Une enquête préliminaire ouverte sur l’origine de dons à La République en marche

Les paragraphes clefs de l’enquête de Mediapart…

PAR ANTTON ROUGET

Le parquet de Paris vient d’ouvrir une enquête sur l’origine de 144 000 euros de dons reçus par le parti d’Emmanuel Macron en 2017. Pour la présidentielle, le candidat avait réussi à mobiliser près de 13 millions d’euros de dons en un temps record.

Le procureur de la République de Paris a ouvert mardi 20 novembre une enquête préliminaire pour faire la lumière sur l’origine de 144 000 euros de dons reçus en 2017 par La République en marche (LREM), a annoncé ce mardi 20 novembre le parquet, confirmant une information d’Europe 1.

Nous republions ci-dessous nos révélations sur « Les secrets d’une levée de fonds hors norme » (enquête publiée le 21 mai 2017 avec Mathilde Mathieu, Martine Orange et Mathieu Magnaudeix).

À l’image de cet échange, l’exploitation des milliers de mails et documents issus des Macron Leaks (voir Boîte noire) – ainsi que d’autres documents récupérés au fil de la campagne par Mediapart – permet de comprendre comment la garde rapprochée d’Emmanuel Macron a explosé les compteurs de dons entre avril 2016 et avril 2017 pour permettre à l’ancien ministre de François Hollande d’accéder au pouvoir, un an à peine après la création de son propre mouvement. À l’extérieur, Dargnat et les membres de l’équipe Macron ont tout fait pour démentir l’image du candidat des affaires, préférant insister sur l’afflux de petits dons. En réalité, c’est bien une camarilla de banquiers d’affaires qui a pris en main cette levée de fonds hors norme, mobilisant tous azimuts ses réseaux et carnets d’adresses au service du combat de l’ovni politique Macron.

Cette stratégie s’est appuyée sur un raisonnement simple, résumé dans un court message de M. Dargnat en septembre 2016, alors que Macron vient juste de quitter le gouvernement : « Quand on sait que les dépenses de campagne présidentielle sont limitées à 22 millions d’euros et que nous pourrions contracter un prêt bancaire (à hauteur de 9 millions) remboursé si le candidat dépasse le seuil des 5 % aux élections, il nous reste donc à “trouver” 13 millions », expose l’ancien banquier. En clair, calcule-t-il, « si l’on arrondit à 10 millions le budget à trouver, il faut donc obtenir des dons de 1 333 personnes à 7500 € chacune [le plafond autorisé pour le financement d’une campagne – ndlr] ».

En réalité, c’est dès le printemps 2016 que les plus fidèles soutiens d’Emmanuel Macron se sont discrètement activés pour organiser de façon méthodique la mobilisation de riches contributeurs. …

1 Dans cette petite équipe soudée, on trouve Emmanuel Miquel, capital-risqueur chez Ardia et trésorier de la même association, mais aussi deux de ses anciens camarades de HEC : Stanislas Guerini, directeur de l’expérience client chez Elis, délégué du mouvement à Paris et aujourd’hui candidat aux législatives dans la capitale ; et Cédric O, un jeune directeur d’usine du groupe Safran, ancien du cabinet de Moscovici à Bercy. Cédric O, garçon discret qui fuit les médias, a endossé le costume de mandataire financier de la campagne, dont il est un des couteaux suisses les plus efficaces.

Pendant des mois, ce petit groupe a manœuvré avec une seule idée en tête, quasi obsessionnelle : faire fructifier en un an des carnets d’adresses bien fournis, afin de fonder un club de « grands donateurs » aux profils globalement homogènes (urbains, CSP+, issus de grandes écoles). Nous sommes là loin, bien loin, d’un mouvement soutenu par une vague aussi populaire que spontanée, image que les communicants d’En Marche! ont savamment cultivée et propagée. Et pas très loin du « Premier Cercle » de riches donateurs ayant financé une partie de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, même si l’entourage de Macron s’en est toujours défendu au motif qu’En Marche! n’a jamais organisé de grand raout mélangeant tous les grands donateurs. Effectivement : les proches d’Emmanuel Macron ont été bien plus discrets.

Dans les mails de l’équipe d’Emmanuel Macron, on retrouve un document de travail, diffusé et amendé en comité restreint en avril 2016 : la notice pour la chasse méthodique aux millions de la campagne. En Marche! est alors un mouvement balbutiant, à peine créé. Le tout nouveau parti n’a enregistré qu’environ 400 000 euros de dons et promesses – à 95 % des grands donateurs à 7 500 euros. L’équipe veut passer à la vitesse supérieure en activant un impressionnant maillage des réseaux d’entrepreneurs, banquiers, avocats, lobbyistes et autres « influencers » susceptibles de dégainer un jour ou l’autre l’équivalent de 6,5 Smic pour aider le candidat Macron.

Ces généreux bienfaiteurs seront approchés les mois suivants à travers des dizaines de dîners organisés en France et à l’étranger, le plus souvent en présence du « chef », le surnom d’Emmanuel Macron. Ces sauteries, symboles du confinement et de l’endogamie d’une certaine élite, sont « très mal vu[e]s par certaines catégories de la population », convient En Marche! dans une note interne. Mais elles sont aussi tellement rentables, surtout quand le candidat se déplace. Mi-avril 2016, un seul déjeuner à Londres au domicile privé de la directrice financière d’un site de vente en ligne permet de réunir 281 250 euros, selon un document d’En Marche!. Deux semaines plus tard, à Paris, un cocktail dînatoire génère 78 000 euros en à peine une heure et demie. La cash machine est lancée.

Pour multiplier les rencontres, l’équipe « fundraising » (« collecte de fonds ») d’En Marche! a élargi son maillage par l’intermédiaire de rabatteurs, des sympathisants du mouvement – très bien intégrés dans les hautes sphères économiques – qui ouvrent leurs carnets d’adresses, accueillent des déjeuners, voire, parfois, organisent des événements « clés en main ». Ne reste alors au mouvement qu’à valider les listes d’invités et à organiser la venue du candidat. Détail financier non négligeable : les frais liés aux dîners effectués aux domiciles des donateurs sont des « dépenses privées non intégrées » aux comptes de campagne.

Le   1er juin 2016,  le conseiller de dirigeants d’entreprise Édouard Tétreau, un temps protégé par l’ancien PDG d’Axa Claude Bébéar,  accueille l’un des tout premiers grands cocktails parisiens. « Durée : 1 h 30, dont passage Emmanuel d’1 h 00 », note minutieusement l’équipe d’En Marche!. Tout est millimétré :« Salutations 15 min/speech 20 min/Q&A  [questions/réponses – ndlr] 20 min/sortie 5 min. » Les invités sont triés sur le volet : une trentaine de « quadra, hors CEO [PDG – ndlr] CAC40 ». Une semaine plus tard, Édouard Tétreau renouvelle l’expérience pour une nouvelle cible. Cette fois, 32 personnalités issues de « différents cercles (avocats, conseil, lobbying, édition, etc.) » sont concernées. Ne reste qu’à valider la liste d’invités. Mais « attention ! », alerte En Marche !, « un partner d’Image 7 », la boîte de la communicante Anne Méaux, qui conseille François Fillon, fait partie des convives potentiels.

 « Mon sentiment, développe Chardoillet, si nous restons sur l’objectif précis du fundraising, est que cette cible centre droit n’est pas, pas du tout mûre pour la donation. Positionnement, programme et démarcation de Hollande seront des éléments clés pour que cette cible évolue. » 
« Top de voir ces manifestations », se réjouit dans la foulée Emmanuel Miquel, dans un message en copie au reste de la direction d’En Marche!. Seul bémol : pour « aller dans le sens » de ce que « Christian [Dargnat – ndlr] évoquait de constituer une petite base de gens disponibles pour appeler des contacts », Miquel « pense qu’il faut être vigilant à ne pas trop diluer l’exercice de Fundraising. Il faut certes se démultiplier, mais le sujet FR [fundraising – ndlr] reste sensible ».

Au terme de plus de deux heures d’entretien filmées, Emmanuel Macron quittait les locaux de Mediapart, vendredi 5 mai vers 23 heures, quand les réseaux sociaux se sont mis à bruire : les Macron Leaks, soit le hacking et la diffusion de milliers de mails de l’équipe de campagne d’En Marche!, étaient publiés sur un site de partage, avant d’être abondamment relayés par l’extrême droite américaine, les réseaux trumpistes puis, en France, par le Front national. Le tout en un temps record.

Mediapart a, dès le début, pris le parti de tenir tous les bouts de cette histoire. C’est-à-dire d’une part dénoncer, comme l’a fait notre journaliste Yann Philippin dans Libération et sur le plateau de MediapartLive, une pure opération de déstabilisation électorale. En publiant dans la nature à deux jours du second tour de l’élection présidentielle un très gros volume de données brutes, non vérifiées et dont la source est totalement inconnue, la méthode employée par les initiateurs des Macron Leaks était en effet déloyale, pour ne pas dire sale. Le but était de créer le chaos.

Mediapart a d’abord enquêté sur les origines de cette boule puante et, notamment, sur l’émergence d’une piste russe – voir nos articles iciiciet .

Pour autant, les Macron Leaks sont susceptibles de contenir des informations d’intérêt public, devenant ainsi un matériau journalistique à part entière, à la condition impérieuse que les documents soient authentifiés de manière indépendante et que les faits découverts soient confrontés loyalement avec les personnes concernées. Dès le lendemain de la « révélation » des Macron Leaks, une équipe de journalistes et techniciens de Mediapart a par conséquent engagé des recherches dans cette immense base de données, en utilisant notamment les outils techniques du consortium European Investigative Collaborations (EIC), à l’origine des Football Leaks ou des Malta Files.

Après deux semaines d’enquête, de vérifications et de respect du débat contradictoire, nous avons décidé de rendre publiques certaines informations qui sont, pour tout ou partie, issues des Macron Leaks. Ces éléments ont été complétés par des témoignages et documents récupérés au fil de la campagne.

