Président Macron et la crise des gilets jaunes

Monique Chochinal, Chercheur associé

Le lundi 26 août, le Président Macron, invité du Journal télévisé de France 2 s’exprime en ces termes : « Je salue le travail des forces de l’ordre mobilisées lors de la crise des gilets jaunes, et j’assume d’avoir maintenu l’usage des lanceurs de balles de défense (LBD), la répression policière était une nécessité. Sans les LBD, dans quelle situation nous serions-nous mis ? Dans celle de ne plus pouvoir tenir …. La violence était telle qu’il n’était pas possible, d’un seul coup, de dire on arrête là, on désarme » Et d’ajouter : « Le pire a été évité ….. Il n’y a pas eu de violences irréparables de la part des forces de l’ordre ».

Rappelons-nous le désastreux constat des violences des six derniers mois de manifestations hebdomadaires de ce mouvement spontané des gilets jaunes :

  • 2500 personnes blessées, dont 24 personnes éborgnées, 5 personnes à la main arrachée, 1 personne qui a perdu l’odorat, une autre amputée d’un testicule, et encore plusieurs autres gravement blessées à la mâchoire ou au pied.
  • Une personne décédée sur son balcon d’un éclat de ces 13 000 balles de LBD lancées sur les manifestants.

Comment faut-il interpréter cette phrase prononcée ensuite par notre Président ? : « Le pire a été évité ….. Il n’y a pas eu de violences irréparables ».

En juin dernier, Christophe Castaner a lancé une réflexion devenue « nécessaire » sur le maintien de l’ordre, mais a continué de  nier l’existence de violences policières.

Lors de la fête de la musique, ce même mois, nous perdons un jeune homme de 28 ans venu, non pas manifester, mais se réjouir avec ses amis sur un pont de la ville de Nantes, après une charge violente du service d’ordre, qui aurait pu être évitée, et qui a été contestée par un Procureur devant toute l’administration policière. Cette grave affaire est entre les mains de la justice. Comment aller consoler les parents du jeune homme et sa famille après ces dénies ? Comment oser dire : « Il n’y a pas eu de violences irréparables » ?

Il serait grand temps de changer de méthode de maintien du service d’ordre, et de reconnaître les dangers « irréparables » des 13 000 balles de LBD lancées, parfois sans discernement sur tout attroupement « jugé louche » dans nos rues. Et vive la République ! Vive la France !