Un gaulois au Danemark

Bernard Owen

Un gaulois récalcitrant, mais qui a péniblement appris à écrire, va enchaîner (brièvement) sur les propos de sa collègue : Monique Cochinal. La thèse de doctorat du nouveau gaulois parle abondamment des pays du Nord de l’Europe, et le Danemark en fait partie. Il raconte même qu’il a participé à une table ronde à Aarhu, ville importante du Danemark.

Le Danemark pratique un scrutin proportionnel. Or, il faut noter que ce mode de scrutin est très sensible aux structures d’influence. En Scandinavie, les structures d’influence sont le syndicalisme, qui exerce un contrôle considérable sur le parti socialiste. Pourquoi pas ? Dans les années soixante, le Parti Socialiste dirigeait la coalition gouvernementale traînant derrière lui un ensemble de partis modérés. Jusqu’au début des années soixante dix, les sondages indiquaient un fort mécontentement de la population concernant les impôts. Malgré cela, le gouvernement décida de faire voter, par cette coalition dirigée par les socialistes, une augmentation considérable des impôts. Il faut préciser que le gouvernement ne disposait que d’une seule voix d’avantage. Devant cette situation plus que gênante, l’un des députés socialistes a trouvé l’excuse d’une panne d’automobile pour ne pas se rendre à la Chambre. Le vote a eu lieu et le gouvernement est tombé. De nouvelles élections générales se déroulèrent en 1973.

Kopenhagen, Slotsholmen, Danish Parliament Christiansborg, Denmark during summer

Le résultat fut une surprise pour tous, car soudainement un tout nouveau parti est apparu qui devint le second parti danois. Il se trouve qu’en Norvège où la situation économique n’était guère plus satisfaisante, le même phénomène se reproduisit, mais de façon moins spectaculaire, avec un parti qui ne remporta que 5 % des sièges.

Voyons maintenant un troisième pays : les Pays Bas. Ils possédaient une population semblable mixte : catholiques et protestants. La rénovation du catholicisme, décidée par Vatican II, a provoqué une scission entre les électeurs du Parti Catholique et les hommes du terrain : enseignants, activistes, jusqu’à provoquer le bouleversement de la vie politique de l’Etat.

A titre d’information, le gaulois a écrit une thèse publiée par l’éditeur bien connu : LGDI, en 2002, qui traite des pays européens en ce qui concerne les effets des systèmes électoraux (520 pages), de plus en plus d’actualité, au moment où l’on parle d’une modification importante de nos systèmes électoraux dans cette même Europe. Plus tard, un autre livre fut publié (un peu plus court, car les gaulois se fatiguent vite), mais, de surcroit, en langue anglaise, qu’il serait souhaitable de consulter, car décidément, ces gaulois ont traversé le monde et ont vécu des situations dramatiques. Ils en ont tiré une certaine expérience, qu’il serait bon de mettre à profit.

 

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