Alstom: Emmanuel Macron rattrapé par son passé

7 FÉVRIER 2019 PAR MARTINE ORANGEMEDIAPART

La Commission européenne a mis son veto au rapprochement avec Siemens au nom de la concurrence. General Electric, qui a repris les activités énergie du groupe au temps où Emmanuel Macron était secrétaire général de l’Élysée, ne peut tenir ses engagements et s’apprête à tout restructurer. 

Sept ans après, Emmanuel Macron peut prendre la mesure de ses décisions sur Alstom lorsqu’il était secrétaire adjoint de l’Élysée puis ministre de l’économie : un désastre. Tout le plan concocté dans le plus grand secret dès octobre 2012 (voir notre enquête) dans les soupentes de l’Élysée – avec l’aide d’AT Kearney et l’appui de David Azéma, alors directeur de l’Agence de participations de l’État (APE) d’un côté ; Grégoire Chertok et Nicolas Bonnault, associés gérants chez Rothschild de l’autre – pour aider Bouygues à vendre sa participation dans Alstom au prix d’un démantèlement du groupe industriel, tourne au fiasco.

Mercredi 6 février, Margrethe Vestager, la commissaire européenne à la concurrence, a confirmé ce qui se murmurait depuis des semaines : la Commission européenne met son veto à la fusion des activités ferroviaires d’Alstom et de Siemens, estimant que ce rapprochement risquait d’aboutir à la création d’une entité monopolistique sur le marché européen qui briderait la concurrence et les autres opérateurs.

La commissaire européenne à la concurrence, Margrethe Vestager, annonçant le veto sur la fusion Siemens-Alstom le 6 février. © Reuters

Ce rejet a été approuvé à l’unanimité par les États européens. « Tous les États de l’UE ont approuvé cette décision, jeudi dernier, lors d’une réunion du comité consultatif de la concurrence », explique une source proche du dossier. Une gifle pour le gouvernement français, persuadé que la magie du couple franco-allemand permettrait de faire plier toutes les oppositions, de balayer tous les obstacles.

Mais ce n’est pas le seul revers. Mardi, un premier bilan du rachat des activités énergie d’Alstom par General Electric (GE) a été dressé. Résultat ? La fusion qui devait être créatrice de valeur, selon Emmanuel Macron, connaisseur de la « grammaire des affaires » et grand soutien de ce projet face à Arnaud Montebourg, alors ministre du redressement productif, est catastrophique. Le groupe américain a reconnu qu’il n’avait pas tenu ses engagements pris il y a trois ans : au lieu des 1 000 emplois promis, il n’en a créé que 25 ! Il a accepté de payer 50 millions d’euros d’amende à l’État français, comme le prévoyait le contrat, pour ne pas avoir respecté ses promesses de création d’emplois. Mais il a les mains libres désormais pour mener les restructurations de ses activités énergie en France.

Discret sur les déboires causés par GE, le ministre des finances, Bruno Le Maire, s’est montré beaucoup plus offensif sur le dossier Alstom-Siemens. Sans attendre l’annonce publique, il condamnait dès mercredi matin la décision de la direction de la concurrence européenne de bloquer la fusion entre Alstom et Siemens. « C’est une erreur économique qui va faire le jeu de la Chine », a-t-il déclaré, avant de réclamer, comme son homologue allemand, une révision des règles de concurrence européennes.

Paris et Berlin connaissaient pourtant les difficultés du projet. Le 11 mars 2015, Emmanuel Macron, alors ministre de l’économie, évoquait un rapprochement entre Siemens et Alstom en ces termes : « De telles opérations se heurtent toutefois à des obstacles importants, s’agissant en particulier des règles européennes relatives à la concurrence et des impacts sociaux. Ce n’est donc pas l’option que nous privilégions à ce stade », affirmait-il alors. Avant de se raviser.

Quatre mois après son élection, le mariage Siemens-Alstom était annoncé par le gouvernement français, avant même que les deux conseils d’administration se soient prononcés. « L’Europe de l’industrie était sur les rails. Alstom-Siemens allait être le champion européen capable de tenir tête aux Chinois », clamait le ministre des finances.

