Réflexions sur l’être humain et son vivre ensemble

Bernard Owen, Maria Rodriguez-McKey
L’on va réfléchir un instant sur l’époque présente, dont les traces occupent toutes les rangés de nos bibliothèques. L’objet est complexe, car la longue histoire de l’être humain se prolonge jusqu’à nous. Alors, peut-on mettre de côté un élément, le plus étroit soit-il, dont nous avons décidé de nous occuper.
Ce qui est extraordinaire chez l’être humain réside dans sa façon de nous rejoindre à travers le temps, sans le savoir, sans le vouloir. Serais-je vieux jeu car j’écris tout en écoutant de la musique du 17ème siècle ? Je suis dans mon bureau, certes isolé, mais émerveillé par ce que j’écoute. Première leçon, le passé peut nous apporter du bonheur. Cette musique n’est certes pas la mode de l’instant présent, mais c’est mon choix, et cela n’est-il pas formidable ?
On peut penser : « la musique c’est facile, car de nos jours, Haendel joue pour nous ». Et pourtant, cela ne va pas de soi. Il a fallu le génie du compositeur, le travail assidu du fabriquant d’instruments, le pratique quotidienne du vocaliste, le travail d’ensemble d’un duo ou d’une chorale, l’harmonie des sons de la soprano à la basse. En musique, pour moi, le temps n’existe pas, ou si peu, car Haendel m’aide dans mon travail. Quand on y pense, que de temps passé pour reproduire cette musique, que de travail supplémentaire fourni par d’autres êtres humains : Les ingénieurs, pour associer la vitesse de défilement des bandes magnétiques par rapport à l’électronique qui allait transformer des signaux en une merveilleuse musique.
Voilà déjà une similitude entre les anciens et nous : mettre en avant toutes nos énormes facultés pour rendre possible l’impossible.
Un autre merveilleux avantage dont nous disposons : la communication. Tout ce qui est en nous peut s’exprimer. Nous pouvons nous comprendre, nous disputer ou influencer l’autre ou les autres à différents degrés ; d’ailleurs, à travers le temps, l’on voit certaines idées se répandre en Europe : Notre monde tourne-t-il autour du soleil ? Peut-on remettre en cause ce qui est connu depuis si longtemps ? Et pourtant, à une certaine époque, à force de calculs, de réflexions, d’écrits, de réunions à travers le monde, car les universitaires voyageaient déjà, ils étaient curieux et voulaient savoir si dans d’autres lieux un obscure personnage n’avait pas écrit un texte se rapprochant du sien, à la lumière de tout cela, le monde a pu progresser.
L’invention de l’imprimerie avait permis la diffusion des raisonnements de la pensée, et si l’autorité d’un pays avait interdit la publication d’un ouvrage, l’on allait aux Pays Bas, où la tolérance était plus grande que chez soi.
L’astronomie est un merveilleux exemple d’une interrogation internationale et dans le temps. L’être humain, à certains moments, avait trop chaud, à d’autres très froid. Ce soleil, qui restait plus ou moins longtemps avec nous, intriguait quand même certains. Pendant longtemps, il a semblé évident que le soleil se levait et se couchait autour de la terre. Pourquoi penser autrement, toutes nos croyances allaient dans ce sens. L’intérêt de l’être humain ne repose-t-il pas sur la curiosité ? le pourquoi des choses ?
La notion que c’était la terre qui tournait autour du soleil « l’héliocentrisme » a mis très longtemps pour traverser les mers. Cette notion apparaît dans des textes indiens plusieurs siècles avant notre ère. C’est seulement au 5ème siècle avant notre ère que Philolaos de Crotone, penseur grec, avança que la terre n’était pas le centre de l’univers.
Au VIIème siècle, les penseurs arabes connaissaient la notion traduite en latin, et probablement connue de Copernic. Déjà 500 ans avant lui, Al-Qanûn al Mas’ûdi admet, en suivant les travaux des grecs, le principe de la rotation de la terre autour du soleil. Dans son « Codex Leicester », en 1510, Léonard de Vinci démontre que la lumière de la lune provient de la réverbération de la terre.