Pour cet article sur les dessous de la levée de fonds de la campagne d’Emmanuel Macron, nous avons contacté lundi 15 mai plusieurs dizaines de donateurs, “poissons-pilotes” et membres de l’équipe d’En Marche!. Beaucoup ne nous ont pas répondu. Ils ont été relancés mercredi 17 mai, jour où nous avons adressé une série de questions à la communication d’En Marche! pour que le mouvement s’exprime indépendamment des cas individuels. Nos interrogations sont là aussi restées sans réponse.

Gouverner ce n’est pas plus facile que gagner une élection!

Maria Rodriguez cKey

Pendant deux ans, le Président Macron a pensé que « gouverner est plus facile que gagner une élection ». Il aurait dû regarder avec plus de sagesse les deux exemples malheureux de ses deux prédécesseurs : Nicolas Sarkozy, qui affirmait, lors d’une de ses conférences de presse, la même pensée, et François Hollande, qui fut bien vite rattrapé par les médias, et le téléphone portable transformé en appareil photos, dans son escapade en moto de la rue du Cirque, et les croissants chauds.

Mais, il n’en est rien. Le Président Macron continue de penser qu’il est unique et indispensable. Avec son égo démesuré, il veut s’octroyer tous les pouvoirs (en exemple, sa prise en main de la campagne électorale des européennes). Il faut noter qu’un président de la Vème République n’est pas loin de posséder tous les pouvoirs. Or, posséder tous les pouvoirs exige endosser aussi toutes les responsabilités, ce que lui-même et ses conseillers sont loin d’avoir découvert.

D’autre part, il ne devrait pas oublier qu’il a été élu, par défaut, avec un faible taux de participation  pour une élection présidentielle, ce qui lui a accordé seulement 43,6% des inscrits.

Depuis cette élection, la gauche est divisée. Il est même possible que le PS n’arrive pas à obtenir des sièges au Parlement européen, surtout avec le mode de scrutin à la proportionnelle. A l’assemblée, à droite « Les Républicains » sont tiraillés entre les « constructivistes », qui ont tendance à voter les lois Macronistes, et ceux qui s’y opposent.

En ce moment, dans nos institutions, seul le Sénat occupe bien la place de contre-pouvoir.

Le rôle d’un homme dans la destruction d’un parti

La nature de notre actuel Président de la République nous fait craindre qu’il se lance ans des aventures incontrôlables.

Alors,  nous avons cru devoir relater une expérience en Grande Bretagne en 1918 ou un homme politique du Parti Libéral (le parti de gauche depuis le  XIX ème siècle)) a bouleversé la vie des partis britanniques.

David Lloyd George

Lloyd George était beau parleur mais une forte personnalité. La Grande Bretagne s’en est sortie avec le temps et la présence d’une structure syndicale unie.

www.senat.fr › Europe et International › International

http://www.senat.fr/international/colloprocessuselectoral2011/colloprocessuselectoral20111.html

« Le système électoral et son effet sur la représentation parlementaire des partis : Le cas européen »,LGDJ Bernard Owen,  Maria Rodriguez-McKey

 CHAPITRE II  MODIFICATION PROFONDE DE LA STRUCTURE D’ACCUEIL POUR LE VOTE : 1918 OU L’ELECTION A « COUPONS ».

En raison des péripéties de la politique interne qui se déroulèrent pendant la guerre, la situation des partis, lors de cette élection, représente une rupture totale par rapport à l’époque précédente.  Le « Labour » soutient l’administration libérale avant la guerre et participe au gouvernement de 1915 à 1918.  Les libéraux, sous la direction d’Asquith, sont au gouvernement à la déclaration de la guerre.  La guerre commence mal pour la Grande Bretagne: Gallipoli, la Serbie, la Mésopotamie, la Roumanie.

Le gouvernement libéral démissionne à partir de deux scandales: celui des obus et celui des Dardanelles, le 17 mai 1915.  La presse, soutenant les conservateurs, est extrêmement virulente.  Asquith revient au gouvernement mais qui comprend cette fois un nombre de ministres conservateurs. Vingt deux ministres conservateurs au Cabinet contre vingt six libéraux et trois « Labour ». Treize autres ministres conservateurs contre onze libéraux, un « Labour » et un nationaliste sont hors du cabinet.  Asquith, très diplomate, modifie ses décisions chaque fois qu’il craint le départ d’un ministre.  Les points forts: la loi sur la conscription des célibataires en janvier 1916, et la loi sur la conscription des hommes mariés en avril 1916, difficiles à faire admettre car les libéraux sont, par principe, contre la contrainte de la conscription militaire.

La fin du gouvernement a lieu le 5 décembre 1916, et Lloyd George forme le nouveau gouvernement.  Le gouvernement Lloyd George comprend 26 conservateurs contre 16 libéraux et 4 « Labour » (dans le cabinet) et six ministres conservateurs hors du Cabinet contre neuf libéraux.[1] Il est important de noter que, quelques jours plus tard, le 8 décembre 1916, Asquith s’assure de la présidence du Parti Libéral et contrôle ainsi les fonds du parti. Lloyd George crée son propre quartier général (plus de douze employés) et commence alors à créer un fonds propre à partir de la « honours list ».  A partir de la prise de pouvoir de Lloyd George, celui-ci apparaît comme ayant l’enthousiasme de celui qui mène le pays à la victoire alors qu’Asquith adopte la neutralité politique où il met de côté ses propres convictions au nom du soutien de principe au gouvernement dans ses efforts de guerre.  Il entraîne avec lui les députés libéraux et maintient ainsi une unité, certes précaire, mais une unité quand même.

La divergence entre les deux hommes ne diminue pas avec la fin de la guerre. Le 12 novembre 1918, Lloyd George déclare son intention de se présenter immédiatement aux élections en tant que chef de la coalition. Il le fait au 10 Downing Street devant 150-200 députés libéraux.  Le 16 novembre, Lloyd George invite les électeurs à examiner les acquis des libéraux prétendant le soutenir. Quelques jours plus tard, il publie une liste cosignée par le conservateur Bonar-Law de candidats reconnus comme soutenant la coalition.  La liste comprend: 159 libéraux et 364 conservateurs.  C’est Asquith qui invente le terme de « coupon » qui est adopté par tous et servira pour qualifier l’élection de 1918 de « coupon election ».  Sur les 159 libéraux à « coupon », 136 sont élus ainsi que 333 des 364 conservateurs avec « coupon ».  Neuf NDP ont été accordés le « coupon »; il s’agit de membres du « Labour » qui s’engagent à soutenir la coalition et qui seront élus.

Il a souvent été dit que pour gagner un siège il fallait le « coupon ».  Or, Trevor Wilson indique deux cas où la victoire revient à des conservateurs sans « coupon ».  Asquith se fait battre par un obscur conservateur, alors que le quartier général conservateur lui avait refusé le coupon (Lloyd George voulait ménager le président du Parti Libéral).  Il cite aussi le cas de Manchester où Lloyd George, ne voulant pas indisposer le grand journal libéral « The Manchester Guardian » n’accorde que quatre « coupons » sur les dix circonscriptions.  Les conservateurs ont huit candidats qui sont tous élus.  Les deux autres élus sont « Labour » sans opposition des conservateurs car ils avaient soutenu le gouvernement pendant la guerre.

Trevor Wilson en déduit que c’est le fait d’être conservateur (ou de ne pas avoir de  conservateur contre soi) qui est l’élément déterminant. Or, une autre interprétation est possible.  Il s’agit alors de tenir compte de la profonde modification des structures d’accueil pour le vote à droite et surtout à gauche.  Les électeurs habituellement à droite, votant pour le Parti Conservateur, votent en 1918 pour le candidat à « coupon » même si celui-ci est le député sortant élu en tant que libéral, car il soutient la coalition gouvernementale et l’électeur reste en accord avec l’association conservateur locale qui soutient le candidat à « coupon ».  Certains électeurs conservateurs irréductibles ne voudront pas voter pour l’ennemi de toujours : le candidat libéral, même muni d’un coupon. Mais alors pour qui voter ? son vote n’a pas de structure d’accueil correspondante. Les électeurs votant de tout temps à gauche sont dans une position très différente. Le Parti Libéral qui reçoit jusque là leur vote prend un double aspect contradictoire : Soit, il se confond avec les conservateurs (dans le cas de « coupon »), soit il se présente comme candidat d’un parti qui ne présente plus qu’un nombre insuffisant de candidats sur le terrain national. De toute façon, les associations libérales sont en crise ne sachant pas quelle attitude prendre à l’égard des candidats libéraux à « coupon ». Reviendront-ils dans le camp libéral?  Faut-il s’y opposer avec énergie ou faut-il laisser la porte ouverte pour un retour éventuel?  D’autre part, le « Labour », fort de son assise syndicale, présente un plus grand nombre de candidats et se présente comme le véritable parti de gauche avec un programme électoral influencé par le gauchissement des tendances de gauche européennes, provoqué par la révolution bolchevique.

Considéré de cette façon, la défaite d’Asquith dans sa circonscription ne doit pas être prise comme la victoire d’un conservateur inconnu du seul fait qu’il portait l’étiquette de son parti, mais comme la défaite d’un libéral très connu en tant qu’individu mais portant les couleurs d’un parti dont les positions, par rapport à la gauche et la droite, n’étaient plus perceptibles au niveau de la nation quant aux positions : gouvernement – opposition.  De toute façon les députés sortants à « coupons » ne représentent-ils pas la grande coalition gouvernementale qui a gagné la guerre ?  Lloyd George n’est-il pas le héros de la guerre ?  Le Parti libéral était devenu subitement un tiers parti en dehors des grands courants de la vie politique de Grande Bretagne.

Thomas Mackie et Richard Rose[2] indiquent le nombre de candidats par parti et c’est là qu’apparaît le premier signe de la recomposition du système de partis britannique.  En décembre 1910 le Parti Libéral présente 467 candidats, et le Parti Travailliste 56.  Nous avons déjà constaté que, dans la plupart des circonscriptions, ces deux partis ne pratiquent pas l’opposition de candidatures. Cela veut dire, que de manière électorale, ces deux formations se comportent comme un seul parti. En ajoutant les deux (467+56) nous obtenons 523 candidats, à peine moins que les 548 candidats conservateurs.  En 1918, la situation est totalement différente. La non-opposition de candidature est, cette fois, au niveau des candidats « à coupon » c’est à dire 364 conservateurs et 159 libéraux de Lloyd George, ce qui représente un total de 523 candidats.  Le Parti Libéral ne réussit à trouver que 276 candidats alors que le Parti Travailliste le dépasse largement avec 376 candidats.

