Premier mai : fête du muguet et fête nationale du travail. Fake news au Ministère de l’Intérieur ?

Fake news

Monique Cochinal

Le premier mai, en France, il est coutume d’offrir un brin de muguet « porte bonheur » à ses parents et amis. C’est également la fête nationale du travail, et les rue de Paris raisonnent de chants et cris de manifestants, venus défiler, en famille, derrière syndicalistes de différents courants politiques, avec banderoles, drapeaux, étendards. C’est la fête du muguet, ces jolies petites clochettes blanches qui sentent si bon, et en même temps, la fête de tous les  travailleurs.

Depuis l’élection du Président Macron et le « macronisme », pas de muguet porte-bonheur, le premier mai, mais de violentes manifestations d’une foule de citoyens de plus en plus en colère et malheureux, en grande détresse. On se souvient des défilés du premier mai 2018, et des scènes de violence dans les rues de Paris : nombreuses voitures incendiées, matériel de chantier détruit, pavés arrachés, boutiques dévalisées et policiers impuissants. Nous avons vu, ce jour, vidéos à l’appui, deux individus, ayant revêtu casque, brassard de policier et matériel radio, molester violemment deux manifestants …… Et ce fut le début de l’affaire d’Etat Benalla et compagnie, une grave crise gouvernementale, qui n’a fait que de s’aggraver dans ce « merveilleux nouveau monde » de notre nouveau jeune Président. Que de fake news ! Que de revirements chez nos députés, ministres d’Etat, hauts fonctionnaires ! Les principales institutions de notre cinquième République furent atteintes et le trône du roi lui-même fut durement secoué.

Ce premier mai 2019, à nouveau, pas de muguet porte-bonheur pour le président et son gouvernement, mais des révélations plus que douteuses transmises par le Ministre de l’Intérieur : Monsieur Castaner concernant un premier mai, terrible, sanglant, avec une arrivée massive de casseurs, gilets jaunes black blocs, venant de tous les pays voisins européens pour casser détruire et renverser la République. Fake news volontaires ? Ou fak news inconscientes ? A chacun de juger……

Mais, de toute façon, nous : Castaner et son ministère étions prêts. Nos forces de l’ordre seront renforcées. Les ordres de fermeté absolue seront donnés aux policiers, gendarmes mobiles, nouvelles brigades d’intervention. Le matériel distribué largement : plus de grenades, plus de casques, plus de boucliers, plus de matraques, plus de canons à eau, plus de gaz lacrymogène, plus d’engins blindés et ordre d’intervenir fermement dès que l’on juge qu’une éventuelle attaque se prépare. Toutes les mesures de prévention furent prises, la veille au soir, avec la fermeture de toutes les stations de métro, proches du parcours des manifestations, fouille obligatoire des sacs et bagages dans les aéroports de Paris, dans les voitures empruntant les axes routiers vers Paris. Monsieur Castaner pouvait être satisfait, il était bien à la hauteur de cette situation. De toute façon, il serait présent toute la journée et surveillerait avec ses collaborateurs, le déroulement de ces manifestations, en étroite relation avec les policiers sur le terrain.

A part quelques arrestations de présumés casseurs, à part quelques mouvements de foule, vite stoppés par de nombreux jets d’eau, gaz lacrymogène, lancements de grenades ….. Cette nouvelle méthode de renforcement de l’ordre semblait réussir. Bravo Monsieur Castaner ! On était maître de la situation en province et à Paris. Peu de casse, peu ou prou de black blocs (ils avaient été interpelés avant le départ des manifestants …. Ou bien étaient restés chez eux, redoutant le pire).

Soudain, vers les 16 heures, au moment où le cortège passe boulevard de l’Hôpital, nous assistons à une charge importante de policiers en direction de la foule pour la faire reculer. Nous voyons tous ces manifestants projetés brutalement les uns sur les autres, criant, affolés, hurlant, copieusement arrosés d’eau, de gaz, cherchant une issue pour fuir ce carnage et se réfugier en toute hâte dans un bar resté ouvert, ou dans une boutique, ou dans les jardins de l’hôpital La Pitié tout proche, en fracturant la chaîne d’une porte du jardin, derrière l’entrée principale. La scène était cocasse. On voyait ces manifestants toussant, mouchant, éternuant, complètement paniqués, courir en désordre vers un endroit où ils pourraient souffler et se reposer. Ils étaient arrivés, sans le savoir, au service de réanimation de l’hôpital sous les yeux horrifiés des médecins et personnels de garde. Très vite, Monsieur Castaner fut prévenu, les forces de l’ordre intervinrent rapidement, ramenèrent cette foule égarée hors de l’hôpital et arrêtèrent 32 personnes qui furent mises en garde à vue aussitôt, puis relâchées le lendemain, faute de preuves, mais bien secouées, racontant leur mésaventure. Elles n’étaient pas des « casseurs-black blocs haineux » mais de simples citoyens paisibles, venus à ce défilé du premier mai, sans casier judiciaire, se trouvant cernés au mauvais endroit, au mauvais moment.

La réaction de notre ministre de l’Intérieur fut immédiate. Il était fort en colère et fit une déclaration bien malheureuse, en clamant avec furie que l’hôpital avait été attaqué par les black blocs, qu’on voulait maintenant s’en prendre et détruire les hôpitaux de l’Etat, acte ignoble, qui demandait de sévères condamnations pour les coupables (quels coupables ? Quelle attaque ? ). Les opposants se sont emparés de l’affaire et parlent du mensonge de Monsieur Castaner, Ministre du désordre intérieur. Avant de parler, toujours se méfier des fake news !