Reconquête de popularité

Monique Cochinal

Après une rentrée politique très controversée, l’attitude du Président jugée comme arrogante et autoritaire, et un désenchantement de plus en plus important d’un bon nombre de Français, on assiste, depuis une semaine ou deux, à un revirement, à la fois  du gouvernement et de l’Elysée, devant la « grogne de tous ces gaulois récalcitrants ». Serait-ce une tentative de reconquête de popularité ? Les élections approchent : élections européennes, élections communales, et, dans moins de quatre ans, l’élection présidentielle, déjà. Se lèvent de toutes parts, des leaders de partis opposants, tous, vent debout, devant la politique menée par notre petite assemblée d’élus « par défaut » autour du président « jupitérien ».

Le lundi 3 septembre, jour de la rentrée scolaire de nos chères têtes blondes et brunes, que ne voit-on pas : Emmanuel Macron, son Ministre de l’éducation : Jean Michel Blanquer et l’équipe de journalistes habituels, micros et caméras en main, visitant une école « modèle », assis en classe parmi les élèves, et parlant avec eux de choses et d’autres, répondant aux questions des enfants, jouant même avec eux. Quelles belles images, quel bon moment ! Bravo ! Très réussi ce reportage.

Puis, en public, on entend, dans la bouche de notre président, des mots bien plus doux : « …. Il nous faut écouter ….. Nous devons être à l’écoute …. Concertations nécessaires…. Sachons entendre ….. ». Son ministre  préféré : Gérard Collomb parle même d’un manque d’humilité, d’un manque de transparence. Quel changement ! Et on s’interroge : Dans quel but ? Il faut se lancer, bien vite, à la recherche de nombreux électeurs, il faut former un grand parti politique susceptible de remporter le plus de suffrages aux différentes élections à venir. Sinon, finie La République en Marche, fini le nouveau monde, fini le règne macroniste.

Ces jours ci, Angela Merckel et notre Président se sont rencontrés à Marseille pour une conférence importante, avant les prochaines élections européennes. Nous aurions aimé avoir un compte-rendu détaillé de cette rencontre ….. En vain. Après le départ d’Angela Merckel, et tard dans la nuit, voilà que notre Président décide de prendre un bain de foule dans cette belle ville de Marseille, le fief bien connu de Jean Luc Mélanchon, qui s’y trouvait, comme de bien entendu, entouré de plusieurs de ses partisans, et …. La rencontre fortuite eut lieu : Jean Luc Mélanchon faisant campagne contre l’Union Européenne, contre la politique de notre gouvernement, incitant ses partisans à faire, des élections européennes, des élections anti-Macron. Le dialogue fut « comique » : Jean-Luc Mélanchon, un peu raide : « Bonjour, Monsieur le Président, quelle coïncidence ». Poignées de mains rapides, sourires discrets de part et d’autre. A ce moment, une question embarrassante est posée par un journaliste : « Vous avez dit, Monsieur Mélanchon, que vous étiez opposé au Président Macron, contre sa politique, contre sa façon d’être par rapport au peuple ». Embarras de plus en plus voyant de Jean Luc Mélanchon, qui répond, un peu gêné : « Moi, j’ai dit ça ? Vous croyez ? Oh ! Non …. Ici, à Marseille, on exagère toujours un peu. » C’est vrai, on connaît la légende de la sardine qui avait bloqué le port de Marseille !!!! La réponse de notre Président, décontracté, sourire gracieux aux lèvres, ne se fait pas attendre : « Il est vrai que nous n’avons pas du tout les mêmes idées, mais je n’ai jamais pensé que vous étiez mon pire ennemi. Je vous respecte et j’ai un certain plaisir à vous rencontrer ».

Avec une certaine tristesse, je pense qu’on nous amuse. Serait-ce intentionnellement ? Serait-ce pour nous étourdir ? Serait-ce pour éviter de nous révéler des événements ou des dysfonctionnements graves ?

Soyons très attentifs avant qu’il ne soit trop tard.

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