REMAR UES SUR LA ‘PLUS VALUE’ DANS LE CAPITAL DE MARX.

Bernard OWEN

La notion de l’exploitation de l’homme par l’homme est reprise par tous ceux qui condamnent le mode de production ‘à l’occidentale’ de l’anarchiste au communiste en passant par une majorité de socialistes. Ce thème que personne ne remet en cause prend de solides racines dans le CAPITAL de MARX qui lui apporte l’autorité d’un texte sacré. En allant au delà du slogan prononcé du haut des tribunes, l’observateur peut constater que certains raisonnements du CAPITAL paraissent a l’analyse moins scientifiques que ne laisse supposer l’aspect général que MARX a voulu donner a son ouvrage. Certains développements, en particulier celui de la ‘plus value’, sur laquelle est érigée la notion de l’homme exploité par l’homme, paraissent dune grande fragilité et reposent sur une imagination romantique beaucoup plus que sur un raisonnement idéologique et mathématique. La recherche de MARX sur la plus value’ va le mener à la conclusion que le capitaliste gagne son argent sur une part de travail fourni par l’ouvrier, part pour laquelle celui-ci n’est pas payé.

MARX raisonne longuement sur les différentes valeurs intervenant dans la fabrication d’un objet manufacturé. Pour que le capitaliste trouve son intérêt à fabriquer, la somme du prix de tous les composants de cette fabrication doit être inferieur au prix de vente du produit termine. D’ou vient cette différence ou ‘plus value’? MARX part du principe général que pour l’homme et pour une société organisée par l’homme, tout bien naturel prend sa valeur par l’intermédiaire de l’homme. Le minerai de fer sous terre ou sur la surface de la terre ne sert a rien si l’homme ne le prend pas et ne le transformé pas.

Ce principe est intéressant mais dans son cheminement, Marx va le pousser jusqu’à l’absurde. Il va étudier, l’un après l’autre, tous les composants de la fabrication d’un produit et va chercher à partir desquels il sera possible d’obtenir la ‘plus value’. Une division fondamentale sera née: Les composants qui représentent pour le capitaliste un capital fixe et ceux (ou celui) qui seront le capital variable d’où proviendra la plus value. Tout au long de son exposé, Marx prendra principalement des exemples dans l’industrie anglaise du tissu et du vêtement. Il parlera tissage, longueur d’étoffe et valeur de vêtement.

PREMIEREMENT: Pour fabriquer un tissu de coton, il faut du coton. Le coton sera acheté à une certaine somme, tant la tonne et sera ensuite transformé par une machine à tisser en toile de coton. Le prix d’achat du coton a tisser sera, par exemple, de I 000Francs la tonne. En admettant, qu’avec une tonne, l’on puisse tisser 200 mètres de tissu, le prix du coton (la matière première) entrant dans un mètre de tissu sera représentés par 1000  5 Francs 200 (le prix du coton, I 000 Francs la tonne, étant représentés par la somme du travail et de tout ce qui peut entrer dans le coût de fabrication avec la ‘plus value’ ajoutée)

DEUXIEMENT: Pour fabriquer, il faut avoir des locaux, les entretenir et en hiver, les chauffer. convient donc d’inclure dans le prix de fabrication, le prix des locaux et frais d’entretien que l’on réduira facilement en unités de temps correspondant a ceux nécessaires a la production étudiée.

Nous avons maintenant:

(prix matière première) + (frais de locaux)

TROISIEMEMENT: La machine. Il s’agit  du point faible de toute

l’argumentation de MARX. Il raisonne ainsi: La valeur de tout produit provient du travail de l’homme qui l’a fabriqué. Alors, comment évaluer la part de valeur apportée par la machine dans le produit termine ? MARX propose la solution suivante. La machine a une valeur d’achat, admettons 50 000 Francs. Elle a une longévité limitée, admettons IO ans. (tout comme le coton, la valeur de la machine étant la somme du travail de l’homme auquel s’ajoute les divers éléments constitutifs que nous considérons actuellement) La seule valeur que la machine puisse ajouter au produit fabrique correspond a la partie d’elle même qu’elle laisse dans l’opération, A savoir, son usure. LA encore, it est facile de la chiffrer. On divise la valeur de la machine par le nombre d’unité de temps (pris présentement en considération) entrant dans les dix ans (sa longévité présumée). Le chiffre obtenu correspond a la part de la machine dans la fabrication de telle quantité du produit. A savoir, une somme extrêmement faible.

