La Vème République a-telle un avenir?

Bernard Owen, Maria Rodriguez-McKey

La République Française serait-elle une démocratie qui laisse à désirer?

Le système des partis s’est décomposé. Le Président Macron a été élu mais lors de son élection la participation a chuté. Seuls 18% des électeurs inscrits se sont déplacés

Or, une démocratie se juge dans le long terme. Regardons autour de nous. Aux Etats-Unis le Parti Républicain prend naissance en 1854. Le Parti Démocrate en 1829.

La longévité d’une République est donc celle de ses partis politiques.  Et la Vème République date de quand?  Elle n’a pas encore 100 ans.

Avec l’effondrement du système de partis résultant des dernières élections nationales que va-t-il se passer en 2022?  L’incertitude.

La Vème République sera-t-elle toujours ce qu’elle est maintenant?  Ou sera-t-elle , un parti dominant et une opposition consistant d’un ou deux partis capables de gouverner?

Une démocratie a besoin d’alternance. Lequel de ces cinq partis sera capable pas seulement d’incarner l’opposition maintenant mais pouvoir être un parti de gouvernement?

L’inquiétude que nous ressentons maintenant, celle des politiques, l’économie et la bourse peuvent le ressentir éventuellement. La politique et l’économie sont imbriqués.

 En séminaire, les députés LREM reprennent les bases

19 SEPTEMBRE 2017 PAR CHRISTOPHE GUEUGNEAU ET ELLEN SALVI

Pendant deux jours, les élus néophytes du mouvement d’Emmanuel

Macron ont tenté une professionnalisation express. Au menu : jeux de rôle et travaux pratiques. Un exercice limité par l’absence de corpus idéologique.

Sur les rares photos qui ont circulé sur les réseaux sociaux, on aperçoit des députés La République en marche (LREM) attablés par groupes de cinq ou six personnes. Certains ont enroulé un foulard blanc autour de la tête, d’autres en portent un couleur bleu ciel autour du cou, d’autres encore sont penchés sur une série de post-it au contenu mystérieux. À observer ces images, difficile de comprendre ce qui pouvait bien occuper les élus de la majorité réunis en séminaire de rentrée, lundi 18 septembre, aux Docks d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), pour préparer la session parlementaire qui s’ouvre lundi prochain. À les écouter raconter en « off » leur première journée de réunion, force est de constater qu’eux aussi n’ont pas franchement saisi ce qu’ils faisaient là.

Au moins officieusement, car officiellement, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Lundi, « il y a eu un travail de cohésion, sur le rôle du député, sa relation au mouvement, au gouvernement, à sa circonscription », se félicite Gilles Le Gendre, élu de Paris et vice-président du groupe LREM. Fidèle au concept de « start-up nation » cher à Emmanuel Macron, le séminaire avait toutes les allures d’une réunion de « team-building » de n’importe quelle société en forte croissance. Son organisation a d’ailleurs été confiée à la société de « coworking » Up and Co. Il y a quelques années, une grande entreprise francilienne avait réuni ses cadres pour leur expliquer qu’ils devaient être des dauphins « à même de sauter par-dessus les vagues qui se présentaient devant eux ».

Point de mammifère marin ici, mais des jeux de rôle et des travaux pratiques. Avec les fameux foulards, par exemple. Les couleurs de ces derniers correspondaient à quatre catégories : le député, la circonscription, le gouvernement et le groupe LREM. Le député avait pour mission de s’adresser à la circonscription pour lui demander quelles étaient ses attentes et en quoi il pouvait l’aider. Une restitution aléatoire a ensuite été réalisée devant les 313 membres du groupe réunis là – seuls 200 députés étaient réellement présents, selon d’autres sources. Mardi, beaucoup d’entre eux avaient déserté la deuxième journée.

Les mantras macronistes étaient, eux, tous au rendez-vous : chaque interlocuteur a par exemple pris soin de mettre en avant la « bienveillance » qui a régné pendant le séminaire. D’autres exercices ont ponctué l’après-midi de lundi, l’un d’entre eux consistant à se réunir « par cercle d’âge », un autre à définir l’« écosystème du député ». Il a également été question de la rentrée ratée du groupe au mois de juillet. Jugé mal préparé, pas assez politique, pas assez maître des sujets traités, le groupe aura été, par conséquent, régulièrement débordé par les élus Insoumis ou Les Républicains. Et ce, alors même qu’un premier « team-building » s’était tenu les 24 et 25 juin derniers au Palais-Bourbon.

