Les systèmes électoraux: Que d’erreurs avant de comprendre?

Qu’elle qu’en soient les raisons il y a des mots que l’on répète ici et là avec l’assurance que nul n’osera s’y opposer. Cela a du bien et du mal car sous ces mots magiques se cachent des techniques certes bienveillantes mais parfois sournoises.

En premier lieu: dans une élection, un ensemble de la population doit pouvoir s’exprimer. Le non vote doit se limiter à l’âge. L’enfant a d’autres soucis. La femme  et l’homme, quelque soit la formation et l’activité, peuvent avoir des idées sur la politique. Qui peut se présenter en juge de la volonté du peuple?

Tout comme la maison que l’on va bâtir, notre démocratie doit résister au temps. Or le temps est variable. L’on ne peut comparer hier et aujourd’hui sans en tirer des leçons. Le bon exemple doit être compréhensible par tous. Il ne doit surtout pas être compliqué. Nous reviendrons sur ce point car il nous faut connaitre ce que nous pouvons voir autour de nous dans le passé, le présent, et s’en servir pour penser l’avenir.

Il est intéressant de commencer par des exemples de démocraties évoluées. On entend dire souvent que l’élection de Hitler en 1932 est due au fait que la France a été plutôt dure envers l’Allemagne après sa victoire en 1918. Si cela était vrai, Hitler aurait gagné les élections législatives de 1920  où en s’unissant avec deux autres partis de droite le total obtenus n’a été que de de 6% des suffrages. Le Parti Nazi aurait été alors la meilleure structure d’accueil pour le vote contre le drame d’avoir perdu la guerre.

Lors des élections présidentielles de 1932 , Hitler s’est présenté  contre le Président Hindenburg, et aillant perdu de peu,  le président a considéré devoir nommer Hitler Chancelier à la tête d’un gouvernement mixte issu des élections législatives qui ont suivi.  D’ailleurs quand Hitler est devenu Chancelier, il venait rendre compte de son travail   et restait à déjeuner ce qui compliquait les habitues de la maison car Hitler étant vegetarian on a du s’habituer à manger du fromage.

Comme toute nouvelle organisation électorale les structures d’influence électorale apportent leur soutien, Eglise Catholique, au Parti du Centre et le syndicalisme ouvrier au Parti Socialiste.

Malgré cela, les Allemands trouvent de grandes difficultés à former des gouvernements. Ce qui est un grand dommage, car l’économie était en avance sur ses voisins. Les Etats-Unis d’Amérique s’en aperçoivent et les dollars s’investissent en Allemagne et l’extrême droite, le Parti Nazi n’obtient que 2,6% des suffrages avant la crise de Wall Street de 1929, qui frappa fort l’Allemagne. Mais sa grande faiblesse était la chute du gouvernement  composé de cinq partis qui en cas de crise, quelque soit le pays, ont du mal à s’entendre sur ce que le pays vit.

L’Allemagne, un grand Etat, se trouva pendant deux ans avec un gouvernement très minoritaire  soutenu (ainsi que le constitution lui permettait) par le Président de la République Hindenburg.

La suite immédiate, la crise de 1929. L’Allemagne avait une assurance chômage depuis 1927 qui n’était pas suffisante au moment ou la cris était au plus fort.

La leçon à retenir est que la proportionnelle devrait disparaître. Nous le disons depuis 1990.

Sautons le temps et revenons au présent. L’auteur Dieter Nohlen et les socialistes ont eu peur que la liste CDU-ICSU  soit éternellement au pouvoir. Il n’était plus question de proportionnelle, alors un système fut mis en place accordant deux votes par citoyen.

Nous constatons que les élus des 299 circonscriptions uninominales sont définitivement élus. Nous constatons que le nombre d’élus sur les listes proportionnelles n’est pas fonction des suffrages obtenus par les partis sur la partie à la proportionnelle (deuxième voix), mais est inversement proportionnel au nombre de sièges obtenus au scrutin majoritaire uninominal (1re voix). Plus un parti obtiendra de sièges majoritaires, moins il aura de sièges proportionnels.

Résultat : le scrutin proportionnel ne sert qu’à réduire ou éliminer l’accentuation en sièges du parti, ou des partis qui obtiennent le plus grand nombre de sièges majoritaires.

L’électorat et les hommes politiques ont bien compris l’importance de ces deux suffrages, et leur attitude diffère quand ils considèrent la première voix uninominale par rapport à la deuxième voix proportionnelle. Les petits partis ont compris   bien avantage.

Le système allemand n’a pas les qualités requises pour une gouvernance stable et de longue durée. Il  peut mener à des solutions qui n’ont jusqu’à maintenant  pas fonctionné.  Il pourrait provoquer  une impossibilité de former un gouvernement pendant de longues périodes.

La simple proportionnelle appliqué en Belgique pourrait aussi avoir de graves répercussions nationales.  En pleine crise de l’Euro la Belgique  est 18 mois sans gouvernement. Un gouvernement est formé en raison de la peur que l’agence de notation Moodys abaisse sa note. Ce mauvais fonctionnement des institutions aura d’autres répercussions. Les flamands ont déjà un parti séparatiste.

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