SECTION I LA POSITION GENERALE DES CANDIDATS TRAVAILLISTES PAR RAPPORT AUX SIEGES OBTENUS.

Thomas Mackie et Richard Rose indiquent[3] que 62 sièges sont obtenus par les Travaillistes (le « Labour »). Leur chiffre est obtenu d’après « Craig’s Parliamentary Statistics » qui est l’ouvrage de base de notre étude.  En consultant avec attention ces statistiques, nous obtenons 58 sièges obtenus par un candidat clairement « Labour », présentés par l’organisation nationale. En plus de ces 58 sièges nous trouvons trois cas de candidats dont l’étiquette est celle « ind. Lab » mais qui deviennent « lab » par la suite :

  • Newcastle under Lyme
  • West Ham – Silvertown
  • Aberdeen North

Nous trouvons aussi un cas de candidat « ind. Lab » s’opposant à un « Co.L » (ce qui représente un libéral ayant accepté le coupon, n’ayant donc pas d’opposition de la part d’un candidat conservateur) à:

  • Anglesy

Notons les difficultés de bien classer les candidatures par affiliation politique, car F.W.S. Craig dans « British General Election Manifestos 1900-1974 »,[4] indique que 57 sièges ont été obtenus par le « Labour ».  Parmi les députés « Labour » élus, 23 sièges avaient un député sortant « Labour » dont cinq proviennent de circonscriptions à deux sièges où le lien entre libéral et « Labour » est très fort.  Le trouble des associations politiques locales apparaît car le libéral et le « Labour » sont élus sans opposition.  A Stockport les candidats libéral et « Labour » sont pour la coalition mais sans « coupon ».  A Bolton, le libéral a le « coupon » et, il semblerait, entraîne le « Labour » qui, lui, est sans « coupon ».  Norwich présente une situation peu claire où le libéral et le « Labour » auraient le « coupon » sans que cela soit bien établi.  Dundee est l’objet d’une entente libéral – « Labour » depuis 1906.  W.L.S. Churchill est le député sortant libéral depuis le 9 mai 1908 et chaque fois occupe la première place.  En 1918, Churchill retrouve son siège en tant que Co L ainsi que A. Wilkie en tant que « Labour » mais il est intéressant de noter qu’en plus de deux candidats SPP (Scottish Prohibition Party) se trouve un autre candidat « Labour ».  Il semblerait que le Parti Travailliste souhaitait présenter deux de ses propres candidats, mais que l’électorat a continué à voter comme par le passé.  Un autre cas présente l’exception, Derby, où le candidat « Labour » est élu en même temps que le conservateur, le libéral n’arrivant qu’en troisième position.

Les vingt trois circonscriptions pour lesquelles le « Labour » possède un député sortant sont les suivantes :

 

Bolton (deux sièges) Manchester Platting (nouvelle circonscription, rapport avec Manchester North East)

 

Deptford Newcastle under Lyme

 

Derby (deux sièges) Norwich (deux sièges)

 

Dundee (deux sièges) Rhondda West (nouvelle circonscription, rapport avec Glamorganshire Rhondda)

 

Durham – Barnard Castle Saint Helens

 

Fife Western Salford North

 

Glamorganshire Gower Staffordshire Kingswinford

 

Lancashire Clitheroe Stockport (deux sièges)

 

Lancashire Ince West Ham Plaistow (nouvelle circonscription, rapport avec West Ham South)

 

Lancashire West Houghton Woolwich East (nouvelle circonscription, rapport avec Woolwich)

 

Monmouthshire Abertillery (nouvelle circonscription, rapport avec Monmouthshire West)

 

Yorkshire Normanton
Monmouthshire Ebbew Vale (nouvelle circonscription)

 

 

 

Le « Labour » possède le député sortant.

Une difficulté apparaît pour déterminer les cas où le « Labour » possède le député sortant, étant donné le redécoupage des circonscriptions depuis les dernières élections générales de décembre 1910.  Parmi les vingt trois sièges que nous avons retenus comme ayant un député « Labour » sortant, six sont de nouvelles circonscriptions. La tentative de recomposition a été possible en cherchant des liens avec les anciennes circonscriptions par le nom des candidats présents. Il s’agit d’une approximation et non d’une exactitude.  En effet, un ou parfois deux candidats proviennent d’une des anciennes circonscriptions.  Les circonscriptions rentrant dans cette catégorie sont les suivantes :

1)  Glasgow Gorbals (anciennement Glasgow Blackfriars) : G.N. Barnes avait obtenu le siège pour le « Labour » en 1906 dans une triangulaire où le libéral était arrivé en troisième position.  En 1918, G.N. Barnes conserve le siège contre un autre candidat « Labour » alors que lui se présente comme soutenant l’alliance (il n’a pas le « coupon »).

2) Manchester Platting (anciennement Manchester NE) :  Depuis 1906 le « Labour » s’oppose aux conservateurs.

3)  Monmouthshire Ebbew Vale (anciennement Monmouthshire West) : En 1918, le seul député sortant « Labour » du Monmouthshire T. Richards se présente sans opposition.  T. Richards avait été élu lors d’une élection partielle le 3 novembre 1904, réélu en 1906 en tant que lib/lab, il prend l’étiquette « Labour » en janvier et décembre 1910.

4)  Rhondda West (anciennement Glamorganshire Rhondda) : W. Abraham est élu en tant que lib/lab en 1885.  Il maintient le siège et devient « Labour » en janvier 1910. En 1918, W. Abraham est réélu sans opposition.

5)  West Ham – Plaistow (anciennement West Ham South) : Keir Hardie est députe de l’ILP dès 1892.  En 1918, le député sortant « Labour » W.J. Thorne se présente pratiquement sans opposition (94,8% des suffrages).

6)  Woolwich East (anciennement Woolwich) : W. Crooks obtient le siège contre un conservateur lors de l’élection partielle du 11 mars 1903, et le retient, sauf en janvier 1910.  En 1918, il maintient le siège sans opposition.  Notons que huit sièges avec député sortant « Labour » sont retenus sans opposition.

Sièges obtenus par le « Labour » qui ne possédait pas le député sortant

(Décomposition des sièges)

 

  • Huit cas représentent essentiellement un combat entre le « Labour » et un candidat libéral ayant

accepté le « coupon » (Co L).

  • Onze cas sont un combat entre le « Labour » et un conservateur avec « coupon », le libéral occupant la troisième position.
  • Cinq cas présentent un combat « Labour » contre un conservateur avec « coupon » (Co C).
  • Trois sièges sont obtenus sans opposition.
  • Un siège est obtenu contre un Co NDP (il s’agit de membres du « Labour » ayant rompu avec

le secrétariat général et accepté le « coupon »).

  • Six sièges sont obtenus contre un libéral (sans « coupon »).

 

La  structure d’accueil, pour la façon dont se décompose le vote gauche – droite, est bouleversée mais l’équilibre national gauche – droite n’est pas remise en cause car la coalition de droite (Lloyd George) remporte les élections en 1918, mais en n’obtenant que 47% des suffrages ce qui ne représente que 0,7% des suffrages de plus que n’obtenait le seul Parti Conservateur en 1910.  La décomposition du vote droite – gauche présente des structures d’accueil d’une complexité que la Grande Bretagne n’avait jamais connue jusqu’alors.

Les cas de libéraux, conservateurs et NDP ayant accepté le « coupon » ou certains conservateurs n’ayant pas le coupon représentent l’électorat de droite alors que le « Labour » et, à un moindre degré, certains candidats libéraux n’ayant pas le « coupon » représentent les positions de gauche.  La situation nationale apparaît au sein des circonscriptions dont Staffordshire – Leek est un bon exemple car elle représente le transfert du vote idéologique : gauche – droite des partis Libéraux – Parti Conservateur au Parti Labour – Parti Libéral avec coupon (Co L). Cette circonscription n’avait aucun précédent « Labour » et les résultats de l’élection de décembre 1910 étaient :

 

L 52,7% des suffrages
C 47,3% des suffrages

 

 

En 1918 le résultat est le suivant :

 

Labour 51,7% des suffrages
Co L 48,3% des suffrages

 

La position troublée de l’électorat n’est, en aucune façon, moins dramatique que celle des associations libérales locales quand leur candidat député sortant a accepté le « coupon ». A noter que Lloyd George s’est efforcé d’accorder le « coupon » au plus grand nombre de députés sortants libéraux ce qui leur accorde le soutien conservateur et une partie de celui de l’association libérale en pleine confusion.  Pendant la campagne électorale les libéraux étaient sensés faire cause commune avec les conservateurs, ennemis politiques de toujours.  D’autre part, les candidats « Labour », considérés jadis comme alliés, paraissaient soudain comme l’ennemi principal.  D’un parti tout à fait secondaire il paraissait soudain la principale structure d’accueil pour le vote à gauche.  Les six sièges remportés par le « Labour » sur les libéraux vont à l’encontre de l’histoire récente où la force libérale n’avait rien de comparable à celle du « Labour ».  Il ne faut pas oublier que lors des élections partielles de 1910 à 1918 le « Labour » avait perdu deux sièges aux libéraux  à Hanley le 13 juillet 1912, et à Chesterfield le 20 août 1913.   Les libéraux avaient perdu Salford North au « Labour » le 2 novembre 1917. (Le « Labour » avait aussi perdu deux sièges aux conservateurs et un à un indépendant).  Les libéraux avaient perdu des sièges aux conservateurs ce qui n’a rien de surprenant pour le parti de gouvernement.

SECTION II  LA POSITION DU PARTI LIBERAL PAR RAPPORT A LA STRUCTURE D’ACCUEIL POUR LE VOTE A GAUCHE.