La concurrence chinoise a été le grand argument utilisé par les gouvernements français et allemand pour tenter de forcer la main de la direction de la concurrence. Face au groupe CRRC, né du regroupement des deux entreprises d’État chinoises, il convenait de bâtir un « Airbus européen du ferroviaire », selon un de ces slogans aguicheurs si souvent utilisés par les banquiers d’affaires pour vanter leurs grandes opérations financières.

Dans les faits, le rapprochement entre Alstom et Siemens n’avait rien d’un Airbus. Aucune coopération industrielle entre les différents constructeurs, aucun grand projet de développement entre Européens n’étaient prévus. Il s’agissait seulement d’une opération capitalistique des plus classiques, où le plus gros, en l’occurrence Siemens, devait absorber le plus petit – Alstom – pour se bâtir une position de force, voire dominante, se créer une rente de situation sur les marchés européens.

C’est en tout cas l’analyse qu’en ont faite les autorités de la concurrence britanniques, espagnoles, italiennes et même allemandes. Toutes ont exprimé leurs réticences, voire leur opposition à ce projet de rapprochement qui aurait déséquilibré les marchés ferroviaires européens, et créé une différence quasiment irrattrapable pour ses concurrents, qu’ils s’appellent Bombardier, Talgo ou Ansaldo.

« C’est une vision technocratique », a dénoncé Joe Kaeser, PDG de Siemens, alors que tous les signaux annonçaient que la fusion allait dérailler. Mais Siemens et Alstom n’ont jamais proposé les solutions acceptables pour la Commission de la concurrence européenne, pour remédier à cette situation. Au mieux, les deux groupes acceptaient de céder des activités représentant à peine 4 % de leurs chiffres d’affaires.

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Quant à la concurrence chinoise, l’argument n’a pas vraiment convaincu les différentes autorités de la concurrence. Pour l’instant, CRRC a vendu une poignée de locomotives en Hongrie et en Tchéquie. « Pour être présent sur un marché ferroviaire, il faut avoir des capacités de production sur place. Or CRRC n’en a pas », explique Boris Amadoz, délégué central CGT du groupe. « Si ce concurrent chinois est si dangereux alors pourquoi est-il l’un des partenaires les plus importants d’Alstom ? Pourquoi le gouvernement français ne se bat-il pas plutôt pour l’ouverture réelle du marché chinois et la fermeture du marché européen tant qu’il n’y aura pas réciprocité ? » s’interroge la CGT dans un communiqué se félicitant du veto européen à la fusion.

Depuis l’annonce du rapprochement, les représentants du personnel d’Alstom et de Siemens n’ont jamais été convaincus par la pertinence de ce projet. Pendant les dix-huit mois de discussions, les directions des deux groupes n’ont rien fait pour les rassurer, entretenant le même brouillard qu’auprès de la Commission européenne sur leurs intentions. À aucun moment, il ne leur a été précisé quels seraient les produits, les métiers, les projets retenus, quels seraient les sites maintenus et ceux qui seraient sacrifiés.

Un seul chiffre leur a été donné : le rapprochement devrait permettre de réaliser 400 millions d’euros de synergie en trois ans. Il y a longtemps que les salariés ont appris à traduire le mot synergie. Pour eux, cela signifie suppression d’emplois. Selon l’étude AT Kearney de 2012, la fusion des deux groupes devait se traduire par la disparition de 6 000 emplois, soit plus d’un tiers du groupe Alstom.

Emmanuel Macron et Arnaud Montebourg lors de la passation de pouvoirs en juillet 2014. © Reuters

Le veto de la Commission européenne rebat désormais toutes les cartes pour les deux groupes. Rien n’indique que ce refus conduise forcément au drame. Ainsi, après le rejet européen d’avaliser leur fusion en 2001, les deux groupes électriques français Schneider et Legrand ont poursuivi leur route et continuent de se développer.

Avant même de connaître la décision officielle, le groupe Siemens avait fait savoir qu’il avait d’autres possibilités. Il envisage notamment de reprendre le projet d’une cotation indépendante de ses activités ferroviaires, projet qu’il avait suspendu pour discuter avec Alstom.