Une question vient immédiatement a l’esprit. Que faire dans le cas de machines qui couteraient des sommes semblables mais dont les rendements seraient différents ? Par exemple: le cas de deux machines fonctionnant simultanément, de longévité identique, l’une étant de deux ans plus récente et ayant un rendement double de la plus ancienne. Les deux machines, selon MARX, en admettant que le prix soit identique, doivent ajouter la même valeur au produit alors que l’une a un rendement deux fois supérieur l’autre. Admettons que la dernière machine achetée ait une longévité plus longue que la première: qu’elle dure vingt ans au lieu de dix ans. Dans ce cas, la valeur qu’elle transmet a chaque unité de Bien produit sera exactement la moitié de celle que transmet la machine moins performante et qui est dune longévité moindre. Le raisonnement de MARX est absurde. Minimiser le rôle de la machine dans la fabrication est obligatoire si l’on veut faire apparaître la plus value’ au seul niveau du salaire de l’ouvrier. C’est pour cette raison que MARX sera oblige de développer la notion de lutte de classe pour montrer, contre toute évidence, que les mêmes conditions sociales existaient avant l’industrialisation qu’après: ce qui est un non-sens. Dans le même esprit, pour tenter d’effacer l’importance primordiale que représente l’invention de la machine a vapeur, MARX va se donner beaucoup de mal pour démontrer que le grand pas en avant dans la fabrication a été la fabrication en série manuelle, la division des taches et non l’introduction de la machine. Pour ce faire, il fait des comparaisons de rendement entre un ouvrier fabriquant des clous en assumant l’ensemble du travail à  celui ou chaque ouvrier ne fait continuellement qu’une seule de l’ensemble des opérations qui entrent dans la fabrication des clous. Comme le dit justement MARX, cela se pratiquait déjà dans l’antiquité mais ce n’est pas pour cela qu’il y a eu un bouleversement fondamental dans le pouvoir de production de l’homme. Revenons aux machines. MARX parle de machines a tisser qui effectuent le travail de soixante ouvriers sous le contrôle de seulement deux ouvriers. Comment refuser a une telle machine sa participation a la création de l a ‘plus value’ ? Selon MARX, l’opération de fabrication se présente maintenant de la façon suivante: matière première. A locaux + usure de la machine = au capital fixe

Continuons le raisonnement Marxiste dans la recherche de la ‘plus value’. Ayant élimine la matière première, les locaux et la machine, il reste maintenant la main d’œuvre. Celle-ci sera classée parmi le capital variable. MARX reprend une idée développée par d’autres économistes, TURGOT et MLTHUS: la notion de salaire nécessaire.

Le salaire de l’ouvrier n’est pas déterminé par la quantité de travail qu’il accomplit mais par la quantité d’argent qu’il lui faut pour subsister. Le capitaliste verse l’argent dont l’ouvrier a besoin pour vivre lui-même ainsi que sa famille et empoche le reste sous forme de ‘plus value’. MARX utilise la formule suivante ‘admettons arbitrairement’ qu’un ouvrier ait besoin de 100) Francs pour vivre, se nourrir, nourrir sa famille, l’habiller, la loger. Admettons que 100 Francs soit en fait le salaire d’un travail VI; durée de 5 heures de travail alors que les autres 5 heures de travail qu’il accomplit correspondent a la valeur du travail que le capitaliste met dans sa poche sous forme de ‘plus value’. La notion est donc introduite sous la forme très non  scientifique de ‘admettons arbitrairement’ et jamais elle n’apparaitra autre que dans l’ensemble de son oeuvre.

