La grogne des gilets jaunes

Monique Cochinal

L’augmentation du prix des carburants à la pompe avec des taxes supplémentaires pour financer, soi-disant, la transition écologique, a été la petite goutte d’essence qui a enflammé les braises, et qui a mis « en marche » nos gilets jaunes : un mouvement spontané, sans appui syndicaliste ou politique. Le peuple de France, de simples citoyens qui se lèvent tôt pour aller travailler, et qui s’aperçoivent qu’ils n’arrivent plus à vivre du fruit de leur travail, leur pouvoir d’achat s’amenuisant de jour en jour. Pour les personnes habitant en ville, ils peuvent plus facilement laisser leur voiture, et profiter des transports en commun (de plus en plus chers, eux aussi), mais pour les personnes habitant la campagne ou en périphérie d’une grande ville, la voiture est indispensable pour aller travailler, et payer chaque plein d’essence, ne serait-ce que quelques Euros de plus, devient difficile, surtout sans savoir exactement si ces taxes supplémentaires serviront à la grande cause de la transition écologique. Le peuple, seul, avec les moyens qu’il a, crie son désarroi, sa colère au gouvernement inflexible. Depuis samedi dernier, il y a eu, malheureusement, des accidents graves à certains barrages (une personne morte et plusieurs blessés). Cependant, ils sont toujours aussi déterminés et ne lâcheront pas. Aujourd’hui, des routiers indépendants ont rejoint le mouvement, ainsi que des ambulanciers, des infirmières libérales, de petits commerçants, des cultivateurs, tous ces Français d’en bas de la cordée, soi-disant « riches », trop riches, certes, pour profiter des aides sociales, et constamment accablés d’impôts supplémentaires (les taxes encaissées par l’Etat sont des impôts) n’en peuvent plus. Ils ont surtout le sentiment d’être les éternels « casqueurs » et jusque là « silencieux » citoyens qui renflouent les caisses vides de l’Etat. Alors, les causes nobles, sans cesse évoquées pour justifier une mauvaise gérance du gouvernement actuel, ne sont plus tolérées.

La réaction du gouvernement reste la même et dénote une incompréhension complète et une mauvaise foi évidente : « on ne cédera pas, si vous voulez que vos enfants respirent mieux, il faut vous passer de vos voitures. Il faut acheter des véhicules non polluants, on va vous aider en vous versant des primes pour des voitures électriques, voitures hybrides, on ne peut pas plus. N’allez pas vous plaindre ensuite ». Le hic, est que sur le marché de l’automobile, les véhicules non polluants ne sont pas encore au point. Alors, il reste la marche à pied, la patinette ou le vélo….. Surtout quand on a supprimé les transports en commun, et les quelques lignes d’autocars qui desservaient les villages de nos provinces. Nos gilets jaunes et la majorité des autres Français en ont assez d’entendre les explications embrouillées du Président lui-même, pendant son petit tour de France, pour convaincre cette foule de mécontents, ces Français qui se plaignent tout le temps. Très ennuyé, il a reconnu lui-même qu’il avait échoué dans son attitude à convaincre, mais qu’il suivrait le même cap, pour le bien du pays. Aujourd’hui, à Bruxelles, il ne répondra pas à la question d’un journaliste sur les événements malheureux de ces derniers jours et ces mouvements aux quatre coins de la France. Pourtant, « son » peuple en pleine colère crie de plus en plus fort : « Macron, démission … Macron, démission ».