Le groupe français, de son côté, a les moyens d’affronter la situation seul. C’est en tout cas ce qu’affirmait Patrick Kron, alors PDG d’Alstom, après la vente des activités énergie du groupe à l’américain General Electric. C’est aussi ce que soutenait Emmanuel Macron quand il était ministre de l’économie. Les 34 milliards d’euros de carnet de commandes, représentant plus de cinq ans d’activité, ne se sont pas envolés et permettent de laisser un peu de temps au groupe pour s’adapter.

Mais le vrai problème d’Alstom, celui qui pèse sur le groupe depuis des années, c’est moins ses activités que son actionnariat. Le groupe a besoin d’un actionnariat stable et solide, prêt à accompagner son développement industriel sur le long terme. Il ne l’a jamais trouvé depuis la privatisation de la CGE (devenu Alcatel-Alstom) en 1986 puis la scission avec sa maison mère en 1999. Tous les actionnaires qui se sont succédé n’ont cessé d’exiger des rentabilités hors norme et des dividendes exceptionnels chiffrés en milliards, dès qu’ils le pouvaient, épuisant les ressources du groupe, déstabilisant l’ensemble de ses activités.

Depuis, les crises s’enchaînent à répétition. Entré au capital d’Alstom en 2006, et après avoir touché des dividendes assurant jusqu’à 20 % de son résultat annuel, Bouygues ne fait plus mystère depuis 2011 de sa volonté de sortir du tour de table du groupe industriel. Ce qui a dès lors conduit à toutes les manœuvres obscures autour d’Alstom. C’est pour lui faciliter la tâche et sauvegarder les seuls intérêts du groupe de BTP qu’Emmanuel Macron a supervisé dans le plus grand secret le démantèlement d’Alstom et la vente des activités énergie à GE puis la fusion – aujourd’hui avortée – avec Siemens. Tellement persuadé que rien ne pouvait s’opposer à la fusion, le gouvernement s’est empressé aussi de renoncer à l’option d’achat sur les 20 % du capital du groupe qu’avait négociée Arnaud Montebourg au moment de la vente des activités énergie.

Aujourd’hui, tout le monde se retrouve pris de court. Le beau montage imaginé depuis 2012 par Emmanuel Macron agissant plus comme banquier d’affaires que comme responsable d’État, pour sauver les intérêts d’un groupe privé plus que les intérêts stratégiques d’un groupe industriel important, est à terre. Ce qu’il reste d’Alstom est à reconstruire. Encore faut-il une volonté d’État pour le faire, qui échappe pour une fois à une logique de banquier d’affaires pour retrouver une vraie stratégie industrielle.

 

Participations aux élections présidentielles américaines

Les premières élections de la République des Etats-Unis ont eu  lieu en 1789…


Pourcentage de participation de 1824 à 2008 (selon le nombre de électeurs éligibles1,2).

Historique

La participation aux élections présidentielles américaines a progressé par grandes vagues, à commencer par celle de 1828 qui reflète la mise en place du suffrage universel, le scrutin étant auparavant censitaire et réservé aux propriétaires terriens. La participation aux élections présidentielles américaines a également progressé lors de la mise en place du New Deal par le président démocrate Franklin Delano Roosevelt dans les années 1930, puis lors du développement des programmes sociaux de la Grande société du président démocrate Lyndon B. Johnson dans les années 1960, dans la continuité de la « Nouvelle Frontière » de John F. Kennedy.

Dans les années 2000, de nouveaux progrès sont constatés qui tranchent avec le recul du milieu des années 1990: le nombre de votants a augmenté de 49,4% en une dizaine d’années, passant de 86,6 millions en 1996à 129,4 millions en 2008. En 2008, le nombre total de votants a atteint 131,2 millions, établissant un nouveau record absolu de participation en nombre de voix après celui de 2004 (122,3 millions). En pourcentage, la participation de 2008 atteignit un pic de 61,7 %3 et 63 %2 des électeurs potentiels, soit le plus fort taux de participation depuis 1968. En 2012, ce record est approché, avec 129,064 millions de voix, la deuxième meilleure performance de l’histoire.

En 2016, le record de 2008 est battu avec 134,64 millions de votes (comptabilisation par The Cook Political Report le 27 novembre 20164), le dépouillement des bulletins de vote par correspondance, particulièrement nombreux dans les grandes agglomérations, n’étant pas encore terminé au-delà des délais qui avaient été prévus, les estimations évaluant à 42 millions le nombre d’Américains ayant voté avant le jour du scrutin5.