Il est certain que la perception par l’électorat des candidats libéraux (sans « coupon ») est fortement modifiée par les positions des candidats libéraux avec « coupon », mieux connus, plus en vue dans la vie politique et du gouvernement.  Nous avons vu l’effet de la désorganisation des associations libérales dans leur impossibilité de trouver des candidats en nombre suffisant. Les associations étaient placées devant deux difficultés : trouver un autre candidat crédible pour se présenter contre le député sortant qui avait accepté le « coupon » ; ne pas savoir quelle serait l’évolution du Parti Libéral.  Leur position était comparable à celle des associations libérales en 1886, lors de la défection de Joseph Chamberlain. La rupture était-elle définitive ou la grande famille libérale allait-elle se retrouver?  Dans ce dernier cas fallait-il réellement, avec toute son énergie, en 1918, s’opposer au candidat libéral qui avait accepté  le « coupon »?

Candidats Labour arrivés en deuxième position.

Il est certes intéressant de considérer les candidats « Labour » qui ont obtenu le siège mais dans la configuration générale du nouveau système des partis en Grande Bretagne, il est non moins important de considérer ceux qui sont arrivés en deuxième position et surtout derrière quel parti, car cela permet de prévoir la structure d’accueil pour le vote à gauche. Ceux qui sont précédés par un Co C, un Co L, ou un Conservateur, représentent la principale opposition de gauche à la coalition (qui, rappelons le, ne pratique pas l’opposition de candidats).  Ce chiffre est imposant : 228 sièges qui se décomposent de la façon suivante :

  • 137 derrière un Co C
  • 67 derrière un Co L
  • 12 derrière un Conservateur (sans coupon)
  • 12 cas derrière un candidat libéral.

Ces douze cas représentent une situation peu claire où néanmoins le libéral ne pourra que se trouver, étant donné la position équivoque du libéralisme sur le plan national, déporté plus à droite sur l’échiquier idéologique.

Huit cas derrière diverses formations.

  • Un National Party.
  • Six Co NDP.

Candidats arrivés en troisième ou quatrième position.

Cette catégorie ne comprend que 58 cas, ce qui est un très faible chiffre et qui en dit long sur le futur du système de partis britanniques quand nous le situons dans le contexte de bipartisme que nous avons constaté jusqu’à présent depuis 1885.  Le « Labour » a détrôné les libéraux comme parti de gauche en l’espace d’une élection.  La faiblesse de ce chiffre est réellement surprenante.

SECTION III   L’ETAT DE LA RECHERCHE.

G.R.   Searle[5] présente la désintégration du Parti Libéral comme inévitable et provenant de la diversité de sa composition, même alors que Trevor Wilson[6] considère que, malgré les différences existant inévitablement dans un parti qui représente la presque moitié de l’électorat, il se portait fort bien avant 1914 surtout en comparaison au « Labour ». Pour Wilson[7], le résultat des élections partielles de 1910 – 1914 indiquait que le Parti Libéral serait dans l’opposition lors des prochaines élections générales mais n’indiquait nullement qu’il était condamné à une quasi disparition. Pour Wilson le point le plus menaçant pour le Parti Libéral était ses relations avec le « Labour », non pas sur le terrain idéologique ni sur celui de la force électorale, mais en tant que force potentielle introduite au parlement et dans les syndicats prête à faire surface dans le cas d’une disparition de la force électorale de gauche représentée jusque là par le Parti Libéral. Selon lui[8] « En effet, en 1914 l’aile réformatrice du gouvernement libéral menait la danse et les penseurs de l’avant garde se tournaient vers le libéralisme pour appliquer leurs idées et le « Labour » n’avait apporté rien de nouveau que les libéraux ne pouvaient accomplir ». « D’autre part, sur le terrain des élections partielles de 1911 à 1914 le « Labour » a eu de bien pauvres résultats quand il s’est opposé aux libéraux.  Par deux fois les libéraux ont contesté des sièges « Labour » et les ont tous remportés ».   Encore pour Trevor Wilson, « Le groupe parlementaire « Labour » existait encore en 1914 grâce à l’indulgence des libéraux, c’est à dire parce qu’ils considéraient de leur avantage de laisser seul le « Labour » s’opposer aux conservateurs dans certaines circonscriptions ».  Dans notre étude, en considérant la façon dont le LRC puis le « Labour » avaient obtenu des sièges, nous avons pu vérifier que rares étaient les cas où le « Labour » avait remporté un siège contre un candidat libéral et cela depuis 1885.

Notre point de vue va certainement dans le sens de celui de Trevor Wilson et non dans celui de G. R. Searle[9] qui critique la thèse de Trevor Wilson dans ces termes « Il n’est pas réellement satisfaisant de souligner à ce point l’importance d’un incident dû à des divergences de personnalités ».  Il s’interroge sur la raison de cette querelle entre Asquith – Lloyd George. « Pourquoi l’ambition de  Lloyd George qui l’avait poussé à mener sa carrière à travers le Parti Libéral avant 1914 (Searle oublie que Lloyd George avait songé créer un parti gallois avant 1914) l’a mené à des actes propres à détruire le libéralisme ».

Nous avons déjà abordé l’approche psychologique qui indique que Lloyd George, en tant que chef d’un gouvernement de coalition qui avait dirigé un Etat victorieux, avait du mal à redevenir un membre du Parti Libéral dirigé par un autre : Asquith.  L’essentiel de notre argumentation est sociologique et repose sur la modification de la structure d’accueil pour le vote à gauche.  Or, l’élément d’importance en 1918 n’est pas la querelle en elle-même mais sa conséquence qui est l’alliance de la plus importante partie des libéraux avec les conservateurs et le désarrois des autres libéraux qui ne pourront réunir qu’un tiers des candidats nécessaires.

La chute du Parti Libéral se situe dans la nature des affrontements dans l’ensemble d’une situation d’élections à la majorité simple : la répercussion de la situation nationale au niveau des circonscriptions uninominales a transformé les structures d’accueil pour le vote gauche – droite en : Parti Conservateur, coalition libérale … contre le « Labour » … alors que précédemment la situation était : Parti Conservateur … contre Parti Libéral.  Le fait que le Parti Libéral (sans « coupon ») ait un nombre insuffisant de candidats pour couvrir le territoire et jouait le rôle de tiers parti empêchant l’élection de quelques candidats « Labour », mais n’était plus un acteur crédible du jeu politique :  droite – gauche.  D’ailleurs l’étude détaillée des élections de 1918 révèle le nombre de circonscriptions remportées par le « Labour » qui, en décembre 1910, avait le même candidat ou un autre candidat « Labour », qui n’obtenait qu’une très mauvaise troisième place dans un combat de quasi bipartisme gauche droite.

L’idéologie libérale a été mise en avant pour expliquer les critiques faites au début de la guerre de 1914 au gouvernement libéral d’Asquith. Cette argumentation fait reposer l’échec du Premier Ministre sur les positions du libéralisme qui d’une façon générale condamne la guerre et porte en avant la conciliation des peuples. En suivant ce raisonnement, nous ne voyons pas pourquoi Lloyd George, qui était un libéral et de surcroît radical, n’aurait pas, lui aussi, été critiqué dans sa façon de diriger un gouvernement en temps de guerre.  Ne s’agit-il pas alors d’une question de personnalité ?  Asquith était un universitaire, certes énergique et conciliant, mais n’ayant pas l’esprit pragmatique et l’égocentrisme de Lloyd George.  Par ailleurs, il est bon d’avoir conscience que les gouvernements et les Etats-majors des pays belligérants de la guerre de 1914-1918 ont connu des crises et ont eu à faire face à des rébellions dans les armées tant la guerre était terrible.  La question de la conscription a certainement troublé le Premier ministre Asquith, car le parti dont il était à la tête s’était toujours refusé à considérer l’enrôlement obligatoire dans l’armée. Cette question n’était pas à même de troubler la personnalité pragmatique de Lloyd George.

[1] Chiffres obtenus à partir de Brittish Political Facts 1900-1979, David BUTLER et Anne SLOMAN, Macmillan, 1980, p. 8-14.

[2] The International Almanac of Electoral History, MacMillan, 1974, pp. 390 et 396.

[3] Ibid., p. 394.

[4] MacMillan, 1975, p. 27.

[5] « The Liberal Party: Triumph and Disintegration 1886-1919», Saint Martin’s Press, 1992.

[6]  « The Downfall of the Liberal Party 1914-1935 », Collins 1966.

[7]  Ibid., p. 16.

[8] Ibid., p. 17.

[9] G.R. SEARLE, Op. Cit., p. 131.

Le réchauffement climatique anthropique: un mensonge qui arrange!

« le réchauffement climatique est devenu une nouvelle religion » déclare le prix Nobel Ivar Giaever

Par Antoine Calandrat

MEDIAPART

HTTPS://BLOGS.MEDIAPART.FR/ANTOINE-CALANDRA/BLOG/100116/LE-RECHAUFFEMENT-CLIMATIQUE-ANTHROPIQUE-UN-MENSONGE

La COP21 qui s’est tenue à Paris en décembre 2015, pour accoucher d’une broutille, a remis la question du climat sur le devant de la scène politico-médiatique et m’a donné envie de faire le point sur ce sujet controversé. Le dernier « résumé pour les décideurs » de 2014 publié par le GIEC, agence de l’ONU, a servi de base de travail lors de cette grande foire internationale.
L’ONU (Organisation des Nations unies) est une organisation internationale censée apporter la paix dans le monde. Elle comprend de nombreuses agences qui sont malheureusement au service des multinationales et des élites politiques, et pas au service des peuples.

L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) par exemple, suite à un accord de 1959, n’a pas le droit de s’exprimer, ni d’agir en faveur des populations contaminées par la radioactivité sans l’aval de l’AIEA (Agence Internationale de l’Energie Atomique)

L’AIEA est un autre exemple de structure de l’ONU peu indépendante, à la fois gendarme (très gentil) et complice de la prolifération nucléaire dans le monde. Fukushima en est une illustration magistrale : depuis le 11 mars 2011, début de ce terrible accident nucléaire, l’AIEA s’emploie à minimiser la gravité de la catastrophe pour ne pas nuire au développement de l’énergie nucléaire dans le monde.

Je pense aussi à la FAO (Organisation des Nations-Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture) qui prend comme alibi la faim dans le monde (qu’elle a peu combattu) pour promouvoir le développement des OGM.

Mais revenons au GIEC, l’agence de l’ONU la plus médiatisée ces dernières années. Il y a en effet un enjeu financier colossal autour des choix énergétiques, et bien sûr un lobbying effroyable.
La création du GIEC

Le GIEC fut créé en 1988 à la demande du G7 (G20 aujourd’hui) sous la pression de Ronald Reagan et Margaret Thatcher.

