De personnes entrants et sortants de l’Elysée…

Le Président Macron,Alexis etKohler et Ismaël Emelien

Il a été question en diverses occasions de personnes entrants et sortants de l’Elysée dont les fonctions, parfois officielles paraissent mal définies.

Nous allons  en découvrir un nouvel inconnu de nous et dont nos amis de  Mediapart vont nous apporter un certain éclaircissement.  Bernard Owen

29 AOÛT 2018 PAR PASCALE PASCARIELLOFABRICE ARFI ET KARL LASKE

Un syndicat de policiers, partie civile dans l’affaire des « faux policiers » de l’Élysée, vient de demander l’audition d’Ismaël Emelien, conseiller spécial de Macron, accusé d’avoir détenu le CD-Rom montrant les images volées de la vidéosurveillance des violences du 1er mai. Mediapart a consulté les pièces de l’enquête qui embarrassent ce collaborateur du président.

  • Plus d’un mois après le début de l’affaire des « faux policiers »de l’Élysée, l’audition du conseiller spécial Ismaël Emelien se fait attendre. Ce proche collaborateur d’Emmanuel Macron n’a joué aucun rôle dans les incidents du 1er mai, mais il a récupéré le CD-Rom de la vidéosurveillance des incidents ayant eu lieu sur la place de la Contrescarpe, dans le Ve arrondissement de Paris. Ce document, sorti illégalement des archives de la préfecture de police le 18 juillet, au moment des premières révélations du Monde, est aujourd’hui considéré par les juges comme un « recel de détournement d’images issues d’un système de vidéo-protection ». C’est Alexandre Benalla lui-même qui a impliqué le conseiller du président de la République devant les enquêteurs.

Mais depuis, plus rien.

Un syndicat de policiers, partie civile dans le dossier, VIGI-Mi, a donc demandé officiellement aux juges, mercredi 29 août, l’audition d’Ismaël Emelien « dans les meilleurs délais », par l’intermédiaire de l’avocat MeYassine Bouzrou. Comme Mediapart l’a signalé, plusieurs comptes Twitter, soutiens de LREM, ont diffusé jeudi 19 juillet des images de la vidéosurveillance de la place de la Contrescarpe, avant de les effacer. Ces images communiquées par les policiers de la préfecture de police à Benalla, puis à Emelien, auraient été utilisées durant plusieurs heures sur les réseaux sociaux afin de prouver l’agressivité des manifestants et le bien-fondé de la riposte policière. Avant de réaliser que ce matériel ne pouvait en aucun cas être diffusé.

Ces faits ont depuis valu des mises en examen à plusieurs fonctionnaires de police parisiens, en plus de Benalla.

Le soir des incidents du 1er mai, Alexandre Benalla avait déjà informé Alexis Kohler du fait qu’il avait été filmé en mauvaise posture, mais cette fois par un manifestant, et qu’une vidéo avait été mise en ligne sur les réseaux sociaux. Le chargé de mission l’avait appris alors qu’il se trouvait « pour débriefer » dans la salle de commandement de la préfecture. Le ministre de l’intérieur Gérard Collomb, venu faire le bilan de la journée avec le préfet Delpuech, l’avait salué.

« À un moment, dans le fond de la salle de commandement, deux opérateurs, qui suivaient en temps réel les réseaux sociaux, ont appelé le major en lui disant qu’il y avait manifestement un problème, déclare Alexandre Benalla. Le major m’a alors fait venir et m’a montré la présence sur les réseaux sociaux de la vidéo de l’intervention de la Contrescarpe. […] J’ai décidé d’avertir mon autorité de l’existence de cette vidéo en lui envoyant un message. J’ai alors envoyé un message à Alexis Kohler sous forme de télégramme via mon téléphone et l’application du même nom. »

Le lendemain matin, c’est le directeur de cabinet du chef de l’État, Patrick Strzoda, qui cherche à le joindre « d’urgence ». Le préfet Strzoda, qui avait autorisé la sortie de Benalla, prétend qu’il n’avait pas compris qu’il irait sur le terrain, mais qu’il croyait qu’il comptait suivre la manifestation depuis la salle de commandement… Le 2 mai, lors d’un second entretien, il lui notifie une suspension de 15 jours. « Je n’ai pas compris le sens de cette sanction, alors que l’on ne m’avait pas demandé de relater ma version des faits sur les circonstances exactes de ce qui apparaissait sur cette vidéo, commente Benalla devant les policiers. Ce que j’ai compris, c’est que je n’étais pas sanctionné pour les faits eux-mêmes, tels qu’ils peuvent laisser à interprétation sur cette vidéo, mais simplement pour avoir exposé la présidence à un risque pour son image. »

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