Données statistiques

Election Population en âge de voter
(en milliers)
Participation
(en milliers)
Participation (%)
1828 57,6
1832 55,4
1836 57,8
1840 80,2
1844 78,9
1848 72,7
1852 69,6
1856 78,9
1860 81,2
1864 73,8
1868 78,1
1872 71,3
1876 81,8
1880 79,4
1884 77,5
1888 79,3
1892 74,7
1896 79,3
1900 73,2
1904 65,2
1908 65,4
1912 58,8
1916 61,6
1920 49,2
1924 48,9
1928 56,9
1932 75 768 39 817 52,6
1936 80 174 45 647 56,9
1940 84 728 49 815 58,8
1944 85 654 48 026 56,1
1948 85 654 48 026 56,1
1952 99 929 61 552 61,6
1956 104 515 62 027 59,3
1960 109 672 68 836 62,8
1964 114 090 70 098 61,4
1968 120 285 73 027 60,7
1972 140 777 77 625 55,1
1976 152 308 81 603 53,6
1980 163 945 86 497 52,8
1984 173 995 92 655 53,3
1988 181 956 91 587 50,2
1992 189 044 104 427 55,2
1996 196 498 96 278 49,0
2000 205 815 105 405 51,2
2004 215 694 122 295 56,7
2008 229 945 131 314 58,2
2012 235 248 129 085 54,92
2016 251 107 136 6696 55,76

Il n’y a pas de données officielles pour les élections présidentielles de 1789 à 1820 (178917921796180018041808181218161820).

Références[

  1. (en) The American Presidency Project, « Voter Turnout in Presidential Elections: 1828–2012 » [archive] [« Participation aux élections présidentielles de 1828 à 2012 »], sur http://www.presidency.ucsb.edu [archive]Santa Barbara (Californie)Université de la Californie à Santa Barbara, 2013 (consulté le 28 octobre 2017).
  2. ↑ ab et c (en) Curtis Gans (dir. et analyse), Matthew Mulling et al.« African-Americans, Anger, Fear and Youth Propel Turnout to Highest Level Since 1964 » [archive] [« Les Afro-Américains, la colère, la peur et la jeunesse ont propulsé la participation électorale à son plus haut niveau depuis 1964 »] [PDF], sur files.wordpress.com, American University, Washington D.C., 17 décembre 2008 (consulté le 28 octobre 2017).
  3. (en) Michael McDonald, « 2008 Unofficial Voter Turnout »(Archive Wikiwix • Archive.is • Google • Que faire ?), United States Election Project, 12 mars 2009 (consulté le 26 avril 2009).
  4. (en) « 2016 National Popular Vote Tracker »(Archive Wikiwix • Archive.is • Google • Que faire ?), sur cookpolitical.comThe Cook Political Report (consulté le 29 novembre 2016).
  5. (en) Julia Glum, « Are Absentee Ballots Counted Last? Clinton, Trump Votes Still Being Tallied In Some States » [archive], sur com, The International Business Times, 15 novembre 2016 (consulté le 28 octobre 2017).
  6. ↑ aet b https://transition.fec.gov/pubrec/fe2016/federalelections2016.pdf [archive]

Lien externe[modifier | modifier le code]

(en) Voter Turnout in Presidential Elections

Le grand débat: national Ultime issue de secours du macronisme

Monique Cochinal

Et voilà … le grand débat national est lancé. Depuis plus d’une semaine, on nous en parle sur toutes les chaînes de télévision, en direct, nous vivons au rythme des régions de France, au nord, au centre, au sud. C’est l’occasion de reconna: tre certains visages mais, surtout de découvrir tous les principaux et nouveaux jeunes illustres inconnus députés, ministres, secrétaires d’Etat en fonction, le Premier Ministre en tête. Après l’ouverture fracassante et les séances de réconciliation du président en personne avec nos maires fort en colère du peu d’intérêt porté par le gouvernement, il faut ramener à la bonne cause les citoyens Français, mécontents, eux aussi, et leur prouver que leur bon roi les a entendus. Au passage, une simple remarque : dans cette foule de Français, on ne voit pas de Gilets jaunes, face au Président, et pourtant…. La belle lettre du Président est adressée à tous les Français, mais on se méfie beaucoup de cette foule criarde, revendicatrice, jamais satisfaite de son sort. Y aurait-il, également, une grande méfiance aussi de la part des gilets jaunes ?

