La République en Marche! ou l’auberge espagnole

Bernard Owen

L’équipe de recherche du journal Le Monde a réalisé une enquête le 7 juin. L’équipe comprenant Maxime FerrerMathilde DamgéPierre Breteau, Laura Motet, Sophie Dupont, Vincent Nouvet, Jérémie BaruchMaxime VaudanoAnne-Aël DurandAdrien Sénécat, Maxime Delrue et Eléa Pommiers

  • Pour résumer le résultat de leur enquête: La moitié des candidats de La République en marche a déjà occupé un mandat électif.

Cette bavure peut s’étendre aux élections présidentielles passées. En effet, étant donné que le candidat Fillon des Républicains était empêché  de concourir, seul le candidat Macron pouvait se présenter contre la candidate Le Pen et encore avait-il obtenu un résultat loin derrière Jacques Chirac qui avait obtenu plus de 80% des suffrages dans des élections où la gauche plurielle avait mis à mal la candidature de Jospin (2002).

Bravo à l’équipe du Monde. Nous attendons la suite.

Soulignons que les élections en France ne peuvent plus servir d’exemple au monde. Les institutions électorales doivent être revues. Notons que nous avons un avantage en utilisant le scrutin majoritaire hormis le scrutin des élections européennes. N’oublions pas que le scrutin proportionnel mène à des grands désastres de notre époque. Hélas, peu d’établissements d’enseignement supérieur s’y intéressent.

Législatives : l’auberge espagnole des candidats de La République en marche

D’après l’enquête du « Monde », 244 candidats de la majorité présidentielle aux législatives ont déjà décroché un mandat électif. Le plus gros contingent vient du PS.

  • La moitié des candidats de La République en marche a déjà occupé un mandat électif
  • 121 candidats seraient en situation de cumul avec un exécutif local incompatible avec un mandat de député
  • 90 PS, 80 MoDem, 30 UDI, 10 LR…

Le fait est suffisamment notable pour le souligner : selon le décompte du Monde, plus de la moitié des 525 candidats investis par La République en marche (LRM) en vue des législatives des 11 et 18 juin n’ont jamais occupé un seul mandat électif.

Un tour de force qui a tendance à occulter les 244 autres candidats qui, eux, ont déjà exercé des fonctions électives.

Enquête sur les candidats de La République en marche

Favori des élections législatives depuis la victoire d’Emmanuel Macron à la présidentielle, La République en marche (LRM) présente pour la première fois des candidats à un scrutin national. Âge, études, métiers, passé politique, profils sur les réseaux sociaux… Le Monde a épluché la liste des 525 candidats soutenus par ce nouveau mouvement pour en analyser la composition.

Voici les principaux volets de notre enquête :

Episode 1 :   Qui sont les candidats de LRM ?

Episode 2 :   Une « société civile » parfois en trompe-l’œil

Making-of :   Comment « Le Monde » a enquêté sur les candidats de La République en marche

Enfin, toutes les données utilisées sont consultables ici.

L’immense majorité de ces habitués de la politique ont plutôt été élus municipaux (215), mais on retrouve aussi un ancien sénateur (le radical de gauche Stéphane Mazars), deux anciens eurodéputés centristes (Marielle de Sarnez et Jean-Louis Bourlanges), 38 (anciens) conseillers départementaux et 45 (anciens) élus régionaux.

Les candidats LRM qui ont déjà eu…

Au moins un mandat Un mandat municipal Un mandat départemental Un mandat régional Un mandat parlementaire Aucun mandat

Seuls 24 candidats LRM ont déjà siégé à l’Assemblée nationale : 19 députés PS, un radical de gauche et quatre écologistes. Elus pour la plupart en 2012, parfois en 2007, aucun n’est susceptible de se heurter à la future loi Bayrou de moralisation de la vie publique, qui devrait interdire le cumul dans le temps de plus de trois mandats identiques consécutifs.

121 CUMULS POTENTIELS

En revanche, selon notre décompte, 121 candidats seraient, en cas d’élection, en contravention avec la loi de 2014 sur le cumul des mandats, qui entrera en vigueur après les législatives. En effet, ils occupent actuellement un ou plusieurs mandats exécutifs locaux (maire, maire adjoint, président ou vice-président de conseil départemental ou régional). Pour pouvoir entrer au Palais-Bourbon, ils devraient donc renoncer à ces mandats dans le mois qui suit leur élection.

Par quels partis sont-ils passés ?

Parmi les candidats dotés d’un bagage politique, le plus gros contingent de militants vient, sans surprise, du Parti socialiste ou du MJS : au moins 90 candidats y ont milité à un moment de leur carrière. Suivent les 79 représentants du MoDem : les trois quarts se présentent officiellement sous l’étiquette du parti centriste de François Bayrou, en vertu de l’accord électoral passé avec En marche ! ; le quart restant a quitté le MoDem et se présente directement sous l’étiquette LRM. C’est notamment le cas de la chroniqueuse des « Grandes Gueules » de RMC Claire O’Petit, une ancienne conseillère municipale à Saint-Denis dont Le Parisien a révélé qu’elle avait demandé en 2015 l’investiture du Front national pour les régionales.

Par quels partis les candidats LRM sont-ils passés ?

PSMoDemUDI et ses composantes(dont UDI)(dont PR)(dont UDF)UMP/LRPRGEELVParti écologiste MRC/MDC

SOURCE : LE MONDE

La palme de la girouette politique revient toutefois à Billel Ouadah qui, avant de rejoindre En marche ! dans la 10e circonscription de Seine-Saint-Denis, avait déjà été candidat pour l’UDI, le Parti radical, le Mouvement des citoyens, le MoDem… et brigué sans succès l’investiture UMP pour les régionales.

On retrouve également dans les listes LRM une trentaine de candidats passés par l’Union des démocrates et indépendants (UDI), un mouvement centriste traditionnellement allié à la droite, qui n’avait pas rallié Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle. L’UDI n’ayant pas conclu de partenariat avec le parti du président Macron, ces personnalités franchissent toutes le pas à titre individuel.

C’est aussi le cas des dix anciens du parti Les Républicains, à l’image d’Aurore Bergé, qui a rejoint Emmanuel Macron en février, après la défaite de son champion Alain Juppé à la primaire de la droite.

De façon plus anecdotique, LRM a également investi des militants du Parti radical de gauche (10), d’Europe écologie-Les Verts (8) et du MRC de Jean-Pierre Chevènement (2). Dans le Doubs, le mouvement d’Emmanuel Macron a même investi un ancien militant de la CGT et du Parti communiste, Denis Sommer, passé entre-temps par le PS. En Vendée, LRM présente Philippe Latombe, qui était encore candidat du mouvement souverainiste Debout la France il y a deux ans, à l’occasion des régionales. En Haute-Garonne, la majorité présidentielle sera représentée par Sébastien Nadot, un proche de Robert Hue (PCF), qui avait tenté de se présenter à la présidentielle sous la bannière du Mouvement des progressistes.

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