Ce genre de formule sera reprise une dizaine de fois avec les variantes ‘Comme nous avons vu précédemment’ ‘Nous avons admis’ … ‘Nous savons que’. La notion de ‘plus value’ qui est monnaie courante chez tout collectiviste et sur laquelle repose la notion de ‘exploitation de l’homme par l’homme’ ne repose sur aucune démonstration rassemblant a une démarche scientifique. est bon de noter les rapports établis par MARX entre le salaire Payé, donc nécessaire et la valeur empochée par le capitaliste: les deux sont d’égale valeur. Ceci se retrouve tout au long du CAPITAL. Marx illustre ses exemples en donnant presque toujours une valeur égale aux deux sans jamais la justifier autrement que par ‘supposons que’, tel que nous l’avons vu précédemment. Il ne crée jamais un budget type ou fait intervenir des statistiques (qui existaient déjà A son époque) pour justifier ce rapport qui ne repose que sur une vue de l’esprit Marxiste. MARX n’en reste pas la: it pousse le raisonnement plus loin. Il a constate que la fabrication industrielle fait baisser le prix des objets manufactures. Il considéré ce phénomène de la façon suivante: Certains objets manufactures entrent dans le cadre des objets achetés par l’ouvrier. Le prix de ces objets baissant, la valeur du salaire nécessaire va, elle aussi baisser. Le salaire de l’ouvrier baissera donc et le capitaliste bénéficiera d’une ‘plus value’ supplémentaire. Il était pourtant évident a l’époque de MARX et depuis le phénomène n’a fait que s’accentuer, qu’il fallait écouler les produits que l’on construisait en grande quantité .Que les prix devaient obligatoirement baisser et que l’ouvrier qui représentait une part importante de la population devait avoir un salaire qui lui permit d’acheter ou d’utiliser les produits a la fabrication desquels it participait. L’industrialisation allait permettre a l’ouvrier de posséder une deuxième paire de chaussures, de remplacer le banc par des chaises puffs d’y ajouter un fauteuil alors qu’actuellement, l’ouvrier de chez Peugeot a les moyens de racheter une des voitures qu’il construit La grande coupure de l’histoire économique se situe entre la période industrielle qui a commence par l’invention de la machine a vapeur et toutes les époques précédentes. La structure de la société actuelle ne peut être comparée à celles qui ont précédé l’époque industrielle alors que MARX va s’efforcer de démontrer le contraire afin de ne faire intervenir la machine que pour une part tout a fait mineure dans la création de la ‘plus value’. Marx va développer la notion de ‘lutte des classes’ afin de présenter l’organisation sociale actuelle comme un simple prolongement des situations antérieures. Or, en considérant la situation sur l’ensemble d’une nation nous obtenons des positions patronat-ouvriers fondamentalement différentes L’économie nationale, avant l’invention de la machine a vapeur, n’avait aucun intérêt a ce que l’ouvrier du patron ou du petit artisan soit bien paye, la production étant réservée soit a une élite, soit a une clientèle qui suffisait largement au peu de productivité. L’époque contemporaine présente une situation opposée, le pouvoir d’achat de la population active levant tendre vers une équivalence de la valeur des biens que produit le pays. Le processus qui veut que l’augmentation de la production soit continuellement accompagne d’une augmentation correspondante du pouvoir d’achat de la population se fait sous forme d’action entre le patronat, les syndicats et la législation.

Les prévisions de MARX ont manifestement comme but la condamnation du système de production capitaliste. La force physique n’étant plus nécessaire pour commander une machine MARX suppose qu’il sera fait un usage croissant de femmes et enfants afin de les sous-payer et par’ lui-même, augmenter les bénéfices du capitaliste. Il ne prévoit pas la valorisation du travail sous forme de main d’œuvre spécialisée et les techniciens. MARX va plus loin. En employant tour les membres d’une même famille, la valeur du travail nécessaire va s’étendre sur 2, 3 ou 4 salaires: ce n’est donc plus seulement l’homme qui aura à gagner la vie de la famille. Les salaires de chaque membre de la famille vont donc baisser et ainsi augmenter les bénéfices. MARX étoffe ses hypothèses par des commentaires sur la condition ouvri6re de son époque en se servant des rapports des inspecteurs charges de surveiller l’application de a réglementation des conditions de travail.

Le chapitre 16, qui est très court, est un bon exemple de la façon dont MARX tente de rendre scientifique une notion d’importance primordiale dans son raisonnement mais qui ne repose que sur des suppositions. Il s’agit de déterminer des fractions très simples à partir de données imaginaires comme si l’apparence mathématique devait apporter de la crédibilité a des éléments choisis arbitrairement. Il raisonne ainsi sur les rapports entre la ‘plus value’ et le capital variable. En modifiant le dénominateur et le numérateur, le résultat est de 50% ou de 100% et devient le coefficient d’exploitation de l’ouvrier. •travail supplémentaire h heures / travail nécessaire – 6 heures $ 100

En conclusion: l’un des raisonnements fondamentaux de la penée économique Marxiste, celui de la ‘plus value’, parait reposer sur une démonstration par trop fantaisiste pour pouvoir mériter l’appel de ‘scientifique’.