Que dire des frontières du Moyen Orient?

Bernard Owen, Maria Rodriguez-McKey
Il est certain qu’à travers le monde, les frontières n’ont pas été immuables, mais avant d’effleurer cette question au niveau du proche Orient, nous allons, en toute discrétion, écouter l’opinion du Président Obama à partir d’une personne qui le connaît bien.
Jeffrey Goldberg a une opinion positive du Président des Etats Unis. Concernant la politique extérieure, il tient compte et apprend vite des échecs et des erreurs. Le point clé de la position du Président date du 30 août 2013, quand il a refusé de se lancer dans des frappes aériennes en Syrie. En cela, il s’opposa à certains de ses conseillers, ainsi qu’à la Turquie, l’Arabie Saoudite et les monarchies du golfe. Ces Etats pensaient que les Etats Unis feraient le travail à leur place. Cette intervention aurait permis d’avoir un vide de pouvoir vite comblé par des mouvements islamistes fondamentalistes.
Il est certain que, depuis l’attaque du 11 septembre 2001, les Etats Unis ont été réticents d’incriminer l’Arabie Saoudite. Le Président Obama est bien informé sur la quantité d’argent engouffrée par l’Arabie Saoudite et par les Etats du Golfe. Il est également au courant que des Imams et des prédicateurs prêchent le Wahhabisme, version fondamentaliste de l’Islam de l’Arabie Saoudite.
Jeffrey Goldberg nous apprend que de nombreux centres de recherche bien connus tendent la main aux bienfaiteurs Arabes ou Israéliens. Notre interlocuteur a dénommé, avenue Massachusetts, où se trouvent de nombreux centres de recherche comme étant en territoire occupé par les Arabes.
Il sera intéressant de voir l’attitude du nouveau Président, à savoir si les forces Sunnites continueront à tenter de se servir de l’attitude musclée des Etats Unis. Le Président Obama est surpris de cette attitude, tout en étant conscient d’assurer l’orthodoxie de la politique extérieure. Pourtant, l’on connaît clairement la politique de l’Arabie Saoudite. Quelques jours après le 11 septembre 2001, l’on savait que 15 des 19 pilotes étaient saoudiens, ainsi que le financement de l’opération. Pourtant, les Etats Unis ont continué à considérer l’Arabie Saoudite, la Turquie, le Pakistan et les monarchies du Golfe comme des amis puissants.
La vision de la politique internationale d’Obama est lucide. Il ne comprend pas comment David Cameron qui prétend toujours avoir eu raison en agissant contre Khadafi en Libye, alors que George Osborne se plaint du refus parlementaire de bombarder la Syrie, en 2013. L’effondrement de la Libye, qui l’a menée à l’anarchie, a été une des principales raisons d’empêcher Obama d’agir contre la Syrie, de peur de retrouver le même scénario.
Notre correspondant craint l’arrivée au pouvoir d’Hilary Clinton, qui a soutenu l’invasion de la Lybie, en 2011, et qui a souhaité les bombardements de la Syrie.

La recomposition géopolitique du Moyen Orient
Nous reprenons le titre de Pierre Hillard du 18 avril 2010, qui se réfère à plusieurs auteurs, dont Patrick Cockburn. Le nombre et la connaissance de ces différents auteurs indiquent l’importance que cette question présente de par le monde.
Nos auteurs recomposent la carte du Moyen Orient. Chaque Etat se trouve modifié pour des raisons qui vont du mode de vie, à la religion et à l’environnement. Les seules Etats, qui seraient indemnes, seraient l’Oman, le Qatar, les Emirats Arabes Unis et le Koweit.
Pour cette vaste zone modifiée, sans entrer dans les détails, nous noterons les modifications, qui auront un effet au-delà de cette zone. En premier lieu, l’Arabie Saoudite, qui a bénéficié de la protection des Etats Unis depuis l’accord du 14 février 1945 entre le Président Roosevelt et le Roi Ibn Saoud. Il s’agirait de créer un Etat, qui soit comme un lieu saint, une sorte de Vatican musulman, et qui ne dépendrait pas de la police d’Etat, sous le contrôle le plus oppressif du monde, permettant à la famille Saoud de projeter leur croyance Wahhabite intolérante au-delà des frontières. Un auteur : Ralph Peters avance que le monde musulman serait plus à l’aise si la Mecque et les religieux étaient dirigés par un conseil représentatif tournant issu des principales écoles et mouvements du monde de l’Islam. Les débats mèneraient à une sorte d’Islam des Lumières. L’Arabie Saoudite aurait une sortie sur la mer, en prenant les provinces de Tabouk et une partie du Jouf.
L’Irak a déjà perdu les Kurdes et serait divisé en Etats chiite et sunnite.
La Turquie perdrait une partie de ses terrains de l’Est, qui feraient partie du nouveau et puissant Etat Kurde.
Nous n’avons présenté que les modifications, qui paraissent faisables ou logiques pour la paix du monde, mais, même à ce niveau, il pourrait s’agir de bouleversements importants, sans toutefois aboutir au chaos.

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