Edouard Philippe fait son tour de France et va, de commune en commune, de village en village, rencontrer au plus près, en décontracté, nos habitants, citoyens Français pour un débat sur les quatre thèmes principaux imposés par le Président. L’ambiance des salles est fort sympathique, on parle beaucoup, de tout : les souffrances de la vache de Monsieur X et des difficultés pour trouver un abattoir « agréé » pour euthanasier cette pauvre bête. Notre Premier Ministre hoche de la tête, compatit. On ne s’ennuie pas, ils sont sympa ces braves paysans. Tout va bien …. Juste quelques remarques sifflantes sur les 80 kilomètres heure imposés partout, au lieu des 90. Il est responsable de cette loi, il assume et il savait qu’elle était « vachement impopulaire », mais il ne regrette pas, car, affirme-t-il, moins de morts sur les routes, les statistiques le montrent, donc, c’est une bonne loi et il n’est pas question de la supprimer. Et, au fil des heures, le même scénario se poursuit. Chacun prend le micro, explique son problème, fait part de ses critiques et de ses difficultés devant notre premier ministre, très attentif, puis qui répond, essaie de convaincre, avec simplicité, qu’il est impossible de changer quoique ce soit des lois « vachement bien préparées et débattues dans de nombreuses commissions, en pesant le pour et le contre, et qui doivent donner de bons résultats, mais il faut attendre, et encore attendre…. Finalement, nous sommes tous des impatients, et des Français jamais contents…. Difficiles à gouverner.

Dans chaque débat, la position du gouvernement reste toujours la même. La transition écologique ? Tous les problèmes sont évoqués : en premier, celui de réduire notre consommation d’énergie, réduire nos habitudes alimentaires en consommant moins de viande (subitement, la viande rouge est devenue très mauvaise pour notre santé), on peut aussi se passer de voiture (la marche à pied est recommandée chaque jour pour notre santé), et ainsi de suite. En conclusion, les affirmations du Premier Ministre ou du Président tombent : impossible de faire autrement pour cette rapide transition écologique, sans augmenter les tarifs de l’électricité et du gaz, c’est normal et naturel, mais ne nous plaignons pas, puisque notre pouvoir d’achat va augmenter (c’est en route), grâce aux bons résultats de cette politique, et nous pourrons donc payer les augmentations successives de nos factures, tout contents de participer à cette transition écologique. Soyons solidaires et bons citoyens !

Cependant, en toile de fond, on suit avec tristesse le douzième samedi de manifestations des gilets jaunes, avec, en tête du cortège, les manifestants blessés par des armes dangereuses : grenades, flash balls, sans compter l’usage de plus en plus fréquent de canons à eau et de gaz lacrymogènes. On compte le nombre de manifestants, de moins en moins nombreux, et l’intensité des violences, le nombre de blessés et de mutilés de part et d’autre, et toujours …. Le petit nombre de voyous professionnels qui se mêlent aux manifestants, une minorité agissante qui attaque, pille, détruit, et se joue des répressions violentes commandées par Monsieur Castaner. De semaine en semaine, on assiste à une escalade de violence et de haine, à de nombreuses arrestations musclées par un service d’ordre disposant d’armes redoutables interdites partout en Europe dans ce genre de manifestations, car jugées dangereuses par les graves blessures et mutilations qu’elles provoquent, surtout lorsqu’elles sont mises à la disposition de personnes non formées. Comment, avec tous ces moyens mis en place, on ne peut pas venir à bout de ces bandes de voyous minoritaires, bien connus des forces de l’ordre, qui reviennent à chaque manifestation, échappant aux arrestations et aux sanctions ? N’y aurait-il pas une autre méthode de fonctionnement pour protéger les manifestants et les biens, en punissant sévèrement les vrais coupables, sans envisager et voter une nouvelle loi « anti casseurs » ?

