquement, malgré la fatigue, les injures de cette foule de plus en plus violente. Et l’on voit, chaque samedi, une mobilisation très importante de gendarmes, policiers, brigade mobile d’intervention rapide, formée spécialement pour intervenir le plus rapidement possible et disperser les quelques groupes de casseurs, de préférence avant qu’ils aient incendié volé et pillé tout sur leur passage. Toute la journée, ce sont des courses effrénées de policiers courant après un ou deux récalcitrants avant qu’ils se fondent encore plus rapidement et disparaissent dans la masse des autres manifestants. Alors, il ne reste plus que les puissants jets d’eau et de gaz lacrymogène, grenades anti encerclement, pour faire reculer cette foule, de plus en plus irritée, surtout en fin de journée.

Il serait grand temps que ces scènes de violence et de haine, largement diffusées, chaque samedi, dans le monde entier, cessent enfin, et que notre Président Macron nous annonce les grandes mesures tant attendues par son peuple.

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