Dans les années 1970 Thatcher, premier ministre, était en difficulté à cause des mineurs britanniques qui menaient de fortes grèves générant coupures d’électricité. Elle n’avait pas confiance dans les compagnies pétrolières ; sa préférence était l’énergie nucléaire.

En 1979, à Genève, se tient la première Conférence mondiale sur le climat. Alors que la crainte dans ces années là était celle d’un refroidissement planétaire, est déclaré que le dioxyde de carbone(CO2) émis par les activités humaines pourrait réchauffer la planète et avoir de graves conséquences.
Très opportuniste, Margaret Thatcher s’empare de cette pensée nouvelle pour faire la promotion de l’énergie nucléaire. La France déjà très engagée dans le nucléaire, sous la présidence de François Mitterrand, avec Jacques Delors président de la Commission européenne et représentant la France lors des grands sommets internationaux, appuie cette ligne politique.

Et le GIEC (Groupe Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat) va naître en novembre 1988 et tout faire pour prouver la véracité de ce réchauffement climatique anthropique. Le lobby nucléaire y est dès le départ très présent.
Il est amusant de constater que le GIEC s’est renommé « Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat » dans les traductions suivantes. L’appellation anglophone IPCC (Intergovernmental Panel on Climate Change) ne contient pas ce mot. Le GIEC est un « Groupe Intergouvernemental » c’est à dire avant tout une structure soumise aux forces politiques.

Un mensonge qui arrange !

Depuis sa création le GIEC publie tous les six ans environ un épais rapport de plusieurs milliers de pages, ainsi qu’un « résumé pour les décideurs » de 20 à 40 pages servant de base aux négociations climatiques internationales. Le cinquième et dernier rapport date de 2014. Au fil des ans, ces résumés sont devenus de plus en plus illisibles.

Les trois premiers rapports du GIEC restaient prudents. En 1995, le GIEC concluait en disant qu’aucune des études n’avait apporté la preuve que le changement climatique puisse être attribué aux gaz à effet de serre. En 2001, le GIEC soulignait qu’en matière de modélisation du climat, ils étaient face à un « système chaotique couplé et non linéaire » et que les prédictions à long terme s’avéraient impossibles.

Mais dés le 4 ème rapport (AR4), fin 2007, sans aucune donnée nouvelle, le GIEC affirme que la réalité et l’ampleur du réchauffement climatique sont « sans équivoque ». L’effet de serre du CO2 serait la cause d’un réchauffement pouvant atteindre 6,4° en 2100 si rien n’était fait; cela provoquerait aridité, désertification, catastrophes climatiques et montée des océans. Des prédictions avec un écart allant de 0,2° à 6,4°! Une marge d’incertitude invalidant leurs conclusions.

AR4 affirmait entre autres que les glaciers de l’Himalaya pourraient disparaître en 2035 voire avant. Le GIEC dût démentir en 2010 suite aux protestations des scientifiques. Des études ont confirmé qu’il n’y avait aucun recul inquiétant des glaciers en Himalaya et plusieurs scientifiques et ex-experts du GIEC démissionnèrent pour exprimer leurs désaccords quant aux méthodes de travail et ses conclusions.

En tant que vice-président dans l’administration Clinton, Al Gore aida à promouvoir le protocole de Kyoto en 1997, traité international visant à réduire les émissions de CO2.

En 2006, dans son film « une vérité qui dérange », Al Gore se met en scène pour expliquer la future catastrophe planétaire liée aux activités humaines. Ce film quasi hollywoodien très médiatisé, avec ses images d’apocalypse et sa courbe impressionnante « en crosse de hockey » pour illustrer le réchauffement depuis la période industrielle, eut un retentissement international.

Mais cette courbe était fausse ! (et ce n’était pas la seule erreur). Elle avait été sciemment falsifiée. Ce mensonge scandaleux à des fins idéologiques aurait dû entraîner la dissolution du GIEC. Mais non, le GIEC admit son «erreur», la courbe disparut du rapport suivant et le film reçut 5 prix, 2 nominations et le prix Nobel de la paix fut attribué en 2007 au GIEC et à Al Gore !!

Puis il y eut en 2009, peu avant le sommet de Copenhague, la « Climategate », autre affaire très grave. Des hackers avaient diffusé plus de 5000 e-mails de hauts membres du GIEC. Dans ces échanges apparaissaient clairement les manipulations des données scientifiques pour les faire coller à leur théorie réchauffiste, ainsi que des rapports de scientifiques censurés « comme non conforme » à la version officielle du GIEC. On y vit aussi leurs méthodes d’intimidation contre ces scientifiques « dissidents ».

Le président du GIEC, Rajendra Pachauri, faisant l’objet d’une plainte pour harcèlement sexuel, dût démissionner le 24 Février 2015. Ce n’était pas le seul scandale le concernant; il était également visé par des accusations de conflits d’intérêts et d’enrichissement personnel.

Dans le 5ème et dernier rapport (2014), sans nouvelles données scientifiques, le GIEC devient plus affirmatif encore : le réchauffement du système climatique est dû aux activités humaines (probabilité de plus de 95 %) et il faut mettre fin à l’utilisation des énergies fossiles, principales responsables.

Qu’en est-il de ce soi-disant réchauffement climatique anthropique dû au dioxyde de carbone (CO2) ?

Tout d’abord, il est bon de rappeler que le climat de la Terre n’a jamais été constant et a sans cesse changé. De plus la climatologie est une science récente qui ne s’est développée qu’après la seconde guerre mondiale.

L’atmosphère de la Terre se compose d’une multitude de gaz dont une petite partie sont des gaz à effet de serre. Le principal gaz à effet de serre est la vapeur d’eau (H20). Heureusement qu’elle est là sinon il y aurait sur Terre 30°C de moins, soit une température moyenne de -18°C.

Le C02 est un gaz à effet de serre assez mineur ; c’est le seul qui augmente de façon significative. Depuis 20 ans, son augmentation semble se limiter d’elle-même dans une période pourtant fortement émettrice.

Pourquoi le CO2 a t-il augmenté ? la raison principale semble avoir peu de lien avec les activités humaines, mais venir surtout des cycles solaires ; le soleil ayant connu une période d’activité intense depuis 1950, cause non prise en compte par le GIEC.

La hausse des températures, du niveau des océans et le recul des glaciers seraient liés à la lente récupération de la Terre depuis 1715, fin du dernier « petit âge glaciaire ». Cette alternance entre petits âges glaciaires et périodes plus chaudes a pu être observée dans l’histoire de la Terre grâce à l’analyse des carottes glaciaires sur une période de 600 000 ans.

Le CO2 suit les changements de températures. Il est une conséquence et non une cause. Quand il fait froid, les océans absorbent plus de CO2, et quand il fait chaud, c’est l’inverse, ils en rejettent davantage. Le taux de CO2 d’origine anthropique dans l’atmosphère serait d’environ 5 %.

Les océans représentent la majeure partie de la surface du globe et constituent un immense réservoir de CO2 contenant 60 fois sa quantité dans l’atmosphère.
Depuis 2003, 3000 balises Argo sont installées sur tous les océans du globe et leurs données sont transmises par satellite. Ces capteurs ne constatent aucune évolution significative de la température des océans depuis leur mise en place.

Depuis le début du XXIème siècle, les instituts spécialisés parlent de « pause », le GIEC emploie le mot « hiatus ». Le taux de réchauffement durant la période 1970-1998 était d’environ 0,17°C par décennie, alors que durant 1998-2012, ce taux est passé à environ 0,04°C par décennie (chiffres du MET Office, un des 3 plus importants centres de météorologie mondiale, utilisés par le GIEC). Des records de température sont toujours observés, ce qui n’est pas en contradiction avec l’ambiance de fond qui elle est quasi stationnaire.
Il y a aussi le phénomène El Nino qui est à l’origine de phénomènes météo exceptionnels perturbant le climat planétaire. Il est particulièrement puissant en 2015-début 2016. Son influence reste faible en Europe.

Des prédictions peu scientifiques …

Les mesures récentes, en particulier celles provenant des satellites et des balises Argo, sont trop éloignées des projections du GIEC pour valider leur théorie. De plus leurs modélisations ne concordent pas avec les cycles du passé. Comment pourraient-ils faire des prédictions justes pour l’avenir !?

Un rapport très complet datant de 2009, signé par 37 spécialistes internationaux concluaient par : les causes anthropiques du changement climatique restent marginales devant les causes naturelles.

Le soleil sortirait d’un cycle d’environ 60 ans d’activité intense et la tendance pourrait s’inverser et amener alors un refroidissement jusqu’en 2030.

De nombreux facteurs ont une influence sur le climat : les cycles solaires, le rayonnement cosmique (c’est à dire les particules chargées d’énergie qui pénètrent dans l’atmosphère terrestre), la formation des nuages, la dynamique des océans, le volcanisme et d’autres encore.
Les phénomènes météorologiques sont de nature chaotique et d’une prédiction aléatoire. La prévision climatique est complexe. Personne n’est en mesure de savoir vers quoi évoluera le climat d’ici la fin du XXIème siècle.

Malgré ce catastrophisme autour du réchauffement climatique, la banquise antarctique s’étend depuis 30 ans, les glaces arctiques ré-augmentent depuis 2013, les glaciers himalayens restent stables et les ours polaires ont l’air de bien se porter. Mais de tout ça, les médias ne parlent pas.
Et puis, si même il devait y avoir un réchauffement climatique, il faudrait une étude scientifique sèrieuse pour savoir si cela représenterait vraiment une catastrophe.

L’être humain et l’animal ne peuvent vivre sans oxygène comme les plantes ne peuvent se passer de CO2. Le CO2 est couramment utilisé dans les serres pour accroître le rendement des cultures. Aujourd’hui, le pourcentage de CO2 est de 0,04%. Un humain peut vivre dans une atmosphère contenant jusqu’à 5% de CO2. A ne pas confondre avec le monoxyde de carbone (CO), gaz toxique qui résulte de la combustion incomplète du bois, charbon, pétrole, gaz, etc…

Que penser de tout ça ?