Déjà au XIVème siècle, le Cardinal Nicolas de Cunes, en tenant compte des travaux déjà accomplis, annonce que la terre est en mouvement, et que la taille de l’univers n’est pas terminée. Copernic crée la base de l’astronomie moderne, sur laquelle on travaille encore. En son temps, la modernité des idées de Copernic n’a pas été acceptée, et à partir de 1616, Luther et le catholicisme le mit à l’index. Cependant, l’esprit de l’être humain ne peut laisser un problème en partie élucidé. Isaac Newton, James Bradley, Frederich Wilhem Bessel, Foucault y travailleront ensuite. La question du fonctionnement de l’univers n’est toujours pas terminée, et les travaux continuent.
L’être humain ne cesse de s’interroger et de surprendre dans tous les domaines. Dans son don de l’art, citons deux noms de lieux fabuleux : Lascaux et Altamira. A quand remontent ces gravures, ces sculptures dans des abris, ces lieux cachés. Les gravures peuvent être belles. J’ai encore en mémoire un taureau, qui est là, non pas l’œuvre d’un graveur de notre temps, mais d’un être humain qui vivait il y a quinze mille ans. Pourquoi cette gravure entrelacée avec d’autres? 0n peut envisager plusieurs hypothèses : un besoin matériel de reproduire ces animaux, qui les entouraient, et nécessaires à leur vie. Ou bien, tout simplement, le désir et la joie de graver, de fixer à jamais dans la pierre tout ce qui faisait leur vie.
L’on a trouvé, ici ou là, quelques sculptures sur galets, que l’on a nommées Venus, mais, tout en étant loin de l’excellent dessin des animaux, il est certain que ces galets représentent une femme.
Etant donné ces formes très différentes, on peut dire que l’être humain dessine sculpte, grave, quelques soient les raisons. Il lui faut trouver un abri pour se protéger du froid, pour loger sa famille, mais, cet abri servira de support pour un sculpteur ou de toile pour un peintre. On perçoit, cependant, une règle. Il ne suffit pas de faire comme le précédent, il faut aller au-delà. L’observateur pacifiste sera ravi, indifférent ou mécontent. Pourquoi ne pas faire comme le précédent, c’était très bien ? Je pense que l’être humain aura tendance à toujours aller de l’avant, même parfois de façon irrégulière. Il semblerait qu’un avancement continu soit le signe d’un besoin souhaité de tous.
Avant la dernière guerre, aucune ligne aérienne régulière ne traversait l’Atlantique. Que de changements ! Certes, tout n’a pas été facile : les premiers avions de passagers d’après guerre, les comètes à réaction, s’écrasèrent au sol. Les Allemands, pendant la guerre, avaient réussi la réaction guidée à l’avance : les VI et VII, mais une fusée apporte la destruction au sol et personne n’est à bord.
Contrairement au règne animal limité à des réflexes innés : se nourrir, dormir, se défendre en cas d’attaque, se relaxer, dans l’évolution de la pensée humaine, un certain laps de temps intervient. Ne dit-on pas « Rome ne s’est pas fait en un jour ». Pour vivre en famille, en groupe, dans un lieu, nous avons besoin de règles bien déterminées. Notre intelligence nous permet de chercher, d’inventer, d’avancer dans tous les domaines. Cependant, certaines failles apparaissent, nos chercheurs s’en inquiètent, ils écrivent de longs traités, réfléchissent, avancent des chiffres mathématiques, sans tenir compte de la réaction imprévisible de chaque être humain.
Voyons, dans nos recherches, ce que nous estimons être une faille dans le fonctionnement de ce mot clé « démocratie ». Tous les grands ensembles veulent « la démocratie ». Les Etats démocratiques sont riches, alors pourquoi ne pas en faire partie ?
