Ouverture fracassante du grand débat national

Monique Cochinal

Hier, nous avons assisté, en direct, à une formidable démonstration d’énergie et d’endurance de notre jeune président, redevenu le leader d’un meeting de sa campagne électorale.

Après 18 mois de pouvoir, il était, à nouveau, et pendant sept longues heures, le centre de la scène, et il a « mouillé sa chemise » au point d’enlever son veston, pour terminer les manches de chemise relevées. Ah ! il aime cela, notre président : parler, gesticuler, interpeller, être le centre d’intérêt, charmer, convaincre, lancer quelques boutades. Il faut dire que cette scène est sa dernière chance (finalement grâce aux gilets jaunes) pour sortir de cette grave crise politique, dont on parle dans le monde entier et qui paralyse notre pays dans tous les secteurs, depuis plus de deux longs mois. Il doit absolument réussir à convaincre, sinon …. Ces révolutionnaires gilets jaunes n’arrêteront pas de le bousculer et de crier : «  Macron, démission ». Très vite, on a décidé d’un grand débat national, en redonnant la parole à ces oubliés des territoires lointains, tout juste bons à payer impôts sur impôts, taxes et surtaxes, qui n’en peuvent plus de travailler. Pour mener à bien ce grand débat, il est primordial de rétablir un lien étroit entre le pouvoir central, à Paris, et les maires de nos nombreuses communes, souvent malmenés, eux aussi, par notre jeune président, et sa politique. Il fallait les reconquérir. Ils seront donc chargés de mettre à la disposition de tous les citoyens Français qui le désireront, le matériel et les salles nécessaires aux différentes réunions publiques, de transmettre les cahiers de doléance sur lesquels chaque citoyen pourra s’exprimer librement. Ils auront ainsi une lourde charge supplémentaire, et une grande responsabilité à laquelle ils ne sont pas préparés, et de laquelle ils n’étaient même pas informés. Une fois de plus, ils sont mis devant le fait accompli (méthode de ce gouvernement. On décrète vite et seul). Ils sont libres de refuser, mais ils ont presque une obligation morale et ils accepteront, pour la plupart. Le gouvernement vient de découvrir, subitement, que les maires sont proches des citoyens, ils sont les plus connus, souvent enfants du village, les premiers critiqués, mais aussi les premiers sollicités, surtout dans nos campagnes, contrairement aux maires de plus grandes agglomérations, qui disposent de services compétents, pouvant intervenir nuit et jour en cas de problème.

Que penser de l’ouverture de ce grand débat ? Il faudrait déjà que nous soyons bien informés quant à l’organisation préconisée.

Est-ce une grande perte de temps ? Il va durer encore trois longs mois, pendant lesquels le pays sera en attente.

Et, pour terminer, sera-t-il salvateur pour la France ? Après la lecture de la lettre du président aux Français, on peut en douter.