Et en même temps, nouveau rebondissement de l’affaire politico judiciaire Benalla (acte III) révélée par le journal « médiapart » et qui diffuse un enregistrement d’une conversation téléphonique entre Monsieur Benalla et son ami Vincent Crase, tous deux sanctionnés par la justice avec interdiction de se voir et de communiquer, affirmant que le patron (le président Macron) les soutenait toujours, qu’il leur gardait sa confiance, et qu’ils n’avaient rien à craindre pour leurs prochaines affaires en cours, alors que l’Elysée dément. Qui a menti ? Qui protège qui ? Dans quel but ? Nous voulons toute la vérité.

ELABE. Emmanuel Macron : un Président jugé autoritaire et arrogant mais aussi dynamique et courageux

Par rapport à décembre, Emmanuel Macron est perçu nettement plus dynamique et courageux, mais les qualificatifs autoritaire et arrogantprogressent également et restent en tête.

Les Français dépeignent toujours le portrait d’un Président autoritaire (78%, +5 points par rapport à l’enquête Elabe du 11 décembre 2018), arrogant (76%, +5) et dynamique (70%, +13). Le courage lui est également attribué par une majorité de Français (57%) et progresse de 13 points.

Le lancement du « grand débat national » et sa présence dans plusieurs échanges avec les maires et les citoyens semblent avoir fait bouger les lignes par rapport à début décembre, lui permettant de retrouver des niveaux d’image proches de ceux d’octobre 2018 avant la crise des « gilets jaunes ». Si cette séquence lui permet de recueillir une prime de dynamisme et de courage en allant se confronter aux maires et citoyens, les accusations d’arrogance restent très présentes et se renforcent même.

Sa capacité à réformer le pays (43%, +3 par rapport à décembre 2018) et à respecter ses engagements (42%, +1) sont relativement stables et attribuées par environ 4 Français sur 10.

Moins de 4 Français sur 10 jugent qu’Emmanuel Macron est honnête (35%, +2), sympathique (35%, +6), sincère (32%, +2) et capable d’obtenir des résultats (31%, +4).

Sa capacité à rassembler les Français (20%, -1) et sa proximité aux Français (19%, stable) ne lui sont que très peu attribuées.

L’amélioration de l’image d’Emmanuel Macron concernant le dynamisme et le courage est principalement le fait d’une hausse de ces indicateurs auprès de ses opposants, qui portaient un jugement très négatif en décembre dernier : +28 et 20 points auprès des électeurs de Marine Le Pen et +10 et 11 points auprès des électeurs de Jean-Luc Mélenchon.

De manière générale, même si son image reste mauvaise dans l’absolu auprès de l’électorat de Marine Le Pen, l’ensemble des indicateurs s’améliorent .

A noter quelques dégradations auprès de l’électorat de François Fillon : arrogant (+19 à 76%), capable de réformer le pays (-12 à 59%) et de rassembler le pays (-9 à 25%).

Le changement de style et de méthode de l’exécutif n’apparaît pas crédible pour deux Français sur trois

Suite à l’organisation du « grand débat national » et aux récentes interventions d’Emmanuel Macron et du gouvernement, 66% des Français estiment que cela ne marquera pas de changement de style et de méthode dans le quinquennat d’Emmanuel Macron. Rappelons que mi-octobre, au lendemain de l’intervention télévisée d’Emmanuel Macron faisant suite à la démission de Gérard Collomb et au remaniement du gouvernement, ce taux avait été mesuré à 84%.

Si les électeurs de Marine le Pen et de Jean-Luc Mélenchon et estiment majoritairement que l’exécutif ne va pas changer de méthode et de style (respectivement 79% et 69%), les électeurs d’Emmanuel Macron et de François Fillon sont plus partagés : respectivement 56% et 44% estiment que l’exécutif change de méthode.

La volonté de réformer (28%) est la première qualité d’Emmanuel Macron selon les Français.

Mais 48% des Français ne trouvent rien de positif.

Invités à choisir parmi une liste de neuf qualités que l’on entend dans le débat public à l’égard d’Emmanuel Macron, 28% citent sa volonté de réformer.

Ensuite, 21% citent sa détermination et 18% sa façon de représenter la France à l’étranger.

Moins de 15% des Français citent sa jeunesse (12%), sa vision pour la France (9%), sa capacité à renouveler la politique (8%), le fait qu’il tienne sa promesse (8%), sa façon d‘incarner la fonction (7%) et l’orientation globale de sa politique (6%).