Qui dit démocratie, sous-entend élections. Alors comment voter ? Une première difficulté apparaît : les différents modes de scrutin, majoritaires, mixtes ou autres ? Nos amis « proportionnalistes » considèrent l’électeur comme un chiffre mathématique. Par de savants calculs, l’on s’arrange pour que le pourcentage de suffrages exprimés soit approximativement égal au pourcentage de sièges. C’est à ce moment qu’un danger apparaît, car, encore une fois, l’être humain n’est pas un chiffre, et deux autres éléments surgissent : la structure d’influence. Quel que soit le mode de scrutin adopté, il va jouer un rôle. Ce premier élément est l’influence d’une assemblée de personnes sans appellation politique, mais dont le but est de réunir une partie de la population pour la conseiller, l’aider. Les membres de cette assemblée doivent être disponibles, se rendre dans les familles, organiser des réunions régulières, avoir des activités à des endroits différents. Prenons un exemple : En Grande Bretagne, au départ, il existait deux religions, l’Eglise officielle de l’Etat, la Reine d’Angleterre et l’Archevêque de Canterbury, et d’autres Eglises protestantes officiant dans des lieux de culte différents. Ces Eglises protestantes informelles ont eu une importance capitale dans la création du Parti Libéral et la mise en place du syndicalisme ouvrier. Les spécialistes des systèmes électoraux ne connaissent pas la notion de structure d’influence électorale, que l’on voit pourtant à l’œuvre dans les démocraties du 19ème siècle, et encore en Europe et au Moyen Orient. Le deuxième élément d’une grande importance est la structure d’accueil pour le vote contre le gouvernement (vote protestataire).
En se penchant plus profondément sur ces deux éléments fondamentaux souvent passés inaperçus, voyons quelques cas très précis.
1. Les groupes d’influence électorale
La dominance électorale du Parti Socialiste de 1919 à 1930 et la régularité du parti du Centre (catholiques) nous mettent en présence de deux catégories de partis que nous trouvons dans d’autres pays en position de dominance : le Parti Socialiste en Suède, en Norvège, au Danemark et en Autriche. Le Parti Démocrate Chrétien en Italie et en Autriche, ainsi qu’à un moindre degré en Hollande, en Belgique et en France lors de la IVème République.
2. La structure d’accueil pour le vote protestataire
Le Parti Nazi (N.S.D.A.P.) passe brusquement de 2,6 % des suffrages en 1928 à 18,3 % en 1930 et se présente, à la surprise générale, comme la deuxième force électorale après le Parti Socialiste. Ce type de phénomène électoral ne nous est pas inconnu. Nous avons déjà rencontré des partis, qui deviennent une nouvelle structure d’accueil pour le vote anti gouvernemental, ou du système politique, des partis, en quelque sorte, « champignons », dans l’Europe proportionnaliste. Quels sont les rapprochements à faire entre ces nouvelles structures d’accueil pour le vote « contre », qui apparaissent dans des pays très différents et à des époques éloignées les unes des autres ? existe-t-il un lien entre les évènements, qui placent sur le devant de la scène électorale des personnalités très différentes que sont celles d’Hitler en 1930, Poujade en 1956 et Glustrop en 1973 (pour ne citer que les plus connus).
Pour ce qui est du vote Nazi, il faut distinguer celui de mai 1924 de celui de 1930, car en 1924, le vote se porte sur un parti très peu connu, mais qui a fait l’actualité un instant grâce à Hitler, qui vient d’être condamné pour son coup d’Etat manqué en Bavière. En 1930, le Parti Nazi possède des adhérents, quelques députés et une organisation paramilitaire, mais les milieux autorisés considèrent Hitler comme un agitateur de province.
Apparition électorale du nazisme, mai 1924
L’année 1923 sera mauvaise pour l’Allemagne. Deux éléments clés sont à retenir : sur le plan international, les Français et les Belges occupent La Ruhr, en raison du retard dans les livraisons que doit l’Allemagne au titre des réparations de guerre. L’opinion publique allemande réagit très fortement et une campagne d’opposition s’organise sur place. Sur le plan financier, 1923 représente l’aboutissement d’une dévaluation commencée en 1921. Il fallait 75 marks en 1921 pour 1 dollar, 400 en 1922, 7000 en janvier et 4 milliards en novembre 1923.
Hitler choisit cette époque pour son coup d’Etat manqué, le 8 novembre 1923. Le danger de la situation intérieure est évident pour tous, et le gouvernement procède à la dissolution du Parti Communiste, le 23 novembre 1923, le souvenir est encore présent lors des législatives de 1924. Nombreux sont ceux qui ont perdu leurs économies.