Tout d’abord, les différentes affaires, erreurs et mensonges montrent qu’il n’y a aucune rigueur scientifique dans les travaux du GIEC, une structure pourtant censée synthétiser les travaux de qualité de nombreux scientifiques. Nous subissons une effroyable propagande idéologique. Il est d’ailleurs politiquement très incorrect de contester leurs thèses et tout est fait pour discréditer les contradicteurs en les raillant ou en censurant leur travail. D’où les départs de scientifiques du GIEC ( comme Judith Curry, une des climatologues les plus emblématiques )

Et surtout, il apparaît clairement qu’il y a de graves problèmes bien plus urgents à se préoccuper que cet éventuel réchauffement climatique futur.

Le matraquage permanent des médias autour de ce « global warming » anthropique sert à tout justifier : une inondation inédite, une tornade comme jamais auparavant, des sécheresses dévastatrices de plus en sévères, des ouragans plus puissants que jamais, et même des truffes en baisse et des chenilles processionnaires en plus ! Diantre, vivrions nous les débuts de l’apocalypse ! Tout est pain béni pour servir ce dogme.

Face au GIEC, certains « climato-sceptiques » ont des intérêts politiques et financiers aussi peu louables. L’enjeu climatique oppose l’industrie pétrolière et l’industrie nucléaire. S’y ajoute le récent enjeu des énergies renouvelables et les affrontements entre multinationales sont impitoyables. Cette fixation sur le CO2 est aussi un moyen de tenir à distance l’émergence économique des nouvelles puissances.

Le GIEC tente de donner à l’industrie nucléaire une dernière chance. Concernant la France, il est peu probable qu’elle soit économiquement en mesure d’investir les sommes énormes qu’elle a dépensée depuis les années 1970 pour renouveler son parc nucléaire vieillissant. D’autant plus qu’il n’y a rien de nouveau depuis longtemps sur le plan technologique. Les EPR sont très coûteux, d’une technologie ancienne, dangereuse et pas au point.

Quant au projet expérimental ITER à Cadarache sur la fusion nucléaire, il ne verra probablement jamais le jour. C’est un projet pharaonique des années 80, complètement obsolète, au coût faramineux encore inconnu, qu’ils n’arriveront pas même à construire. Une majorité de scientifiques n’y croit pas. (Je reviendrai prochainement sur ITER)

Le nucléaire produit aujourd’hui à peine plus de 10% de l’électricité mondiale et ne représente que 1,8% de la consommation mondiale d’énergie. Malgré l’alibi d’être une « énergie décarbonée » pouvant lutter contre le réchauffement climatique, un nouvel essor de l’énergie nucléaire semble peu probable. La France se trouve donc dans une impasse avec des centrales dangereuses et vieillissantes qui fournissent 77 % de son énergie électrique.

Mais une nouvelle économie repeinte en vert se porte bien et mise sur de juteux profits futurs grâce aux thèses du GIEC. Les cabinets et consultants sur « l’empreinte carbone » prospèrent. La vente des voitures électriques espère décoller.

De nombreuses institutions environnementalistes (WWF, Réseau Action Climat, Greenpeace, Réseau Sortir du nucléaire,…) se sont bien sûr ralliées au discours dominant et à cette croisade, rejoignant ainsi pronucléaires et autres lobbies malpropres, et détournant les militants écologistes des vrais combats à mener. WWF et Greenpeace ont été associés au GIEC dès sa création.

Le matraquage autour de ce réchauffement idéologique a réussi à formater la pensée de nombreux militants qui sont devenus les relais zélés de cette propagande. Les personnes contestant ce dogme, ont vite droit à des insultes et se voient même traiter de révisionnistes !

Le capitalisme industriel fait des ravages sur la planète et de vraies catastrophes sont devant nos yeux.

Le danger de la science comme de la religion est de faire d’une théorie une grille de lecture unique et imposée. Les croyances ne devraient pas avoir leur place dans une étude scientifique.

Cette propagande sur une catastrophe climatique à venir permet de laisser dans l’ombre les catastrophes mondiales bien réelles, catastrophes à la fois humaines et environnementales : les guerres et la faim dans le monde, la pollution de l’air, des sols, des mers et des rivières (par des composants chimiques plus problématiques que le CO2), l’appauvrissement de la biodiversité, les déchets nucléaires, …

Impossible de passer sous silence la terrible catastrophe nucléaire en cours à Fukushima. Matsuhei Murata, ancien ambassadeur du Japon en Suisse, parlait il y a quelques jours, d’un accident encore jamais vécu par l’humanité et toujours pas maîtrisé. Les cœurs fondus des réacteurs restent inaccessibles à cause de leur niveau de radiation, détruisant même les robots envoyés. De grandes quantités de radionucléides mortels sont rejetés sans cesse dans la mer et dans l’atmosphère, et ont atteint l’ouest des États-Unis. Aucune perspective de solution à ce jour. M.Murata souhaite que le Japon se retire de l’accueil des jeux Olympiques de 2020 pour consacrer tous les efforts à la crise de Fukushima.

Fera t-il beau demain ?

La COP21, à Paris en décembre 2015, a coûté plus de 180 millions € et s’est terminée par un accord international, qualifié d’historique, ratifié par 195 États : stabiliser le réchauffement climatique dû aux activités humaines bien en dessous de 2°C d’ici à 2100 (sans aucun engagement chiffré des États). Quel gaspillage d’argent public et quel égarement !

L’Homme ne commande quasiment rien du climat de la Terre. Ce sont là des forces naturelles bien plus puissantes qui sont à l’œuvre. Qu’en sera t-il du climat et de la température de la fin du siècle ? Fera t-il plus chaud ou plus froid ? Nous l’ignorons !

Le GIEC devrait être dissous. Rester aussi influent sur la scène internationale après une telle accumulation de mensonges, d’erreurs et de manipulations, montre la puissance des lobbies et forces politiques qui sont derrière cette structure.

Si l’ONU et ses agences se démenaient autant pour le bienfait de l’humanité qu’elles le font pour le monde des affaires, nous pourrions être confiants dans l’avenir.

Les multinationales ont pris le pouvoir et mènent le monde. Les dirigeants ne sont que des marionnettes pour les servir et nous endormir. Ils se plient aux impératifs du monde économique et délaissent les vrais problèmes de notre siècle.

Il est urgent de remettre en cause nos sociétés occidentales, qui tirent le monde vers le pire, et de revoir radicalement leur fonctionnement (production, consommation, distribution)

Parler du temps permet souvent de ne pas aborder les choses essentielles !

http://www.senat.fr/international/colloprocessuselectoral2011/colloprocessuselectoral20111.html

 

https://data.bnf.fr/fr/14450157/bernard_owen/

La verte campagne électorale chez nos « macronistes

Monique Cochinal

Enfin, la profession de foi des macronistes est imprimée (il était temps), et diffusée partout sur la place pub V lique. Le Président Macron a remobilisé toutes ses troupes : Premier Ministre, ministres, députés, secrétaires d’Etat, tout son gouvernement part en campagne sur le terrain pour trois semaines. Grande inquiétude des Français : mais, qui donc va s’occuper des affaires de l’Etat, pendant ce temps ? Et, qui donc va payer tous ces frais supplémentaires ?

Les sondages ne sont pas tellement favorables à la victoire, et Madame Loiseau, le leader choisi pour cette liste au beau nom de « renaissance », a du mal à prendre son « envol ». Après une minutieuse étude des intentions de vote pour ces élections européennes 2019, il s’avère que les macronistes et leur liste ne sont plus en tête dans les sondages, mais à égalité (c’est le comble !) avec les « infâmes nationalistes, populistes » du Rassemblement National. Il fallait absolument trouver des alliés, pas trop mal situés dans les sondages, et changer de tac tic : les partis écologiques, les verts, en meilleure position que tous ces petits partis ou anciens principaux opposants.

Donc, habillée de vert, notre joyeuse troupe reprend son bâton de pèlerin (vert, bien sûr) et se remet « en marche » à grands pas, car il reste bien peu de temps, à la conquête de l’Europe, en nous présentant un programme tout en vert. Après les échecs et la subite démission du Ministre de l’écologie : Nicolas Hulot, Monsieur écologie, il fallait essayer de redresser la barre du bateau chavirant. Du reste, le grand débat national était une belle préparation de cette nouvelle politique. Grandes commissions sur l’écologie, la transition écologique, le changement climatique, la pollution, les effets de serre, les cultures bio, l’alimentation bio ….. Tout vert et tout bio ! Nous devons très vite changer nos comportements et habitudes, sinon ….. Le ciel risque de nous tomber sur la tête ! La transition écologique doit se faire le plus vite possible. Mais …. Il manque beaucoup de milliards dans notre pays criblé de dettes, et puis, seuls, il est impossible de réduire le réchauffement climatique, si nos voisins immédiats ont une politique toute différente. Alors, il faut convaincre tous nos européens amis, surtout quand on ose prétendre, comme Madame Loiseau nous le dit, que Le Président Macron est le leader de l’Europe.

Je vais terminer par une anecdote amusante que j’ai relevée, hier, d’un éditorialiste connu concernant le réchauffement climatique et la fonte de la zone glacière au pôle nord de notre belle planète terre. Les trois grandes puissances mondiales : Les Etats Unis d’Amérique, la Chine et la Russie sont très intéressés par la fonte de nos grands glaciers, car ce serait une belle ouverture marine à leur portée pour des transports maritimes plus courts et moins polluants que les transports aériens, et surtout pour aller chercher dans cette région encore vierge, de nouveaux hydrocarbures. Alors, on s’y prépare activement, et c’est à qui fabriquera le meilleur paquebot anti-glace. Il ne faut jamais douter du génie humain.

Premier mai : fête du muguet et fête nationale du travail. Fake news au Ministère de l’Intérieur ?

Fake news

Monique Cochinal

Le premier mai, en France, il est coutume d’offrir un brin de muguet « porte bonheur » à ses parents et amis. C’est également la fête nationale du travail, et les rue de Paris raisonnent de chants et cris de manifestants, venus défiler, en famille, derrière syndicalistes de différents courants politiques, avec banderoles, drapeaux, étendards. C’est la fête du muguet, ces jolies petites clochettes blanches qui sentent si bon, et en même temps, la fête de tous les  travailleurs.