Enfin, les Français sont 48% à déclarer ne rien trouver de positif concernant Emmanuel Macron.

Par rapport cette fois au mois d’avril 2018, sa détermination (-11), sa volonté de réformer (-7) et le respect des promesses (-9) sont en nette baisse. La proportion de Français ne trouvant rien de positif grimpe de 12 points.

Si la volonté de réformer est nettement plus citée auprès des électeurs d’Emmanuel Macron (50%) et de François Fillon (38%), elle est en forte baisse par rapport à avril 2018 : -10 et -15 points.

La volonté réformatrice du Président reste un moteur du soutien de son électorat et d’une partie de celui de François Fillon mais s’est nettement estompée ces derniers mois.

La déconnexion des réalités quotidiennes (51%) et la politique en faveur des plus aisés (47%) sont les principales critiques envers Emmanuel Macron.

Invités cette fois-ci à choisir parmi une liste de neuf critiques, les Français citent d’abord sa déconnexion des réalités quotidiennes (51%), sa politique en faveur des plus aisés (47%), son arrogance (39%) et son manque d’écoute des Français (37%).

Viennent ensuite le fait qu’il décide seul (19%), son autoritarisme (18%), l’orientation globale de sa politique (13%), le fait qu’il ne tienne pas ses promesses (12%) et son excès de communication (7%).

8% des Français ne lui trouvent rien de négatif.

Par rapport au mois d’avril 2018, sa déconnexion des réalités est en très forte hausse (+19), et dans une moindre mesure son arrogance (39%, +9).

La critique la plus largement partagée d’une déconnexion est en forte hausse auprès de tous les électorats : celui de Jean-Luc Mélenchon (56%, +18), d’Emmanuel Macron (40%, +18), de François Fillon (54%, +14) et de Marine Le Pen (59%, +29)

Quelques remarques sur la participation électorale aux Etats-I,os d’Amérique:Il est utile d’apporter quelques précisions sur la participation aux élections qui ont lieu aux Etats-Unis.

Bernard Owen, Maria Rodriguez-McKey

Ce pays a le tort d’utiliser un système peu précis et différent de celui utilisé dans le restant du monde. Le pourcentage de participation aux Etats-Unis fait sourire celui qui n’est pas au courant de la façon dont le calcul est effectué. Alors que le restant du monde considère le nombre des votants par rapport au nombre de citoyens inscrits sur les listes électorales, les chiffres américains tiennent compte d’un nombre de votants par rapport à une population fictive en age de voter qui comprend à la fois les interdits pour cause d’incapacité légale, pour cause d’impossibilité physique et les personnes ne possédant pas la citoyenneté américaine.

Les deux premières catégories comprendraient selon le « ‘Census!’ 500 000 personnes et la troisième de 6 343 000 à 12 000 000 de personnes selon que l’on considère les appréciations les plus pessimistes ou les plus optimistes. Donc première difficulté; déterminer avec exactitude la population en age de voter.

Il faut bien noter que le ‘Census‘ ne donne qu’une estima- tion et aucun chiffre officiel concernant la population en age de voter. Le New York Times du I6 I 80 page AI, indique que le nombre d’étrangers illégaux est au moins de IO 000 000 et que le chiffre de 4 à 6 000 000 au milieu des années 70 est considéré comme raisonnable par le Select Committee on Population of the House of Representatives, senior demographs of the Bureau of Census et par les autorités du Département d’Etat. Le ‘Current Population Reports, series P 20 n°359 du Bureau of Census’ donne 6 343 000 étrangers de plus de I8 ans en novembre 1980.

La ‘Monthly Labor Review’ d’octobre 1980, dans un article de SEBGEL ‘Documenting the Undocumented’ avance que le service des immigrants a décelé en 1977 – I 042 215 étrangers illégaux alors qu’il est généralement admis que la plus grande partie n’est pas interpellée.  Il est possible d’obtenir le nombre d’inscrits sur les listes électorales à l’exception du Nord Dakota où les listes électorales n’existent pas et dans quatre Etats où l’inscription se fait le jour du vote.