Trois formations nationalistes et racistes, qui lancent des slogans « anti système »se présentent aux élections du mois de mai. Le Parti Social Allemand de Richard Kunze, qui obtient 1,1 % des suffrages et quatre sièges, et le Parti Racial Allemand (Deutsche Volkische Partei), qui est formé par trois anciens députés du Parti Nationaliste Allemand (Grafe, Walle, Henning). Ce dernier présente des listes communes avec le N.S.D.A.P. pour obtenir ensemble 6,5 % des suffrages et 22 sièges.
Succès économiques : 1924 – 1929
De nouvelles élections législatives ont lieu en décembre 1924, et le vote nazi descend à 3 % des suffrages, 2,8 % des sièges (14 députés). Le calme financier est confirmé grâce à « …. Un véritable sorcier des finances, Hilmer Greely » pour citer William Shirer. Certains expliquent aussi la baisse du vote nazi en invoquant le fait qu’Hitler ait disparu de l’actualité et que la publicité autour de son procès à Munich, en février 1924, était oubliée. Cette dernière raison ne paraît pas aussi déterminante que la précédente, car les raisons qui poussaient les Allemands, encore désespérés par la débâcle financière, à voter pour l’extrémisme politique en mai 1924, avaient disparu en décembre de la même année. En sept mois, Hitler perd plus de la moitié de ses suffrages, soit 1.010.400 électeurs, et les 970 900, qui lui restent, paraissent un chiffre raisonnable et peu significatif pour un électorat de 39.000.000, dans le cadre d’un scrutin proportionnel destiné à encourager toute les tendances de l’opinion politique.
Quant aux finances, les investissements étrangers en Allemagne, au 31 juin 1931, sont estimés à :
Etats Unis – 5 milliards de Marks – 55 %
Grande Bretagne – 1. 100 millions de Marks – 11,5 %
Hollande – 1. 174 millions de Marks – 13,5 %
Suède – 797 millions de Marks
Suisse – 512 millions de Marks
France – 475 millions de Marks
La Société General Motors possède 80 % d’Opel, qui représente, en 1928, 60 % de la production automobile allemande.
L’Amérique est très présente dans l’industrie textile, l’hôtellerie, le cinéma.
Il est certain que le succès économique de l’Allemagne, de 1924 à 1929, calme les esprits et retire des suffrages au Parti Nazi, mais l’instabilité politique et les difficultés rencontrées par les partis pour former des coalitions gouvernementales sont longuement commentées par la presse et sont sujettes à des plaisanteries, dont les parlementaires font les frais. Vingt cabinets se succèdent de février 1919 à janvier 1933. Ceci représente une durée de 8 mois, ce qui est proche de celle de la IVème République française (7 mois). Auguste Soulier décrit la manière dont les cabinets sont formés : « un grand nombre de combinaisons ont été essayées, tour à tour, les partis « constitutionnels » entraient dans une coalition, s’abstenaient de participer à la suivante, faisaient une opposition constante ou soutenaient par intermittence le cabinet ». Aucune des législatures de Weimar n’a terminé son terme naturel, toutes ont été dissoutes.
Les gouvernements majoritaires ne représentent que 4 ans et demi de la République. Le restant du temps, l’Allemagne, pays ayant un électorat de 40 millions, possède un gouvernement minoritaire, parfois de coalition, dont le scrutin parlementaire n’est pas assuré et dépend des circonstances. Faire voter un projet de loi est un exercice acrobatique, ou parfois impossible, d’où le recours aux décrets présidentiels. La nécessité de légiférer entraîne une interprétation très extensive de l’article 48 de la Constitution, qui interdit la dissolution du Reichstag pour la même raison.
La conséquence de l’instabilité : les élections législatives de 1930
Le niveau industriel de l’Allemagne et la quantité de capitaux étranger investis dans ses industries (dont la moitié provenait des Etats Unis), ainsi que les réparations que l’Allemagne devait verser aux alliés, ont rendu l’Allemagne particulièrement vulnérable à la crise boursière de septembre 1929 aux Etats Unis et à ses conséquences économiques. En 1930, l’Allemagne compte 2.800.000 chômeurs.