« Il y a eu des moments d’échange et de retour d’expérience », indique Hervé Berville, député des Côtes-d’Armor et porte-parole du groupe LREM. « La parole était libre, franche et sincère, mais avec beaucoup de bienveillance », ajoute-t-il. « On s’est dit beaucoup de choses, ce que les gens avaient sur le cœur. On n’a pas nié les points de frottement », confirme Gilles Le Gendre. Voilà pour les éléments de langage. Car d’autres députés interrogés de façon informelle par Mediapart livrent un récit sensiblement différent de leur journée. « C’est pas à ça que je m’attendais… », confie l’un d’entre eux en riant. « Il n’y a pas eu de vrai moment de débat sur ce qu’il s’est passé cet été, regrette un autre. À un moment, on en avait tellement marre qu’on a fait des jeux entre nous. »

Aurore Bergé et Claire O’Petit © Twitter/@GabrielAttal

Finalement, les élus de la majorité ont surtout retenu l’occasion qui leur était offerte de nouer quelques contacts. Voire de se réconcilier, comme ce fut le cas entre Aurore Bergé et Claire O’Petit, la seconde ayant promis fin août qu’elle allait « se faire » la première. Apprendre à se connaître, mais aussi créer du lien avec les membres du gouvernement (eux-mêmes rompus à l’exercice du séminaire) qui les ont rejoints dans la soirée pour partager les produits régionaux que chacun avait ramenés de sa circonscription. « C’était un séminaire de cohésion, résume Arnaud Leroy, membre de la direction collégiale provisoire du parti macroniste. Une façon d’expliquer aux députés la chorégraphie du pouvoir. » Et de leur fournir quelques clefs pour ne pas se laisser marcher sur les pieds par les cabinets des ministres.

La seconde journée, mardi, devait permettre d’entrer dans le vif du sujet des prochains textes à l’agenda des députés : la loi antiterroriste, le projet de loi de finance et celui de financement de la Sécurité sociale. Trois textes ardus de prime abord, mais qui fixeront le cap du quinquennat. Le directeur de communication du groupe, Christophe Malbranque, nommé fin juillet, qui a eu l’idée de ces deux journées, estime qu’il faudrait à terme que les députés puissent « délivrer la vision globale d’une loi et donner un sens général à des mesures ponctuelles parfois impopulaires ».

Ce n’est pas gagné. Car le vrai problème de ces journées réside dans le fait que le parti n’a pas encore d’idéologie claire, commune, en partage. Gilles Le Gendre le reconnaît : « Il manque un corpus idéologique, on est bien d’accord. Mais justement, voici le temps du deuxième souffle. On est dans une reconstruction complète, le parti aussi, et nous nous construirons de la même manière. Ça passera comme toujours par une remise au goût du jour de nos valeurs. » Brigitte Bourguignon, présidente de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, ne dit pas autre chose dans L’Opinion : « À l’Assemblée, il n’y a pas encore de véritable ligne politique. »

C’est d’ailleurs aussi le cas au parti, toujours en construction. « Pour le moment, nous pouvons continuer à vivre sur la base du programme, indique un cadre LREM. Au moins jusqu’en 2018. Après, nous serons bien forcés d’organiser des consultations… » « Nous sommes liés par notre loyauté au président de la République et au programme, mais nous n’avons pas une éducation idéologique qui s’est construite dans les sections comme au PS ou chez LR », explique de son côté le député du Rhône Bruno Bonnell à Libération. Une autre formation prévue ces jours-ci en témoigne. Elle sera menée par le député LR Éric Woerth, président de la commission des finances – un poste qui échoit à l’opposition –, chargé de former l’ensemble des membres de la commission, dont plus de la moitié sont issus des rangs LREM.

Les députés macronistes renouvelleront-ils l’expérience du séminaire ? « Je ne lis pas dans le marc de café, explique Hervé Berville, le porte-parole du groupe, mais ce qui est sûr, c’est que nous sommes 313 et qu’il nous faudra des moments pour tous se retrouver et échanger. » À partir de mi-octobre, les élus de la majorité auront déjà le droit à des ateliers pour apprendre à parler devant une caméra et prendre la parole en public. Un « media-training » de plus de trois heures, financé en partie par le groupe LREM. Les cabinets de conseil ont visiblement trouvé un nouveau vivier de clients.

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