Les calculs de participation aux élections américaines effectués selon des normes se rapprochant des habitudes internationale donnent une très forte participation électo- rale. Le Bureau of Census ‘’voting and Registration in the Flection of November 1980′(présidentielles), series P 20 n°359, indique comme votants par rapport aux inscrits 88,6% se décomposant de la façon suivante: population blanche 89,1%, population noire 84,1%, population espagnole 82%. En revanche, des données plus justes sont données par

(GANS – Non voter Study, 1980-81 – Summary Sheet, page 5 (Committee for the Study of the American Electorate), 1981. La période couverte va ae 1960 à 1980, concerne les élections présidentielles et considère les Etats qui fournissent les chiffres des inscrits sur les listes électorales un mois avant l’élection elle-même.

Majorité électorale

20 ans 18 ans
1960 1968 1972 1976 1980
33 Etats

84,3%

45 Etats

83,2%

43 Etats

74,3%

44 Etats

74,9%

43 Etats

74,6%

Ces chiffres sembleraient être ceux pouvant le mieux se comparer aux résultats des autres pays. Reste la question des non-inscrits. Les sondages GALLUP obtiennent 25% des américains qui se disent non-inscrits. Or, ces chiffres étant inférieurs à ceux généralement admis (30%), l’on peut raisonner que le non-inscrit n’a pas la conscience tranquille, d’où la tendance à se faire passe pour inscrit (registered) alors qu’il ne l’est pas.

Levant l’incertitude des chiffres avancés pour représenter les nationaux en état de voter, ne devrions-nous pas accorder plus de valeur aux appréciations de GALAUP dont la marge d’erreur sur les intentions de vote aux élections présidentielles est de 2,3% de 1936 à 1976 et seulement de I,5% de 1950 à 1976 (The Gallup Poll-Public Opinion 1972 to 1977, Scholarly Kesources, 1978). Selon GANS, on obtient les pourcentages suivants de non-inscrits:

1960

1968 1972 1976 1980
25,9% 26,6% 26,1% 27,1% 27,6%

Reste que 27% est un chiffre élevé si nous comparons aux estimations européennes, Or, le contexte américain n’a rien de comparable au contexte européen et les difficultés de récemment rencontrées là-bas, ne sont pas étrangers à la très forte immigration que connait actuellement ce Pays, la plus forte de toute son existence,

L’intéreseante étude de WOLFINGER et ROSENSTONE (Who Votes- Yale University Press, 1980) nous apporte de précieux renseignements en liant, en premier lieu, l’inscription à la Stabilité du domicile alors qu’une des caractéristiques de la population américaine est sa très grande mobilité.

EFFET DU CHANGEMENT DE RESIDENCE SUR LA PARTICIPATION ÉLECTORALE SELON L’AGE, EN 1974 (pourcentage) – TEMPS DE RESIDENCE A L’ADRESSE ACTUELLE

Age 4 mois 4 – 11 mois 1 – 2 ans 3 – 5 ans 6 – 9 ans
18-24 -17% -15% -12% –4% -2%
25-31 -23% -23% -19% -8% 0
32-36 -28% -26% -21% -9% -1%
37-69 -31% -28% -23% -11% -2%
70+
total -26% -23% -18% -8% 0
TOTAL -23% -22% -19% -9% -1%

(Wolfinger et Rosenstone, page 52.)

Les trois autres facteurs favorisant la non-inscription et l’abstention dans l’ordre décroissant sont: la faiblesse du niveau d’étude, la jeunesse et le faible niveau des revenus. D’autre part, il est intéressant de noter que les auteurs ont trouvé que les références ‘idéologiques et les affiliations politiques étaient pratiquement identiques entre non-votants et votants, les premiers ayant un léger penchant vers des positions plus conservatrices. Ceci vient confirmer ce que FREE et CANTRIL trouvaient en 1968. La baisse de participation aux élections de 1972 est indis- cutablement liée à l’abaissement de la majorité électorale pour l’ensemble des Etats à I8 ans bien que GALLUP (page 617 de l’ouvrage déjà cité) ne Le présente pas comme la cause principale.

Dans cet esprit, les chiffres fournis par Nie, Verba et Petrocik, Anderson (The Changing American Voter), correspondent bien à ce que nous savons sur la participation des jeunes sur le plan international: Élection présidentielle de 1972.

66% des + de 30 ans  20% pour les 20 à 24 ans

41% pour les I8 à 20 ans