Depuis l’élection du Président Macron et le « macronisme », pas de muguet porte-bonheur, le premier mai, mais de violentes manifestations d’une foule de citoyens de plus en plus en colère et malheureux, en grande détresse. On se souvient des défilés du premier mai 2018, et des scènes de violence dans les rues de Paris : nombreuses voitures incendiées, matériel de chantier détruit, pavés arrachés, boutiques dévalisées et policiers impuissants. Nous avons vu, ce jour, vidéos à l’appui, deux individus, ayant revêtu casque, brassard de policier et matériel radio, molester violemment deux manifestants …… Et ce fut le début de l’affaire d’Etat Benalla et compagnie, une grave crise gouvernementale, qui n’a fait que de s’aggraver dans ce « merveilleux nouveau monde » de notre nouveau jeune Président. Que de fake news ! Que de revirements chez nos députés, ministres d’Etat, hauts fonctionnaires ! Les principales institutions de notre cinquième République furent atteintes et le trône du roi lui-même fut durement secoué.

Ce premier mai 2019, à nouveau, pas de muguet porte-bonheur pour le président et son gouvernement, mais des révélations plus que douteuses transmises par le Ministre de l’Intérieur : Monsieur Castaner concernant un premier mai, terrible, sanglant, avec une arrivée massive de casseurs, gilets jaunes black blocs, venant de tous les pays voisins européens pour casser détruire et renverser la République. Fake news volontaires ? Ou fak news inconscientes ? A chacun de juger……

Mais, de toute façon, nous : Castaner et son ministère étions prêts. Nos forces de l’ordre seront renforcées. Les ordres de fermeté absolue seront donnés aux policiers, gendarmes mobiles, nouvelles brigades d’intervention. Le matériel distribué largement : plus de grenades, plus de casques, plus de boucliers, plus de matraques, plus de canons à eau, plus de gaz lacrymogène, plus d’engins blindés et ordre d’intervenir fermement dès que l’on juge qu’une éventuelle attaque se prépare. Toutes les mesures de prévention furent prises, la veille au soir, avec la fermeture de toutes les stations de métro, proches du parcours des manifestations, fouille obligatoire des sacs et bagages dans les aéroports de Paris, dans les voitures empruntant les axes routiers vers Paris. Monsieur Castaner pouvait être satisfait, il était bien à la hauteur de cette situation. De toute façon, il serait présent toute la journée et surveillerait avec ses collaborateurs, le déroulement de ces manifestations, en étroite relation avec les policiers sur le terrain.

A part quelques arrestations de présumés casseurs, à part quelques mouvements de foule, vite stoppés par de nombreux jets d’eau, gaz lacrymogène, lancements de grenades ….. Cette nouvelle méthode de renforcement de l’ordre semblait réussir. Bravo Monsieur Castaner ! On était maître de la situation en province et à Paris. Peu de casse, peu ou prou de black blocs (ils avaient été interpelés avant le départ des manifestants …. Ou bien étaient restés chez eux, redoutant le pire).

Soudain, vers les 16 heures, au moment où le cortège passe boulevard de l’Hôpital, nous assistons à une charge importante de policiers en direction de la foule pour la faire reculer. Nous voyons tous ces manifestants projetés brutalement les uns sur les autres, criant, affolés, hurlant, copieusement arrosés d’eau, de gaz, cherchant une issue pour fuir ce carnage et se réfugier en toute hâte dans un bar resté ouvert, ou dans une boutique, ou dans les jardins de l’hôpital La Pitié tout proche, en fracturant la chaîne d’une porte du jardin, derrière l’entrée principale. La scène était cocasse. On voyait ces manifestants toussant, mouchant, éternuant, complètement paniqués, courir en désordre vers un endroit où ils pourraient souffler et se reposer. Ils étaient arrivés, sans le savoir, au service de réanimation de l’hôpital sous les yeux horrifiés des médecins et personnels de garde. Très vite, Monsieur Castaner fut prévenu, les forces de l’ordre intervinrent rapidement, ramenèrent cette foule égarée hors de l’hôpital et arrêtèrent 32 personnes qui furent mises en garde à vue aussitôt, puis relâchées le lendemain, faute de preuves, mais bien secouées, racontant leur mésaventure. Elles n’étaient pas des « casseurs-black blocs haineux » mais de simples citoyens paisibles, venus à ce défilé du premier mai, sans casier judiciaire, se trouvant cernés au mauvais endroit, au mauvais moment.

La réaction de notre ministre de l’Intérieur fut immédiate. Il était fort en colère et fit une déclaration bien malheureuse, en clamant avec furie que l’hôpital avait été attaqué par les black blocs, qu’on voulait maintenant s’en prendre et détruire les hôpitaux de l’Etat, acte ignoble, qui demandait de sévères condamnations pour les coupables (quels coupables ? Quelle attaque ? ). Les opposants se sont emparés de l’affaire et parlent du mensonge de Monsieur Castaner, Ministre du désordre intérieur. Avant de parler, toujours se méfier des fake news !

The Yellow Vests Expose How Fragile Emmanuel Macron’s Hold on France Really Is

PARIS, FRANCE – DECEMBER 01: Yellow vest protesters clash with riot police as part of demonstration against rising fuel taxes near Arc de triomphe de l’Etoile in Paris, France on December 01, 2018. (Photo by ELYXANDRO CEGARRA/Anadolu Agency/Getty Images)

BY VIVIENNE WALT  DECEMBER 6, 2018 – TIME

In November, French President Emmanuel Macron stood under the Arc de Triomphe in Paris and told world leaders on the centennial of World War I that they needed to work together to solve global problems.

Less than a month later, the French leader is trying to find the right phrase to unite his own citizens amid perhaps the worst street violence in Paris in 50 years. The gilet jaune or Yellow Vest protests that erupted in the French capital and across the country in November and December risk torpedoing Macron’s young presidency and threatening his reform efforts, leaving him open to challenges by far-right and far-left rivals.

Named for the high-visibility vests they wear to demonstrations, the Yellow Vests took to the streets for a third consecutive weekend on Dec. 1–2. Although Macron activated an additional 4,600 security personnel and had tall barriers erected along the Avenue des Champs-Élysées, demonstrators managed to reach the Arc de Triomphe, partly vandalizing the war memorial under the arch.

The protests began in mid-November over an almost banal grievance: Macron’s decision to raise the tax on fuel in order to finance renewable-energy proposals. The tax would increase the price of diesel by 30¢ per gallon and regular gasoline by 17¢ per gallon, after a year in which prices have already risen by 16%. The tax is especially resented in small-town and rural areas, where more people depend on their cars and jobs are not as plentiful or well paid as in the capital.

But the protest has mushroomed into a much wider rejection of Macron and his policies, which the Yellow Vests say favor the rich. “Macron came out of the banks and finance, and that goes down very badly for many people,” says Thierry Paul Valette, a protest coordinator in Paris. The President attended an elite university and was an investment banker before being appointed Economy Minister in 2014. “We do not like rich people in France,” Valette says.

Voters seemed to like Macron enough when he won the presidency in May 2017 with 66% of the vote in a runoff against the far-right candidate Marine Le Pen. But Eddy Fougier, a political analyst at the Paris-based Institute for International and Strategic Affairs, says his support was driven by disappointment at the two parties that have led France for decades and fear of the far right. “He was elected largely by default.”

Since then Macron has done little to win over those beyond his base of middle-class professionals, 38% of whom still approve of him, according to a Dec. 4 survey by pollster IFOP. Soon after taking office he scrapped the so-called wealth tax, which had been imposed on taxpayers with assets worth more than € 1.3 million ($1.47 million). At the same time, he hiked taxes on retirees.

Macron’s often blunt communication style has made matters worse, fueling the perception that he doesn’t understand life on the breadline. Numerous protesters interviewed by TIME cited Macron’s recent off-the-cuff remark to an unemployed man that he could “cross the street and find a job” at a local café. Only 11% of those polled by IFOP think he understands the concerns of the French people, while other polls suggest 7 in 10 support the protests.

On the streets, protesters’ frustrations have spilled into destructive violence. Hundreds have been injured and four people have died, according to police. Some attribute this to the right-wing fringe groups and anarchist factions that have come to the fore as turnout for the demonstrations has diminished. One group’s slogan is ACAB, for All Cops Are Bastards, according to reporters at the scene.

While the Yellow Vests are led by no political party, both Le Pen and far-left leader Jean-Luc Mélenchon have called for the National Assembly to be dissolved and fresh elections called. That was the solution in May 1968, when widespread strikes and protests by workers and students brought the French economy to a halt for over a month. Macron’s government has ruled out such a move.

In fact, there is no easy political solution for Macron against a movement that has no leader, no set list of demands and no geographic base. On Dec. 5 his government said it would scrap the fuel-tax increase at least through 2019. But hours before, some of the self-proclaimed Yellow Vest leaders issued far broader demands, including boosting pensions and minimum wages.

For now Macron will hope that the tax cancellation and the violence begin to dampen public support for the protests and that the holidays sap turnout. But the damage to his broader ambitions may be harder to repair. Since being elected, Macron has attempted to cast himself as the successor to Europe’s de facto leader, German Chancellor Angela Merkel, who plans to step down in 2021 after 16 years in power.

But with his approval ratings flatlining at 23%, Fougier doubts Macron will be re-elected in 2022. “His only route to a second term is if the economic situation gets better, unemployment goes down and salaries go up and no other party produces an attractive leader in the next three years,” he says. “It’s a tall order.”

With reporting by Ciara Nugent/London

Hawkish eurozone states demand further curbs to budget plan

Dutch lead opposition to Emmanuel Macron’s ambition for extensive fund

Jim Brunsden in Brussels AN HOUR AGO

The Netherlands and other fiscally hawkish EU members are calling for further reductions in the planned size and scope of a eurozone budget, a French political priority that has already been squeezed in negotiations in Brussels.

French president Emmanuel Macron is leading calls for the single currency to have its own budget to try to shore up its crisis resilience. EU leaders agreed in December to work on the idea in a more limited form than suggested by Mr Macron, who wanted a fund worth several percentage points of eurozone gross domestic product.

