A Colombay-les-Deux Eglises

Monique Cochinal

Nous suivons, aujourd’hui, le Président Macron à Colombay-les-Deux-Eglises pour la commémoration des soixante ans de la Vème République, avec une pensée toute particulière pour ce grand homme que fut Charles de Gaulle. La France lui doit beaucoup. De tous bords, on reconnaît son intégrité, on admire sa dignité, même dans le camp de ses plus vigoureux adversaires. Il fut un précurseur dans bien des domaines, avec un grand sens de sa fonction présidentielle, sans oublier le respect des plus humbles.

Encore aujourd’hui, tous nos grands politiciens, sincères ou pas, vont s’incliner sur sa tombe, se souviennent, et le citent en référence dans leurs discours. Et le petit village s’anime soudain, bourdonne de monde, de journalistes, de caméras, de Chefs d’Etat. C’est l’occasion ou jamais, pour notre président, de prendre un nouveau « bain de foule ». Décidément, cela devient un exercice quotidien. La méthode reste la même : un grand discours, et ensuite, on va à la reconquête de « son » peuple, par des contacts directs avec les gens. Il aime cela, notre Président. Il écoute, il rassure, il apaise, s’insurge en pédagogue, en redresseur de torts, mais … hélas ! Le naturel revenant au galop, les phrases incisives fusent, telles que : « les Français se plaignent …… Les Français ne regardent que ce qu’on leur prend d’argent ». Ah ! Oui, et pour cause, il nous faut bien gérer notre budget et ne pas dépenser plus que ce que nous avons, sinon, c’est la faillite, les procès, la justice. Quand on est Président, on n’a pas de soucis de ce genre.

A une femme, ancienne commerçante, qui se plaint de sa toute petite retraite, il répond : « En effet, c’est bien peu … Mais vous n’avez pas beaucoup cotisé ». La pauvre femme le sait bien et c’est là son malheur. Elle dit tout bas, presque honteuse : « j’espère que vous ferez quelque chose pour nous, Président ». Mais notre premier de cordée est déjà plus loin, il passe à d’autres questions, pour faire d’autres réponses, dans le genre de celles-ci : « …. Si on tient compte de ces petits incidents quotidiens … Les sondages, les rumeurs qui circulent, les plaintes, on n’avance pas, il faut regarder plus haut…. ». Pour conclure que le cap fixé sera maintenu, coûte que coûte, que c’est pour le bien de tous, que tout fonctionne. Il fera ce qu’il a dit, sans défaillir. Donc, pas de plaintes malsaines. Tout le reste n’est que balivernes. Lui, il avance, il fonce même droit devant lui. Les réformes annoncées de notre constitution et stoppées par cette affaire Benalla, doivent être très vite reprises, tout sera réglé en janvier 2019.

La citoyenne que je suis (j’allais dire « la gauloise ») est de plus en plus inquiète pour les années qui viennent. A consulter les derniers sondages, nous sommes de plus en plus nombreux à blâmer l’attitude et la politique de notre Président actuel.