Vague de suicides chez nos policiers. Grève de nos braves pompiers

Monique Cochinal, Chercheur associé

Depuis plus d’un an, chez nos policiers, on assiste à une vague de découragement, allant même jusqu’au suicide. Pour la première fois, nos braves pompiers se sont mis en grève. Comment expliquer tout cela ? Quelles sont les causes ? On s’interroge beaucoup, on cherche des responsables …. Une recrudescence de violence et de haine ? Une défaillance de commandements ?

Et pourtant, dans tout Etat, nous avons grand besoin d’un bon service d’ordre pour nous protéger contre les attentats, les catastrophes naturels, les grands tueurs et violeurs, les infractions multiples. Ils sont présents, toujours au risque de leur vie. C’est leur métier, ils nous aident, et nous leur devons reconnaissance et grand respect. Ils sont au service des citoyens, mais aussi officiers de l’Etat, dont ils reçoivent des ordres. Ils n’ont pas l’autorisation de faire grève et doivent, pourtant, faire face dignement aux débordements de foules en colère.

Depuis un certain temps, quelques représentants de leurs syndicats ont averti le gouvernement de ce profond découragement général. Ils ont relevé dans leur troupe une grande fatigue, trop d’heures de présence, trop de tension, plus de vie de famille, pour un petit salaire (qu’ils attendent souvent longtemps, l’Etat étant mauvais payeur). Il faut voir l’état de délabrement des quelques commissariats de police restés encore ouverts dans nos petites villes de province : vieux ordinateurs qui tombent en panne constamment, queues interminables avant de trouver un agent de police disponible susceptible d’établir un procès verbal.

Sur le terrain, quand nos policiers, au risque de leur vie, réussissent à attraper un tueur ou un violeur, la justice, trop souvent débordée, ne suit pas et n’est pas toujours efficace. Quelque temps après, le misérable violeur, le grand truand sort de prison et récidive. Et tout est à recommencer. De quoi décourager le plus vaillant policier. Face à des foules de manifestants, bien souvent entraînés par des groupes d’extrémistes connus et de plus en plus haineux, qui arrivent à déjouer les mesures préventives préconisées par les « chefs », nos braves policiers se sentent impuissants, surtout si les ordres diffèrent. Comment ne pas avoir en permanence la peur au ventre ?

Quant à nos braves pompiers, avec les policiers, ils se trouvent très vite sur place pour secourir, aider, protéger tout citoyen. Leur tâche est importante. Elle va de l’extinction d’un feu de cheminée au transport d’un malade à l’hôpital, jusqu’à savoir maitriser nos grands feux de forêt. Ils sont eux aussi toujours présents, lors de toute catastrophe naturelle, tout accident. Ils ont droit, eux aussi, à notre reconnaissance et notre respect. Cependant, depuis un certain temps, ils sont l’objet de mépris et de haine, au point de faire grève, pour la première fois, à ma connaissance. Dans certaines banlieues de grandes villes, ils sont injuriés, assaillis de pierres, tout comme les policiers. Comment en est-on arrivé là ? C’est profondément incompréhensible.

Ne serait-ce pas la manifestation d’un grand malaise d’une foule de citoyens qui, conscients des défaillances des « grands chefs » se tournent vers les exécutants qu’ils ont en face d’eux pour déverser leur colère et leur haine