La crise frappe l’Allemagne alors qu’elle est gouvernée, depuis juin 1928, par une coalition de cinq partis (Chancelier Muller). Or, un gouvernement de large coalition, réunissant cinq partis représentant presque toutes les tendances de l’idéologie démocrate peut paraître séduisant. N’est-il pas souhaitable que l’ensemble des partis démocrates participe à l’expérience qu’ils veulent réussir ? Que le travail de reconstruction s’accomplisse au-delà des politiques partisanes, chacun y mettant du sien ?
Il est certain que, tant qu’il s’agissait d’assurer la gestion du pays en temps d’expansion économique, la coalition dirigée par le Chancelier Muller a résisté à l’éclatement, mais le déclanchement de la crise de septembre 1929 a provoqué un tel bouleversement économique et social, faillites, chômage, que les mesures énergiques et parfois impopulaires, qu’il fallait prendre, ne pouvaient pas faire l’unanimité au sein d’un ensemble de cinq partis, tous sensibles à l’opinion publique (donc de leurs électeurs). Pouvait-on risquer de perdre ses électeurs en restant dans un gouvernement dont la popularité s’effondrait ?

En temps de crise, la population s’attend à une action énergique et efficace. Tout régime suppose un homme ou une équipe capable de gouverner, et les démocraties édictent des règles selon lesquelles le gouvernement est constitué. Or, en 1930, l’application des règles n’était pas possible. L’Allemagne était gouvernée en ayant recours à des règles d’exception et, de surcroît, pour des raisons qui n’étaient pas celles prévues par la constitution. Les vains efforts des partis démocratiques pour s’entendre sur la politique à suivre étaient présentés par les médias, et le côté dérisoire de la vie parlementaire allemande était évident pour tous.
Il faudra des siècles à l’être humain pour découvrir, transmettre et affiner ses connaissances, dans tous les domaines, grâce à un travail acharné précédent, présent ou suivi des générations successives.
Or, le point faible de nos connaissances n’apparaît que de nos jours. Peut-on parler de l’art de vivre ensemble ? Dès le départ, il semblerait que la force, la puissance fussent les éléments dominants. La puissance avait ses règles : le citoyen, l’affranchi, l’esclave. Puis, le choix des chefs se fit par hérédité de la lignée familiale, par la fonction transmise.
A notre époque, nous en sommes à la « démocratie », mais ce mot n’a pas réglé nos difficultés, loin de là….
La Démocratie politique ? Cela veut dire que chaque personne a son idée politique qu’elle peut présenter individuellement, ou bien au sein d’un groupement de plusieurs personnes, plusieurs opinions différentes. Il sera bien difficile ou même impossible de prendre une quelconque décision. Il faudra donc prévoir, dans nos règles, un consensus de ces différentes opinions. A ce stade, les difficultés apparaissent. Quel mode de scrutin choisir ?
Un scrutin majoritaire uninominal ; dans ce cas, un seul candidat sera choisi par l’électeur (précision donnée d’avance : sur le bulletin de vote, un seul nom retenu). L’on peut utiliser (comme l’a fait longtemps la Grande Bretagne), le scrutin majoritaire binominal. Dans ce cas, l’électeur peut alors choisir deux candidats. La pratique a montré que l’électeur choisit habituellement deux candidats de la même tendance.
Depuis la fin du 19ème siècle, des hommes politiques et des mathématiciens ont mis au point des systèmes proportionnels, où l’effet recherché était non pas de regrouper l’ensemble des opinions d’une nation, mais de privilégier chaque individu, qui devait être essentiellement libre de son choix. On a donc divisé une nation en grandes circonscriptions, ou même on a réuni les suffrages de toutes les circonscriptions au niveau national, pour le transfert en sièges. Ce fut le cas de la République de Weimar, où, lors des deuxièmes élections législatives l’on voit apparaître le Parti de Bavière, qui retira des suffrages au Grand Parti (du centre) Catholique, où, de la même façon, l’apparition du Parti Communiste retira des suffrages au Parti Socialiste.
La grande règle, pour toute démocratie, devrait être la simplicité. Un étudiant Africain, lors d’un de mes cours, a fait le rapprochement entre consensus, dont je venais de parler, concernant la Commission Centrale Electorale, et le palabre africain. J’ai trouvé ce rapprochement intéressant.
Cette notion consensuelle a été pratiquée au Kosovo, contrairement à ce que l’on avait pratiqué en Bosnie Herzégovine.

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