A joint diplomatic note from five eurozone countries — the Netherlands, Finland, Ireland, Latvia and Lithuania — has now demanded that it be even smaller, with stricter conditions on accessing money.

They insist the budget should be “significantly below” proposals made by Brussels last year for a fund worth €22bn over seven years, an amount that was already at the low end of French expectations.

Sweden and Denmark, non-eurozone EU states, have also signed the note, circulated to EU governments and seen by the Financial Times.

The paper underlines the difficult negotiations that lie ahead on the budget, with EU finance ministers seeking a deal on its main elements by next month. Governments remain far apart despite last year’s agreement by EU leaders on the idea of a fund to promote “convergence and competitiveness”.

France has made clear that it does not want the fund to rely entirely on money from the general EU budget, which is paid into by all 28 member states. Instead, it has argued for an international treaty that would allow individual governments to top it up through direct contributions.

But the note says “there cannot be any presumption” that governments will choose to participate in this part of the plan.

The signatory countries “are not convinced of the need for external assigned revenue through an intergovernmental agreement”, the note says.

While the initiative would be focused on the eurozone, it is tied to negotiations on the next EU multiannual budget, which involve all member states. There would also be some scope for non-euro countries that are seeking single currency membership to participate.

As a basis for negotiations on the budget, national governments have discussed how to adapt a proposal made by the European Commission last year for a fund to support countries undertaking key economic reforms.

But northern eurozone capitals have fundamental concerns about the blueprint. One EU diplomat said the idea of offering countries money in exchange for reforms was problematic, because it raised the question of whether European or national authorities were ultimately responsible for the measures.

“It blurs the lines of political accountability,” the diplomat said.

Brussels has argued that the budget would be more effective if conditions for accessing money were relaxed during economic downturns. But the note makes clear that northern capitals oppose the approach.

The Hague has staunchly resisted the idea that the budget could provide “stabilisation” support to countries in times of crisis, saying it amounts to putting Dutch taxpayers on the hook for problems elsewhere.

Making the budget countercyclical would “complicate the operation of the instrument and go beyond the mandate given by leaders”, the note says.

We have reached the end of the Franco-German love-in

France and Germany have deeper bilateral relations than any other two EU countries, dating back to the days of Konrad Adenauer and Charles de Gaulle © Getty

Last week’s European Council was dominated by Brexit. But it may be remembered for the visible cracks in the Franco-German relationship.

Emmanuel Macron’s refusal to accept the German-led majority view to agree to a long Brexit extension is perhaps the most clear sign of an end to the love-in between the two countries. The French president’s uncompromising stance caught most German political observers off-guard. Some members of Angela Merkel’s entourage in Brussels expressed unbridled fury at Mr Macron’s insurrection. How dare he?

What the debate in Germany misses is that Mr Macron owes little to the German chancellor. She managed to fend off most of his eurozone reforms. What is left — a small structural spending facility in the EU budget — is now being challenged by the Netherlands.

In the early days of his presidential campaign, Mr Macron surrounded himself with advisers who had close German connections. These are some of the most pro-German people to be found in France. Many are fluent German speakers and they forged many personal relationships across the border.

The German Social Democratic party under its former leader, Martin Schulz, would have been the ideal partner for Mr Macron. But Mr Schulz, a former president of the European Parliament, did not survive the snakepit of German domestic politics for long. After a disappointing election result, he left the front line. Germany is slowly reverting to its political norms. Recommended FT Podcast Franco-German divisions laid bare in Brexit talks

This realisation has taken some time in Paris. But the recent publication of proposals on the EU’s future by Annegret Kramp-Karrenbauer, who succeeds Ms Merkel as leader of the Christian Democrats in December has alerted them. AKK, as she is known in Germany, managed to shock the French political establishment with the essay.

She called on France to give up its permanent seat at the UN Security Council and build a joint aircraft carrier. These proposals lack rhyme or reason, especially given Germany’s low defence spending. She also called on France to relinquish Strasbourg as one of the two seats of the European Parliament. AKK is a domestically focused political operator, agnostic about Europe. So the problem, from the French perspective, is not Ms Merkel. It is what comes next.

France and Germany have deeper bilateral relations than any other EU countries, dating back to Konrad Adenauer and Charles de Gaulle. Recently, Ms Merkel and Mr Macron renewed their vows in the Treaty of Aachen. But the relationship undergoes periodic crises. I fear we are heading into one.

If US president Donald Trump were to impose high tariffs on European cars and other goods, as he periodically threatens, Germany would push the EU towards a free-trade deal. Mr Macron would resist. French agriculture would suffer if the EU opened its markets to American food imports as the US asks. On trade, the interests of France and Germany are diametrically opposed.

Another foreseeable cause of conflict is Mr Macron’s likely opposition to Manfred Weber, the German candidate for the presidency of the European Commission. Mr Weber, the official choice of the centre-right European People’s Party, is tainted by his longstanding support of Viktor Orban, Hungary’s openly anti-Semitic prime minister. Recommended European Parliament elections EU parliament elections: live country-by-country poll tracker

But the single biggest test would be another eurozone crisis. Had it not been for extreme measures by the European Central Bank, the eurozone might not have survived the last sovereign debt crisis. With short-term interest rates at minus 0.4 per cent and a lack of appetite for further quantitative easing, the ECB’s room for manoeuvre in monetary policy is more constrained today. As the International Monetary Fund noted in its latest Global Financial Stability Report, the doom loop between banks and sovereign borrowers lives on. The banking union has made no difference.

The return of the crisis is no distant threat. The synchronised economic slowdown of the global economy may be all it takes. French corporations are heavily indebted. Italy’s fiscal policies are once again out of control. The probability of an Italian sovereign debt restructuring is rising.

France is more exposed to Italy than Germany. The eurozone badly needs a capital markets union with a joint sovereign debt instrument as a financial stabiliser. It also needs revised fiscal rules to encourage investment. Both are taboos in Germany. Mr Macron, or his successor, will eventually have to confront Germany with a choice between reform or the risk of disintegration. France and Germany do not disagree

on the principle of European political integration, but they are at loggerheads on the most important details. We are headed into a period in which the interests of the two countries and their leaders are diverging. These will be difficult years for the EU.

 

Violence mars May Day marches in Paris

Tear gas hangs in the air during clashes in Paris before the start of the May Day marches in Paris © Reuters

Clashes erupted between demonstrators and riot police in Paris on Wednesday as May Day marches briefly brought together disparate groups opposing Emmanuel Macron’s government, including gilets jaunes, leftwing trade unionists and “black bloc” revolutionaries.

Police said they had arrested 220 people after black-clad youths hurling bricks and other missiles confronted security forces firing tear gas and stun grenades before the start of a big march across southern Paris.

Most of the tens of thousands of marchers were anti-establishment gilets jaunes or members of the trade unions that traditionally dominate the labour day processions. The main part of the biggest demonstration proceeded peacefully but the marchers were joined by hundreds of “black bloc” radicals who sought to provoke the police.

There were other marches in cities across France, and the end of the demonstration in Toulouse in the south-west of the country was also marked by violent confrontations.

The day was seen as a test for Mr Macron, who has tried to defuse the gilets jaunes protests by offering a total of €17bn in tax cuts, pension increases and other financial inducements since December.

“It’s about the cost of living,” said a 59-year-old gilet jaune who declined to give his name but works for a supermarket chain in the northern region of Picardy. He has been demoasked

nstrating regularly since November 17 last year. “Everyone is fed up. We want the country’s wealth to be shared.”

Asked what he thought about “black bloc” violence, he replied: “We have to be careful about that because it could do a disservice to the movement. But if they weren’t there the media wouldn’t talk about us any more.”

Demonstrators who use so-called “black bloc” tactics are typically anarchist or anti-capitalist revolutionaries, who tend to target symbols, buildings and representatives of the state as well as banks. In Paris, they usually wear or carry scarves or gas masks against tear gas and to hide their identities, and have created makeshift weapons and tools to smash shop windows or break up paving stones to use as missiles.

The May 1 demonstrations were also a trial for Mr Macron’s interior minister Christophe Castaner, who has been accused of being too soft — as well as too hard — on gilets jaunes marchers since they took to the streets last year.

Hundreds of police and demonstrators have been injured in the past five months, while numerous shop windows have been smashed and government buildings damaged in central Paris and other towns. Shopkeepers have complained bitterly about the loss of business on Saturdays as a result of weekly gilets jaunes marches.

In Paris, the authorities have banned demonstrations around the Champs-Elysées, the principal avenue of the capital, and the fire damaged Notre-Dame cathedral.

On Wednesday, Mr Castaner deployed 7,400 police in Paris, and nearly 600 shops, cafés and restaurants were ordered to close and board up their windows on the planned route of the march.

“We are aware that ultra-violent, ultra-leftist but also ‘ultra-yellow’ protesters will come to wreck Paris, and not only Paris,” Mr Castaner said. Recommended Weekend long reads Gauls, gilets jaunes and the fight for French identity

Most marchers in Paris on Wednesday were from the left — one of the banners depicted the Latin American revolutionary Che Guevara — but some were supporters of Marine Le Pen’s far-right Rassemblement National who share trade union concerns about wages, unemployment and the cost of living.

One Parisian gilet jaune, who works a carer for the elderly, said she was opposed to sex education in schools, “invasive” immigration and the EU. “Since we’ve had the euro it’s been catastrophic,” she said. “Before we didn’t exactly live in luxury but we had a decent standard of living.”

Mr Macron had demanded “extreme firmness” against those responsible for violence and disorder, especially the “black bloc” marchers, said government spokesperson Sibeth Ndiaye. Officials had said they suspected 1,000 to 2,000 radicals would seek to infiltrate or accompany the Paris demonstrations.

Three people found with suspicious equipment for arson were stopped and questioned overnight.

Before the marches began, trade union leaders expressed concern that a day supposedly reserved for workers would be hijacked by violent extremists. “I condemn in advance all gratuitous violence committed by the ‘black blocs’ and others. This has nothing to do with international labour day,” Laurent Berger of the CFDT federation told BFMTV.

A joint statement from five leftwing union groups called on Mr Macron’s government and employers to deal with urgent issues such as poverty, unemployment and climate change.

“Today 9m people live on incomes below the poverty line, of whom 6m are deprived of work, and numerous young people are in a precarious situation,” it said.