Le Président: Parole, parole …

Maria Rodriguez- McKey, Bernard Owen

Celle ou celui qui écoute notre nouveau Président de la République lors de la présentation constate que bien qu’il existe un besoin de réforme des institutions son projet de référendum les concernant, et en particulier la question du mode de scrutin, montre une méconnaissance de la science politique.

« Le souci d’efficacité ne suffira pas à rendre à notre démocratie l’oxygène dont trop longtemps elle fut privée. S’il faut en finir avec la République inefficace, il faut en finir aussi bien avec la République du souffle court, des petits calculs et de la routine. Nous ne retrouverons la respiration profonde de la démocratie que dans le renouement avec la variété du réel, avec la diversité de cette société française à l’écart de laquelle nos institutions se sont trop soigneusement tenues, n’admettant le changement que pour les autres mais pas pour elles. La réalité est plurielle, la vie est plurielle. Le pluralisme s’impose à nos institutions, qui s’affaiblissent dans l’entre soi. Nous avons fait entrer ici la grande diversité française. Elle est sociale, professionnelle, géographique, de genre et d’origine, d’âge et d’expériences, de croyances et d’engagements. »

La République dépend des élections et celles-ci dépendent entièrement sur les modes de scrutin ou systèmes électoraux, sujets hautement techniques. A la base, et comme le nom l’indique, les scrutins majoritaires, à deux ou à un tour, donnent la majorité au parti qui gagne l’élection législative et présidentielle.  Les proportionnelles, puisqu’il y en a au moins une centaine, donnent quasiment jamais une majorité en sièges au parti gagnant. Après, cela se complique parce qu’il y a évidemment les effets du scrutin sur les acteurs politiques, qu’ils soient les élus ou les électeurs.

Certains disent que le Président Macron ne veut qu’une « dose » donc ça vas.  Mais ce qu’il faut savoir ce qu’un pays est un tout électoral et on peut pas changer ici et là les modes de scrutin sans avoir des effets ailleurs (voir articles sur notre site « La proportionnelle, mais pour quelle élection?).

La variété et le nouveau souffle que le Président appelle de ses vœux ne tient pas compte des techniques électorales qui fort que certaines démocraties durent des siècles.

Les Etats-Unis ont une République qui fonctionne depuis 140 ans. A l’époque on se méfiait du mot démocratie, il n’y avait en plus pas d’autres  exemples de République et donc donner du pourvoir à un seul homme était risquée. D’où les Grands électeurs, qui servaient de filtre et cela donnait du pouvoir aux Etats. Ce qui est toujours le cas. Des élections comme celle de Trump ou Bush fils, c’est à dire décidées par les Grands électeurs, il n’y a eu que 5 depuis 140 ans. Si le vote des Grands électeurs est plus important que le vote populaire, ceux-ci l’emportent. Mais appart le raisonnement constitutionnel, , c’est une élection indirecte comme il y a pour le maire de Paris.

Cependant, ce qu’on doit retenir de la vieille république américaine est le scrutin majoritaire à un tour pour la présidentielle et pour les législatives. Ce qui compte, plus que le nouveau souffle et le renouveau, qui causent l’instabilité, c’est l’existence de deux grands partis qui peuvent apporter le renouveau car stables dans le temps.

Un avantage de poids du scrutin majoritaire à un tour ce que toutes les tendances d’une philosophie ou idéologie, droite ou gauche, se regroupent en un parti pouvant agir dans l’opposition ou former à l’occasion le gouvernement.

Nos établissements d’enseignement supérieur ignorent deux éléments essentiels: les structures d’influence électorale et les « welcome structure for the protest vote ».

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